La première mairie.

 

Une délibération du conseil municipal du 6 janvier 1839 prévoit la construction d’une école ainsi que la vente de terrains communaux et l’augmentation de la contribution foncière pour financer la construction de la future école-mairie, imposée par la loi du 28 juin 1833 : les communes de plus de 500 habitants doivent construire une mairie, une prison et une salle d’asile.

Une somme de 4 000 F est votée, et l’emplacement est choisi sur la place communale dite de la Croix du Sable, le long de la rue principale et à mi-chemin entre Lescombes et Le Bourg. Une subvention de 6 000 F est demandée à l’État.

En 1841, le sieur Durgeon, propriétaire d’un café de la Grande Rue, et chez qui se tiennent les séances du conseil et les élections municipales, propose son café pour y installer la mairie ; le conseil refuse.

Réunion du conseil municipal d’Eysines le 24 avril 1842 : « lors de la réunion, M. le maire de la commune d’Eysines, Pierre Jeaulet, et le conseil Municipal prennent connaissance du plan et du cahier de charges, clauses et condition, déposé à la mairie depuis 15 jours et allumés les feux, nous avons établi au rabais le pré de la dite construction à celui de 9 265 francs comprenant celle de cent un francs pour imprévu.

Premier feu : M. Rochuveau a fait cent francs de rabais.

Second feu : M. Sine a fait un rabais de cent cinquante francs.

À plusieurs autres rabais fait par MM. Giraudeau, Duman, Genet… entrepreneur, et enfin M. Sabonrin qui à fait un rabais de 641 francs à qui la construction a été adjugée, somme étant le plus fort sous enrichisseur.  Du fait de l’importance de la dépense, les autres projets (réfection du clocher, transfert du cimetière devenu trop petit, construction d’une école au Haillan) sont suspendus. »

1842 : construction du bâtiment école-mairie : l’architecte est M. Pascal, et le constructeur, l’entreprise Sabourin. Il a coûté 6 000 F avec un supplément pour les 2 chambres de l’instituteur.

L’enseignement n’est pas gratuit : 1,5 F pour les moins de 7 ans, 2,5 F pour les 7 à 9 ans et 3 F pour les plus grands.

Octobre 1842 : les travaux sont achevés, et le 4 novembre 1842, le maire, Jeantet ainé, écrit au préfet : « la construction du bâtiment regroupant la mairie, l’école et le logement de l’instituteur est achevée. »

La formule « Liberté, égalité, fraternité » n’était pas de rigueur en 1842, alors elle ne figure pas sur la façade. La moitié du bâtiment abrite l’école des garçons (la salle de classe) et le logement de l’instituteur. La salle de classe est utilisée aussi pour les réunions du conseil municipal, les mariages, réunions des Sociétés de Secours Mutuels, etc.

L’instituteur était aussi secrétaire de mairie ; à l’époque, il n’y avait que 3 employés communaux : l’instituteur, le garde champêtre et le cantonnier.

En 1848, un arbre de la liberté sera planté à proximité.

En 1889, l’école de garçons est transférée dans ses nouveaux locaux, actuelle place du Général de Gaule.

La mairie peut être plus à l’aise : la salle de classe devient salle de réunion et le logement du maître devient celui du garde-champêtre.

Délibération du conseil municipal du 15 décembre 1962 : le coût de construction d’un foyer culturel étant trop élevé compte tenu des engagements financiers pris par ailleurs (nouvelle mairie, groupes scolaires, etc.), mais afin de bénéficier de la subvention gouvernementale de 40 %, le conseil municipal approuve la solution d’aménager en foyer culturel la mairie actuelle lorsqu’elle sera libérée à l’automne prochain.

Conseil municipal du 25 janvier 1964 : après la construction de la nouvelle mairie, le maire René Girol et le conseil municipal décident que ce bâtiment servira aux associations de la commune (salle de réunions et bureaux). La tradition continue puisqu’à l’origine la mairie fut le lieu des réunions communales.

Conseil municipal du 29 août 1964 : l’ancienne mairie est mise à disposition des « sociétés », mais cette promesse ne sera pas tenue car le maire a besoin des locaux pour abriter le CCAS.

En 2007, l’ancienne mairie abrite le BIJ (bureau information jeunesse), et depuis 2010 : l’épicerie sociale et l’Eycho du bourg.

Texte extrait du blog de l’association Connaissance d’Eysines, 31 mai 2016.

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