Les banalités seigneuriales.

Le ban, c'est-à-dire le pouvoir d'ordonner et d'interdire, avait mis entre les mains du maître du sol, des prérogatives aussi profitables pour lui qu'elles étaient vexatoires pour ses sujets.

Les banalités assujettissaient la population à moudre leurs grains au moulin du seigneur, à cuire leur pain à son four, ou encore à porter leur vendange à son pressoir. Autant d'occasions de lever redevances.

Le monopole, souvent, prenait une forme plus exorbitante encore : le seigneur se réservait le droit de vendre seul, pendant quelques semaines de l'année, telle ou telle denrée, ordinairement le vin ; c'était le banvin.

La fiscalité seigneuriale pesait aussi sur la circulation des hommes, des animaux et des marchandises. Dans un pays comme le Bordelais où le fleuve et la route jouent un rôle considérable, les péages ont représenté une portion notable du revenu des seigneurs.

La foire ou le marché sont aussi l'occasion de taxer le paysan qui écoule un excédent de récolte, ou le marchand qui trafique parfois sur de longues distances.

Texte extrait par Catherine Bret-Lépine du livre de Gérard Aubin, « la seigneurie en Bordelais d’après la pratique notariale (1715-1789) », Ed. Université de Rouen n° 149, p 191-192.