Présentation géographique

Saint-Médard-en-Jalles, avec ses 8 527 hectares (2 700 ha de terrain militaire, 1 400 ha de zone urbaine, 4 400 ha de zone rurale et de bois) est la commune la plus étendue de la Communauté urbaine de Bordeaux (C.U.B.). Elle est chef-lieu de canton depuis 1982. Située à 13 kilomètres du centre de Bordeaux, sur la route des plages océanes de Lacanau, du Porge et du Cap-Ferret, elle est délimitée par Saint-Aubin-de-Médoc, Le Taillan-Médoc, Le Haillan, Mérignac, Martignas-sur-Jalles, Le Temple et Salaunes. Sa population actuelle compte 26 000 habitants. Elle n'en comptait que 5 046 en 1920 et 6 995 en 1962. C'est la sixième commune de la Gironde.

La commune s'étend sur une grande plaine sablonneuse.

L’altitude maximale est d'environ 41 mètres vers le milieu du camp de Souges, à l'endroit de la ligne de partage des eaux séparant le versant de la Garonne du versant atlantique. Cette plaine est entaillée d'ouest en est par la Jalle. Celle-ci, étroite dans ses premiers kilomètres, s'élargit considérablement (54 mètres) entre Blanquefort et Bruges. Le sol est en majeure partie formé de sable et de graviers. L’argile apparaît au fond des nombreuses lagunes d'Issac et du Lignan et à Tiran.

Le sous-sol est formé de plusieurs variétés de calcaire. Deux roches dominent : la molasse de Caupian (sable cimenté par du calcaire) riche en fossiles (oursins et pectens) et le calcaire à astéries (étoiles de mer) du Thil, blanc parfois très dur.

Les terrains graveleux sont favorables à la culture de la vigne (350 ha en 1876). Saint-Médard-en-Jalles est la limite séparant le Haut-Médoc de la région des Graves. On y produisait d'excellents vins rouges avec les cépages cabernet-sauvignon, cabernet gris, carmenère, malbec et autres. Ces vins étaient vendus comme « petits médocs » ; quelques-uns étaient classés crus bourgeois. Les dernières vignes ont pratiquement toutes été arrachées. Au cours des siècles passés, on cultivait sur 500 hectares, le seigle, le millet et le chanvre. Il y avait très peu de prairies, beaucoup de « brousteys » (lieux où poussaient des taillis) appréciés par les moutons.

Les prés et les marais nourrissaient un cheptel bovin appartenant à 150 laitiers en 1899. Les cultures maraîchères existaient en bordure de la Jalle sur terrains sablonneux (110 maraîchers). Les bois, utilisés en bois de chauffage, étaient exploités sur plus de 4 500 ha. De nombreux stères étaient acheminés jusqu'à Bordeaux, pour la vente, par les muletiers et les bouviers. La forêt possédait surtout des pins, leur exploitation donnait du travail aux résiniers, aux « galipayres » (ligotiers), aux fagotiers, aux bûcherons... Quelques scieries permettaient aux métiers du bois, menuisiers, charpentiers, tonneliers, sabotiers de s'épanouir. L’acacia était utilisé pour les « carassons » (piquets de vigne) et pour sa fleur qui permettait aux « gardiens d'abeilles » (apiculteurs), nombreux sur notre commune, de fabriquer le miel d'acacia entre autres.

La Jalle, appelée jalle de Blanquefort, descend des landes de Saint-Médard où elle prend sa source à 29 mètres de profondeur à Cap-de-Bos. Dans sa course, elle s'enrichit des eaux de plusieurs ruisseaux pour former l'étang de Bonneau. Elle traversait le moulin de Bonneau aujourd'hui disparu. Grossie de la jalle de Martignas, elle passe sous le moulin de Caupian. Dans la poudrerie, elle baigne les ruines du château Le Castéra (XIVe siècle). Elle continue, fertilisant les jardins maraîchers, glisse sous le Pont-Rouge, alimente le moulin de Gajac, coupe la route départementale D6 Bordeaux-Lacanau. Ses rives sablonneuses permettent l'implantation de lavoirs privés et communaux auxquels de nombreuses blanchisseuses donnent vie. Elle se dirige ensuite vers le moulin du Thil, passe sous le pont de la piste cyclable (ex-pont de chemin de fer construit en 1884, rénové en 1997), longe la station de traitement des eaux de la C.U.B. et quitte Saint-Médard-en-Jalles à Gamarde. Elle traverse Le Haillan, Eysines, Le Taillan-Médoc, Blanquefort, Bruges avant de se jeter dans la Garonne après un parcours d'environ trente kilomètres.

Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 5-6.

Origine de Saint-Médard-en-Jalles

La période de prospérité de la fin de l'empire romain, attestée dans notre région par les ruines d'Andernos, ne dépasse pas le Ve siècle, puis jusqu'au Moyen-âge aucun document écrit, aucun monument ne le renseigne sur les destinées de notre pays. On peut supposer que, seul un petit nombre d'habitants resta fixé sur le sol dévasté (par les invasions des Barbares) et qu'à l'époque romaine florissante succédèrent des siècles de misère et de lutte pénible pour l'existence (D. Duval).

On ne sait rien sur l'origine des paroisses rurales. L'époque où elles ont été créées, les autorités qui ont fixé leurs limites dans l'immense désert des landes, tout cela est inconnu. La première mention de Saint-Médard-en-Jalles connue date de l'an 1099. La foi religieuse est alors très grande. Quelques années plus tôt, le pape Urbain II au cours d'un long séjour en France réunit un concile à Clermont-Ferrand où fut décidée la première croisade (1095). L'année suivante, il consacra la cathédrale Saint-André de Bordeaux, non point l'édifice actuel mais celui qui existait antérieurement et dont on voit quelques vestiges du côté de la place Rohan.

En l'an 1099, l'archevêque de Bordeaux, Fort Gosselin, fit donation à l'abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux des églises de Carcans, Sainte-Hélène, Lacanau et d'un territoire qui correspond à celui de la commune actuelle du Taillan. De telles confrontations de ce territoire nous intéressent : l'une « Villam sancti medardi de jales », l'autre « flumen jalle » signifiant : le village de Saint-Médard-de-Jalles, et la rivière de Jalle.

À l'époque gallo-romaine, on appelait villa la maison rurale, la maison des champs. Le plus souvent elle était entourée des habitations des domestiques, des esclaves ou des gens qui vivaient sous la protection du propriétaire. La villa comprenait aussi des dépendances : four, cuvier, chai etc. dans lesquels on mettait à l'abri ou fabriquait tout ce qui était nécessaire à l'existence. C'était donc le noyau d'une agglomération humaine. Plus tard, après la disparition de la villa soit par le temps soit par les guerres, on retrouve le reste de l'agglomération humaine désignée en bas latin sous le nom de villaticum d'où viennent, les substantifs français et patois : village et billatge car le v et le b se remplacent souvent l'un l'autre. L'habitant du villaticum était le villanus d'ou est dérivé le vieux mot français vilain. Ces agglomérations sont devenues nos villages. Les villages d'origine gallo-romaine portent toujours le nom d'un homme. Celui du propriétaire, du protecteur de la villa ou de son constructeur. Tel est le cas de la plupart des villages de notre commune : Gajac, Corbiac, Hastignan, Sérillan, Issac et peut-être Le Lignan. « Ces noms plus durables que des monuments conservent fidèlement le souvenir des anciennes familles gallo-romaines » (Male, revue des Deux mondes 1948, p.609). Si on remarque que la période gallo-romaine s'est prolongée durant cinq siècles, c'est-à-dire le quart de l'existence de notre pays depuis l'ère chrétienne, l'influence profonde romaine est très admissible.

Le village de Saint-Médard porte le nom d'un saint, ce qui prouve que la fondation est postérieure au Ve siècle, époque où le christianisme a pénétré dans notre région. « Il était très rare que l'érection d'une paroisse dans une localité romaine importante fit perdre à cette localité son nom ancien. Saint-Médard, Saint-Hilaire sont des noms chrétiens. Ces paroisses portant ces noms ne doivent pas être considérées comme des paroisses érigées au centre d'une agglomération ancienne importante mais comme des paroisses érigées au moment où se constitue le village auquel elle donnait le nom de leur saint patron, au Moyen-âge, au moment où le village prenait quelque importance. » (Revue historique 1909 p. 225).

Il est impossible de fixer une date même approximative à la fondation du village de Saint-Médard et de son agglomération dénommée le bourg dans les temps modernes. On ne possède pas de renseignements sur les raisons qui ont fait mettre notre église sous le patronage de Saint-Médard. Beaurein écrit que la délimitation de Saint-Médard-en-Jalles « qui est très ancienne lui a été attribuée soit parce que le ruisseau traversait cette paroisse du couchant au levant en y formant diverses sinuosités soit parce que la Jale prend sa source dans cette paroisse... Le mot Jale est celtique... ». Si, comme le conseille Brunhes (Géographie Humaine de la France) on s'appuie sur la forme la plus ancienne de Saint-Médard, « les formes antérieures avant 1 000 étant les plus précieuses parce qu'elles ont à peu près conservé le thème primitif », on peut donner notre explication. En effet, la forme primitive est « Sanctus Medardus de Jalesio » et non « ln Jalesio ». Dans ce cas, « de » indiquait la possession tandis que le « in » marquait l'inclusion. Or, le village de Saint Médard était situé dans la seigneurie de Jalles qui s'étendait du champ de foire actuel jusqu'au fossé bordant Hastignan à l'ouest. On peut donc penser que Saint-Médard-de-Jalle signifie Saint-Médard qui appartient à Jalles.

En 1268, on trouve encore la forme de Jalles et à partir de 1289 ou la forme « in Jalles » fait son apparition, cette dernière subsiste seule. Peut-être la prononciation d'une voyelle suivant une dentale était-elle plus aisée que celle de deux dentales à la suite l'une de l'autre ?

Enfin, la prononciation de Jalles s'est certainement adoucie au cours des siècles. On disait alors « Jallès », vestiges de la prononciation latine : Flumen Jallè (rivière de Jallée). Cette prononciation s'est maintenue dans quelques dénominations encore employées de nos jours : Lou Pas jallès, gué de la Jalle, en aval de Gajac, ou passait le chemin de Saint-Aubin à Bordeaux, Lou Cougniou (à pied) de Jallès, lieu-dit sur la route d'Hastignan au camp de Caupian et près de celui-ci, le lieu-dit Darrey (derrière) Jallès près d'Hastignan. On en trouve des exemples dans plusieurs documents : Pierre « De Gellez » possède la seigneurie de Jallès en 1587, Louis François De Grailly, seigneur de la maison noble de « Jallays » en 1770. On pourrait en citer beaucoup d'autres exemples. M. De Castelanau, géologue ordonné, orthographiait toujours Saint-Médard-en-Janez, mais peu à peu la prononciation française, substituant un e muet, a un à accentué, adoucit la prononciation gallo-romaine que personne n'emploie plus.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.30-31.

 

Introduction générale à l’histoire 

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen Âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire Moderne s’étend du XVI au XVIIIe siècle jusqu’à la Révolution française ;

- l’Histoire Contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements . La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

La Première Guerre mondiale 

Surnommée la Grande Guerre, c'est un conflit militaire majeur qui eut lieu de 1914 à 1918, surtout en Europe de l'ouest et en Europe orientale et balkanique.

C'est une guerre qui a concerné la plupart des pays de l'époque ( France et ses colonies, Royaume-Uni, Russie, Japon, Etats-Unis), et a mérité le nom de guerre mondiale. C'est aussi une guerre qui a engagé des soldats venant de l'ensemble de la population (la plupart des familles avaient un ou plusieurs membres qui y ont participé) et dans laquelle tous les efforts d'un pays étaient engagés : c'est une guerre totale.

Au bilan, il y a environ 10 millions de morts (presque exclusivement des civils), dont 1,4 million de Français et 1,8 million d'Allemands. Il y a aussi 21 millions de blessés (dont certains au visage, qu'on surnomme à l'époque les « gueules cassées »). En France et en Belgique, dans les régions où les combats se sont fixés pendant près de quatre ans, les dégâts matériels sont considérables. Le moral des populations est très touché. Les personnes qui ont subi cette guerre espèrent que c'est la « Der des Der ».

Les hommes de notre canton ont été, comme dans tout le pays, largement mobilisés et entrainés dans ce conflit qui les a conduits loin de leur région. Les morts ont été recensés, parfois avec des erreurs, mais on n’a guère parlé des blessés, des gazés, des infirmes, des traumatismes de toute sorte, ni de la désorganisation de la vie sociale et du rôle des femmes remplaçant leurs hommes...

Vous trouverez sur le site le recensement des morts de chaque commune et des faits racontés par les survivants.

Le bilan humain de la guerre 

Militaires : Tués: 9 750 000, dont : Allemagne 2 040 000 ; Russie 1 810 000 ; France 1 350 000 ; Autriche-Hongrie 1 100 000 ; Royaume-Uni 850 000 ; Empire ottoman 900 000 ; Italie 650 000 ; Serbie 450 000 ; Roumanie 250 000 ; États-Unis 120 000.

Total alliés : 5 700 000. Empires centraux : 4 020 000

Blessés : 21 250 000, dont : Russie 5 000 000 ; France 4 270 000 ; Allemagne 4 250 000 ; Autriche-Hongrie 3 600 000 ; Royaume-Uni 1 600 000 ; Italie 950 000 ; Empire ottoman 400 000 ; États-Unis 210 000 ; Bulgarie 152 000.

Civils : Tués: 8 800 000, dont : Empire ottoman 4 200 000, dont environ 1 500 000 Arméniens victimes du génocide turc ; Russie 1 500 000 ; Serbie 800 000 ; Italie 600 000 ; Autriche-Hongrie 460 000 ; Allemagne 420 000 ; France 300 000.

Extrait du dossier Sud-ouest, Hors-série octobre 2014.

La Seconde Guerre mondiale 

Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.). La Seconde Guerre mondiale, qui coûta la vie de plus de 40 millions de personnes, a duré six ans, du 1er septembre 1939, date de l'agression allemande contre la Pologne, au 2 septembre 1945, jour où le Japon capitula. Circonscrite à l'origine à l'Europe, elle devient véritablement mondiale avec l'entrée dans la guerre, en 1941, de l'URSS, du Japon et des États-Unis. Le nombre des belligérants, la nature et la puissance des moyens mis en œuvre, le caractère idéologique du conflit donneront plus d'ampleur encore à cet affrontement qu'à celui de 1914-1918. Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.).

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué notre territoire. C’est la première fois depuis fort longtemps qu’un occupant ennemi est venu écraser de sa puissance une terre pacifique et plutôt sans histoires.

Vous trouverez des articles concernant chaque commune, les monuments aux morts et des faits relatant cette période. 

La guerre d’Algérie 

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Inventaire de différentes cartes consultables

 Depuis le 17e siècle, des cartographes ont parcouru la France pour en dessiner les coutours, toutes ces cartes sont consultables sur internet.  

Carte de Masse 

Echelle 1/28800. Début du 18e siècle

Claude Masse (1652-1737) est un ingénieur géographe connu pour ses plans de fortifications et ses travaux en Charente. Après des relevés sur le terrain, effectués entre 1707et 1709, il a dessiné une carte de l'ensemble du Médoc à l’échelle de trois lignes pour 100 toises, soit 1/28 800. Il s’agit d’une carte en 13 feuilles, à l’échelle de « 3 lignes pour 100 toises » soit 1/28.000. C’est une carte manuscrite en couleurs, elle peut être consultée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Lorsqu’il effectuait ses relevés sur le terrain, Masse notait sur des carnets toutes ses observations, y compris son jugement sur les peuplades locales aux mœurs plutôt rudes. Cette carte est digne d'intérêt car c'est la première carte à grande échelle de la région. Seuls, les reliefs importants sont figurés. Ce sont les lignes de coteaux bordant la Jalle et ses affluents, et d'autres moins évidentes sur le terrain. Si le dessin de la Jalle est très précis, celui des ruisseaux est souvent approximatif. Il n'y a aucune différence entre les chemins les plus importants et les autres, ce qui donne un réseau assez confus. Cette carte étant antérieure à la construction des routes de Tourny, elle montre les tracés des anciennes voies. Les bois, près et vignes sont parfois mentionnés. Les toponymes sont souvent approximatifs.

Carte de Belleyme

Echelle 1/43200. Seconde moitié du 18e siècle.

Pierre de Belleyme (1747-1819) est un ingénieur géographe du roi Louis XV. En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province. L’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme qui laissera son nom à la carte. Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200ème à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié.

Carte de Cassini

Echelle 1/86400. Seconde moitié du 18e siècle.  

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au 18e siècle. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86400 (une toise vaut 864 lignes). Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les trois générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail.

Atlas de Trudaine

Echelle 1/8600. Seconde moitié du 18e siècle.

Les atlas dits « de Trudaine » furent élaborés au 18e siècle, à l’instigation de l’intendant, Daniel-Charles Trudaine,  puis directeur des Ponts et Chaussées qui leur laissa son nom. Le but était de dresser une carte générale des routes royales de France. Les travaux de levé prirent quelque trente-cinq années, s’étalant de 1745 à 1780 environ. Chaque route royale fit l’objet d’un dessin précis, incluant en outre toutes les constructions existant sur une étendue de six lieues de part et d’autre de la chaussée : pont, moulin, ferme, grange, hameau, ville.

Carte d'état-major au 1/80000 

Echelle : 1/80000. 1818-1875.

Cette carte succède à la  carte de Cassini. La carte d'État-major est une carte générale de la France réalisée, dans sa première version, entre 1818 et 1875. Pour la première fois, des mesures précises d’altitude sont effectuées. Même si la figuration rationnelle du relief reste la grande nouveauté par rapport à la  carte de Cassini, il n'en demeure pas moins que, malgré la présence de points côtés sur la carte, on ne peut donner l'altitude exacte d'un point quelconque du document final.

Elle doit son nom au fait qu’elle était destinée avant tout aux militaires ; la couverture des régions frontalières a été prioritaire, celle du Sud-ouest plus tardive.

Carte d'état-major au 1/50000 

Echelle : 1/50000. 1898.

À partir de 1898, la carte d’état-major est éditée à l’échelle 1/50000 qui en simplifie l’utilisation : 1 centimètre y représente 500 mètres. Dans ses premières éditions, le relief est toujours représenté par des hachures. Mais cette carte évolue : en 1900 elle est en couleurs, en 1922, le relief est figuré par des courbes de niveau qui permettent de déterminer l’altitude de chaque point.

Cadastre Napoléonien

Echelle 1/2500. 1808-1812.

Le cadastre est un système d'évaluation et de définition des propriétés foncières servant de base à l'assiette fiscale de l'impôt foncier et à sa juste répartition. Il indique, pour chaque commune du territoire, l'emplacement, la surface et la valeur de tout bien foncier. Il est instauré sous Napoléon 1er par la loi du 15 septembre 1807 mais sa mise en œuvre peut être plus tardive.

Le cadastre se compose de trois éléments : le plan parcellaire ou plan cadastral : - découpage de la commune en sections et en parcelles, - les états de section : répertoire des propriétaires, nature des sols (cultures), toponymie au moment de l'établissement du cadastre, - la matrice des propriétés bâties et/ou non bâties : enregistrement des modifications et des mutations relatives aux biens fonciers.

Les plans cadastraux "napoléoniens" de la Gironde, conservés aux Archives départementales, ont fait l'objet d'une numérisation intégrale et sont consultables sur internet.

 

L’eau 

Dans nos communes de l’entrée du Médoc, l’eau est un élément indispensable à la vie et à l’organisation humaine. Chaque commune est traversée d’ouest en est par des cours d’eau aux multiples noms ; des jalles plus ou moins importantes, des ruisseaux, des estey, des crastes et des berles, qui mènent à la Garonne. Les zones humides des palus alternent avec les marais des vallées des Jalles.

La jalle : est le nom commun gascon pour désigner un cours d'eau dans le médoc.
Le mot générique qui semble propre à la région pour désigner un cours d’eau d’une certaine importance est « jalle » sur lequel se sont formés de nombreux lieux-dits dès 1298 (« devert la Jale »), « entre deux Jalles » (1688), « la Jalle de Plassan » (1542) ou « la Jalle de Saulesse » (1542). Le nom déformé a vraisemblablement formé « Geles », dans le « Bois de Geles ». Le mot « jalle » peut venir du pré-indo-européen « cale, care ».
Texte issu d’Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968, 3 tomes. (longue explication des transformations du mot jalle p. 105-120).

Une craste : nom qui vient du gascon crasta, issu du latin castrum désigne, dans les Landes de Gascogne un fossé de drainage, généralement creusé dans le sable, aménagé pour assainir la Lande humide. En usage depuis des siècles, la craste se généralise au milieu du XIXe siècle afin de faciliter l’écoulement des eaux et rendre possible la mise en culture du pin maritime. Le terme est passé dans le vocabulaire régional courant.
Source Wikipedia

Une berle : nom gascon très répandu, désigne en forêt un vieux fossé.

Un estey : Sur les rives de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne, sur la côte du Bassin d’Arcachon, des cours d’eau se jettent en formant des esteys.
Ces esteys sont soumis au régime des marées, ils ont longtemps abrité de petits ports utilisés par les bateliers et les pêcheurs. Avec la disparition de la batellerie, ils ne sont plus fréquentés que par les pêcheurs et les plaisanciers.
Ce terme est à rapprocher de celui d’étier ou d’estier, le canal qui alimente les marais salants ou qui relie un lac et une rivière.
Pour certains auteurs, au nord de Bordeaux sur la rive gauche de la Garonne puis de la Gironde, ce terme n’est plus employé. Un examen attentif des cartes actuelles ou anciennes permet de démentir cette théorie.
Il y a d’abord l’Estey Crebat, exutoire des marais de Bordeaux entre Bacalan et la Jalle de Blanquefort que d’aucuns considèrent comme l’estuaire du Limancet.
Plus au nord, le plan cadastral de Pauillac (1825) nous livre les noms des esteys du Gart, de Padarnac, de la Verrerie et de Saint Lambert.
Entre Saint-Estèphe et Saint-Seurin de Cadourne on trouve l’Estey d’Un.
Admettons donc que le terme est plus fréquent en amont de Bordeaux, mais reconnaissons qu’il est également utilisé au nord.
Texte de Michel Baron

Ensemble des conditions météorologiques d'une région, d'un lieu.

Introduction à la géographie humaine 

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                        - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

Le peuplement

Comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques et des évolutions politiques dans lesquelles ils vivaient.

La toponymie (du grec tópos, τόπος, lieu et ónoma, ὄνομα, nom) est la science qui étudie les noms de lieux, ou toponymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés. Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), elle est l'une des deux branches principales de l'onomastique (étude des noms propres), elle-même branche de la linguistique.

Outre l'étude des noms de lieux habités (villes, bourgs, villages, hameaux et écarts) ou non habités (lieux-dits), la toponymie étudie également les noms liés au relief (oronymes), aux cours d'eaux (hydronymes), aux voies de communication (odonymes ou hodonymes).

La voirie désigne à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier : routescheminsrues, etc.) et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 x 2 voies, etc.).

Les types de voies  

Le boulevard : large voie faisant le tour d’une ville (sur l’emplacement des anciens remparts), généralement plantée d’arbres (1803 bolevers « ouvrage de madriers », puis « remparts » avant 1365 ; du moyen néerlandais bolwerc).
L’avenue : large voie urbaine, plantée d’arbres proche du boulevard (1549, forme verbale de : avenir, « arriver »), l’équivalent de la fameuse « perspective » des Russes.
Le cours : du latin cursus, action de courir, voyage. Au XVIIe siècle, influence de l’italien corso : longue et large avenue servant de promenade. On en trouve à Bordeaux et au Bouscat.
La place : lieu public, espace découvert, généralement entouré de constructions (1080 « endroit » latin populaire platea) place d’une ville grecque agora, d’une ville latine forum. La place publique : en public, aux yeux de tous. Elle est souvent proche de l’église et servait aussi de marché.
La rue : voie bordée de maisons, au moins en partie, dans une agglomération (1080 latin ruga ride). Une petite rue devient le diminutif : ruelle.
La route : voie de communication terrestre aménagée, plus importante que le chemin, située, hors d’une agglomération ou reliant une agglomération à une autre (XIIe siècle latin médiéval rupta, ellipse de via rupta, latin classique rumpere viam « ouvrir un passage »).
La voie : espace à parcourir pour aller quelque part, cet espace lorsqu’il est tracé et aménagé (XIe siécle du latin via, voie).
Le chemin : voie qui permet d’aller d’un lieu à un autre (1080 latin populaire camminus, mot gaulois).
Le square : mot anglais, proprement « carré » (de l’ancien français esquarre cf. équerre), utilisé au milieu du XIXe siècle, désigne un petit jardin public, généralement entouré d’une grille et aménagé au milieu d’une place.
L’impasse : petite rue qui n’a pas d’issue (1761 de « in » (privatif) et passer : on ne passe pas !).
Le rond-point : (roont-point « demi-cercle » en 1375 de rond et point « lieu, emplacement » : place circulaire (1831) d’où rayonnent plusieurs avenues, extension du carrefour vers lequel convergent plusieurs allées dans une forêt ou un jardin (1708).
Le quai : 1311, mot normand et picard, dérivé du latin dès 1167, du gaulois caio « enceinte » : voie publique aménagée entre les maisons et un cours d’eau, sur la levée de terre, soutenue par un mur de maçonnerie. Les quais sont connus à Bordeaux et à Paris, mais Parempuyre en possède un sur la Garonne, ce que Blanquefort n’a pas osé à ce jour...

La première ressource de la commune, c’est sa terre que les hommes cultivent depuis des siècles, les céréales, les prairies où l’on élève vaches et chevaux, la vigne aussi, les jardins pour les légumes, les marais… Nous regarderons les artisans et commerçants, mais aujourd’hui, l’industrie contemporaine a donné un tout autre aspect à la commune.

Dans cette rubrique, vous trouverez les caractéristiques de l’organisation de la vie de la commune, les personnalités qui l’ont marqué, la langue et la démographie…

La langue parlée durant plusieurs siècles a été une langue gasconne.

Cette langue que certains de nos concitoyens réapprennent à parler aujourd’hui a fortement marqué les relations familiales et humaines et même le territoire puisqu’aujourd’hui un bon nombre de toponymes sont nettement d’origine gasconne. Cette langue est caractérisée entre autres par son vocabulaire, ses tournures et originalités grammaticales, elle a en particulier fleuri dans les chaffres locaux, elle a son accent, sa verdeur, son humour (ah ! les histoires gasconnes !). Aujourd’hui, encore, elle divise les habitants dans la façon de prononcer plusieurs lieux-dits.

La démographie est l'étude statistiques des populations humaines, de leur état , de leur mouvement ainsi que des facteurs (biologiques, socio-culturels,…) agissant sur ces caractéristiques.

Cette rubrique relate des faits survenus dans la vie quotidienne des habitants de la commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Ecole, collège, et lycée, voici l’histoire de ces établissements.

Voici présentées des personnes qui ont compté dans la vie de la commune de Saint-Médard-en-Jalles.

La santé des populations a de tout temps été liée aux conditions de vie, mais aussi au contexte politique et économique, ainsi qu’aux conditions climatiques.
Vous trouverez dans cette rubrique nombre d’éléments d’information et de réflexion sur la lente évolution des problèmes de santé dans la commune.

Le patrimoine de la commune est particulièrement riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs. Seront présents dans cette partie : les châteaux, belles demeures, domaines, villas, les maisons typiques, les moulins, les lavoirs, les parcs, ...
NB : les églises et cimetières figurent dans Population / Vie religieuse, les écoles dans Population / Etablissements scolaires, les puits dans Géo physique / Eau.

Au cours du 19e siècle, les riches Bordelais, propriétaires de domaines aux environs de Bordeaux, rivalisaient entre eux. Ils avaient des vignes qui leur rapportaient de bons revenus, ils vivaient l’été dans leurs « résidences secondaires » et cherchaient par l’originalité de leurs aménagements à marquer les esprits de leurs visiteurs. Parmi ces marqueurs sociaux, on retrouve la grandeur et la beauté de la demeure, la majesté du portail, le vivier si un cours d’eau est proche, parfois une vacherie, une serre, un jardin et sans doute le plus impressionnant un parc constitué d’essences rares et exotiques.

Elle a pour objet la recherche de l'origine et de la filiation des personnes et des familles. Elle permet aussi de découvrir la vie de nos ancêtres ainsi que leurs conditions de vie, tellement différentes des nôtres. Nous présenterons ici quelques généalogies familiales. En France, la majorité des paroisses tenaient les registres de baptêmes, de mariages et de sépultures de façon généralement complète à partir de 1737, certains curés tenaient déjà leurs registres dès 1632.
Au hasard des registres paroissiaux, sont aussi signalés des événements comme des décès surprenants, des bizarreries météorologiques ou d’autres observations au gré de l’humeur du curé.

Liste de sites internet de référence ayant la ville de Saint-Médard en Jalles comme caractéristique commune.