Esplanade Paulette Sauboua.

Un nouvel espace public a été baptisé du nom d'une jeune résistante eysinaise morte en déportation. Lors du dernier Conseil municipal, les élus ont décidé de baptiser une nouvelle esplanade du nom de Paulette-Sauboua. L'esplanade est située entre les avenues de Saint-Médard et de Magudas, rue Germaine-Tillon, dans un secteur en cours d'urbanisation. Le lieu sera végétalisé.

Pourquoi le nom de Paulette Sauboua et pourquoi une amorce de polémique ?

Morte à 23 ans en Allemagne : Paulette Sauboua est née à Eysines le 2 octobre 1922. La ville n'avait toutefois pas gardé (jusqu'alors) ce souvenir dans la nomenclature de ses lieux publics, contrairement à Bègles qui a baptisé une maison de retraite du nom de Paulette-Sauboua.

La jeune femme a 20 ans quand elle est arrêtée, le 3 janvier 1942, dans l'atelier de confection où elle travaillait près des quais à Bordeaux. Elle se retrouve emprisonnée au fort du Hâ, près de la cathédrale, comme plus de 200 prisonniers qui s'y trouvaient déjà.

Dans les années 40-41, la jeune Paulette fréquente l'auberge de jeunesse de Talence, lieu qui rassemblait étudiants, ouvriers, employés, gaullistes et communistes, tous animés par le rejet de l'occupant. Elle se lie d'amitié avec Clément Corbière le responsable local de la jeunesse communiste. En moins d'un an, le réseau est démantelé et les arrestations se précipitent. L'auberge de jeunesse est qualifiée de « repaire de terroristes ». Paulette est accusée d'y avoir exercé une « activité hautement illégale ». En fait, son rôle avait consisté à transmettre des paquets de tracts. Ce qui lui vaut d'être reconnue « coupable de menées communistes » et incarcérée dans la foulée au fort du Hâ. Puis elle est déportée à Trèves, dans la Palatinat et transférée à la prison de Flussbach (même région) le jour de ses 20 ans. Elle décédera le 20 mars 1945 à la prison de Munich, dans des circonstances qui demeurent imprécises.

Ce travail de recherche a été fait par un Eysinais, M. Bertrand, qui était présent dans le public lors du Conseil municipal.

La Ville a choisi d'honorer la mémoire de cette Eysinaise (Paulette avait quitté la ville à l'âge de un an pour Talence) afin que son nom rejoigne celui d'autres résistantes, dont Germaine Tillon.

Article du journal Sud-ouest, Hervé Pons, 28 février 2013.

NB : un autre article est présent sur Paulette Sauboua dans Histoire contemporaine dont une lettre écrite à son père.