Les sabotiers.

Hélas !... On ne porte plus de sabots... Il n'y a plus de sabotiers à Macau. Pourtant, que d'habiles artisans il y a eu dans la commune !

C'était le fief de la famille Guillaud.

Sur la place de l'église, le petit Guillaud, devant la porte de sa maison, remuait, sciait, travaillait ses morceaux de bois.

Sa femme était la plus habile cuisinière du village. Pas de mariage, de baptême, pas de 1ère communion sans Marie Guillaud. Même le cordon bleu du curé avait besoin de ses talents.

Dans la rue du milieu, un Guillaud possédait une grande maison en belles pierres, avec deux vitrines contenant toutes sortes de chaussures. À l'intérieur, des chaises bien alignées, face à face, et une vieille personne qui inlassablement essayait chaussures et sabots. Que de grands et de petits pieds ont été chaussés ici !

Au fond, dans la cour, des ouvriers confectionnaient des sabots. Le fils a pu acheter un château au bord du fleuve.

Un autre Guillaud a été curé. Il est venu finir ses jours à Macau.

La maison Guillaud a été embellie par le photographe.

Texte extrait de : Macau et quelques uns de ses enfants. Macaou e caouque-zun dé sous gouillats. Mme H. M. Duviller, 1985.