Moulins de la commune

Au cadastre de 1811, on relève les moulins de Canteret et de Majolan. Le moulin de Grangeot et celui du Gua sont déjà détruits, celui de Majolan ne le sera qu’en 1978. Seul a survécu celui de Canteret. Nous présentons l’histoire des cinq moulins à eau de la commune , sans oublier les 2 moulins à vent de Grattequina.

Les moulins en 1789    

« La Garonne, nommée la « rivière » qui limite Blanquefort à l'est comporte une île que l'on nomme Grattequina. Sur cette île, on peut voir deux moulins à vent qui appartiennent à François Arnaud de Saige, avocat général au Parlement de Bordeaux. Mais il existe d'autres moulins alimentés par les eaux de la Jalle. Le moulin de Plassan appartient en 1787 à Paul Marie Arnaud de Lavie, du Taillan, qui l'a acheté à François Arnaud de Saige lequel l'avait acquis en 1785 du duc de Durfort Duras pour la somme de trente-six mille livres. Le président de Lavie possède aussi les deux moulins de Majolan qu'il a payés soixante-douze mille livres à Julien Gabriel de Flavigny en 1781, ainsi que le moulin du Gua situé non loin, en aval des moulins de Majolan.

Un peu plus bas et plus près du bourg, le moulin de Canteret, certainement le plus ancien de tous, est le plus actif. Le président de Lavie qui a le monopole des moulins à eau de Blanquefort le loue deux mille livres par an en 1787. Les meuniers sont soit fermiers directs des propriétaires, soit sous-fermiers des boulangers de Blanquefort, d'Eysines ou de Bordeaux.

Les particuliers qui font moudre leur grain au moulin paient au meunier la valeur de quinze sols par boisseau alors que les boulangers ont un tarif préférentiel fixé à douze sols. Ce service n'est pas payé en numéraire, mais en nature par l'équivalent de sa valeur en grain, souvent et même généralement hors de la vue du client, d'où la mauvaise réputation dont jouissent les meuniers qui sont qualifiés de voleurs dans tout le royaume.

La Jalle, qui est navigable, est utilisée pour le transport des foins et du bois que l'on retire de la palu mais sert également à apporter à Bordeaux rapidement et à bon compte les marchandises à y livrer.

Pour faciliter les chargements et déchargements des gabarres, plusieurs ports ont été aménagés entre la Garonne et Canteret. Les plus proches du bourg sont ceux de Canteret et de Solesse mais plus en aval, le port d'Haubert qui appartient à Monsieur de Maignol est le mieux entretenu. Le port du Roy, qui avait été donné par le duc de Duras à la communauté des habitants de Blanquefort en 1497, n'est plus utilisé depuis longtemps, au moins depuis 1773. Jean Dubergé qui habite à la Gravette et exerce la profession de batelier, possède une gabarre de quinze tonneaux avec laquelle il effectue les transports qui lui sont demandés. »

« Blanquefort et son canton », 1789-1799 ou « Saincric, curé révolutionnaire », Publications du G.A.H.BLE, 1989.

Moulinasse 

« Ce lieu-dit est situé sur le bord de l’ancien chemin de la Palus, près de la ferme du Grand Pontac ; il possédait peut-être un moulin dans les temps reculés. »

Blanquefort, rues et lieux-dits, Publications du G.A.H.BLE, 1996.

Il existe aussi un lieu-dit appelé Moulinet.

Les moulins 

La Jalle dont A. Nicolaï note l'emploi régional du terme, pour désigner quelques ruisseaux du Médoc, est le nom propre de la rivière qui passe au sud de la commune et va se jeter dans la Garonne après avoir drainé les palus. Au XVIIIe siècle, nombre de moulins enjambent cette rivière. Quelques-uns se retrouvent souvent dans les documents concernant les maisons nobles. Le moulin de Majolan dépendait, en 1760, de la maison noble de Terrefort ; par la suite, il appartient au seigneur du Luc. Le château du Luc, aujourd'hui appelé Dulamon, possède un parc nommé Majolan, où les eaux de la Jalle alimentent un lac bordé par d'extraordinaires grottes artificielles. (AD.33 Fonds Ferradou. 16387).

Le moulin de Canteret existe toujours. Au XVIIIe siècle, il dépendait du duc de Duras ; un acte datant de 1714 précise : « moulin à deux meules ». (AD.33 Fonds Ferradou. 12706).

Au lieu actuellement appelé Plassan, était le moulin de Plassan vendu par le duc de Duras à Armand Saige en 1785. (AD.33 3E 13175).

Nommé parfois « moulin du Roi » par erreur, le moulin du Gua appartenait à la maison noble du Luc lorsque Christophe Gernon le vend à Gabriel de F1avigny en 1766. (AD.33-3E 13245 et 3E 13251 et 13258).

Des moulins à vent tournaient sur l'île de Grattequina anciennement appelée île de Duras. (Archives départementales de la Gironde, Me Brannens. Bx. 30 prairial an XI) 
Les meuniers venaient vendre leur farine à Bordeaux.

Châteaux et maisons de campagne de Blanquefort, mémoire de maitrise de Bertrand Charneau, Université de Bordeaux III, 1984.

Le moulange des grains en 1793

Observations de la municipalité de Blanquefort concernant le moulange des grains dans l’étendue de son territoire.

1e il existe sur ledit lieu de Blanquefort trois moulins à eaux, de deux meules chacun,
2e il n’y a point de moulins à vent,
3e les boulangers payaient en l’année 1790 pour droit de moulange par boisseau blé, froment ou seigle, mesure de Bordeaux : douze sols,
4e les particuliers pour le même droit : quinze sols, 
5e les chefs de moulins prennent en nature le droit de moulange pour les autres espèces de grains, on ne peut donc fixer le droit en monnaie courante à l’époque du mois de mai 1790.

Certifié véritable à Blanquefort le 6 novembre 1793, l’an 2 de la République. Saincric, maire. Ferri, secrétaire. 

Texte extrait du registre des délibérations de l’administration du canton de Blanquefort registre 5, transcription Martine Le Barazer.

Note : les 3 moulins en 1793 sont ceux de canteret, du Gua et de Majolan ; les moulins à vent de Grattequina ont dû être construits par la suite.

Les moulins de Blanquefort au cadastre de 1811 

Sur les 503 propriétés bâties (y compris granges et bâtiments ruraux) on ne relève que 4 bâtiments industriels : les moulins de Canteret et de Majolan ainsi que les deux moulins à vent de Grattequina.

Ordonnance du Roi portant règlement pour les Moulins établis sur la Jalle de Blanquefort, du 22 mai 1844.

Louis-Philippe, Roi des Français, à tous présents et à venir, salut : Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Article premier. Le régime hydraulique des usines situées sur la rivière de Jalle, dans les communes de Saint-Médard, d'Eysines, de Taillan et de Blanquefort, département de la Gironde, est réglé ainsi qu'il suit : Moulin de Canteret, appartenant au sieur Lajarige.

Article 37. Le déversoir actuel sera élargi en pierre dure de manière à laisser un débouché libre de six mètres vingt centimètres (6 m 20) sur le seuil qui sera d'ailleurs arasé au niveau de la retenue.

Article 38. Les deux pelles de fond actuelles, ayant un mètre dix centimètres (1 m 10) de largeur ensemble et un mètre trente centimètres (1 m 30) de hauteur, seront conservées. Il en sera, en outre, établi deux nouvelles ayant ensemble deux mètres dix centimètres (2 m 10) de largeur et un mètre trente centimètres (1 m 30) de hauteur. Toutes ces vannes seront arasées au niveau de la retenue.

Article 39. Le niveau de la retenue sera établi à seize centimètres (0 m 16) en contrebas du seuil inférieur de la porte du moulin pratiquée dans la façade ouest et à un mètre dix-neuf centimètres (1 m 19) en contrebas du seuil de la fenêtre pratiquée au sud de ladite porte sur la même façade.