Saint Aubin.

Ce saint naquit à Vannes dans une noble famille bretonne en l’an 449, il passe pour avoir été un exemple de sainteté et de charité. Aubin vient du latin albinus (blanc).

Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001.

Saint-Aubin-de-Médoc.

Cette commune se situe en grande banlieue bordelaise, à 14 km au Nord-Ouest de Bordeaux (Gironde), dans le canton de Saint-Médard-en-Jalles, juste au nord de celle-ci.

La commune changea plusieurs fois de nom pendant la période de la Révolution. Au moment de sa consécration à Saint-Aubin, la langue parlée était une déformation du latin qui, plus tard, deviendrait le gascon. On peut penser que l'agglomération s'appela successivement Sanctus-Albinus, Sanct-Albinus qui évolua en Sainct puis Saint-Aubin. Pendant un certain temps, on ajouta « en Jalès », mais c'est à la Révolution que, ayant commencé à voyager, nos compatriotes constatèrent qu'il existait de nombreux villages du même nom et qu'il fallait trouver quelque chose de plus original. Et c'est là que les fantaisies ont commencé, en même temps que les rattachements à diverses circonscriptions administratives. C'est ainsi qu'on vit Saint-Aubin de Blanquefort doté d'un conseil général et rattaché au département du Bec d' Ambès, puis en l'an II, Aubin tout court, pendant deux mois comme nous l'avons vu. De décembre 1816 à avril 1817, la commune fut rattachée à sa voisine. On les appela « Saint-Médard et Saint-Aubin réunies ». Ensuite, on voit alternativement et sans règle bien définie Saint-Aubin-en-Médoc et Saint-Aubin-de-Médoc, qu'on relève en 1894, mais dont le nom actuel n'est devenu officiel qu'après une délibération du conseil municipal du 7 juin 1931. Et celui qui continue à dire « du-Médoc » le fait à ses risques et périls. 

Texte extrait du livre de René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc.

Saint-Aubin-de-Médoc en 1975 :

5 950 hab. (Saint-Aubinois), 3 472 ha dont 2 447 de bois.

L'habitat est fait de lotissements dans la forêt landaise, proches de la route de Lacanau, dont ceux du Tronquat, du Maine d'Estève et de Hourton vers le nord-ouest ; un collège public, château de Cujac au nord.

Cette commune était Saint-Aubin avant 1932 et avait alors moins de 400 hab.

Elle est passée de 720 à 2 100 entre 1968 et 1975, puis 4 000 en 1988, et poursuit son essor. Elle a gagné 870 hab. de 1999 à 2008.

Texte issu du site :  www.tresordesregions

Introduction générale à l’histoire.


Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.
Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et  la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution française;

- l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.
Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements.

La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

L' Antiquité est une des quatre périodes de l’histoire qui court de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodore Ier en 395 après J.C ou la chute de l'empire romain d'Occident en 476 après J.C.

La fondation de la commune.

L'implantation des Celtes et des Romains.

Du haut de la colline, ils contemplaient le fleuve dont la courbe harmonieuse ressemblait à un croissant de lune. C'est là que les chefs des Bituriges Vivisques, des Celtes venus d'Avaricum (Bourges), décidèrent d'établir leur campement. De l'autre côté de la rivière, à l'intérieur de la grande boucle, ils pourraient vivre et faire paître leurs troupeaux. Le fleuve, les marais, les cours d'eau seraient d'excellents obstacles naturels contre les envahisseurs. Plus tard, on construirait des défenses plus solides. Les animaux sauvages ne manquaient pas, pas plus que le poisson qui se précipitait dans les nasses d'osier.

Les Celtes construisirent quelques huttes de branchages qu'ils recouvrirent de joncs et de roseaux qui poussaient partout dans le marécage. Plus tard, ils remplacèrent les cabanes par des huttes de torchis. Ils ne savaient pas encore qu'ils fondaient une ville puissante : Burdigala. Alors que certains mettaient en culture les terres les plus riches, d'autres procuraient le gibier. Celui-ci, qu'on approchait d'abord très facilement, devint méfiant et s'éloigna au fur et à mesure que ses rangs s'éclaircissaient. Aurochs, bisons, cerfs, chevreuils, cochons sauvages, remontèrent vers le Nord, suivis des ours et des loups qui trouvaient leur ration de chair fraîche au milieu des troupeaux, Les chasseurs suivirent leurs proies.

C'est ainsi qu'un chef entraîna son clan vers un coin de lande où l'on trouvait l'eau presqu'à fleur de terre, qui, plus tard, s'appela Segonnes. On y trouva bien quelques Aquitains pacifiques établis là depuis des siècles, avec quelques Ibères pas très belliqueux, mais la terre était vaste. Les premiers habitants se poussèrent, de gré ou de force. D'autres Bituriges suivirent, ne s'arrêtant à Bordeaux que pour souffler un peu, et rejoignirent les éléments précurseurs de leur tribu. Une petite agglomération s'était déjà formée à l'emplacement du village qui deviendrait Saint-Médard. Les nouveaux arrivants s'établirent non loin de là. Leurs druides cherchèrent un lieu de culte dans la nature, probablement à l'endroit où, beaucoup plus tard, les chrétiens édifieraient leur église.

Le sous-sol ne manquait pas de cette argile bien épaisse qui, mélangée à de la paille, permettait de construire de solides maisons pour remplacer les premières huttes de branchages. Quelques masures poussèrent autours de ce lieu de culte, mais lentement, beaucoup plus lentement qu'à Segonnes car il fallait chercher l'eau sous une couche épaisse de roche dure. Si le Cagaréou inondait les bas-fonds en périodes de pluies, il était à sec en été.

De vastes étendues de landes fournissaient la pâture aux troupeaux. Le sous-sol contenait du minerai de fer qu'on fondait dans des fours de terre glaise alimentés par le bois qu'on trouvait partout. L'osier poussait bien dans les terrains humides ; il servait à fabriquer les multiples objets de vannerie nécessaires à la vie de tous les jours. Le sol n'était pas très fertile mais, en choisissant la bonne parcelle, en grattant un peu, on y cultivait l'indispensable.

C'est ici qu'il ferait bon vivre, finie l'éternelle migration de ces peuples venus du nord et de l'est ! On pourrait s'arrêter pour toujours, aimer, rire et chanter, danser en liberté, car les Celtes étaient gais, généreux et hâbleurs, ce qui ne les empêchait pas d'être braves à l'occasion. D'autres Bituriges, les Médulli, qui occupaient déjà le Médoc du nord s'avancèrent vers les nouveaux arrivants et s'emparèrent des terres restées libres. Protégés par l'Océan d'un coté, par le fleuve de l'autre, par d'immenses étendues de landes au sud, nos ancêtres ne craignaient pas les envahisseurs. Et pourtant...

Venu de Bretagne, en 56 avant J.C., Publius Crassus, lieutenant de Jules César, conquit le· pays. Les Romains établirent leur quartier général à Saintes et colonisèrent la région de la manière la plus pacifique. Lorsqu'en 51, César leur demanda de se rallier définitivement à Rome, les Bituriges, qui n'avaient pas participé aux lointaines batailles de Vercingétorix, ne firent aucune difficulté. Les Romains leur apportaient une culture réputée, avec ses écoles, ses théâtres ainsi qu'une organisation administrative qui venait compléter leurs propres structures déjà hiérarchisées. Les marchands romains, après avoir contourné l'Ibérie, remontaient la Garonne jusqu'à Burdigala, apportant leurs denrées précieuses et inconnues, ramenant à Rome les huîtres de l'estuaire et les vins des vignes qu'ils avaient plantées dans le Médoc.

Durant plusieurs siècles, la région, et avec elle, Saint-Aubin connut la « Pax Romana », la paix romaine.

Une solide route fut construite, de Burdigala à Noviomagus (Port sur l'Atlantique, recouvert actuellement par l'océan. On le situe entre Soulac et Cordouan, mais on explore actuellement les restes d'un autre port romain à Saint-Germain d'Esteuil, lieu-dit Brion). Certains historiens pensent qu'il s'agit de Noviomagus. Où est la vérité ? Un chemin secondaire dont nous ne connaissons ni le tracé exact, ni le nom, passait par Saint-Aubin et Castelnau pour rejoindre la route de la côte, la « Médullica ».

Sur l'emplacement choisi autrefois par les druides, les Gallo-Romains voulurent honorer leurs dieux. Ils construisirent un temple, modeste mais ambitieux, car ils désiraient y adorer tous les dieux de leur Panthéon avec, peut-être une préférence pour Bacchus, le dieu du vin et de la bonne chère, et cette déesse Tutela, la protectrice à laquelle on avait bâti un temple à Bordeaux. Peut-être y adorait-on, en supplément, quelques dieux celtes ? A l'occasion de grandes fêtes religieuses, rythmées par les astres, on y sacrifiait les plus belles têtes de bétail.

La naissance de la paroisse.

Vers l'an 300, le christianisme s'implante dans les faubourgs de Bordeaux avant de pénétrer en ville, puis peu à peu, dans les campagnes. Notre paroisse fut probablement évangélisée à partir de 550. Les nouveaux chrétiens cherchaient un lieu de réunion et de prière, alors que les adorateurs des dieux anciens disparaissaient. Comme c'était l'usage, les chrétiens s'emparèrent du temple, le détruisirent et, sur les ruines, construisirent une modeste cabane, bien à eux, consacrée au vrai Dieu, le leur. Il fallut donner un nom à cette nouvelle paroisse, et choisir un saint patron. Alors que les premières églises étaient dédiées à Notre-Dame, on préféra choisir au 8ème siècle des saints ayant vécu récemment : Martin, Romain, Médard, Aubin.

Albinus, ou Aubin, né en 468 d'une famille anglo-saxonne de Basse-Bretagne fut d'abord moine près d'Angers. C'était un homme de prière, modèle d'obéissance, de pénitence et d'humilité. En 504, il fut élu abbé de son monastère qu'il réforma, ce qui conduisit les autorités religieuses à le nommer, malgré sa résistance, évêque d'Angers en 529. Il rétablit l'ordre dans son diocèse avec beaucoup de fermeté. Avec l'aide du Roi Childebert fils de Clovis, il fit convoquer le Concile d'Orléans en 538. Il mourut en 549 ou 550 en grande réputation de sainteté. On lui attribua de nombreux miracles.

Le sarcophage, derrière le grand autel, fut considéré, pendant longtemps comme renfermant les restes du saint, à tel point qu'un pèlerinage s'y était instauré. Pour obtenir des grâces ou des guérisons, le 1er mars, on passait plusieurs fois sous le sarcophage (dont une extrémité repose sur une colonne, et l'autre est encastrée dans le mur). On ne sait d'où venait cette coutume, mais on pense qu'en ce temps-là, les malades faisaient plus confiance aux saints qu'aux médecins-barbiers dont la science était plutôt rudimentaire.

On priait Saint-Clair pour y voir plus clair et comme en gascon « Sant Aoubin » rime avec « tout ba bin » (tout va bien), on l'invoquait pour toutes sortes de maladies, mais en particulier, dit-on, les maladies infantiles et surtout la coqueluche. On le priait aussi pour les prisonniers et les aveugles. Les fiancés et les jeunes mariés se plaçaient également sous sa protection.    Au 19ème siècle, un curé de la paroisse s'en émut. Il trouvait que ce pèlerinage auprès d'un tombeau qui n'avait probablement jamais renfermé les restes du Saint, ressemblait plutôt à une superstition. Au lieu d'interdire le défilé, il essaya de se procurer une relique authentique de Saint-Aubin qui avait été enseveli dans la cathédrale d'Angers treize cents ans auparavant et transféré à plusieurs reprises. Il fit donc sa demande par voie hiérarchique mais reçut une réponse négative. Pendant la Révolution, les restes avaient été dispersés aux quatre vents.

Et pourtant, ce sarcophage est très ancien. Il est de dimensions réduites. Alors, que contient-il ? Les ossements d'un seigneur, tel ce Lancelot de Ferron dont la plaque est scellée dans le chœur, au dessus de l'armoire eucharistique, ou le corps d'un enfant d'une famille noble, ou est-ce un ossuaire ?

Qui que vous soyez, reposez en paix. Il n'est pas souhaitable que des hommes, par curiosité scientifique ou morbide, dispersent vos ossements.

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 15-20.

La période antique.

Léo Drouyn dit que, derrière l'autel de l'église paroissiale, on voyait un sarcophage trapézoïdal avec couvercle en bâtière, d'époque mérovingienne : Drouyn (L.), s. d, Notes archéologiques, 49, 1870, p. 132-133 ; Brutails (J.-A.), 1907a, pl. 7, fig. II ; Marysse (1.), 1989, Corpus, XI, n° 124.

Texte extrait de  « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 542-543 : le canton de Saint-Médard-en-jalles dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994. Canton de Saint-Médard-en-Jalles (Insee 63). 541 Saint-Aubin-de-Médoc (Insee 376) »

La vie sous la féodalité.

Les Celtes avaient leurs esclaves et leurs classes dirigeantes, les Romains aussi. Beaucoup de ces esclaves étaient des ennemis vaincus.

Malgré les efforts du Christianisme pour donner à chacun sa dignité et sa liberté, il existait dans le peuple une façon de penser, une manière d'être qui considéraient comme tout naturel d'être un chef ou un esclave, chacun mis une fois pour toute à sa place par le sort de la naissance. Les uns voyaient leurs possessions, donc leur puissance s'accroître, les autres se résignaient à n'être que des misérables, enfants de misérables et n'envisageaient pas d'autre avenir pour leur misérable descendance.

Les invasions, les pillages continuels, les persécutions de toutes sortes forcèrent les gens à se rassembler derrière un chef qui pouvait provenir soit de l'ancienne noblesse gauloise, soit des colons romains, anciens soldats auxquels l'empereur avait donné des terres, soit de grands propriétaires gallo-romains. D'autres, d'origine plus modeste, avaient pu s'imposer au peuple par leur force, leur courage ou leur aplomb. Enfin les rois donnaient des terres aux chevaliers de leur armée qui devenaient ainsi les fondateurs de dynasties nobles. Le petit peuple s'aggloméra tout naturellement auprès des lieux qu'on pouvait fortifier. Il nous reste aujourd'hui quelques renseignements sur les deux maisons fortes de Cujac et de Lassalle, appelé aussi Villepreux, mais nous ne savons pas comment se protégeaient les habitants de Segonnes et de Bourton. L'état des misérables sentiers qui les desservaient fut peut-être leur meilleure sauvegarde.

Quant à Loustauvieil, ce fut, à l'origine, une maison fortifiée. Ce besoin de rechercher la protection d'un gros propriétaire, bien équipé, bien défendu, amena la masse du peuple à lui faire allégeance. Nés pour être dominés, descendants d'esclaves, ils devinrent serfs, manants, vilains, taillables et corvéables à merci. Par contrat ou de force, ils furent attachés à la terre qu'ils cultivaient. Ils étaient vendus avec elle mais la plupart ne pouvaient être vendus sans elle. Quelques vilains, ou hommes libres possédaient bien leur lopin de terre mais, d'une façon ou d'une autre, ils restaient attachés à la seigneurie qui les avait vu naître. Ils étaient soumis à la dîme, aux impôts, aux prestations en journées de travail, aux autorisations de mariage, aux réquisitions diverses. Et, si leur parcelle était giboyeuse, il leur fallait supporter sans protester les incursions des chasses seigneuriales au milieu de leurs récoltes.

Les seigneurs devinrent donc des chefs, des guides et des juges, avec droit de vie et de mort, de haute et basse justice. Ils n'étaient pas tous mauvais d'ailleurs, car le code de la chevalerie, s'ils l'observaient, protégeait les plus faibles. Ils se faisaient parfois les défenseurs des pauvres, de la veuve, et de l'orphelin. Leurs épouses, dames patronnesses, visitaient et secouraient les manants qui leur appartenaient. Elles y mettaient une certaine condescendance et, beaucoup plus tard, Saint-Vincent de Paul eut beaucoup de mal à enseigner la vraie charité aux meilleures d'entre elles.

L’évolution vers la liberté dura des siècles. Le docteur Robert a recueilli un texte probablement antérieur à la Révolution qui montre bien que, même après l'abolition officielle du servage, les esprits n'étaient pas encore convertis. Lisez plutôt : « il faut en convenir, il était affligeant pour des cœurs bien placés, de voir réduite en servitude cette partie d'hommes chargée des travaux rudes et pénibles de la campagne (les femmes) dont les productions forment néanmoins les richesses réelles de l'Etat.Nos mœurs, depuis longtemps, sont diamétralement opposées de J'esprit de servitudes ; aussi, depuis des siècles a-t-on rétabli en liberté ces anciens serfs questaux. Grâce à la bienfaisance de l'auguste Monarque qui nous gouverne, on en a poursuivi les faibles restes, et on les a proscrits dans toute l'étendue des domaines du Roi; on en a aboli jusqu'aux moindres vestiges mais il serait à souhaiter que les gens de la campagne n'oubliassent pas leur ancien état, qu'ils ne se prévalussent pas de leur liberté actuelle et qu'ils ne fissent pas la loi à ceux-là même dont ils étaient dans l'usage de la recevoir, en mettant leur journée à un trop haut prix."En d'autres termes : « N'oubliez pas ce que vous étiez et ce que nous avons fait pour vous. Ne vous faites pas payer votre travail trop cher ». Ou bien encore : « Ayez au moins la reconnaissance du ventre ».

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 24-26.

Le 19ème et 20ème siècle ont été fortement marqué par des mouvements insurrectionnels et des guerres importantes :

- la Révolution et tout ce qui en a découlé.

- la Première Guerre mondiale.

- la Seconde Guerre mondiale.

- les Guerres d’Indochine et d’Algérie, décolonisation complexe.

Inventaire de différentes cartes.

Depuis le 17ème siècle, des cartographes ont parcouru la France pour en dessiner les coutours. toutes ces cartes sont consultables sur internet

CARTE DE MASSE.

Echelle 1/28800. Début du XVIIIème siècle.

Claude Masse (1652-1737) est un ingénieur géographe connu pour ses plans de fortifications et ses travaux en Charente. Après des relevés sur le terrain, effectués entre 1707et 1709, il a dessiné une carte de l'ensemble du Médoc à l’échelle de trois lignes pour 100 toises, soit 1/28 800. Il s’agit d’une carte en 13 feuilles, à l’échelle de « 3 lignes pour 100 toises » soit 1/28.000. C’est une carte manuscrite en couleurs, elle peut être consultée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Lorsqu’il effectuait ses relevés sur le terrain, Masse notait sur des carnets toutes ses observations, y compris son jugement sur les peuplades locales aux mœurs plutôt rudes. Cette carte est digne d'intérêt car c'est la première carte à grande échelle de la région. Seuls, les reliefs importants sont figurés. Ce sont les lignes de coteaux bordant la Jalle et ses affluents, et d'autres moins évidentes sur le terrain. Si le dessin de la Jalle est très précis, celui des ruisseaux est souvent approximatif. Il n'y a aucune différence entre les chemins les plus importants et les autres, ce qui donne un réseau assez confus. Cette carte étant antérieure à la construction des routes de Tourny, elle montre les tracés des anciennes voies. Les bois, près et vignes sont parfois mentionnés. Les toponymes sont souvent approximatifs.

CARTE DE BELLEYME.

Echelle 1/43200. Seconde moitié du XVIIIème siècle.

Pierre de Belleyme (1747- 1819) est un ingénieur géographe du roi Louis XV. En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province. L’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme qui laissera son nom à la carte. Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200ème à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié.

CARTE DE CASSINI.

Echelle 1/86400. Seconde moitié du XVIIIème siècle.  

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au 18ème siècle. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86400 (une toise vaut 864 lignes). Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les trois générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail.

ATLAS DE TRUDAINE.

Echelle 1/8600. Seconde moitié du XVIIIème siècle.

Les atlas dits « de Trudaine » furent élaborés au XVIIIe siècle, à l’instigation de l’intendant puis directeur des Ponts et Chaussées qui leur laissa son nom. Le but était de dresser une carte générale des routes royales de France. Les travaux de levé prirent quelque trente-cinq années, s’étalant de 1745 à 1780 environ. Chaque route royale fit l’objet d’un dessin précis, incluant en outre toutes les constructions existant sur une étendue de six lieues de part et d’autre de la chaussée : pont, moulin, ferme, grange, hameau, ville.

 CARTE D’ETAT-MAJOR.

 Echelle : 1/80000. 1818-1875.

Cette carte succède à la carte de Cassini. La carte d'État-major est une carte générale de la France réalisée, dans sa première version, entre 1818 et 1875. Pour la première fois, des mesures précises d’altitude sont effectuées. Même si la figuration rationnelle du relief reste la grande nouveauté par rapport à la carte de Cassini, il n'en demeure pas moins que, malgré la présence de points côtés sur la carte, on ne peut donner l'altitude exacte d'un point quelconque du document final.

Elle doit son nom au fait qu’elle était destinée avant tout aux militaires ; la couverture des régions frontalières a été prioritaire, celle du Sud-ouest plus tardive.

CARTE D’ETAT-MAJOR.

Echelle : 1/50000. 1898.

À partir de 1898, la carte d’état-major est éditée à l’échelle 1/50000 qui en simplifie l’utilisation : 1 centimètre y représente 500 mètres. Dans ses premières éditions, le relief est toujours représenté par des hachures. Mais cette carte évolue : en 1900 elle est en couleurs, en 1922, le relief est figuré par des courbes de niveau qui permettent de déterminer l’altitude de chaque point.

CADASTRE NAPOLEONIEN.

Echelle 1/2500. 1808-1812.

Le cadastre est un système d'évaluation et de définition des propriétés foncières servant de base à l'assiette fiscale de l'impôt foncier et à sa juste répartition. Il indique, pour chaque commune du territoire, l'emplacement, la surface et la valeur de tout bien foncier. Il est instauré sous Napoléon 1er par la loi du 15 septembre 1807 mais sa mise en œuvre peut être plus tardive.

Le cadastre se compose de trois éléments : le plan parcellaire ou plan cadastral : - découpage de la commune en sections et en parcelles, - les états de section : répertoire des propriétaires, nature des sols (cultures), toponymie au moment de l'établissement du cadastre, - la matrice des propriétés bâties et/ou non bâties : enregistrement des modifications et des mutations relatives aux biens fonciers.

Les plans cadastraux "napoléoniens" de la Gironde, conservés aux Archives départementales, ont fait l'objet d'une numérisation intégrale et sont consultables sur internet.

L'eau des ruisseaux.

Autour de Segonnes, au nord de la commune, le ruisseau du Courmataou ou Courmateau rejoint le ruisseau Mautemps dans un secteur très humide, voire marécageux mais très fertile. Au siècle dernier, on y exploitait un élevage de sangsues.

On parle du Monastère et du Cagareau (prononcé Cagaréou) ; il s’agit du même ruisseau dont la partie supérieure qui traverse le domaine de Villepreux, fut appelée Monastère lorsque les moines trappistes s'y établirent. Son cours se perd,dans les bois du Taillan. Ses inondations peu fréquentes peuvent recouvrir plusieurs dizaines d'hectares. Parfois son lit s'affaisse et les eaux disparaissent dans des cavités souterraines.

La Pudote n'est plus qu'un grand fossé.  Le ruisseau du Pas-de-la-Tourte était franchissable par le pont de Bonnan.

Outre le Mautemps et le Courmatau déjà cités, on parle du Monastère et du Cagareau (prononcé Cagaréou). C'est le même ruisseau dont la partie supérieure qui traverse le domaine de Villepreux, fut appelée Monastère lorsque les moines Trappistes s'y établirent. Son cours se perd, dans les bois du Taillan. Ses inondations peu fréquentes peuvent recouvrir plusieurs dizaines d'hectares. Parfois son lit s'affaisse et les eaux disparaissent dans des cavités souterraines. La Pudote n'est plus qu'un grand fossé.

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 87.

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                             - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

La toponymie est l'ensemble des noms de lieux d'une région, d'une langue.

Les lieux-dits.

La plupart des lieux-dits actuels existaient déjà en 1600, comme en témoignent les registres d'Etat-Civil. Certains, autrefois animés et prospères ont complètement disparu. Il n'en reste plus que le nom. On trouvera ci-après le peu qu'on sait sur ces lieux-dits anciens.

carte

Le bourg, on l'a vu n'est pas au centre de la commune, peut-être parce qu'il était rattaché à Saint-Médard et que, à l'origine, c'était, après Segonnes, la seule petite agglomération en bordure d'une zone déserte et inhospitalière.

Bebian,Bourazeuilh : nous n'avons rien trouvé sur leur origine et leur histoire.

Boutuges, maintenant au milieu de la forêt, était le siège d'une grande tuilerie. Il n'en reste que quelques trous marécageux d'où l'on tirait l'argile, et des monticules qui furent peut-être les soubassements d'un four. La tuilerie était alimentée par le ruisseau du Mautemps, tout proche.

Caillavet, en bordure de la route de Lacanau, mais sur le territoire de Saint-Aubin fut sans doute là propriété au 17ème siècle d'une famille noble, les De Lacroix dont les dernières descendantes furent très dévouées au service de la population. Pendant la première guerre mondiale, Madame Chauvet-Legoff y créa à ses frais, dans son château, un hôpital auxiliaire pour 22 soldats convalescents.

Cazeuilh, Le Cerisier, Malleret et Mounic, ainsi que Bourazeuilh dépendaient économiquement du château de Cujac, alors qu'ils n'étaient reliés au bourg que par des misérables chemins de terre. Leur population d'origine était constituée par les serfs du château.

Chagneau : centre d'une grosse propriété viticole exploitée au 18ème siècle par une communauté de religieuses sous le nom de Château Hautegrave. Cédé plus tard à de gros armateurs bordelais, il prit le nom de ses propriétaires successifs: Lamarthonie, Grédy puis Chaigneau.

Courmataou ou Courmateau : secteur très humide, voire marécageux mais très fertile, arrosé par le ruisseau du même nom. Au siècle dernier, on y exploitait un élevage de sangsues dont nous parlerons et, récemment, on y avait créé des jardins ouvriers.

Cujac : fait, avec son château, l'objet d'un article particulier sur le site.

Les Garouilles : c'est ainsi qu'on nommait les parcs de grands chênes qui entouraient les bâtiments d'une ferme. Avant le creusement des gravières récemment comblées et sur lesquelles on a construit des lotissements, le seul bâtiment qu'on pourrait localiser dans ce secteur serait un moulin à vent, appartenant à Monsieur de Raoul, seigneur de Saint-Aubin. Le dernier meunier y fut trouvé mort en 1857 "enveloppé par le rouet ou la lanterne du moulin". Les Garouilles ne sont pas mentionnés sur les documents anciens.

Hourton : successivement Forton, Fourton, Ourton, Orton puis Horton était très isolé au milieu de la lande. Les habitants vivaient surtout de l'élevage. Son nom vient d'une famille originaire de là, les Fourton.

Loustauvieilh : en occitan, le seul langage parlé autrefois, "vieilh" signifie "vieux" et "l'oustau" (prononcé l'oustaou) était une maison fortifiée, construite en dur, où se réfugiait la population en cas d'alerte. En 1600, on parlait déjà de Loustauvielh, se référant sans doute à un bâtiment disparu depuis longtemps. Peut-être a-t-il précédé le château Lassalle, mais cette hypothèse ne repose sur aucun document historique.

Marceron : au milieu d'une prolifération de constructions neuves, on peut encore voir une longue maison basse où habitaient les Marcellon, Marselon ou Marceron, riches laboureurs au XVIIIème siècle et amis des seigneurs de Saint-Aubin.

Mayne de Jouan, Mayne d'Estève : Mayne (prononcé Maïne) signifie "domaine", Les Estève étaient une vieille famille d'agriculteurs. On n'a pas trouvé de "Jouan" mais ce pourrait être une déformation du prénom Joan, Jehan devenu Jean,

Mounicou Monic (voir ci-dessus) était peuplé par les serfs du château Cujac, dont le poste de garde était situé près du village. On trouve à proximité de Mounic, les vestiges d'un monticule ou "motte" qui selon la tradition orale, aurait été un lieu de veille pour détecter les pillards et alerter les populations environnantes.

Pivat : (prononcé Pivouat) était situé dans un triangle entre Marceron, les terrains de sports actuels et la RN 215. C'était le siège d'une tuilerie jusqu'au milieu du siècle dernier. Avant de tomber en ruines, elle abrita tous les miséreux de passage. Il ne subsiste provisoirement que quelques trous.

Pont à Cot, Poticon : le premier se réfère à un pont sur le Cagaréou (on dit aussi Pountacot). On ne connaît pas l'origine du second.

Rozier : c'est le nom d'une famille de laboureurs qui y résidait.

Segonnes ou Segounes : c'est l'agglomération la plus ancienne de la commune. On trouve son nom sur de très vieilles cartes, alors que le bourg n'y est pas mentionné. Il est possible que ce village ait constitué une étape sur la voie romaine secondaire qui joignait Bordeaux à Carcans en traversant Saint-Aubin et Castelnau (mais en évitant Saint-Raphaël). Il semble, mais cela demande confirmation, que cette voie romaine ait formé, au moins sur une partie de son trajet, l'assise de l'ancien chemin de Bordeaux, très fréquenté avant guerre par les paysans qui allaient à pied vendre à la ville leurs récoltes de fraises et d'asperges ou les produits de leur basse-cour. Ce chemin, passant par le Verdelet (Voir ci-après) traversait la Jalle à gué entre Gajac et Tiran.

Le Tronquet : Sa tuilerie très ancienne est la seule qui subsiste. Ses exploitants portaient, de père en fils, le surnom de "tiouley", le tuilier. On y cuisait la pierre à chaux jusqu'en 1968. C'est peut-être là qu'a été cuite la statue de Saint-Jean Baptiste au 17ème siècle.

Le Verdelet ou Verderet dont il ne reste plus que quelques gravats dans les broussailles fut habité jusqu'au début de ce siècle. Le chemin qui le traversait était très fréquenté.

Villepreux :autrefois La Salle puis La Trappe fut le domaine et parfois la résidence des seigneurs de Saint-Aubin et autres lieux. Il fait l'objet d'un article particulièr sur le site.

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 83- 87.

 

La voirie désigne à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier : routes, chemins, rues, etc.) et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 x 2 voies, etc.).

Les différents types de voies.

Le boulevard : large voie faisant le tour d’une ville (sur l’emplacement des anciens remparts), généralement plantée d’arbres (1803 bolevers « ouvrage de madriers », puis « remparts » avant 1365 ; du moyen néerlandais bolwerc).
L’avenue : large voie urbaine, plantée d’arbres proche du boulevard (1549, forme verbale de : avenir, « arriver »), l’équivalent de la fameuse « perspective » des Russes.
Le cours : du latin cursus, action de courir, voyage. Au XVII ° siècle, influence de l’italien corso : longue et large avenue servant de promenade. On en trouve à Bordeaux et au Bouscat.
La place : lieu public, espace découvert, généralement entouré de constructions (1080 « endroit » latin populaire platea) place d’une ville grecque agora, d’une ville latine forum. La place publique : en public, aux yeux de tous. Elle est souvent proche de l’église et servait aussi de marché.
La rue : voie bordée de maisons, au moins en partie, dans une agglomération (1080 latin ruga ride). Une petite rue devient le diminutif : ruelle  
La route : voie de communication terrestre aménagée, plus importante que le chemin, située, hors d’une agglomération ou reliant une agglomération à une autre (12° siècle latin médiéval rupta, ellipse de via rupta, latin classique rumpere viam « ouvrir un passage »). 
La voie : espace à parcourir pour aller quelque part, cet espace lorsqu’il est tracé et aménagé (XI° siécle du latin via, voie)
Le chemin : voie qui permet d’aller d’un lieu à un autre (1080 latin populaire camminus, mot gaulois)
Le square : mot anglais, proprement « carré » (de l’ancien français esquarre cf. équerre), utilisé au milieu du XIX° siècle, désigne un petit jardin public, généralement entouré d’une grille et aménagé au milieu d’une place.
L’impasse : petite rue qui n’a pas d’issue (1761 de « in » (privatif) et passer : on ne passe pas !)
Le rond-point : (roont-point « demi-cercle » en 1375 de rond et point « lieu, emplacement » : place circulaire (1831) d’où rayonnent plusieurs avenues, extension du carrefour vers lequel convergent plusieurs allées dans une forêt ou un jardin (1708).
Le quai : 1311, mot normand et picard, dérivé du latin dès 1167, du gaulois caio « enceinte » : voie publique aménagée entre les maisons et un cours d’eau, sur la levée de terre, soutenue par un mur de maçonnerie. Les quais sont connus à Bordeaux et à Paris, Parempuyre en possède un sur la Garonne.

Texte d'Henri Bret.

La création de la voirie.

Les routes donnèrent aussi beaucoup de tracas à la municipalité. Depuis toujours, on l'a vu, Saint-Aubin n'était relié à Saint-Médard, son débouché naturel, que par des routes à moitié défoncées. Des chemins en piteux état joignaient les villages au bourg, mais les liaisons entre les hameaux n'étaient souvent que de mauvais sentiers. Il était difficile d'aller de Hourton à Segonnes. Mounic était bien relié à Cujac d'où l'on pouvait gagner le bourg en charrette, mais il était isolé des autres agglomérations. Aller de Hourton à Salaunes ou de Cujac à Louens était une aventure, et le voyage du Bourg à Germignan était lui-même hasardeux. La route, encaissée, étroite, traversait alors des fourrés qu'il fallait sans cesse élaguer. La lumière du soleil n'y pénétrait jamais, si bien que le chemin était coupé de multiples ornières, toujours remplies d'eau, dans lesquelles les charrettes s'embourbaient. Il fallait pousser à la roue, parfois déposer la moitié du chargement ou faire appel à un double attelage. Bien souvent la traversée des rivières, le Cagaréou et le Courmateau, s'effectuait à gué, sur des branchages. Si la route prenait quelqu'importance, on construisait un pont de bois, jusqu'au jour où l'on s'aperçut que les ponts de pierre étaient plus durables et coûtaient moins cher.

En 1838, Saint-Aubin fut presque coupé du monde. Le pont de Bonnan, sur le ruisseau du Pas-de-la-Tourte s'était effondré. Il n'était plus possible d'aller à Saint-Médard avec un attelage. Pour le réparer, il fallut demander aux Eaux-et-Forêts l'autorisation de couper un gros pin dans la forêt communale. Pour construire et améliorer la voirie, les habitants étaient soumis, chaque année à un impôt en nature créé par une loi de 1824, appelé « Prestations ». Étaient tenus d'acquitter cet impôt chaque propriétaire chef de famille, régisseur, fermier porté sur le rôle des contributions ainsi que chacun de ses fils vivant avec lui et chacun de ses domestiques mâles âgés de plus de 21 ans. Chaque assujetti devait fournir deux jours de travail par an ainsi que deux jours par bête de somme avec son véhicule, mais il pouvait remplacer ces travaux par une cotisation de 1 F par journée de manœuvre, 3 F par bête de somme et 6 F pour un tombereau à deux chevaux. Ils pouvaient aussi payer un remplaçant qui fournissait les bras et l'attelage. Certains remplaçants gagnaient ainsi leur vie une partie de l'année. Beaucoup cependant préféraient accomplir eux-mêmes leurs prestations, profitant de la morte-saison, très heureux de se retrouver entre rudes gaillards, dans une franche camaraderie. Dès la pointe du jour, ils étaient sur place. Le garde-champêtre indiquait à chacun sa tâche, le volume de pierre ou de grave qu'il fallait extraire, charger, transporter, étaler. C'étaient alors comme au temps de la chevalerie, d'étranges défis et d'étranges concours dont on cite encore les champions, ceux qui pouvaient charger un tombereau à la pelle en moins de dix minutes, ceux qui finiraient leur tâche avant les autres. Les champions, et même les autres, n'avaient pas besoin de courir le long des routes pour perdre quelques grammes. Entre huit et neuf heures, les pâtés, boudins, saucissons, sardines à l'huile et fromage « croûte-rouge » jaillissaient des musettes. Les gourdes et les « cujots » (sortes de citrouilles de forme allongée terminées par un renflement, qu'on avait séchées et évidées et qui contenaient bien une chopine) étaient toujours à portée de main, car le travail pénible donnait soif. Et comment aurait-on pu cracher dans ses mains pour empoigner le manche de l'outil avec la gorge sèche ? Après ce casse-croûte réconfortant, on reprenait le travail en guettant le moment où l'ombre la plus courte indiquerait l'heure de midi, en écoutant, par vent favorable, la cloche de l'Angélus.

On dételait, car les bêtes aussi étaient fatiguées. Avant de songer aux hommes, il fallait d'abord soigner les animaux. Quelqu'un avait déjà préparé la braise. Les jours fastes, on humait le parfum de l'entrecôte, rehaussé par celui des échalotes. Mais le plus souvent, sur un feu de brandes, on faisait griller, avec une longue fourchette de bruyère, une belle tranche de « ventrèche » (lard). Dès que la chaleur fondait la graisse, on la faisait goutter sur de larges tranches de pain bis. Un régal des Dieux, m'ont dit ceux qui en ont mangé. D'autres apportaient leur « mique », une boule de pâte de farine de sarrasin salée contenant parfois du miel en son milieu. À la fin du repas, on faisait péter le bouchon d'une vieille bouteille de Médoc, sans étiquette mais authentique. Pensez, c'est le grand-père qui l'avait mise en bouteille !

Pendant ce temps, on échangeait les dernières nouvelles : les réputations s'enjolivaient ou s'abîmaient. On refaisait le monde. Après une courte sieste, il était dur de reprendre la pelle, mais ils étaient vaillants. Ils continuaient à travailler jusqu'à la nuit tombante, ne s'accordant en milieu d'après-midi qu'une courte pause, le « quatre-heures », avec quelques restes du repas, quelques feuilles de salade trempées dans la vinaigrette et bien rafraîchissantes. D'autres préféraient une vigoureuse frottée à l'ail qu'on mangeait avec des raisins à la saison.

L'administration s'occupait aussi des routes. Là encore, il y eut des démêlés. En 1853, le préfet demande aux municipalités de voter le maximum d'impôts pour leur entretien. Le conseil supplie le préfet de ne pas donner suite car « l'entretien du bon esprit de la population est tout aussi utile que celui des routes. Il ne faut pas charger d'un surplus de corvées une population aux revenus modestes qu'on fatiguerait et qu'on aigrirait. Les prestations déjà votées sont suffisantes pour l'entretien des chemins sur lesquels on n'a jamais vu les agents voyers qui, maintenant, demandent un impôt supplémentaire ».

Quand la route du bourg à Louens fut carrossable, la commune demanda son classement dans la voirie départementale, mais poussa de hauts cris, lorsque, l'année suivante, le préfet fixa la contribution municipale pour son entretien au double de ce qu'elle coûtait auparavant.

Texte extrait du livre : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 168-172.

Les grandes mutations économiques.

En ce début du 19ème siècle, la population rurale de Saint-Aubin sortait à peine de Moyen-âge. Environ 250 habitants sont disséminés sur 3472 hectares dont la commune possède 3000 Ha. En vertu de la loi de 1793, attribuant les biens "délaissés" des ci-devant émigrés aux collectivités locales nouvellement formées. Les propriétés ainsi "acquises" étaient celles des Villepreux, des Grailly ainsi que des terrains de l'Eglise. Le domaine de Cujac appartenant au sieur Raby, roturier, ancien consul de la bourse, semble bien être resté la propriété de cette famille.

Trois grandes exploitations et quelques dizaines de petits exploitants se partagent le reste, pasteurs, laboureurs, vignerons qui végètent sur les quelques terrains cultivables dont une partie est toujours maintenue en jachère. Saint-Aubin est, alors, une vaste lande où paissent de nombreux troupeaux, parsemée de quelques bosquets de chênes ou de pins avec, dans les endroits humides, des vergnes et des roseaux. Des châtaigniers sauvages et quelques arbres fruitiers offrent un complément à la nourriture des paysans. Le bois de bourdaine est réservé au « Moulin à poudre » (lou moulin), la poudrerie de Saint-Médard. Soigneusement carbonisé, mélangé au salpêtre et à d'autres ingrédients dans de vastes marmites, il sert à confectionner cette poudre noire instable dont les explosions intempestives laissèrent des souvenirs cuisants aux rescapés.

Les activités forestières, au fur et à mesure que la forêt remplacera la lande, vont se développer. Vont apparaître, à côté des bûcherons, des scieurs de long, des charpentiers de haute futaie, les « arrousineys » ou résiniers, les bâtonniers (fabricants de bâtons ou de manches à balais). Dans certaines familles, on est tailleur de « bruques » de père en fils. Les « bruques » sont des plantes servant à la litière des animaux domestiques, bruyères, grandes herbes dites « Aoubès » coupées avec le fauchon ou la « bigote », qu'on présente en petits rouleaux façonnés avec les pieds et qu'on écrase avec les « esclops » (sabots).

On compte au moins 3 tuileries :

- Au Pivat qu'on prononce Piouat, dont il ne reste que quelques trous au Sud-ouest des actuels terrains de sport.

- A Boutuges, dont nous avons retrouvé les vestiges grâce aux renseignements de plusieurs Saint-Aubinois de souche.

- Au Tronquet, qui existe encore.

On produisait aussi de la chaux. Périodiquement les tuiliers se transformaient en chaufourniers. À l'intérieur de leur four à briques, ils construisaient un autre four en pierres calcaires, suivant des règles très strictes. En cuisant et en se refroidissant, cette voûte calcaire ne devait pas s'écrouler. Abel et André Gravey ont éteint leur dernier four en 1968.

Le grain était moulu sur place. Il dut y avoir plusieurs moulins, mais le dernier mentionné appartenait à M. de Raoul, le seigneur du lieu. Son emplacement est probablement recouvert actuellement par le quartier des Garouilles dont une partie a gardé le nom de « moulin à vent ». Son dernier meunier connu fut André Dignan qui mourut d'un accident de travail en 1757.

On voit se développer quelques professions artisanales et commerciales. Plusieurs générations de Peyrou ont exercé le métier de tailleur d'habits à Loustauvieilh, puis un certain Layen leur succéda à Cujac. On voit apparaître des marchands de tamis et de cordes, un tonnelier, un charpentier, un cordonnier, une couturière tailleuse de robes, un terrassier et même un ouvrier, probablement à la poudrerie de Saint-Médard.

Mais la principale ressource, c'est l'élevage. La terre est sablonneuse et graveleuse, donc très sensible à la sécheresse et peu fertile. Pour la faire produire, il faut la fumer abondamment. D'autres coins de terre, trop humides parce que l'alios ou l'argile affleurent, ne produisent que des herbes coupantes ou des roseaux. En 1861, le maire, Charles Langlois, dans un rapport à l'administration, énumère quelques ressources liées à l'élevage. Le cheptel est de 3 200 brebis dont les agneaux vendus à Bordeaux rapportent, avec les produits des 1 600 vaches et des 70 juments poulinières, 17 000 F. par an. On n'a pas mentionné les ânes, mulets ou porcs qui ne sont pas commercialisés mais utilisés sur place pour le travail ou la consommation familiale. La lande produit des brandes qu'on vend pour 3 000 F., mais la grande richesse de Saint-Aubin, c'est son fumier dont une des matières premières est constituée par des « bruques » dont nous avons parlé ci-dessus. On vend 1 900 charrettes de fumier chaque année pour 19 000 Francs. En d'autres termes, le fumier, principale production de la commune, rapporte plus que les animaux qui le produisent. Quelques années plus tard, en 1876, on note que la population est de 287 habitants et que la production de vin est de 150 tonneaux, soit 135 000 litres environ. Les principaux producteurs sont le château Cujac (28 tonneaux), le château Hautegrave (M. Grédy) (25 tonneaux), et le château Latour ou Caillavet (M. Grelet, maire) situé à l'ouest de la route de Lacanau pour 10 tonneaux. Une vingtaine de petits vigneronsse partagent le reste. À ce moment-là, la surface couverte de landes s'est considérablement rétrécie. Elle n'est plus que de 1 450 hectares.

Texte extrait du livre : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 129-132.

Le patrimoine est particulièrement riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs :

- les châteaux et belles demeures

- les maisons basses

- les moulins, lavoirs, puits…

(- l’église et le cimetière figurent dans la rubrique : vie religieuse. - les écoles dans la rubrique : population.)

La vie des habitants de St-Aubin s'est cristallisée pendant longtemps autour des seigneurs et des grands propriétaires qui, de gré ou de force, furent leurs principaux employeurs. Ils habitaient les maisons fortes ou châteaux : Lasalle (plus tard appelé Villepreux) et Cujac.

le PLU 3.1. de la Métropole.

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Communauté Urbaine de Bordeaux (La Cub) avait succédé au Plan d’Occupation des Sols (POS) en juillet 2006. De réglementaire le document d’urbanisme est devenu stratégique.

Depuis, le PLU a fait l’objet d’évolutions dans le cadre de procédures de modification et de révision simplifiée. Cette procédure doit tenir compte à la fois du contexte local (notamment révision du SCOT en cours) et des récentes évolutions législatives. Ainsi le PLU de la Cub doit intégrer le PLH (Programme Local de l’Habitat) et le PDU (Plan des Déplacements Urbains) et deviendra le PLU 3.1. La décision d’engager une révision générale du PLU a été adoptée par le Conseil de Communauté le 24 septembre 2010 et le 15 novembre 2010 : lancement de la première révision du PLU 3.1.

Les communes de notre secteur d’études concernées par ce PLU font partie de la Métropole de Bordeaux. C’est de cette volumineuse étude que sont tirés les articles suivants qui seront référencés « PLU 3.1. en 2015. »

Protections patrimoniales bâties du château cité au PLU 3.1 de 2015 :  B1115 Château de Cujac route de Cujac

Protections patrimoniales bâties de maison bourgeoise citée au PLU 3.1 de 2015 : B2068 Villa Colibri 5 route de Castelnau

[Les protections patrimoniales des arbres, des échoppes, édifices religieux, édifices agricoles, moulins et lavoirs ne concernent pas la commune.]

 

 

 

 

Le rôle du conseil municipal au 19ème siècle.

Les registres des délibérations du conseil municipal, tenus depuis 1828, sont le reflet de tous les évènements importants de la commune, de l'évolution des hommes et des choses jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. La vie y est présente sous tous ses aspects. On assiste à la lutte de cette poignée de paysans pour délimiter et conserver leur territoire attaqué par les communes voisines, mais aussi pour résister aux tentatives de certains habitants pour grignoter quelques hectares à leur profit. On y voit des luttes contre l'administration préfectorale, mais surtout contre celle des Eaux-et-Forêts, qui tentent d'imposer leur technocratie aux solides terriens d'alors. On voit les bâtiments publics se bâtir au prix de multiples difficultés pour cette poignée de contribuables, petits exploitants pour la plupart, lcole qu'il faut édifier puis agrandir, la mairie qu'il faut construire, lglise qui menace ruine et qu'on doit sans cesse réparer et améliorer, le presbytère qu'il faut racheter et entretenir.

La vie religieuse et la vie publique sont étroitement mêlées. C'est pourquoi les relations avec le clergé, mêmes financières, et les difficultés de toute nature entre la commune et la paroisse sont souvent évoquées au conseil.Les registres d'Etat-Civil tenus désormais par la Mairie sont plus secs, plus administratifs, mais on y trouve encore des précisions intéressantes sur les gens, leur implantation et leurs métiers. Leurs maisons existent encore, pour la plupart. Ils ont laissé des traces dans la mémoire des anciens que nous avons pu interroger. On peut assister à la décadence de certaines grosses familles dont les propriétés furent ruinées par une trop grande soif de la vie et de ses plaisirs coûteux ou par une immense allergie au travail. On peut voir aussi d'autres familles monter en puissance avant d'aborder une courbe descendante.

Nous voyons naître la vie à lcole. Au début du 19ème siècle, deux ou trois élèves de Saint-Aubin fréquentent l'école de Saint-Médard à la belle saison, lorsqu'ils ne sont pas retenus à la maison par les travaux des champs, puis on construit lcole qui abritera bientôt une quarantaine d'enfants. Il faudra alors bâtir une cantine.

Le personnel municipal s'étoffe, avec parfois des personnages pittoresques. Un curieux garde-champêtre n’hésite pas à verbaliser d'abord les autorités, puis à profiter de sa situation pour arrondir ses fins de mois. Un jeune instituteur intrigue pour supplanter son père au poste de secrétaire de mairie. Le conseil rappela même le curé à son devoir avec une certaine fermeté, avant de s'apercevoir que le curé négligent était, tout simplement, en train de mourir. Nous verrons les réactions parfois curieuses des Saint-Aubinois devant le progrès, mais aussi leurs besoins d'avancées sociales pour soulager la misère dans la commune, la part qu'ils prenaient aux évènements extérieurs, les crédits (bien modestes parfois, mais ils faisaient le geste) qu'ils votaient pour les victimes de catastrophes. Nous verrons aussi quel était le patriotisme de nos ancêtres, comment ils ont participé aux conflits, jusqu'à l'inauguration grandiose du monument aux morts, sans oublier la bénédiction triomphale du drapeau tricolore au siècle dernier.

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 121-123.

Le personnel municipal.

Lorsqu'en 1861, le Préfet demanda aux communes de nommer un garde-champêtre, ce fut une belle protestation. On n'en a pas besoin car le garde-forestier surveille les propriétés communales, les trois grands propriétaires ont leur garde particulier et les autres « peuvent surveiller leur terrain qu'ils embrassent d'un seul coup d'œil. Il n'existe sur la commune ni vagabond, ni mendiant, ni gens sans travail ». Ah les heureux Saint-Aubinois ! Mais le préfet insiste et accorde une subvention de cent francs. Alors, on nomme un garde-champêtre. Celui-ci, dès sa nomination dresse un procès-verbal à deux notables : Sémédard et Capsec qu'il accuse d'usurper huit hectares de forêt communale à Boutuges, et d'avoir fait inscrire « subrepticement » ces terrains à leur nom sur le cadastre. Pour 800 F par an, il exerce une surveillance policière, calmant quelques disputes de voisinage, verbalisant les propriétaires de chiens errants et mordeurs qui sont les bêtes noires des gens de nos campagnes, surtout quand les propriétaires sont plus hargneux que leurs animaux. Il passait dans les hameaux pour « faire assavoir à la population » les avis officiels. Suivant son humeur, il rassemblait son monde à son de trompe ou avec des roulements de tambour et, dans les grandes occasions, il exhibait son képi et sa plaque en laiton gravée « la loi ».

En 1880, il a l'aplomb de demander une augmentation. Alors, on exige qu'il note toutes ses activités sur un carnet, on supprime ses fonctions de cantonnier et son salaire est réduit de 800 à 200 F par an. Non mais... Oser demander une augmentation... ! Alors, il démissionne et pendant six mois, c'est l'instituteur, secrétaire de mairie, qui assume les fonctions de garde-champêtre. On lui accorde généreusement une prime de 50 F. Le nouveau garde, Baquey, se voit, lui aussi, l'année suivante, refuser l'augmentation, mais on consent à rémunérer les travaux supplémentaires qu'il « accomplit avec beaucoup de dévouement » pour deux francs par jour. Quelques années plus tard, on fixera avec précision les travaux supplémentaires qu'on lui demande, par exemple, nettoyer les abords de l'église jusqu'à une largeur de quatre mètres.

Pour assurer une retraite décente au garde Coiffard, en 1923, on lui confie l'entretien de la route de la Vierge à Barreau pour 1 200 F par an en ajoutant : « le conseil est heureux de pouvoir exprimer, de cette façon, la reconnaissance de toute la commune à un bon et loyal serviteur ». Aujourd'hui, on offre aux nouveaux retraités un fauteuil ou une bicyclette. Les cantonniers et les résiniers furent souvent les mêmes, employés de façon différente suivant la saison. Lorsqu'ils demandèrent une augmentation, à la veille de la Grande Guerre, le maire hésita car « il s'agit des cantonniers les moins recommandables par leur zèle et leurs aptitudes professionnelles ». Peut-être, comme beaucoup de cantonniers en ce temps là, avaient-ils tendance à téter le « cujot », car il fait soif au bord des routes. Peut-être s'asseyaient-ils trop souvent à l'ombre, battant le fauchon pour en affûter le taillant. Peut-être s'appuyaient-ils trop souvent sur le manche de la pelle, ou prenaient-ils leur temps pour rouler une cigarette. Néanmoins, dans un geste de générosité que personne n'attendait, le conseil accorde une augmentation générale.

Tous les membres du personnel communal auront le même salaire de 850 F par an. C'était en 1913. Deux ans plus tard, ils refusent de reprendre le travail s'ils ne sont pas augmentés. C'est la première grève en pleine guerre. La prochaine n'aura lieu qu'en 1926. Mais, à cette époque, le droit de grève n'est pas encore entré dans les mœurs. Ils sont tous considérés comme démissionnaires. Ah mais! Quant au sonneur de cloches, jusqu'à la séparation de l'Église et de l'État, il était payé par le conseil de Fabrique. Le préfet admet, plus tard, qu'il soit rémunéré par la mairie, à quinze francs par mois, à condition de ne sonner la cloche que pour les besoins municipaux. Alors on l'appelle « sonneur civil », moyennant quoi il continuera à sonner l'Angélus trois fois par jour, comme autrefois ! Les instituteurs étaient traditionnellement secrétaires de mairie. Comme le bureau n'avait pas d'heures d'ouverture bien fixes, on allait les voir pendant les récréations, ou chez eux à n'importe quelle heure pour un acte d'état-civil, pour déclarer sa récolte de vin, remplir sa feuille d'impôts ou demander un conseil.

Connu de tous, connaissant tous les habitants dont beaucoup étaient ses anciens élèves, il était leur confident et, plus encore que M. le Maire, il connaissait les petites affaires de chacun. Il savait qu'une indiscrétion de sa part aurait pu faire se battre une partie du pays contre l'autre. Il ne disait rien, il était de l'avis de tous, il ne prenait jamais parti. On l'aimait bien. Quand Rigal, père, prit sa retraite d'instituteur en 1898, il garda le secrétariat tandis que son fils lui succédait à l'école. Aussitôt, le fils écrivit au maire pour obtenir le poste de son père, mais sans succès. Quand, en 1909, le père, fatigué par 28 ans de services, abandonne son poste à la mairie, il propose pour lui succéder, un instituteur autre que son fils, pour 400 F par an. La commune, reconnaissante lui accorde une rente de 150 F par an, à vie. Il a juste le temps de rédiger une lettre de remerciements. Il meurt avant de recevoir sa première mensualité.

Dans un nouvel élan de générosité, le conseil lui accorde une demi-concession gratuite au cimetière. Les Saint-Aubinois savaient parfois marquer leur estime à ceux qui s'étaient dévoués pour eux, et c'était d'autant plus remarquable qu'ils étaient plutôt enclins à la critique. En 1891, Jean Eyquem, conseiller depuis trois ans seulement, mais jouissant de la considération générale, reçoit cet hommage à titre posthume : « c'était un homme doux, sage, juste, de bon conseil. C'était l'homme de bien dans toute l'acceptation du terme. Il était digne de l'estime et de la confiance dont il jouissait. Aussi, tous ceux qui le connaissaient, l'aimaient... » J'ai recopié un extrait du texte à votre louange. Vous l'avez bien mérité Jean Eyquem ! Lorsqu'en 1974, le maire Henri Langlois est mobilisé, l'adjoint tient à évoquer « notre bon maire qui présidait nos séances avec autant d'humour que de distinction et à formuler les vœux que nous formons pour le succès de la lutte terrible que nous soutenons, pour la santé de notre maire et son retour au milieu de nous, qui apprécions également ses qualités d'homme et d'administrateur ».

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p.174-177.

Saint Aubin.

Ce saint fut choisi comme protecteur de la paroisse vers le 8ème siècle.

L’église de Saint Aubin.

On s'explique mal pourquoi l'église et quelques maisons disséminées ont été construites à l'extrémité sud-est de la paroisse. Monseigneur Laroza pensait qu'elle avait été bâtie sur les ruines d'un temple romain. Le Dr Robert et M. Puyo ont émis l'hypothèse que, à l'origine, Saint-Aubin-en-Jalès était rattaché à Saint-Médard-en-Jalès, bien avant que les limites des communes ne soient fixées.

On ne peut jamais dire qu'une église date de tel ou tel siècle car elle fait sans cesse l'objet de réparations, rajouts, modifications ou restructurations, respectueuses, fantaisistes, voire iconoclastes. La construction de l'édifice actuel a débuté, sans doute, au 12ème siècle, c'est à dire au temps d'Aliénor d'Aquitaine, par un petit oratoire voûté à gauche du chœur. Son plafond très abîmé aujourd'hui fut décoré de peintures murales où l'on distingue encore la scène de l'Annonciation. Puis, on édifia le chœur de style roman, dont plusieurs chapiteaux archaïques sont ornés de mitres et de crosses, emblèmes du Saint Evêque choisi comme protecteur de la paroisse vers le 7ème siècle.

La nef centrale fut construite en prolongement du chœur. On y ajouta ensuite celle de Notre-Dame puis beaucoup plus tard, peut-être au 16ème ou 17ème siècle celle de Saint Jean-Baptiste. Comme les arcades bordant la nef centrale sont soit romanes, soit en arc brisé, on s'explique mal la chronologie de la construction.

Avant l'édification du retable, l’église présentait les caractéristiques du style roman. Elle est orientée, c'est-à-dire tournée vers l'orient et non vers Jérusalem comme on l'a cru bien longtemps. L'étroite fenêtre du chevet recevait les rayons du soleil levant et, largement ébrae vers l'intérieur, les diffusait dans la nef principale. C'était un symbole voulu par les architectes. Le fidèle, entrant au petit jour par la porte centrale, venait des ténèbres pour se diriger vers la lumière. On pourrait même penser que l'oculus qui, au dessus du porche principal, présente un léger décentrement, recueillait directement ces premiers rayons le 1er Mars, jour de la fête de Saint-Aubin.

Un très beau retable en bois ouvragé, du début du 18ème siècle, suscite beaucoup d'intérêt, mais il rompt l'harmonie du chœur roman, et nous emche de vérifier l'hypotse ci-dessus. Sa partie supérieure, d'une sculpture puissante et fouillée, rappelant Michel-Ange, représente Dieu le Père entouré d'angelots, tenant une colombe, symbole de l'Esprit Saint. Juste en dessous, on voit une mitre et un écu orné de lettres entrelacées où l'on peut imaginer les S. et A. de Saint-Aubin. Le tableau central est flanqué de colonnes cannelées, à côté desquelles ont été placées sur leur socle ouvragé, les statues des saints Pierre et Paul, en ormeau, taillées dans la masse. Restaurées récemment, elles ont perdu leur badigeon du siècle dernier pour retrouver leur teinte originale, alors que le reste du retable, couleur bois maintenant, était peint autrefois de couleurs claires marbrées. Au dessus des statues, on peut admirer deux corbeilles de fleurs finement ciselées. Le tableau central, restauré lui aussi, représente Saint-Aubin dans sa gloire, avec ses attributs épiscopaux, entouré d'anges. L'autel en bois est contemporain du retable. La porte du tabernacle représente Jésus portant le globe terrestre. Plusieurs coquilles Saint-Jacques, symbole du pèlerin, rappellent peut-être une halte sur le chemin de Compostelle.

Tableau et retable ont été exécutés sans doute par des artistes itinérants qui, ensuite, partaient décorer d'autres églises ou châteaux. Le sarcophage dont nous avons déjà parlé est situé derrière le retable. On y accède par deux portes latérales. Dans le chœur, on peut aussi admirer une très belle porte d'armoire eucharistique sculptée au 15ème siècle, surmontée d'une plaque tumulaire à la mémoire du seigneur de Saint-Aubin, de Copian, de Bricaile et autres lieux et maisons nobles, Lancelot de Ferron, écuyer, décédé en 1583 et probablement enseveli dans le chœur où se trouve le tombeau de ses antres et de ses successeurs.

Un chapiteau du chœur, de facture très ancienne, nous pose question. Le sujet central, âne, chien ou loup, saisit un aigle par la tête alors que sa patte avant maintient un autre animal au sol. Derrière lui, un personnage immobile et un animal mythique contemplent la scène. S'agit-il d'une légende locale maintenant oubliée ? Deux têtes grossièrement sculptées, aux coins supérieurs de ce même chapiteau évoquent les bienfaiteurs de l'église, les desservants ou les maîtres d'œuvres. Le bonnet de l'un d'eux semble même représenter un troisième personnage à peine ébauché.

Dans la nef, on peut admirer une petite Vierge en pierre, du 15ème siècle présentant le sein à son Enfant, lequel tient un oiseau, peut-être une colombe, symbole du Saint-Esprit. Cette statuette fut retroue en 1970 dans le mur du clocher où elle servait de moellon, par Pierre Cardinal et les ouvriers municipaux qui perçaient une baie pour le chauffage. Remarquant des éclats sculptés dans les gravats, ils abandonnèrent leur pic dont les traces sont encore visibles, et dégagèrent avec précaution le reste de la statue. Les têtes manquaient. Elles ont été reconstituées, en plâtre, par un artiste local, Jean Doméjean, qui a retroule sourire de la Vierge et l'a rendue à notre vénération. Par qui avait-elle été décapitée ? Qui l'a utilisée comme moellon ? Nous ne pouvons hasarder que des hypothèses. On sait que pendant les guerres de religion, une armée protestante bien équipée, venant de La Rochelle, sous les ordres d'un certain Favas, a saccagé les églises du Nord-doc, mais on ne sait pas si elle est venue jusque chez nous. D'autre part, sous la Révolution, il semble que les Saint-Aubinois n'aient pas été très virulents. Alors qui ? Dans ces retrouvailles dont je fus le témoin oculaire, je persiste à voir un petit air de miracle.

Une autre statue, restaurée elle aussi, est remarquable, celle de Saint Jean-Baptiste. Elle est en terre glaise, façonnée à Saint-Aubin au 16ème ou 17ème siècle, et cuite dans une des tuileries établies sur la paroisse, peut-être celle du Tronquet. À l'extérieur, le chevet roman présente une caractéristique assez rare relevée par Monseigneur Laroza, la corniche ressaute vers l'avant et les chapiteaux ne sont pas sculptés. Par contre, la croix qui surmonte le pignon, au dessus du porche central, est sculptée sur les deux faces. À l'est, la Vierge présente son Fils au monde, à l'ouest, on voit le Christ crucifié.

Le clocher.

D'aspect roman, il est très ancien mais il fut en partie reconstruit au siècle dernier alors qu'il menaçait ruine. Le porche laral est récent. Il a remplacé un auvent sous lequel un seigneur avait fait construire un montoir en pierre. Les cavaliers âs ou malhabiles s'en servaient de marchepied pour escalader leur monture. Sous cet auvent, on ensevelissait les morts qui avaient acquis un droit de sépulture à tarif réduit (6 livres), alors qu'on payait le double pour être enterré dans l'église. On lit sur les B.M.S. « Le vingt cinq Aoust 1643 fust couverte l'église de Saint-Aubin par le soing du Seigneur du lieu dict Monsieur Momaritz. Ce fust quelques iours après la mort du dernier pasteur dict Monsieur Commarieu, auquel temps ledict Seigneur fit aussy faire le montoir en pierres de taille au devant de l'église de Saint-Aubin à la commodité de tous allans et venans. »

Le cimetière.

il entourait l'église jusqu'en 1861. Il est possible que certaines auges qui servaient naguère d'abreuvoirs aux troupeaux soient d'anciens sarcophages exhumés à ce moment là.Les inhumations de notables, surtout avant le 19ème siècle, avaient lieu dans l'église, les seigneurs et les curés dans le chœur, au pied du grand autel. En 1662, « Millivel Claude de Masparault, transporté mort de Bourdeaux, fut ensevely dans la pulture de .ses prédécesseurs ».

Les curés possédaient un large pouvoir d'appréciation puisque l'un d'eux, Messire Laroche, inhuma sa mère Marie Dugouyon dans l'église en 1736 et, en 1770 « la fille Marie Tarride qui mourut hier en la maison curiale après m'avoir servi et ma famille pendant plus d'un demi-siècle. Ensevelie dans l'église au fond du bas-côté Saint-Jean ». D'autres sont inhumés au hasard et parfois, leur emplacement est noté sur le registre : « Dans la nef Notre-Dame » ou « Au pied du grand Crucifix ». Plusieurs, qui n'avaient pas acquis de droit de sépulture, mais avaient été particulièrement méritants, furent enterrés comme « passants ». Ctait une façon de les honorer. La somme demandée (12 livres) se justifiait en partie, car il fallait creuser, puis reboucher, tasser, niveler et refaire le dallage. On l'appelait « droit d'ouverture de fosse ». Ce droit de sépulture fut contesté à plusieurs reprises par le curé Cassaigne qui porta l'affaire devant l'Archevêque, obtenant chaque fois gain de cause. En attendant, il enterrait les défunts derrière le four du presbytère.

Matin, midi et soir, sauf en Carême, le bedeau sonnait l'Angélus. La cloche avait une grande importance. Elle indiquait l'heure de la prière ou de la pause, la direction du vent et, donc la pluie ou le beau temps qu'on pouvait attendre. Les cérémonies étaient annoncées à grand branle. Quelque temps avant leur début, pour hâter les retardataires, trois coups brefs marquaient le commencement de la messe ou des vêpres. Agitée vigoureusement, elle disait la joie des nouveaux mariés ou l'allégresse des baptêmes, frappée plus lentement, elle sonnait le glas, accompagnant les deuils et le triste "Libéra nos" qui clôturait la cérémonie des obsèques.Battue sur un rythme accéléré, elle appelait la population pour éteindre les incendies ou chasser les rôdeurs. Celle que nous entendons aujourd'hui fut installée un mois avant la Révolution. Nous lisons sur le registre des Baptêmes : « L'an 1789 et le 10ème du mois de juin, nous soussigné avons procédé à la bénédiction de la cloche de Saint-Aubin, laquelle a été nommée Jacques-Thérèse. Parrain en a été le Sr Jacques Rabby, négociant à Bordeaux, ancien Consul de la Bourse, demeurant audit Bordeaux, rue de la Grille, paroisse de Saint-Rémy ; sa marraine Thérèse Brunaud, sa petite fille, demeurant audit Bordeaux. En présence des soussignés... Linars, Curé de Saint-Médard... Barbé, Curé... »

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 88-97.

Compléments d'informations :

La construction de l’église actuelle a débuté, sans doute, au 12ème siècle, c’est-à-dire au temps d’Aliénor d’Aquitaine, par un petit oratoire voûté à gauche du chœur.
Les autres parties de l’église, chœur, nef principale, clocher, nef Notre-Dame, bas-côté Saint Jean-Baptiste, sacristie, furent construites et remaniées au cours des siècles suivants.
Les éléments caractéristiques de l’église sont :

  • les vestiges des peintures murales dans le petit oratoire originel,

  • la croix du fronton sculptée sur ses deux faces,

  • le mystérieux sarcophage de l’abside,

  • la porte ciselée du tabernacle, le retable, l’ostensoir offert par Napoléon III et la petite Vierge au sein.

Le presbytère fut construit au 18ème siècle.
La cloche a été installée en 1789, juste avant la Révolution.
Le cimetière qui entourait l’église a été transféré à sa place actuelle en 1861.
De grands travaux eurent lieu en 1867, dont la réfection du porche central.
Les travaux les plus récents se sont déroulés en 1989 pour la rénovation intérieure, en 2004 pour la rénovation de la toiture et en 2008 pour la réfection de la place et l’illumination extérieure de l’église.

Pour plus d'informations : site de la mairie.

Cette rubrique relate des faits survenus dans la vie quotidienne des habitants de Saint-Aubin-de-Médoc.

Des manoeuvres militaires.

Le propriétaire du château Belfort à Saint-Médard, Philippe-Paul de Ségur, ancien général des armées de Napoléon, futur académicien, entretenait de bonnes relations avec le roi Louis-Philippe. Ayant restauré son château, il voulut pendre la crémaillère avec une solennité digne de son rang. Il invite donc le fils du roi, le duc d'Aumale, tout auréolé de la prouesse de son armée d'Algérie, la capture de la smala d'Abd-el-Kader. D'Aumale vint avec plusieurs unités dont l'une donna son nom au camp des Lanciers à Saint-Médard. Un régiment de cavalerie fut cantonné à Saint-Aubin en août et septembre 1845, les troupes disséminées dans la campagne, et l'État-major dans les bâtiments du presbytère et maisons avoisinantes. Selon le curé de l'époque, il y en avait au moins deux cents.

Les manœuvres se terminèrent par un gigantesque défilé conduit par le second fils du roi, le duc de Nemours, sur la lande d'Hourton. Par la suite, plusieurs manœuvres et exercices de tir se déroulèrent sur le territoire de la commune ; les landes étaient vastes et l'armée payait les dégâts sans discuter. On ne manquait pas, en effet, de lui envoyer la facture. Les balles et les éclats d'obus abîmaient quelques arbres et chacun sait que la rencontre d'une dent de scie et d'un morceau de métal, cela fait des étincelles. En 1874, on crée une école à feu sévèrement réglementée pour le tir au canon à Hourton. Cinq ans plus tard, on tire le long du Courmateau, deux fois par semaine, en direction du pont de Chagneau où l'on a placé la cible. Mais, lorsqu'en 1883, l'armée désire établir dans le même secteur un champ de tir permanent, le conseil refuse. Par contre, deux ans plus tard, moyennant une rémunération intéressante pour la commune et pour les propriétaires, on accepte, pendant quarante cinq jours, deux champs de tir, l'un à Courmateau, et l'autre à Hourton.

Cette même année, aura lieu, toujours à Hourton, une grande manœuvre de cavalerie. On les imagine, ces fiers cavaliers moustachus : dragons, spahis, lanciers et cuirassiers dont certains sont peut-être des rescapés de Reichshoffen, galopant dans la lande, lance en avant ou, dressés sur leurs étriers, sabre au clair. Instants glorieux... qu'on facture à l'armée pour trois cent francs. C'est le montant des dégâts.

Texte extrait : Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, René-Pierre Sierra, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p.185-187.

L'affaire des pies de Saint-Aubin.

L’an mil huit cent quarante et un, le neuf mai, le conseil municipal de la commune de Saint-Aubin légalement assemblé en cession ordinaire et au lieu de ses séances, étaient présents M. Jacques Escarret, Jean Delaube, Pierre Meyre, Antoine Sémédard, Jean Baisse, Pierre Lalande, Jean Seguin, Jean Seguin et Pierre Eyquem maire.

Le maire ouvre la séance et invite le conseil à constituer le bureau et à la nomination de son secrétaire. M. Sémédard ayant été nommé secrétaire à l’unanimité prend place au bureau en cette qualité. Les membres du conseil ont oui le rapport de la généralité des habitants de la commune de Saint-Aubin concernant les dégâts faits aux récoltes des vignes et maïs causés par les pies qui y volent par troupeaux et mangent pour le moins la dixième partie des récoltes, surtout celle du maïs ; en plusieurs endroits, la cinquième partie est mangée par ces espèces d’oiseaux voraces.

Considérant qu’après avoir reconnu l’absolue nécessité de leur destruction, avons arrêté et délibéré qu’à l’unanimité des voix à compter de ce jour et pendant une année les pies seront tuées et repoussées avec armes à feu ou autres machines pour les détruire par les habitants partout où elles seront rencontrées et dans toute l’étendue de la commune.

Un encouragement de vingt-cinq centimes par tête en sus de douze gratuites par famille à quel nombre quelles puissent s’élever seront payées sur les dépenses imprévues votées au budget de 1842. Pareillement, les œufs ou petits des nids qui seront portés par les enfants ou autre personnes seront également payés en raison de cinq centimes chaque sur les mêmes dépenses et sans retenue.

Défense de tirer sur aucune espèce de gibier pendant leur production et la prohibition de la chasse sous peine d’y être poursuivis conformément à l’arrêté de M. le Préfet ni même après l’ouverture ceux qui ne seront pas munis d’un permis de chasse.

M. Sémédard, adjoint au maire, est chargé de tenir note et nous rendre compte vers la fin de l’année du résultat de cette destruction de la manière suivante : les grandes pies, mâles et femelles auront la griffe gauche coupée ; les jeunes trouvés dans les nids auront la droite coupée pour les distinguer ; les œufs seront également conservés, le tout sera mis séparément dans des tiroirs pour nous en justifier et en ordonner le paiement chacun en proportion de sa destruction.

Fait et délibéré à Saint-Aubin le jour mois et ci contre en la dite délibération et ont signé.

   Texte extrait du document transmis par Joël Héraud, janvier 2006.

 

 

 

Les registres de catholicité aux 17ème et 18ème siècles.

Les premiers registres d'Etat-Civil (ou B.M.S : Baptêmes, Mariages, Sépultures) consultables remontent à 1606.

Rédigés par les curés jusqu'à la Révolution, ils étaient très abîmés quand on les relia au 19ème siècle. Ils sont incomplets car plusieurs années n'ont pas été retrouvées, alors que certains actes figurent en double exemplaire. On constate aussi de nombreuses erreurs de classement qui bouleversent la chronologie. Leur exploitation s'avère parfois ardue, et nous réserve peut-être encore quelques surprises.

Ces lacunes mises à part, les B.M.S. sont une source de renseignements très précieux. Au fil des actes, on assiste à la vie d'individus nommément désignés, participant à leurs joies, à leurs souffrances, à leurs deuils. En lisant entre les lignes, en comparant les dates, on peut même en tirer des conclusions sur leur vie privée. Ce ne sont plus des abstractions, mais des hommes et des femmes comme nous.

Que penser d'un habitant de Loustauviel qui voit mourir son épouse, encore bien jeune, se remarie aussitôt après avec une voisine toute jeunette déjà enceinte d'un enfant auquel il donnera son nom ? Et s'il avait été taquiné par le démon de midi ?...  et si l'on avait aidé sa première épouse devenue gênante à partir pour un monde meilleur ?... Les contemporains ont certainement envisagé toutes ces hypothèses, car il fallait bien agrémenter la chronique locale. Et avec quoi l'alimenter, sinon avec des cancans plus ou moins bien fondés ? On peut voir quels étaient les plus misérables, mais aussi les moins pauvres. On peut y reconnaître l'aristocratie des travailleurs, ceux qui étaient employés par les châtelains : domestiques et valets, palefreniers, gardes et piqueurs. Ceux-là ainsi que les plus gros propriétaires demandaient le parrainage des familles seigneuriales, parfois, ils savaient signer leur nom. On connaît, grâce aux actes, ceux qui avaient droit de sépulture dans l'église, les charitables chez qui venaient mourir les mendiants épuisés.

On peut suivre au cours des années ceux qui accumulaient les maladies et les malchances. En découvrant leurs nouveaux malheurs, on se prend à penser « Encore... les pauvres ! ». Les cus mettaient parfois beaucoup de fantaisie dans la rédaction des B.M.S., dans l'orthographe et dans l'écriture, car les règles ne semblaient pas très strictes à l'époque. Les premiers textes rappellent le graphisme gothique du Moyen-âge, celui qu'on retrouvait dans l'écriture allemande d'avant-guerre. On y trouve des formules latines, telles que : « Obiit in Domino die 21 ejusdem mensis » (Il mourut dans le Seigneur le 21 de ce même mois).

Les noms d'une même famille étaient écrits de façon différente, au gré du rédacteur, tels qu'il les avait compris, car il n'était pas question de demander au déclarant: « Comment ça s'écrit ? » Alors, il fallait se contenter de ce qui tombait de sa bouche édentée habituée à parler gascon.

C'est ainsi qu'on peut lire : Icquen, Yquem, Ichen, Hiquem et Eyquem, alors que d'autres s'appelaient Gorrfe, Gorfre et Goffre, que les Baquey étaient enregistrés sous les noms de : Vaquier, Vacquey et Bacquey. Les Xaintou ou Xainctou sont devenus les Saintout et Sentout.

Beaucoup portaient les mêmes noms et prénoms. On a vu des jumeaux Seguin s'appeler Jean tous les deux, comme leur père et leur grand-père. Pour distinguer ces homonymes, les contemporains leur donnaient des surnoms ou « châfres » qui, souvent, devenaient héréditaires. Il y a peu de temps encore, chez les Baquey, on connaissait les « Clanquette » et les « Parette »; des Escarret portaient le surnom de « Ganga » et Marcel Eyquem était plutôt connu sous le nom de « Migaille ». Dès avant 1700, les curés inscrivaient les surnoms sur les Actes : Arrouche dit Lacrouste ou Croustet ; trois Belanguey se distinguaient en Jeanton, Jeantonnet et Bourrut ; Constantin s'appelait Le Mignon, Demanes-Migailhon ; Chauchy Le Renard, Jean-Poil de Vache, tandis que Doursi était appelé Régalin et sa femme la Régaline. Pour d'autres, il semble bien qu'on ait oublié le vrai nom pour n'inscrire que le châfre : Bienboire dont le nom est tout un programme ou Biguey (le coq). Un jour, dans un accès de jovialité, le père Bon appela son fils Jean. Quelques générations plus tard, leurs descendants s'appelaient Jambon.

Certains actes ne sont pas terminés et parfois les noms et prénoms ont été omis. Lorsque les parents n'avaient pas voulu reconnaître un enfant naturel, on laissait le nom en blanc. Ses descendants portaient naturellement le nom de Blanc.

Mon persécuteur le plus opiniâtre à titre posthume est, sans nul doute, Messire Daurat, curé de Saint-Aubin de 1668 à 1673. Au premier regard, ses actes ressemblent à des textes arabes écrits d'une plume émoussée, agrémentés de larges taches d'encre. Avec une loupe, beaucoup de patience et un peu de chance, on arrive à déchiffrer quelques mots. En dessinant séparément chaque signe, en notant leur correspondance avec les lettres de notre alphabet, on parvient à décrypter des mots, et, comme il employait souvent les mêmes formules, ses écrits deviennent exploitables. Ce n'est pas tout à fait du Champollion, mais presque.

Messire Cassaigne, au début de son ministère, notait ses interventions d'une façon très rudimentaire, à désespérer les généalogistes.

Voyez plutôt les actes figurant sur la même page d'un registre paroissial :

1) Le 7 novembre 1674 a esté ensevelie la femme de Tonin après avoir receu les sacrements.

2) Le 9 dudit a esté ensevely un enfant de fils de la Guirauchose.

3) Le 12 dudit a esté ensevely le nommé Renard après avoir receu les sacrements (Il avait d'abord écrit "a esté ensevely le renard", mais il a barré et rectifié)

4) Le 19 dudit a esté ensevelye la femme de feu Berdollet après avoir receu les sacrements.

5) Le 30 du dit a esté ensevelye la femme de Lafitte sœur de clémence après avoir receu les sacrements.

6) Le Il iuillet 1676 a esté ensevely un enfant de Gaston estant mort sans pouvoir parler.

7) Le 8 Aoust a esté ensevelye la Manon servante de Melle de Champanihac ayant receu les sacrements.

8) Ledit iour a esté ensevely un enfant de Lindras.

9) Ledit iour un enfant de Remberg.

10) Le 12 a esté ensevely un enfant de German.

11) Le 18 Octobre 1676 a esté ensevelye la sœur d'Huguet après avoir receu les sacrements.

12) Le 22 Octobre 1677 a esté ensevelye Yzabeu Balengue après avoir receu les sacrements, en foy de quoy, Atguie de la Roche, prestre, vic. de Saint-Médard, pour M. le curé.

13) Le 25 Octobre 1677 est décédé Pierre de Jacques agé de 60 ans ou davantage après avoir esté muny des SS sacrements... un peu plus loin, on a enregistré la sépulture de « la vieille de Segonnes »...

L'état-civil fut créé en 1539 mais, dans la paroisse, les actes ne commencèrent à être rédigés qu'en 1600 environ, en deux exemplaires dont l'un était envoyé à Bordeaux. Puis l'administration décida qu'ils seraient écrits sur des papiers visés et paraphés et, bien sûr, payants. Le premier papier timbré en notre possession est visé par « François d'Albessart, conseiller du Roy en ses conseils, président présidial, lieutenant général en Guyenne, conservateur des privilèges royaux, prévôt de l'Ombrière et professeur royal en l'université de Bordeaux - Fait à Bordeaux en notre hôtel, le neufviesme mars 1739 ».

Les curés n'enregistraient que les actes relevant de leur ministère, donc n'intéressant que les seuls catholiques. Les autres, juifs, protestants, n'ont pas été inscrits, mais il y en eut certainement très peu dans notre région.

Le dernier acte rédigé par le curé de Saint-Aubin, le chanoine Barbé date du 26 novembre 1792, alors que le premier acte de l'officier public provisoire Hornon est du 26 décembre 1792.

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 61-68.

Bruges.

On retrouve dans le toponyme la racine gauloise brucos, bruyère, ce qui indique que s’étendait là autrefois une lande inculte. Celle-ci fut ensuite défrichée pour laisser la place à des champs et à un village de cultivateurs. La cité s’appelait broja à l’époque féodale. Entre le 11e et le 13e siècle, les seigneurs et abbés poussèrent les paysans à défricher afin d’augmenter la production agricole, pour correspondre à une poussée démographique exceptionnelle, due à l’apparition d’un climat plus doux et au perfectionnement des techniques agricoles qui accrut le rendement. La population doubla en trois siècles, ce qui rendit nécessaire la création de nouvelles terres cultivables, d’où de nombreux défrichements.

Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001.

 

Bruges : 14 200 habitants (Brugeais), 1 422 ha, commune de la Gironde dans le canton du Bouscat, en banlieue nord de Bordeaux, dans l’ancienne zone maraîchère sur des terres qui furent poldérisées. Elle englobe la moitié occidentale du lac de Bordeaux, sur la rive duquel sont un club d’aviron et un club de voile, une maison du Bâtiment et des travaux publics et les bureaux de la Saunab (Société d’aménagement urbain du Nord de l’agglomération bordelaise), polyclinique Jean Villar (Aquitaine Santé, 200 sal., 133 lits), centre d’IRM et rééducation (la Tour de Gassies au nord-ouest), maison de retraite des Jardins d'Aliénor (60 sal.); centre d'apprentissage.

L'habitat est dense dans la partie sud-ouest de la commune, que traverse la rocade de Bordeaux dotée de deux échangeurs, plus récent et espacé autour du lac (le Tasta, Béquigneaux). Au sud-est sont le château Ausone, le grand cimetière nord de Bordeaux et le parc d’activités de Chavailles. Une réserve naturelle de 262 ha a été ménagée dans la plaine de la Jalle. La ville avait 3 400 hab. en 1946, 7 600 en 1975 et sa population aurait augmenté de 3 500 hab. de 1999 à 2008, donc d'un tiers. La gauche a gagné les élections de novembre 2010 ; le maire est Brigitte Terraza, directrice d'hôpital, socialiste.

La fonction productive se limite à peu près à une vénérable corderie (Sainte-Germaine, 50 sal.), héritière d’une ancienne manufacture royale pour la marine, dont les bâtiments sont protégés, et à une fabrique de cartes électroniques Andrew ex-Telia (60 sal.). L’activité est très marquée par la grande gare de fret avec marché-gare national et plate-forme logistique formant au nord de la commune un Centre international de fret, qui accueille de nombreux transporteurs et manutentionnaires comme SDV Logistique (2 700 sal.), Calberson (190 sal.), Dachser (95 sal.), Gironde-Express (80 sal.), Balguerie (80 sal.), Hillebrand (75 sal., allemand), Gras Savoye (55 sal.), Jungheinrich (50 sal.), Manutran (50 sal.), Plet (50 sal.), Shenker Stinnes (50 sal.), Fabre (45 sal.), Adam (40 sal.), Bourgey-Montreuil (40 sal.), Ducamin (40 sal.), Gefco (40 sal.), Valade (40 sal.), Vincent (40 sal.), Heppner (35 sal.).

Les activités tertiaires dominent ainsi, avec dans le commerce un hypermarché Leclerc (160 sal.),un magasin Darty (35 sal.), des négoces de médicaments (Alliance Santé, 70 sal.), de fournitures de bureau JDC (45 sal.), Fiducial Bureautique (35 sal.) et ABI (35 sal.); dans les services: informatique Aquitem (100 sal.), Cis-Valley (95 sal.), IS Systèmes (55 sal.), Alienor (30 sal.); assurances Gras Savoye (90 sal.), MMA '50 sal.); comptabilité Fiduciaire Aquitaine (40 sal.); fourniture de chaleur Dalkia (220 sal.), réseaux électriques Santerne (60 sal.), réseaux d'eau et de gaz Proxiserve (70 sal.), installations thermiques So Di Chauf (30 sal.), réseaux de fluides Dubreuilh (30 sal.), ingénierie Geotec (30 sal.), forages Soltenic (40 sal.); restauration collective Sodexo (50 sal.); constructions Delta (100 sal.); nettoyage ISS Abilis (520 sal.); publicité Clear Channel (50 sal.); et plusieurs garages.

Présentation de la commune de Bruges sur le site :tresordesregions.mgm.fr

Héraldique.

bruges

Écartelé, au premier d'argent à la vache contournée de gueules, au deuxième de gueules aux trois grappes de raisin accolées tigées et feuillées d'argent, au troisième de gueules aux trois annelets d'argent, au quatrième d'azur aux trois vanneaux d'argent rangés en barre ; sur le tout, un écusson en losange d'or à la clef renversée d'argent, panneton à senestre ; le tout sommé d'un chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'argent.

Le blason de Bruges : symbole de notre histoire.

Si Bruges est une ville parfaitement en phase avec son temps, dynamique économiquement, créative et ambitieuse, elle n’a cependant jamais renoncé aux traditions qui font son âme, aux valeurs qui font sa force.

           Les 3 fleurs de lys: elles rappellent l’allégeance de Bruges à la couronne royale (la création du blason est antérieure à la Révolution).

           La vache: elle représente les élevages de bovins historiquement localisés dans les marais du nord de Bordeaux.

           La grappe de raisin : elle symbolise le vignoble brugeais situé aux portes du Médoc dont l’exploitation a assuré la prospérité de la commune jusqu'à la seconde moitié du 19ème siècle.

           Les 3 cercles : illustrent les margelles des puits , représentent le mode d’arrosage des cultures maraîchères.

           Les 3 oiseaux : ils font écho à la pratique des chasses traditionnelles sur le territoire brugeais.

           La clé de Sainte Quitterie : la légende rapporte que cette clé détenait le pouvoir de guérir les malades de la rage. Un vitrail de l'église Saint Pierre témoigne de l’attachement des Brugeais à cette légende et a longtemps fait l‘objet de pèlerinages.

   

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

la Préhistoire recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et  la découverte de l'Amérique en 1492 ;

l’histoire moderne s’étend du 17e au 18e siècle jusqu’à la Révolution française ;

l’histoire contemporaine commence en 1789 et s'étend jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements. La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

La Première Guerre mondiale.

Surnommée la Grande Guerre, c'est un conflit militaire majeur qui eut lieu de 1914 à 1918, surtout en Europe de l'ouest et en Europe orientale et balkanique.

C'est une guerre qui a concerné la plupart des pays de l'époque ( France et ses colonies, Royaume-Uni, Russie, Japon, Etats-Unis), et a mérité le nom de guerre mondiale. C'est aussi une guerre qui a engagé des soldats venant de l'ensemble de la population (la plupart des familles avaient un ou plusieurs membres qui y ont participé) et dans laquelle tous les efforts d'un pays étaient engagés : c'est une guerre totale.

Au bilan, il y a environ 10 millions de morts (presque exclusivement des civils), dont 1,4 million de Français et 1,8 million d'Allemands. Il y a aussi 21 millions de blessés (dont certains au visage, qu'on surnomme à l'époque les « gueules cassées »). En France et en Belgique, dans les régions où les combats se sont fixés pendant près de quatre ans, les dégâts matériels sont considérables. Le moral des populations est très touché. Les personnes qui ont subi cette guerre espèrent que c'est la « Der des Der ».

Les hommes de notre canton ont été, comme dans tout le pays, largement mobilisés et entrainés dans ce conflit qui les a conduits loin de leur région. Les morts ont été recensés, parfois avec des erreurs, mais on n’a guère parlé des blessés, des gazés, des infirmes, des traumatismes de toute sorte, ni de la désorganisation de la vie sociale et du rôle des femmes remplaçant leurs hommes...

Vous trouverez sur le site le recensement des morts de chaque commune et des faits racontés par les survivants.

Le bilan humain de la guerre.

Militaires : Tués: 9 750 000, dont : Allemagne 2 040 000 ; Russie 1 810 000 ; France 1 350 000 ; Autriche-Hongrie 1 100 000 ; Royaume-Uni 850 000 ; Empire ottoman 900 000 ; Italie 650 000 ; Serbie 450 000 ; Roumanie 250 000 ; États-Unis 120 000.

Total alliés : 5 700 000. Empires centraux : 4 020 000

Blessés : 21 250 000, dont : Russie 5 000 000 ; France 4 270 000 ; Allemagne 4 250 000 ; Autriche-Hongrie 3 600 000 ; Royaume-Uni 1 600 000 ; Italie 950 000 ; Empire ottoman 400 000 ; États-Unis 210 000 ; Bulgarie 152 000.

Civils : Tués: 8 800 000, dont : Empire ottoman 4 200 000, dont environ 1 500 000 Arméniens victimes du génocide turc ; Russie 1 500 000 ; Serbie 800 000 ; Italie 600 000 ; Autriche-Hongrie 460 000 ; Allemagne 420 000 ; France 300 000.

Extrait du dossier Sud-ouest, Hors-série octobre 2014.

La Seconde Guerre mondiale.

Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.). La Seconde Guerre mondiale, qui coûta la vie de plus de 40 millions de personnes, a duré six ans, du 1er septembre 1939, date de l'agression allemande contre la Pologne, au 2 septembre 1945, jour où le Japon capitula. Circonscrite à l'origine à l'Europe, elle devient véritablement mondiale avec l'entrée dans la guerre, en 1941, de l'URSS, du Japon et des États-Unis. Le nombre des belligérants, la nature et la puissance des moyens mis en œuvre, le caractère idéologique du conflit donneront plus d'ampleur encore à cet affrontement qu'à celui de 1914-1918. Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.).

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué notre territoire. C’est la première fois depuis fort longtemps qu’un occupant ennemi est venu écraser de sa puissance une terre pacifique et plutôt sans histoires.

Vous trouverez des articles concernant chaque commune, les monuments aux morts et des faits relatant cette période, qui par ailleurs a été longuement étudiée par Catherine Bret-Lépine et Henri Bret dans un ouvrage récent : Années sombres à Blanquefort et dans ses environs, Publications du G.A.H.BLE, 2009, 300 pages.

La guerre d’Algérie.  

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Inventaire de différentes cartes consultables sur internet.

CARTE DE MASSE.

Echelle 1/28800. Début du 18ème siècle

Claude Masse (1652-1737) est un ingénieur géographe connu pour ses plans de fortifications et ses travaux en Charente. Après des relevés sur le terrain, effectués entre 1707et 1709, il a dessiné une carte de l'ensemble du Médoc à l’échelle de trois lignes pour 100 toises, soit 1/28 800. Il s’agit d’une carte en 13 feuilles, à l’échelle de « 3 lignes pour 100 toises » soit 1/28.000. C’est une carte manuscrite en couleurs, elle peut être consultée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Lorsqu’il effectuait ses relevés sur le terrain, Masse notait sur des carnets toutes ses observations, y compris son jugement sur les peuplades locales aux mœurs plutôt rudes. Cette carte est digne d'intérêt car c'est la première carte à grande échelle de la région. Seuls, les reliefs importants sont figurés. Ce sont les lignes de coteaux bordant la Jalle et ses affluents, et d'autres moins évidentes sur le terrain. Si le dessin de la Jalle est très précis, celui des ruisseaux est souvent approximatif. Il n'y a aucune différence entre les chemins les plus importants et les autres, ce qui donne un réseau assez confus. Cette carte étant antérieure à la construction des routes de Tourny, elle montre les tracés des anciennes voies. Les bois, près et vignes sont parfois mentionnés. Les toponymes sont souvent approximatifs.

CARTE DE BELLEYME.

Echelle 1/43200. Seconde moitié du 18ème siècle.

Pierre de Belleyme (1747-1819) est un ingénieur géographe du roi Louis XV. En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province. L’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme qui laissera son nom à la carte. Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200ème à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié.

CARTE DE CASSINI.

Echelle 1/86400. Seconde moitié du 18ème siècle.  

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au 18ème siècle. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86400 (une toise vaut 864 lignes). Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les trois générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail.

ATLAS DE TRUDAINE.

Echelle 1/8600. Seconde moitié du 18ème siècle.

Les atlas dits « de Trudaine » furent élaborés au 18ème siècle, à l’instigation de l’intendant, Daniel-Charles Trudaine,  puis directeur des Ponts et Chaussées qui leur laissa son nom. Le but était de dresser une carte générale des routes royales de France. Les travaux de levé prirent quelque trente-cinq années, s’étalant de 1745 à 1780 environ. Chaque route royale fit l’objet d’un dessin précis, incluant en outre toutes les constructions existant sur une étendue de six lieues de part et d’autre de la chaussée : pont, moulin, ferme, grange, hameau, ville.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/80000.

Echelle : 1/80000. 1818-1875.

Cette carte succède à la  carte de Cassini. La carte d'État-major est une carte générale de la France réalisée, dans sa première version, entre 1818 et 1875. Pour la première fois, des mesures précises d’altitude sont effectuées. Même si la figuration rationnelle du relief reste la grande nouveauté par rapport à la  carte de Cassini, il n'en demeure pas moins que, malgré la présence de points côtés sur la carte, on ne peut donner l'altitude exacte d'un point quelconque du document final.

Elle doit son nom au fait qu’elle était destinée avant tout aux militaires ; la couverture des régions frontalières a été prioritaire, celle du Sud-ouest plus tardive.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/50000.

Echelle : 1/50000. 1898.

À partir de 1898, la carte d’état-major est éditée à l’échelle 1/50000 qui en simplifie l’utilisation : 1 centimètre y représente 500 mètres. Dans ses premières éditions, le relief est toujours représenté par des hachures. Mais cette carte évolue : en 1900 elle est en couleurs, en 1922, le relief est figuré par des courbes de niveau qui permettent de déterminer l’altitude de chaque point.

CADASTRE NAPOLEONIEN.

Echelle 1/2500. 1808-1812.

Le cadastre est un système d'évaluation et de définition des propriétés foncières servant de base à l'assiette fiscale de l'impôt foncier et à sa juste répartition. Il indique, pour chaque commune du territoire, l'emplacement, la surface et la valeur de tout bien foncier. Il est instauré sous Napoléon 1er par la loi du 15 septembre 1807 mais sa mise en œuvre peut être plus tardive.

Le cadastre se compose de trois éléments : le plan parcellaire ou plan cadastral : - découpage de la commune en sections et en parcelles, - les états de section : répertoire des propriétaires, nature des sols (cultures), toponymie au moment de l'établissement du cadastre, - la matrice des propriétés bâties et/ou non bâties : enregistrement des modifications et des mutations relatives aux biens fonciers.

Les plans cadastraux "napoléoniens" de la Gironde, conservés aux Archives départementales, ont fait l'objet d'une numérisation intégrale et sont consultables sur internet.

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                           - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

Comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques et des évolutions politiques dans lesquelles ils vivaient.

La toponymie (du grec tópos, τόπος, lieu et ónoma, ὄνομα, nom) est la science qui étudie les noms de lieux, ou toponymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés. Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), elle est l'une des deux branches principales de l'onomastique (étude des noms propres), elle-même branche de la linguistique.

Outre l'étude des noms de lieux habités (villes, bourgs, villages, hameaux et écarts) ou non habités (lieux-dits), la toponymie étudie également les noms liés au relief (oronymes), aux cours d'eaux (hydronymes), aux voies de communication (odonymes, ou hodonymes).

Le glossaire de la toponymie.

Pour permettre au lecteur de se familiariser avec le vocabulaire propre à la toponymie.

  • Anthroponymie : étude des noms de personnes,

  • Étymologie : étude de l’origine et de l’évolution d’un mot,

  • Éponyme : qui donne ou emprunte son nom à quelque chose,

  • Hydronyme : nom de lieu ayant trait à l'eau (ruisseau, source, fontaine, rivière, fleuve),

  • Hypocoristique : mot traduisant une intention caressante, affectueuse (ex. Margot pour Marguerite).

  • Microtoponymie : partie de la toponymie concernant les noms de lieux-dits de faible étendue, de maisons, de champs, de pièces de terre,

  • Onomastique : étude générale des noms propres. Elle est essentiellement composée de l'anthroponymie et de la toponymie,

  • Patronyme : nom de famille (de pater « père et onoma « nom) par opposition à prénom, ou surnom,

  • Toponyme : nom de lieu en général,

  • Toponymie : science de l'origine et de l'étymologie des noms de lieux. On dit aussi toponomastique,

  • Radical : partie essentielle d'un mot, qui en exprime le sens principal.

Texte extrait : Les feuillets n°3 de la mémoire, ouvrage collectif édité par le Comité d’animation communale de Parempuyre, 1995, p.14.

La voirie désigne à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier: routes, chemins, rues, etc..)  et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 x 2 voies, etc.).

Les types de voies :

 

Le boulevard : large voie faisant le tour d’une ville (sur l’emplacement des anciens remparts), généralement plantée d’arbres (1803 bolevers « ouvrage de madriers », puis « remparts » avant 1365 ; du moyen néerlandais bolwerc).

L’avenue : large voie urbaine, plantée d’arbres proche du boulevard (1549, forme verbale de : avenir, « arriver »), l’équivalent de la fameuse « perspective » des Russes.

Le cours : du latin cursus, action de courir, voyage. Au 17ème siècle, influence de l’italien corso : longue et large avenue servant depromenade. On en trouve à Bordeaux et au Bouscat.

La place : lieu public, espace découvert, généralement entouré de constructions (1080 « endroit » latin populaire platea) place d’une ville grecque agora, d’une ville latine forum. La place publique : en public, aux yeux de tous. Elle est souvent proche de l’église et servait aussi de marché.

La rue : voie bordée de maisons, au moins en partie, dans une agglomération (1080 latin ruga ride). Une petite rue devient le diminutif : ruelle  

La route : voie de communication terrestre aménagée, plus importante que le chemin, située, hors d’une agglomération ou reliant une agglomération à une autre (12ème siècle latin médiéval rupta, ellipse de via rupta, latin classique rumpere viam « ouvrir un passage »). 

La voie : espace à parcourir pour aller quelque part, cet espace lorsqu’il est tracé et aménagé (11ème siécle du latin via, voie)

Le chemin : voie qui permet d’aller d’un lieu à un autre (1080 latin populaire camminus, mot gaulois)

Le square : mot anglais, proprement « carré » (de l’ancien français esquarre cf. équerre), utilisé au milieu du 19ème siècle, désigne un petit jardin public, généralement entouré d’une grille et aménagé au milieu d’une place.

L’impasse : petite rue qui n’a pas d’issue (1761 de « in » (privatif) et passer : on ne passe pas !)

Le rond-point : (rond-point « demi-cercle » en 1375 de rond et point « lieu, emplacement » : place circulaire (1831) d’où rayonnent plusieurs avenues, extension du carrefour vers lequel convergent plusieurs allées dans une forêt ou un jardin (1708).

Le quai : 1311, mot normand et picard, dérivé du latin dès 1167, du gaulois caio « enceinte » : voie publique aménagée entre les maisons et un cours d’eau, sur la levée de terre, soutenue par un mur de maçonnerie. Les quais sont connus à Bordeaux et à Paris, mais Parempuyre en possède un sur la Garonne, ce que Blanquefort n’a pas osé à ce jour...

La première ressource de la commune, c’est sa terre que les hommes cultivent depuis des siècles, les céréales, les prairies où l’on élève vaches et chevaux, la vigne aussi, les jardins pour les légumes, les marais… Nous regarderons les artisans et commerçants, mais aujourd’hui, l’industrie contemporaine a donné un tout autre aspect à la commune.

Le patrimoine du canton est particulièrement riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs.

Nous présenterons successivement :

- les châteaux et belles demeures

- les maisons basses

- les moulins, lavoirs, puits…

- l’église et le cimetière figurent dans la rubrique : vie religieuse.

- les écoles dans la rubrique : population.

Au cours du 19ème siècle, les riches Bordelais, propriétaires de domaines aux environs de Bordeaux, rivalisaient entre eux. Ils avaient des vignes qui leur rapportaient de bons revenus, ils vivaient l’été dans leurs « résidences secondaires » et cherchaient par l’originalité de leurs aménagements à marquer les esprits de leurs visiteurs. Parmi ces marqueurs sociaux, on retrouve la grandeur et la beauté de la demeure, la majesté du portail, le vivier si un cours d’eau est proche, parfois une vacherie, une serre, un jardin et sans doute le plus impressionnant un parc constitué d’essences rares et exotiques.

Dans cette rubrique, vous trouverez les caractéristiques de l’organisation de la vie de la commune, les personnalités qui l’ont marqué, la langue et la démographie…

Cette rubrique relate des faits survenus dans la vie quotidienne des habitants de la commune.

Ouvrages, documents, sites internet, photos, vidéo ... etc qui ont pour thème la commune. 

Liste de références d'ouvrages ou d'autres documents (articles de revues par exemple), ayant la ville de Bruges comme caractéristique commune.

Liste de sites internet de référence ayant la ville de Bruges comme caractéristique commune.

Eysines.

Il est à peu près certain que la localité a conservé à travers son nom celui d’un riche propriétaire terrien qui possédait là une villa à l’époque gallo-romaine. On ignore en revanche le nom de celui-ci : s’agit-il d’un Romain nommé Asius ou Atius ou bien d’un Germanique appelé Aizo ? Celui-ci serait alors un de ces nombreux barbares que les gouverneurs de province romains encouragèrent à venir défricher et exploiter de nouvelles terres en Gaule vers les 3e- 4e siècles.

Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001.

 

Eysines est une commune résidentielle de la banlieue Nord-Ouest de Bordeaux (Gironde) dans le canton de Blanquefort de 19 100 hab. (Eysinais), 1 201 ha.

Son territoire est traversé par la rocade autoroutière A 630 et la N 215 vers le Médoc, et limitée au nord par le cours de la Jalle d’Eysines. Vers l’ouest, grand bois de la Piconerie, avec l’ensemble de sports du Pinsan et un autre au service des handicapés (hôpital, école nationale des handicapés moteurs, centre d’aide par le travail, établissement psycho-social). La commune n’avait que 3 300 hab. en 1946 (5 600 en 1962, 13 000 en 1975).

La majorité municipale est depuis longtemps à gauche. Le maire est Christine Bost, socialiste, également conseillère générale et vice-présidente de la CUB.

La commune a quelques ateliers du groupe Aérospatiale ; un collège et un lycée professionnel publics, un établissement régional d’enseignement adapté, un centre de rééducation et hôpital privé. Les principaux établissements de production sont une cartonnerie Korus (60 sal.) et l'imprimerie Korus éditions (50 sal.), des fabriques de bouchons de liège Amorim (70 sal.), de mécanique Serres (40 sal.), de grillages SBFM (40 sal.), d'étuis métalliques pour gaz Bigata (30 sal.). Dans les commerces, un supermarché U (60 sal.), un Intermarché (40 sal.), Point P (35 sal.), des négoces de matériel agricole Bergerat-Monnoyeur (60 sal.), d'électroménager Dougados (65 sal.), de bureautique Document Concept 33 (30 sal.).

Eysines a aussi d'assez nombreux établissements de service périurbains : ascenseurs Otis (60 sal.); étanchéification Soprema (60 sal.), revêtements Actisol (30 sal.), installations électriques Egep (55 sal.) et thermiques Lecoq (40 sal.), travaux publics Sud-Ouest Pavages (40 sal.); nettoyages Multinet (100 sal.) et Hygitec (30 sal.); gestion immobilière Le Fond du Val (Cléverte-Maisons Nature, 70 sal.), comptabilité Medipharm (30 sal.), informatique Onays (30 sal.) et Everlog (25 sal.), publicité Pages-Jaunes (300 sal.) et Adrexo (100 sal.); distribution d'électricité ERDF (40 sal.); France-Télécom affiche 500 salariés.

Texte issu de www.tresordesregions.mgm.fr et date de 2012-2014.

Depuis La CUB est devenue Bordeaux Métropole, le canton de Blanquefort est devenu canton des Portes du Médoc, le conseil général est devenu conseil départemental.

Description héraldique.


De gueules à la main de justice d’or posée en pal, accostée à dextre de trois croissants d’argent adossés en pairle renversé. A senestre d’une Croix à huit doubles pointes d’argent (Malte). Au chef parti: au premier, d’azur à trois fleurs de lys d’or, au second de gueules au léopard d’or armé et lampassé d’azur, le tout du chef soutenu par une devise ondulée d’argent
L’écu timbré de la couronne murale à trois tours crénelées d’or est soutenu à dextre par un sarment de vigne d’or, fruité à trois pièces de pourpre et à senestre par trois plants aboutés d’or de pommes de terre fleuris de dix pièces d’argent au pistil de pourpre Les deux branches croisées en pointe, en sautoir, et liées d’azur.

(Adopté par le conseil municipal dans sa séance du 26 novembre 1960.)

Blason-NB : Autour du blason, le sarment de vigne et les plants de pomme de terre ne figurent pas sur l'image ci-dessus.

Symbolique de la composition.

La main de justice rappelle la Prévôté, dépendant de la Jurade de Bordeaux, dont Eysines a été le siège, sous l’ancien régime.
Les trois croissants, la ville de Bordeaux dont le Maire et les Jurats étaient Seigneurs justiciers de cette prévôté.
La croix de Malte, l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, successeur des Templiers, seigneur foncier de bourg du Vigean et de certaines terres voisines
La devise ondulée d’argent symbolise la Jalle, source de fécondité pour la commune.
Le sarment de vigne et les plants de pommes de terre rappellent respectivement la culture prédominante ancienne  et la culture présente, caractéristiques de notre terroir.
L’enseigne au léopard (Angleterre) et la fleur de lys (France) concrétise toute l’histoire de la Guyenne.
La couronne murale est commune à la plupart des blasons.

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports

- l’économie.


« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

 

Comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques et des évolutions politiques dans lesquelles ils vivaient.

La toponymie (du grec tópos, τόπος, lieu et ónoma, ὄνομα, nom) est la science qui étudie les noms de lieux, ou toponymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés. Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), elle est l'une des deux branches principales de l'onomastique (étude des noms propres), elle-même branche de la linguistique.

Outre l'étude des noms de lieux habités (villes, bourgs, villages, hameaux et écarts) ou non habités (lieux-dits), la toponymie étudie également les noms liés au relief (oronymes), aux cours d'eaux (hydronymes), aux voies de communication (odonymes, ou hodonymes).

La voirie: ce terme désigne à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier : routes, chemins, rues, etc.) et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 x 2 voies, etc.).

La première ressource de la commune, c’est sa terre que les hommes cultivent depuis des siècles, les céréales, les prairies où l’on élève vaches et chevaux, la vigne aussi, les jardins pour les légumes, les marais… Nous regarderons les artisans et commerçants, mais aujourd’hui, l’industrie contemporaine a donné un tout autre aspect à la commune.

 Le patrimoine du canton est particulièrement riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs.

Nous présenterons successivement :

- les châteaux et belles demeures

- les maisons basses

- les moulins, lavoirs, puits…

- l’église et le cimetière figurent dans la rubrique : vie religieuse.

- les écoles dans la rubrique : population.

Au cours du 19ème siècle, les riches Bordelais, propriétaires de domaines aux environs de Bordeaux, rivalisaient entre eux. Ils avaient des vignes qui leur rapportaient de bons revenus, ils vivaient l’été dans leurs « résidences secondaires » et cherchaient par l’originalité de leurs aménagements à marquer les esprits de leurs visiteurs.

Parmi ces marqueurs sociaux, on retrouve la grandeur et la beauté de la demeure, la majesté du portail, le vivier si un cours d’eau est proche, parfois une vacherie, une serre, un jardin et sans doute le plus impressionnant un parc constitué d’essences rares et exotiques.

Henri Bret.

Des hommes et des femmes passionnés par tel ou tel aspect de notre histoire et de notre environnement ont créé des structures pour abriter des collections des objets de notre passé aussi bien que du présent.

En voici un premier répertoire que nous vous invitons à compléter.

Dans cette rubrique, vous trouverez les caractéristiques de l’organisation de la vie de la commune, les personnalités qui l’ont marqué, la langue et la démographie…

 

La langue parlée à Eysines durant plusieurs siècles a été une langue gasconne.
Cette langue que certains de nos concitoyens réapprennent à parler aujourd’hui a fortement marqué les relations familiales et humaines et même le territoire puisqu’aujourd’hui un bon nombre de toponymes sont nettement d’origine gasconne.

Aujourd’hui, encore, elle divise les habitants par sa façon de prononcer plusieurs lieux-dits.

La démographie est l'étude statistiques des populations humaines, de leur état , de leur mouvement ainsi que des facteurs (biologiques, socio-culturels,…) agissant sur ces caractéristiques.

Cette rubrique relate des faits survenus dans la vie quotidienne des habitants de la commune.

Ecole, parfois collège, et lycée, voici l’histoire de ces établissements.

Voici présentées des personnes qui ont compté dans la vie de la commune.

Elle a pour objet la recherche de l'origine et de la filiation des personnes et des familles. Elle permet aussi de découvrir la vie de nos ancêtres ainsi que leurs conditions de vie, tellement différentes des nôtres. Nous présenterons ici quelques généalogies familiales. En France, la majorité des paroisses tenaient les registres de baptêmes, de mariages et de sépultures de façon généralement complète à partir de 1737, certains curés tenaient déjà leurs registres dès 1632.

Au hasard des registres paroissiaux, sont aussi signalés des événements comme des décès surprenants, des bizarreries météorologiques ou d’autres observations au gré de l’humeur du curé.

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.


Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et  la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution Française;

- l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.


Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements.

La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

 

La Première Guerre mondiale.

Surnommée la Grande Guerre, c'est un conflit militaire majeur qui eut lieu de 1914 à 1918, surtout en Europe de l'ouest et en Europe orientale et balkanique.

C'est une guerre qui a concerné la plupart des pays de l'époque ( France et ses colonies, Royaume-Uni, Russie, Japon, Etats-Unis), et a mérité le nom de guerre mondiale. C'est aussi une guerre qui a engagé des soldats venant de l'ensemble de la population (la plupart des familles avaient un ou plusieurs membres qui y ont participé) et dans laquelle tous les efforts d'un pays étaient engagés : c'est une guerre totale.

Au bilan, il y a environ 10 millions de morts (presque exclusivement des civils), dont 1,4 million de Français et 1,8 million d'Allemands. Il y a aussi 21 millions de blessés (dont certains au visage, qu'on surnomme à l'époque les « gueules cassées »). En France et en Belgique, dans les régions où les combats se sont fixés pendant près de quatre ans, les dégâts matériels sont considérables. Le moral des populations est très touché. Les personnes qui ont subi cette guerre espèrent que c'est la « Der des Der ».

Les hommes de notre canton ont été, comme dans tout le pays, largement mobilisés et entrainés dans ce conflit qui les a conduits loin de leur région. Les morts ont été recensés, parfois avec des erreurs, mais on n’a guère parlé des blessés, des gazés, des infirmes, des traumatismes de toute sorte, ni de la désorganisation de la vie sociale et du rôle des femmes remplaçant leurs hommes...

Vous trouverez sur le site le recensement des morts de chaque commune et des faits racontés par les survivants.

Le bilan humain de la guerre.

Militaires : Tués: 9 750 000, dont : Allemagne 2 040 000 ; Russie 1 810 000 ; France 1 350 000 ; Autriche-Hongrie 1 100 000 ; Royaume-Uni 850 000 ; Empire ottoman 900 000 ; Italie 650 000 ; Serbie 450 000 ; Roumanie 250 000 ; États-Unis 120 000.

Total alliés : 5 700 000. Empires centraux : 4 020 000

Blessés : 21 250 000, dont : Russie 5 000 000 ; France 4 270 000 ; Allemagne 4 250 000 ; Autriche-Hongrie 3 600 000 ; Royaume-Uni 1 600 000 ; Italie 950 000 ; Empire ottoman 400 000 ; États-Unis 210 000 ; Bulgarie 152 000.

Civils : Tués: 8 800 000, dont : Empire ottoman 4 200 000, dont environ 1 500 000 Arméniens victimes du génocide turc ; Russie 1 500 000 ; Serbie 800 000 ; Italie 600 000 ; Autriche-Hongrie 460 000 ; Allemagne 420 000 ; France 300 000.

Extrait du dossier Sud-ouest, Hors-série octobre 2014.

La Seconde Guerre mondiale.

Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.). La Seconde Guerre mondiale, qui coûta la vie de plus de 40 millions de personnes, a duré six ans, du 1er septembre 1939, date de l'agression allemande contre la Pologne, au 2 septembre 1945, jour où le Japon capitula. Circonscrite à l'origine à l'Europe, elle devient véritablement mondiale avec l'entrée dans la guerre, en 1941, de l'URSS, du Japon et des États-Unis. Le nombre des belligérants, la nature et la puissance des moyens mis en œuvre, le caractère idéologique du conflit donneront plus d'ampleur encore à cet affrontement qu'à celui de 1914-1918. Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.).

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué notre territoire. C’est la première fois depuis fort longtemps qu’un occupant ennemi est venu écraser de sa puissance une terre pacifique et plutôt sans histoires.

Vous trouverez des articles concernant chaque commune, les monuments aux morts et des faits relatant cette période, qui par ailleurs a été longuement étudiée par Catherine Bret-Lépine et Henri Bret dans un ouvrage récent : Années sombres à Blanquefort et dans ses environs, Publications du G.A.H.BLE, 2009, 300 pages.

La guerre d’Algérie.  

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Inventaire de différentes cartes consultables sur internet.

CARTE DE MASSE.

Echelle 1/28800. Début du 18ème siècle

Claude Masse (1652-1737) est un ingénieur géographe connu pour ses plans de fortifications et ses travaux en Charente. Après des relevés sur le terrain, effectués entre 1707et 1709, il a dessiné une carte de l'ensemble du Médoc à l’échelle de trois lignes pour 100 toises, soit 1/28 800. Il s’agit d’une carte en 13 feuilles, à l’échelle de « 3 lignes pour 100 toises » soit 1/28.000. C’est une carte manuscrite en couleurs, elle peut être consultée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Lorsqu’il effectuait ses relevés sur le terrain, Masse notait sur des carnets toutes ses observations, y compris son jugement sur les peuplades locales aux mœurs plutôt rudes. Cette carte est digne d'intérêt car c'est la première carte à grande échelle de la région. Seuls, les reliefs importants sont figurés. Ce sont les lignes de coteaux bordant la Jalle et ses affluents, et d'autres moins évidentes sur le terrain. Si le dessin de la Jalle est très précis, celui des ruisseaux est souvent approximatif. Il n'y a aucune différence entre les chemins les plus importants et les autres, ce qui donne un réseau assez confus. Cette carte étant antérieure à la construction des routes de Tourny, elle montre les tracés des anciennes voies. Les bois, près et vignes sont parfois mentionnés. Les toponymes sont souvent approximatifs.

CARTE DE BELLEYME.

Echelle 1/43200. Seconde moitié du 18ème siècle.

Pierre de Belleyme (1747-1819) est un ingénieur géographe du roi Louis XV. En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province. L’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme qui laissera son nom à la carte. Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200ème à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié.

CARTE DE CASSINI.

Echelle 1/86400. Seconde moitié du 18ème siècle.  

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au 18ème siècle. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86400 (une toise vaut 864 lignes). Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les trois générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail.

ATLAS DE TRUDAINE.

Echelle 1/8600. Seconde moitié du 18ème siècle.

Les atlas dits « de Trudaine » furent élaborés au 18ème siècle, à l’instigation de l’intendant, Daniel-Charles Trudaine,  puis directeur des Ponts et Chaussées qui leur laissa son nom. Le but était de dresser une carte générale des routes royales de France. Les travaux de levé prirent quelque trente-cinq années, s’étalant de 1745 à 1780 environ. Chaque route royale fit l’objet d’un dessin précis, incluant en outre toutes les constructions existant sur une étendue de six lieues de part et d’autre de la chaussée : pont, moulin, ferme, grange, hameau, ville.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/80000.

Echelle : 1/80000. 1818-1875.

Cette carte succède à la  carte de Cassini. La carte d'État-major est une carte générale de la France réalisée, dans sa première version, entre 1818 et 1875. Pour la première fois, des mesures précises d’altitude sont effectuées. Même si la figuration rationnelle du relief reste la grande nouveauté par rapport à la  carte de Cassini, il n'en demeure pas moins que, malgré la présence de points côtés sur la carte, on ne peut donner l'altitude exacte d'un point quelconque du document final.

Elle doit son nom au fait qu’elle était destinée avant tout aux militaires ; la couverture des régions frontalières a été prioritaire, celle du Sud-ouest plus tardive.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/50000.

Echelle : 1/50000. 1898.

À partir de 1898, la carte d’état-major est éditée à l’échelle 1/50000 qui en simplifie l’utilisation : 1 centimètre y représente 500 mètres. Dans ses premières éditions, le relief est toujours représenté par des hachures. Mais cette carte évolue : en 1900 elle est en couleurs, en 1922, le relief est figuré par des courbes de niveau qui permettent de déterminer l’altitude de chaque point.

CADASTRE NAPOLEONIEN.

Echelle 1/2500. 1808-1812.

Le cadastre est un système d'évaluation et de définition des propriétés foncières servant de base à l'assiette fiscale de l'impôt foncier et à sa juste répartition. Il indique, pour chaque commune du territoire, l'emplacement, la surface et la valeur de tout bien foncier. Il est instauré sous Napoléon 1er par la loi du 15 septembre 1807 mais sa mise en œuvre peut être plus tardive.

Le cadastre se compose de trois éléments : le plan parcellaire ou plan cadastral : - découpage de la commune en sections et en parcelles, - les états de section : répertoire des propriétaires, nature des sols (cultures), toponymie au moment de l'établissement du cadastre, - la matrice des propriétés bâties et/ou non bâties : enregistrement des modifications et des mutations relatives aux biens fonciers.

Les plans cadastraux "napoléoniens" de la Gironde, conservés aux Archives départementales, ont fait l'objet d'une numérisation intégrale et sont consultables sur internet.

 

 

Partie de la croûte terrestre à l'état naturel ou aménagée, sur laquelle on se tient et se déplace

Ensemble des conditions météorologiques d'une région, d'un lieu

Liste de références d'ouvrages ou d'autres documents (articles de revues par exemple), ayant la ville d'Eysines comme caractéristique commune.

Liste de sites internet de référence ayant la ville d'Eysines comme caractéristique commune.

BLANQUEFORT en 1939 à la façon d’une carte d’identité :

Nom : BLANQUEFORT • étymologie : blancafortis, "le fort blanc", XIe siècle (construction faite de pierres blanches, par opposition aux édifices antérieurs, faits de bois qui noircissait avec le temps).                                                                                                       

Née le : probablement entre 1 800 et 750 ans avant Jésus-Christ. • origine : protohistoire, âge du bronze.

Taille : 8 kilomètres d'ouest en est, 5 kilomètres du nord au sud. • superficie : 3 302 hectares. • altitude moyenne du centre-bourg : 26 mètres ; point le plus bas de la commune : 2 mètres à Grattequina en bord de Garonne ; point le plus haut : 39 mètres à la limite sud-ouest du domaine de Breillan.

Signes particuliers en 2009 : population proche de 15 000 habitants.

• Blanquefort « fait partie de la Communauté Urbaine de Bordeaux (C.U.B.) qui a été fondée le ler janvier 1968 (avec celles de Lille, Lyon et Strasbourg) et qui regroupe vingt-sept communes : Ambarès et Lagrave, Ambès, Artigues-près-Bor­deaux, Bassens, Bègles, Blanquefort, Bordeaux, Bouliac, Bruges, Carbon-Blanc, Cenon, Eysines, Floirac, Gradignan, Le Bouscat, Le Haillan, Le Taillan-Médoc, Lormont, Mérignac, Parempuyre, Pessac, Saint-Aubin-de-Médoc, Saint-Louis-de-Montferrand, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Vincent-de-Paul, Talence, Villenave d'Ornon ».

• Blanquefort : chef-lieu de canton pour les communes d’Eysines, Ludon-Médoc, Macau, Parempuyre, Le Pian-Médoc.

• 5 exploitations viti-vinicoles, toutes classées "Haut Médoc cru bourgeois" : Dillon (Lycée Agricole) avec 34 ha, Saint-Ahon (Mme la comtesse de Colbert) avec 24 ha, Grand-Clapeau-Olivier (M. Baudinière) avec 16 ha, Magnol (société Barton & Guestier) avec 15,5 ha, Dasvin-Bel-Air avec 17 ha (famille Tessandier, à Macau).

Domicile : en Médoc, département de la Gironde, région Aquitaine, pays de France, Communauté Européenne.
Texte d'Alain Tridant, Une histoire de 3 000 ans, Publications du G.A.H.BLE, 1988, p. 37 ; mise à jour en 2004 et 2009.

« La commune de Blanquefort occupe une superficie de 3 372 hectares. Le village garde une population d’environ 2 000 âmes du Moyen-âge au 20e siècle et sa richesse vient de la vigne et des artisanats annexes.

Nombreux sont les bourgeois bordelais qui bâtissent à Blanquefort une résidence de campagne et l’entourent de vignes.

L’assèchement des marais au 18e siècle augmente la surface cultivable et d’élevage, tout en rendant l’environnement plus salubre. Les maladies de la vigne réduisent l’activité traditionnelle et dès 1962, une zone industrielle est créée, permettant un nouvel essor de la ville.

De 2 600 habitants en 1940, Blanquefort atteint les 15 000 habitants à la fin du 20e siècle ». Texte d'Henri Bret.

carteign

 

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :
- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.
Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :
- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;
- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et  la découverte de l'Amérique en 1492 ;
- l’Histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution française;
- l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements.
La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

 

Les zones archéologiques de la commune.


Un arrêté du préfet de la région Aquitaine du 16 juin 2009, dont est présenté ici un résumé, « considérant les éléments de connaissance du patrimoine archéologique de la commune de Blanquefort (Gironde), actuellement recensés dans les bases archéologiques de la Direction régionale des affaires cultures d'Aquitaine, précise pour cette commune les zones géographiques pour lesquelles tous les dossiers de demande de permis de construire, de démolir, d'aménager, d'autorisation d'installations ou de travaux divers et de création de Z.A.C. doivent être étudiés.

Il s’agit des zones suivantes :
1 - Le Bourg : église et cimetière, Haut Moyen-âge, Moyen-âge.
2 - Château de Breillan : maison noble, 15ème siècle.
3 - Maurian : ancien château, Moyen-âge,
4 - Dillon : occupation, Gallo-romain, Moyen-âge.
5 - Château Saint-Ahon : maison forte, Moyen-âge.
6 - Dulamon : maison noble, 16ème siècle.
7 - Duras et Jalle du Sable : château, chemin, moulin, Moyen-âge, Époque-moderne.
De même, doivent être soumis à déclaration les travaux suivants : affouillement, nivellement ou exhaussement de sol liés à des opérations d'aménagement, préparation de sols ou plantation d'arbres ou de vignes, arrachage ou destruction de souches ou de vignes, création de retenues d'eau ou de canaux d'irrigation).

Fait à Bordeaux, le 16 juin 2009. Le Préfet de la région Aquitaine Frédéric Mac Kain.

PLAN

La préhistoire.

Les premières traces d'occupation humaine à Blanquefort remontent à l'époque protohistorique.
À l'âge du Bronze (1500 avant J.-C.) existaient des habitats près de la rivière qui borde la commune au sud, la Jalle de Blanquefort.
Des céramiques ont été retrouvées le long de cette rivière et sur le site de la forteresse médiévale.

Découvertes archéologiques pour les périodes de la Préhistoire.

Voici des extraits d’une thèse universitaire portant sur les rivages de l’estuaire de la Gironde et qui concernent Blanquefort :

I- Néolithique.

Nom du site : Peybois.
Désignation : outils lithiques.
Conditions de la découverte : lors de travaux agricoles dans un champ, en surface, vers 1963.
Présentation sommaire : mise au jour en deux points différents de la même parcelle de deux haches en silex de couleur « sable ». L'une est polie, en assez bon état de conservation, et ne fait pas moins de 200 mm de long. L'autre est taillée, apprêtée pour le polissage. Ces objets semblent isolés.
Datation : Néolithique.
Lieu de conservation : Collection particulière à Blanquefort.

II- Âge du Bronze.

Nom du site : château de Blanquefort.
Désignation : Habitat.
Conditions de la découverte : au cours des chantiers de fouilles dans le château de Blanquefort, à 2 m de profondeur, au contact du substrat rocheux, en 1968 et 1970. Nombreuses visites sur place.
Présentation sommaire : ensemble de tessons de céramique découvert dans les niveaux les plus profonds. Selon les archéologues, ce mobilier ne serait pas en place et appartiendrait à un remblai. Mais la forte proportion de céramique protohistorique dans des niveaux aussi profonds, laisse envisager une occupation de l'âge du Bronze sur ce site, peut-être un habitat, bouleversée (?) lors de la construction du château. Si aucune forme n'a été reconstituée, quelques décors caractéristiques de l'âge du Bronze sont conservés : pastillage, cordons simples ou pincés, etc. Voici ce qu'en dit D. Frugier : « poterie épaisse (5 à 10 mm) au grain épais, de couleur gris brun et dont l'argile, passée à faible cuisson, semble modelée à la main [...] et la décoration est faite de bandes horizontales rapportées ou pincées dans l'épaisseur de l'argile ».
Datation : Bronze moyen.
Lieu de conservation : musée de Blanquefort.

III- Âge du fer.

Nom du site : château de Blanquefort.
Désignation : Habitat (?).
Conditions de la découverte : au cours des chantiers de fouilles dans le château de Blanquefort, à 2 m de profondeur, au contact du substrat rocheux, en 1968 et 1970. Nombreuses visites sur place.
Présentation sommaire : parmi les tessons globalement classés dans la catégorie des « céramiques protohistoriques », quelques fragments semblent appartenir à l'âge du Fer. L'un d'eux « a été identifié comme étant caractéristique de la Tène » mais n'a pas été décrit. Si une occupation de l'âge du Bronze ne fait pas de doute, celle de l'âge du fer est plus discrète. Sa définition, restée confuse, mériterait d'être précisée.
Datation : âge du Fer (La Tène ?).
Lieu de conservation : musée de Blanquefort.

Texte extrait de la thèse universitaire de Doctorat, « Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen Âge », Didier Coquillas, Université Bordeaux III, 2001, tome II-1, pages 123-128.

L’Antiquité.

C'est une des quatre périodes de l’histoire qui court de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C.
Les découvertes archéologiques pour la période de l’Antiquité.
Voici des extraits d’une thèse universitaire portant sur les rivages de l’estuaire de la Gironde et qui concernent Blanquefort :

La période antique.

Dans les murs du château de Blanquefort, avant 1865, Léo Drouyn signalait le remploi de tegulœ noyées dans le mortier. À proximité, furent recueillis un style en bronze et quelques monnaies romaines. Sur les bords de la Jalle, se trouvait un chapiteau en marbre blanc des Pyrénées. M. Durand, selon Léo Drouyn, y avait vu un site romain. F. Jouannet signalait, près du pont (sur le chemin qui conduit de Blanquefort au château), des tuiles romaines et des poteries : Jouannet (F.-V.), 1839, p. 183 ; Album de la Commission des Monuments Historiques de la Gironde, AD Gir. 162 TI, dessin par Monsan (août 1841) ; Drouyn (L.), s. d, 46, p. 635 et 48, p. 244 ; 1865, II, p. 52. En 1967 et 1968, au cours de fouilles dans le château, Alain Tridant découvrait dans des remblais, à l'intérieur de la forteresse, deux monnaies romaines (non décrites) et des tessons de céramique protohistorique (deuxième âge du fer ?) : Tridant (A.), 1971, p. 21, 23, 37-38.
Texte extrait de  « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 98 : le canton de Blanquefort dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994. Canton de Blanquefort (INSEE 06). 42 – Blanquefort (INSEE 056). »
Le site le long de la jalle, au sud de la commune, fut occupé à l'époque romaine puisque des tegulae (tuiles romaines) et des monnaies y ont été mises au jour lors de fouilles.Le bâtiment, dont il ne reste d'autres traces de cette époque, était probablement un poste de garde ou un péage car situé sur la voie romaine reliant Burdigala (Bordeaux) à Noviomagus dans le Médoc.
texte extrait de wikipedia.org/wiki/Blanquefort_(Gironde)

L'Époque gallo-romaine.

Nom du site : château de Blanquefort.
Désignation : construction.
Conditions de la découverte : première mention en 1839, puis régulièrement par la suite sur et autour du site. Chantier de fouilles dans le château entre 1965 et 1970 ; rien ne fut signalé dans les campagnes plus récentes. Nombreuses visites sur place.

Présentation sommaire : les découvertes sont nombreuses mais assez dispersées ou bien souvent mélangées à du matériel médiéval. L'installation du château semble avoir bouleversé ou remployé les matériaux d'un site gallo-romain proche dont la nature nous échappe (habitat, point de relais dans le marais ?).
Les découvertes anciennes font état de mortier, de tuiles à rebords, d'un « grand chapiteau antique de marbre blanc veiné de noir » des Pyrénées, d'un style en bronze et de quelques monnaies romaines non décrites à l'exception d'un « bronze moyen » de Tibère. F.-V. Jouannet précise cependant qu'une certaine concentration de mobilier gallo-romain a pu être observée près du pont qui relie le château à Curegan et Blanquefort : « des tuiles romaines et des poteries » non décrites.
Les fouilles dans le château ont mis au jour quelques tuiles à rebords et deux monnaies romaines mélangées au matériel médiéval. La première est une monnaie en bronze de Constantin Ier frappée à l'atelier d'Arles entre 330 et 335. La seconde semble être aussi à l'effigie de Constantin Ier ou à celle de ses fils ; elle est tout du moins contemporaine de la précédente.
 
Datation : époque gallo-romaine (Haut et Bas Empire sont envisageables à partir des monnaies : Ier et IVe siècles).
Lieu de conservation : ancienne collection Lafon à Blanquefort pour une partie des découvertes anciennes. Musée de Blanquefort pour les monnaies.
Blanquefort. (N° I.N.S.E.E. 33 2 06 056) - Arrondissement : Bordeaux - Diocèse : Bordeaux Archiprêtré : Moulis - Canton : Blanquefort - Commune : Blanquefort - Vocable paroisse : Saint-Martin de Blanquefort.
Texte extrait de la thèse universitaire de Doctorat, « Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen Âge », Didier Coquillas, Université Bordeaux III, 2001, tome II-1, pages 123-128.

La présence romaine.

La présence romaine est elle aussi assurée par les fouilles qui ont révélé de nombreuses tegulae (tuiles romaines plates) dans les fondations de la forteresse ainsi que deux monnaies d'époque romaine.
Il est probable que les Gallo-Romains aient bâti à cet emplacement une modeste construction, péage ou tour de garde, afin de contrôler la voie romaine reliant Bordeaux à Noviomagus, dans le Médoc.
Comme les terres alentour étaient marécageuses, les Romains ont dû surélever la route et le site castral. Ceux-ci étaient alors le seul émergeant de ces marais, grâce à la présence d'un affleurement rocheux naturel formé de mollasse (grès en formation).
Wikipédia comme source.
Ce site [le vieux-château] naturellement défendu par son environnement de marais a de même été utilisé par les Romains dans les premiers siècles de notre ère. Une voie romaine, appelée la Lebade, joignait Bordeaux à Soulac en traversant le Médoc, et l’îlot rocheux permettait sa surveillance économique et militaire. Autre indice de la présence romaine à Blanquefort, la dédicace de l’église paroissiale à Saint-Martin ; il est en effet reconnu en pays bordelais que les églises Saint-Martin soient élevées à l’emplacement d’édifices païens anciennement bâtis dans des domaines agricoles romains.
Extrait du livre : Blanquefort, 3 000 ans d’histoire, Alain Tridant, Les amis du vieux Blanquefort, 1981, p.8.
 

 

Le Haut Moyen Âge.

Le village de Blanquefort existait déjà au Haut Moyen Âge, comme l'atteste la présence de sarcophages mérovingiens dans les soubassements de l'église du bourg. Ce bâtiment cultuel a été dédié à Saint-Martin, évangélisateur de la Gaule, ce qui laisse imaginer une origine lointaine.
Au milieu du 11ème siècle, des seigneurs s'établissent et édifient un premier château de pierre, de style roman sur la route de Bordeaux au Médoc, axe stratégique sur lequel le seigneur perçoit des droits de passage.

Il succède vraisemblablement à un donjon primitif en bois. Établi au milieu de marais, l'édifice blanc - car construit en pierres calcaires - marque les esprits à une époque où même les églises sont encore en bois. Il donne son nom à la ville : Blanquefort est le blanca fortis, c'est-à-dire le « fort blanc ».

Au 13ème siècle, le château devient la propriété du roi d'Angleterre Édouard, qui est aussi duc d'Aquitaine. Le château est cédé peu après à la puissante famille de Durfort qui conserve la forteresse jusqu'à la Révolution française.

Au début du 14ème siècle, les Durfort sont la plus puissante famille de Guyenne et ils représentent le roi en son absence. Blanquefort est leur principale possession. La seigneurie comprend alors un tiers du Médoc, atteint l'océan Atlantique et le bassin d'Arcachon.
Parallèlement, d'autres châteaux plus modestes apparaissent sur l'actuelle commune, comme à Breillan ou Terrefort. Une chapelle est construite plus au nord, dans le village de Caychac.
Le petit château est alors agrandi pour devenir une forteresse royale, anglaise, chargée de défendre Bordeaux contre une attaque du roi de France.
Blanquefort devient un lieu stratégique de la guerre de Cent Ans. Une enceinte en pierres est construite ; le donjon est agrandi par l'adjonction de six grosses tours.

 

 

Cette période se situe entre 1453 et 1789.

En 1453, après la victoire française de Castillon, la forteresse est prise, avant que Bordeaux ne tombe. Pendant quelques années, le château devient forteresse royale française, possession de Louis XI. Puis l'un de ses lieutenants, Antoine de Chabannes, obtient la forteresse qu'il adapte à l'artillerie à feu et embellit de décors gothiques.

Les Durfort récupèrent Blanquefort peu après.
La forteresse perdra progressivement son intérêt stratégique. Incendiée au 17ème siècle, elle est abandonnée et sert même de carrière de pierres durant la Révolution.
 
Au 17ème siècle, le village de Blanquefort connaît un nouvel essor avec la construction du château Dillon, du nom d'une famille de nobles irlandais venus s'installer ici.
Un domaine viticole se développe, notamment autour du domaine de Breillan, acquis au 18ème siècle par deux autres familles irlandaises.
Le château du Dehez illustre bien, avec son plan de villa romaine, le goût du siècle pour les châteaux de campagne.
Le magnifique château de Fongravey  a été la propriété du consul de Hambourg Daniel Kristof Meyer.

 

Après la Révolution.

La vie tranquille de la commune de Blanquefort va être secouée par la Révolution. Elle connaît la particularité d'avoir eu comme premier maire révolutionnaire Pierre Saincric, qui était le curé de la paroisse avant la Révolution; par la suite il se maria et devint notaire. La viticulture connaît son apogée au 19ème siècle où des domaines comme Dulamon, Le Dehez ou Dillon changent de propriétaires. L'activité emploie alors la majorité de la population blanquefortaise qui atteint environ 2 000 habitants en 1900. Près de la Garonne, dans le palus se trouve alors pendant une courte période le principal élevage de sangsues de Bordeaux car les animaux étaient alors utilisés en médecine.

Certaines familles ont gardé souvenirs et documents des guerres du 19° siècle qui pourront être présentés.

Présentation générale du 19ème siècle.

1 : Evolutions politiques.

Voici un siècle qui naît au spectacle sanglant de l’épopée napoléonienne, pour s’abîmer dans cette tuerie que fut la Grande Guerre.

Sept régimes politiques se succèdent en moins d’un siècle :

1799-1804 : Bonaparte, premier consul.

1804-1815 : Premier Empire.

1815-1830 : malgré le bref intermède des Cent-jours, après la défaite de Waterloo, l’Empire est abattu, la royauté, rétablie : c’est la Restauration, avec Louis XVIII, puis Charles X.

1830-1848 : monarchie de Juillet, dirigée par Louis-Philippe.

1848-1852 : la Révolution institue, avec Lamartine, la IIème République, bientôt minée par le coup d’État de son président, Louis Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III, que fustige Victor Hugo.

1852-1870 : le Second Empire mis en place par Napoléon III tombe après la défaite de 1870 face aux Allemands.

1870 : la IIIème République est proclamée provisoirement, puis confirmée en 1875. Elle durera jusqu’en 1940.

Les clivages politiques sont particulièrement marqués. Droite et gauche s’opposent, évidemment. Mais à l’intérieur de ces sensibilités, les tensions ne sont pas moins vives. La droite aristocratique et légitimiste s’accroche aux valeurs anachroniques de l’Ancien Régime ; la droite bourgeoise et orléaniste tente de concilier l’ordre monarchiste et le capitalisme industriel ; la droite populaire, opportuniste, plus ambiguë, est aussi plus autoritaire. À gauche, la tradition politique et libérale prévaut sous la Restauration. Mais bientôt émergent la gauche républicaine et radicale, et les gauches socialistes, aux théoriciens divers, Fourier, Proudhon ou Marx. Le débat public se pose donc, en général, en termes contrastés : progrès ou tradition, science ou religion, liberté ou ordre, autant de clivages qui coïncident souvent, mais pas toujours, avec l’opposition gauche/droite. Les idéologies avivent les passions.

2 : Evolutions économiques et sociales.

C’est le siècle, en France, de la révolution industrielle. Servie par les progrès de la technique, elle se fonde sur le textile et sur l’aciérie. Les moyens de communication se développent, les chemins de fer, la marine à vapeur. Le capitalisme financier, avec la Bourse, prend une ampleur nouvelle, et permet l’essor d’une bourgeoisie d’affaires, aux réussites parfois spectaculaires, comme le montre Balzac. Mais les chantres de la pensée libérale, comme Saint-Simon, ont beau se réjouir de ces progrès, la misère sociale semble augmenter, à proportion des richesses créées.

La question sociale est posée. L’asservissement de l’homme aux machines et au système social, ces formes modernes de l’esclavage, le travail des enfants, condamné par Hugo, la déchéance sociale et/ou morale des travailleurs révélée par Zola, des ouvriers et de tous les prolétaires, finissent par attirer l’attention, et le catholicisme social de Lamennais rejoint par là les préoccupations des gauches socialistes. La liberté sans le pain ne sert pas à grand chose : c’est le siècle des misérables.

3 : Evolutions culturelles.

C’est l’avènement d’une culture nationale commune, fondée sur le patriotisme et sur l’histoire de France, étudiée et célébrée par Michelet, enseignée dans la République des écoles laïques, gratuites et obligatoires. Partout exaltée, par la Révolution, puis par l’Empire, de l’extrême gauche à l’extrême droite de Barrès et de Maurras, l’idée de nation offre à la France divisée l’occasion d’une opportune et solennelle communion, au mysticisme laïcisé.

Plus concrète se veut la culture bourgeoise, qui se fonde, elle, sur les valeurs de l’ordre, de la raison, et surtout de l’argent. Elle répond volontiers aux exhortations du ministre Guizot : « enrichissez-vous ». C’est une culture de ce monde, de l’ici-bas, inspirée du siècle de Voltaire, éventuellement anticléricale, comme l’est Stendhal, et qui voit dans la religion tout au plus une garantie de l’ordre social. Ce même mouvement de laïcisation de la société aboutira à la séparation de l’Église et de l’État en 1905. En revanche, les valeurs positivistes de la science et de la connaissance sont de plus en plus célébrées, par Taine et par Renan, par exemple.

L’avènement relatif d’une culture de masse est un fait essentiel à cette époque. Le suffrage prétendument universel, d’où sont exclues les femmes, l’alphabétisation croissante, l’essor de la presse et des gazettes, donnent au pays tout entier une conscience et une culture politiques nouvelles. Les auteurs ont désormais une tribune qui amplifie leurs discours. Porté par cette société bourgeoise, l’artiste est bien souvent un être élu et réprouvé. Tels sont les poètes maudits que présente Verlaine. Texte extrait du site : keepschool.com

Présentation générale du 20e siècle.

Le 20ème siècle a été fortement marqué par des guerres importantes et nous accordons ici une place importante à ces événements dramatiques :
- la Première Guerre mondiale, en honorant ses nombreux morts
- la Seconde Guerre mondiale, qui a marqué durablement le village de Blanquefort : 300 hommes partis à la guerre, la défaite, les 100 prisonniers en Allemagne, l’occupation, la résistance, la victoire
- les Guerres d’Indochine et d’Algérie, décolonisation plus complexe.

Blanquefort connaît une rapide croissance à partir des années 1960. La commune intègre la Communauté urbaine de Bordeaux à sa création en 1968.Une immense zone industrielle voit le jour où s'implante bientôt une usine du constructeur automobile Ford. Elle devient vite la plus grosse entreprise privée de la région Aquitaine avec plus de 4 000 salariés ; sa taxe permet alors à la commune un développement économique, social et culturel. La commune connaît alors un développement lié à l'agglomération bordelaise, en s'intégrant parfaitement dans la banlieue de la ville.

« La superficie communale totale est de 3 260 ha ; les près occupent 499 ha, les marais 494 ha, la vigne 476 ha, les terres labourables 473 ha, les landes 369 ha, les pâtures 147 ha, les jardins particuliers très nombreux 46 ha.

Le domaine du Syndicat des Jalles est de 2 592 ha et celui du syndicat des marais 512 ha. La superficie moyenne des exploitations agricole est de 17 ha, de 1 ha pour la plus petite à 119 pour la plus grande ».

Texte d'Henri Bret extrait des Archives municipales de Blanquefort, extrait du relevé des allocations familiales en agriculture du 13 février 1943.

« Les 5 000 parcelles environ sont constituées de terres labourables, vignes, aubarèdes, pâtures, près, jardins, taillis, bois de futaie, acacias, bois de pins, vergers, friches, landes, jardins, marais, chemins, ruisseaux, etc.  La majorité des grands propriétaires est domiciliée hors commune, sauf deux Lagoublaye et Maurian ; «  certains possèdent plusieurs propriétés dans la commune, généralement une résidence avec jardin d’agrément et aussi des vignes, tels de Martignac, Cambon, Reaud, Meyer, Duval, Muratel, de Portal, de Magnol, Duprat et Darnec… » La commune est répartie en 4 sections : la Lande, le Milieu, la Landille, la Palu.

Texte de Jean Lafitte, l’ancien cadastre de 1811 de la commune de Blanquefort, paru dans la revue du G.A.H.BLE n° 17 de juin 1991.

Raymond Valet fait remarquer qu’« il nous reste en définitive aux quatre points cardinaux, quatre propriétés produisant quatre vins type bourgeois, quatre vins différents de brillante qualité, ce qui conserve le renom de nos vins récoltés dans notre cité ».

Texte de Raymond Valet, Feuilles d’automne, Publications du G.A.H.BLE 1984, p. 70.

Et nous pouvons observer que la commune contemporaine a partagé son territoire, elle aussi, en quatre quartiers : Majolinas (contraction de Majolan et Linas), Cachac, le Bourg, les Rainettes (de La Renney)… en 2001 !

 

cadastre

Le climat.

Un orage (dérivé à l'aide du suffixe age de l'ancien français ore, signifiant « vent »1) est une perturbation atmosphérique d'origine convective associée à un type de nuage particulier : le cumulonimbus. Ce dernier est à forte extension verticale, il engendre des pluies fortes à diluviennes, des décharges électriques de foudre accompagnées de tonnerre. Dans des cas extrêmes, l'orage peut produire des chutes de grêle, des vents très violents et, rarement, des tornades.
Les orages peuvent se produire en toute saison, tant que les conditions d'instabilité et d'humidité de l'air sont présentes. Le plus grand nombre se retrouve sous les tropiques et leur fréquence diminue en allant vers les pôles où ils ne se produisent qu'exceptionnellement. Dans les latitudes moyennes, le nombre varie avec la saison. source Wilipédia
Blanquefort n'a pas été épargné dans le passé par le mauvais temps.

Une intempérie est une perturbation météorologique : « Sont considérées comme intempéries, les conditions atmosphériques et les inondations
lorsqu’elles rendent dangereux ou impossible l’accomplissement du travail eu égard soit à la santé ou à la sécurité des salariés,
soit à la nature ou à la technique du travail à accomplir » (article L. 5424-8 du code du travail).

Blanquefort n'a pas été épargné dans le passé par le mauvais temps.

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                            - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

Les métiers de la terre.

La terre nourricière est bien l’activité essentielle de Blanquefort pendant des siècles, il en reste aujourd’hui quelques survivances et quelques traces qui ont tant marqué le territoire. On le retrouve dans le parcellaire, les noms de lieux-dits, la toponymie, y compris la microtoponymie qui a disparu en grande partie, les jardins, les près et les zones boisées, et tout ce qui reste des zones marécageuses…
« Le maraîchage dans les jardins potagers fut abandonné en 1954, l’arboriculture : 4 000 fruitiers, pommiers et poiriers sur deux hectares, disparut dans les années 60, le gemmage des pins - une cinquantaine d’hectares - cessa à partir de 1951. Les céréales étaient surtout blé et avoine entre 1925 et 1950, l’avoine fut alors délaissée (il n’y avait plus de chevaux à nourrir) au profit de l’orge et du maïs (pour l’élevage) et ils remplacèrent même le blé. Aujourd’hui, la priorité est accordée à la vigne et au vin ».

Alain Tridant, Château Dillon, Publication du GA.H.BLE 1998, pages 25 et 27.

Témoignages de la période 1939 : « Il y a eu peu de restrictions à la campagne, on avait les légumes, ici on n’a pas mangé de topinambours. À La Rivière, il y avait beaucoup de vaches : chez Dupuy, Feydieu (les parents de Mme Dubos), Moncet, Blanc d’Eysines (née Fourton), Cousteau, Romefort… On avait des vignes, des vaches, de l’agriculture. Les femmes, nous faisions le travail comme les hommes.
La culture des artichauts a été très importante à Blanquefort : aux artichauts, il arrivait que les hommes restent plusieurs jours pour travailler, ils avaient des cabanes plus ou moins grandes, la notre avait deux pièces. Les artichauts faisaient vivre 11 métayers. Mon père était métayer, il avait un cheval, il amenait les artichauts aux Capucins, c’était le propriétaire qui achetait les plants et ils partageaient la recette à moitié. Les terres ont été inondées après la guerre. On avait des terres en friche, on faisait des primeurs aux Sables noirs à la limite de Parempuyre ».
L’acacia : Pierre Cambon, négociant et armateur bordelais achète en 1798 le château (qui porte son nom) et le fait reconstruire. Il y mène des expériences de plantations d’arbres et plantes exotiques, en particulier l’acacia. La superficie est de 12 hectares.
Les productions dans les fermes de Blanquefort ont été nombreuses et variées : fourrage foin, paille, légumes secs, haricots, fèves, fèverolles, céréales, maïs, avoine, orge, blé, seigle, oléagineux, tournesol, pommes de terre…

 

Le vin.

De tout temps, la vigne a été un élément essentiel du paysage de la commune de Blanquefort.
Une grande partie des paysans et des artisans travaillaient dans ce secteur.
« La tradition viticole est attestée à Bordeaux dès le 1er siècle après J.-C. Elle se développe dans le haut Moyen-âge ne serait-ce que pour les besoins du culte catholique. On peut penser que Blanquefort s’est fait connaître dès le 6ème siècle pour ses vins blancs. Dans la deuxième moitié du Moyen-âge (11-15ème siècle, les coteaux de la rive nord de la Jalle (terme gascon qui, en Médoc, désigne une petite rivière née dans la lande et se jetant dans la « rivière », Garonne ou Gironde) participèrent tout naturellement à la première expansion du vignoble bordelais (12ème siècle), qui eut comme débouché les îles britanniques. Les vignes gagnèrent ensuite Macau et Ludon (13ème siècle) puis par la suite le Médoc central.

Blanquefort peut donc être qualifié de « point de départ du vignoble médocain », selon les propres termes du Conseil des vins de Médoc. Une mutation économique importante sous Louis XIV provoqua la renaissance du vignoble qui fut replanté principalement en rouge afin de répondre à une nouvelle demande… Blanquefort semble avoir participé à cette « fureur de planter » qui a animé le pays bordelais au début du 18ème siècle : « les paroisses les plus considérables (en Médoc) sont Pauillac, Margaux, Macau, Blanquefort, Saint-Estèphe » disait le géographe Claude Masse dans son Mémoire de 1733. On constatait que tout avait été mis en vigne et, à près de dix lieues aux environs de Bordeaux, on ne voyait qu’un vignoble ».
Alain Tridant Château Dillon, Publication du G.A.H.BLE, 1998, p 103.106.

Les Artisans et les Commerçants.


Ce sont des catégories socioprofessionnelles particulières dans une commune, à la fois par leur statut et leur type de services rendus à la population. Nous vous proposons d’en découvrir le nombre et leur implantation à Blanquefort à différentes périodes.

Je me souviens des artisans et commerçants en 1939-1945.


« Les artisans étaient nombreux et leurs activités s’étendaient souvent au-delà des limites de la commune ; Blanquefort, chef lieu de canton, se trouvait à la fois tout près de Bordeaux et des grands chais du négoce des vins du quartier des Chartrons et à l'entrée du Médoc et de ses châteaux. Outre les métiers traditionnels liés à la construction et à l'entretien des bâtiments : maçons, charpentiers, menuisiers, couvreurs, serruriers, peintres, tapissiers, plombiers-zingueurs, mécaniciens, etc., de nombreux autres plus concernés par les activités agricoles et par l'économie locale connaissaient une certaine prospérité tels que les charrons, forgerons, les fabricants et réparateurs de charrettes, tombereaux et brouettes, tonneliers, bourreliers, selliers, maréchaux-ferrants ; toutes ces petites entreprises artisanales occupaient aussi du personnel local, apprentis et ouvriers confirmés. On peut encore classer dans cette catégorie quelques ateliers de couture et broderies utilisant du personnel féminin et surtout ne pas oublier les salons de coiffure hommes et dames dont chacun connaît l'importance dans la vie locale ».

« Les commerçants étaient essentiellement répartis à Blanquefort-bourg, à Caychac et quelques rares quartiers, les commerces répondaient aux besoins locaux et connaissaient une certaine prospérité. On trouvait : des épiceries de proximité avec produits alimentaires et accessoires divers nécessaires à la vie des familles telles que balais, sabots, pantoufles et autres objets usuels, des merceries bien assorties, des pharmacies, le marché place de l'église, quelques magasins spécialisés tels que quincaillerie avec vente de produits d'entretien, de traitement des végétaux et de la vigne ainsi que des semences diverses, des commerces de vente de grains et issues pour l'élevage... Des bureaux de tabac avec vente de fournitures pour la chasse et la pêche, un marchand de bois et charbon, et enfin, les cafés et bistrots, le lieu de passage incontournable qui affichait « complet » chaque dimanche avec les joueurs de manille, de belote ou de billard quand il y en avait un ».

Récit de Jean Pierre Delhomme sur son village dans les années 1930. Note : extrait d’un document familial : La descendance de Justin Bret (1858.1929) et de Céline Cornet (1859.1942) un couple de Blanquefort - Henri Bret 2002. 52 pages.


D’autres habitants décrivent leurs souvenirs.


« Sur la place de l’église, tout prés du presbytère, il y avait une boulangerie, chez Destic, un coiffeur, chez René, une alimentation générale au coin de la rue Gambetta, c’était chez Bayard qui était tenu par M. Bidou. Je me souviens que la vendeuse s’appelait Thérèse. À l’autre coin de la rue Gambetta, il y avait la boucherie, chez Racary ; un peu plus bas à droite, en descendant la rue Gambetta, il y avait une autre boucherie mais je ne m’en souviens plus du nom. Dans cette rue, on pouvait trouver l’hôtel des Voyageurs.

En face, il y avait encore un coiffeur, plus loin à droite, une librairie papeterie, à gauche une pharmacie. En revenant sur la place du village, au coin de cette dite rue, il y avait une pharmacie tenue par M. Pain, puis une bonneterie mercerie, un café. Puis, il y avait, disons, une sorte de marché avec une grande porte cochère. Bien des femmes attendaient devant la porte, en fin de matinée, l’arrivée de Marie la marchande et de sa fille Fafa. Elles venaient des Capucins, avec leur charrette et le cheval.

En descendant la rue, qui conduit vers la mairie, à gauche il y avait une épicerie qui faisait aussi un peu quincaillerie. C’était chez Boissarie. Plus bas, il y avait une autre épicerie, chez Faye, elle vendait aussi quelques tissus, de la mercerie et on arrivait au parc de la Mairie. De chaque côté il y avait les écoles, à droite de la Mairie l’école des garçons, à gauche l’école des filles. Puis on s’en allait vers les villages dont bien des commerçants en faisaient le tour, la boulangère Mme Destic, le boucher, la laitière Mme Ducousseau avec ses bidons de lait.

Tout cela se faisait avec une charrette et un cheval, mis à part le boucher, il avait une voiture, une fourgonnette sûrement.
Puis, dans ce marché, parfois il y avait cinéma, c’était un cinéma ambulant, je pense qu’il fallait y porter sa chaise, moi je n’y suis jamais allée. Par contre, j’allais au cinéma de monsieur le curé qui se trouvait rue Gambetta. On payait 50 centimes, mais souvent les enfants se débrouillaient pour ne pas payer. Oh ! J’ai vu bien des films qui me faisaient pleurer, Michel Strogoff, Sans Famille…

Il y avait aussi Mme Dumora, c’était la sage- femme. Elle se déplaçait en bicyclette mais elle avait dû faire naître tous les enfants de Blanquefort de cette époque. Elle habitait dans la rue Gambetta, aussi ».

« Il y avait une marchande qui s’appelait Marie et qui allait aux Capucins, c’était une marchande de poissons. Elle était bien courageuse, la pauvre femme. C’était une grosse femme énorme et elle partait le matin au premier feu du jour par le premier tramway. Elle allait aux Capucins chercher la nourriture, du poisson et elle revenait, il devait y avoir quelqu’un avec une charrette qui l’amenait jusqu’au tramway, elle montait dans le tramway avec les paquets et, à l’arrivée du tramway il y avait sa fille, Fafa qui l’attendait avec une charrette à âne. Elles chargeaient dans la charrette à âne ce qu’elle avait acheté et on arrivait sur la place de l’église où il y avait une espèce de porte cochère, çà s’appelait le café-bar Dabadie, je ne sais pas comment çà s’appelle maintenant. Dans cette espèce de hangar, on mettait des tables et elle s’installait là : c’était le marché. Elle vendait que du poisson, des moules, me semble-t-il. Mais enfin, c’était une figure. On disait : « on va chez Marie, Marie a des moules ».
« Destic, le boulanger, livrait le pain dans les marais avec un cheval et une charrette fermée ».
« J’entends encore dans mes oreilles la voix de celui qui parcourant la campagne achetait les peaux de lapins… « Peaux de lapins, peaux…peaux de lapins, peaux… », chantait-il… Je me souviens, nous l’entendions de loin, nous courrions prévenir nos parents qui apportaient les peaux de nos lapins morts en civet, maintenant séchées, bourrées de paille, prêtes à être vendues ».

Des métiers d’hier.

Le moulange des grains en 1793.

Observations de la municipalité de Blanquefort concernant le moulange des grains dans l’étendue de son territoire.
1° il existe sur ledit lieu de Blanquefort trois moulins à eaux, de deux meules chacun,
2° il n’y a point de moulins à vent,
3° les boulangers payaient en l’année 1790 pour droit de moulange par boisseau blé, froment ou seigle, mesure de Bordeaux : douze sols,
4° les particuliers pour le même droit : quinze sols,
5° les chefs de moulins prennent en nature le droit de moulange pour les autres espèces de grains, on ne peut donc fixer le droit en monnaie courante à l’époque du mois de mai 1790.
Certifié véritable à Blanquefort le 6 novembre 1793, l’an 2 de la République. Saincric, maire. Ferri, secrétaire. Correspondance AD L410, p.4 – 6 novembre 1793.
Texte extrait du registre des délibérations de l’administration du canton de Blanquefort registre 5, transcrit par Martine Le Barazer.

Le rémouleur.

Il venait une fois par mois, traversant tous les villages de la région. Il s’installait place de l’église et nous lui apportions couteaux et ciseaux à aiguiser. Il réparait aussi des faïences avec des agrafes et étamait les couverts.

Peaux de lapin.

J’entends encore dans mes oreilles la voix de celui qui parcourant la campagne achetait les peaux de lapins… « peaux de lapins, peaux… peaux de lapins, peaux… », chantait-il… Je me souviens, nous l’entendions de loin, nous courrions prévenir nos parents qui apportaient les peaux de nos lapins morts en civet, maintenant séchées, bourrées de paille, prêtes à être vendues.

Le charbonnier.

Il menait son cheval et sa charrette, chargée de sacs de jute plein de boulets de charbon et de bois pour les cuisinières et les poêles et recouvert sur la tête et les épaules, pour se protéger de la poussière noire, d’un sac de jute décousu qui lui faisait un capuchon. Je me souviens que malgré ses précautions, les fines rides de son visage, autour de son sourire étaient soulignées de noir. Je me souviens du tonnelier, du charron, du sabotier, du maréchal ferrant, des chevaux attachés qui attendaient en frappant leurs sabots sur le sol et de l’odeur de la corne brûlée. « Il s’appelait Jean Dedieu ».
Extrait de : Le petit Blanquefortais illustré, supplément d'actualité de l'exposition : La mémoire de Blanquefort. 1ère année, n°1, octobre 1994.

La filature de soie.

Avant 1869, une filature de soie a existé à Blanquefort, dans le quartier des sables de Chante-Coucou, au lieu-dit des Pins. Les prairies étaient plantées de nombreux muriers, dont les derniers spécimens ont disparu vers 1980, lors de la création du lotissement.
Dans une vente de M. et Mme Fau à M. Ginouilhac, le 08 août 1869, devant le notaire de Blanquefort, Maitre Courregeoles, le sieur Jean Fau, cultivateur à Blanquefort, et la dame Marie Campagne, son épouse, demeurant au lieu des Sables Chante-coucou à Blanquefort, agissant avec le sieur François Carrerot, laitier, ont vendu à M. Jean Emile Fortuné Ginouilhac, propriétaire, ancien négociant armateur, demeurant à Bordeaux, rue de Grassi,
- une chambre et un chai, le tout contigu, situé au lieu des Sables Chante-coucou à Blanquefort (noté en marge au crayon : partie de la mère Mme Janicot),
- un petit terrain en jardin, même lieu, ayant une largeur de 12 m au nord et 10 au midi,
- un autre terrain en jardin situé au lieu de Virebouc,
- les droits de propriété et d’usage qu’ont les vendeurs sur une fournière et la place commune au couchant d’icelle dit lieu des Sables Chante-coucou, observant que la dite place a 8 mètres de largeur à partir du mur de la dite fournière, en entrant par le chemin public vers midi jusqu’à la borne faisant l’encoignure du chai du sieur Carrerot,
- le droit de puisage au puits situé à ce dernier lieu, appartenant à la succession Dongey,
- les droits qu’ont les vendeurs à un terrain de forme triangulaire situé au même lieu de Chante-coucou, servant ou ayant servi à une filature de soie et connus sous le nom de grange dans le partage de la dite famille Dongey, confrontant…
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Pour l’exploitation des jardins, il existe un passage d’1 m, 33 cm de large. Ces biens ont été acquis par le dit Fau de la dame Elisabeth Gougeon, épouse assistée et autorisée du sieur Guillaume Sol, garçon de commerce, rue Planturable n° 73 à Bordeaux…
Succession de l’aïeule de Lagrange (acte du 11.07.1823 Maitre Courrégeoles). Prix de 200 F pour Carrerot et 2 000 F pour les époux Fau.
En 1894, le souvenir de la filature perdure dans un acte notarié : dans son testament du 25 juin 1894, M. Ginouilhac dit en son point 8 : « Je donne à Noémie Janicot, notre femme de chambre, née le 12 décembre 1873, la somme de 8 000 F, plus un petit immeuble, composé de deux petites maisons communiquant, l’une de ces maisons a servi jadis de filature à soie et a été convertie en auberge, l’autre maison est une grande pièce au couchant de l’ancienne filature et y attenant et communiquant, le tout occupé actuellement par un locataire qui y tient auberge. Ce petit immeuble ainsi que le petit jardin derrière au nord et séparé par la place commune est situé à Blanquefort au lieu des Sables ou Chante-coucou ».
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[Testament olographe de M. Ginouilhac du 25.06.1894 déposé chez M° Desclaux de Lacoste, notaire à Bordeaux, (3E 31 866 aux archives départementales) suivant acte de ce dernier du 21.05.1896 (3E 31 888]
Pour mieux connaitre le travail de la sériculture, cliquez ICI.

La culture de l’ananas à Bordeaux et à Blanquefort.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, on cultivait des ananas à Bordeaux depuis le XVIIIème siècle. Cette assertion n'est pas une boutade !
Les ananas faisaient bien partie des desserts sur grandes tables bordelaises. Connu d'abord sous forme confite puis frais, ce fruit originaire
d'Amérique tropicale, fut cultivé en Espagne dès le XVIème siècle. Il n'apparut dans notre région qu'au moment du développement du commerce avec les
Antilles. Louis XV, lui-même, « trouva ce fruit très bon ». En 1718, Labat de Savignac, conseiller au Parlement de Bordeaux, séduit par la saveur de ce fruit exotique fait ramener des Caraïbes plusieurs plans d'ananas (Archives départementales de la Gironde-8J48). Réservé à l'élite, cette culture restera cependant assez confidentielle, mais elle réapparut au début du XIXème siècle, époque où il fut possible de construire des serres en fer offrant une plus grande surface vitrée. Plus tard la découverte du Thermosiphon (chaudière produisant de la vapeur) permit une meilleure production.
Un document extrait des archives de la Société d'horticulture de la Gironde nous apprend queM. Cayrou réussit à faire prospérer dans sa propriété de Talence 28 pieds d'ananas de trois variétés différentes, « toutes de la plus belle végétation ». C'est en 1856 que les œilletons avaient été plantés en pleine terre à 50 centimètres d'intervalle. Une chaleur constante de 28° à 30° était maintenue par de puissants « réchauds » en fumier de cheval (sic) de 80 centimètres d'épaisseur fréquemment triturés et renouvelés tous les mois, sauf en juillet et en août. Huit à neuf charrettes de bon fumier en décomposition étaient nécessaire chaque année pour atteindre cette température ! Il fallait aussi renouveler régulièrement l'air des serres et des châssis. Bref ! Ce n'était qu'à ce prix qu'il était possible d'obtenir de beaux fruits arrivés seulement à maturité au bout de presque 34 mois…
En améliorant ses recherches, Monsieur Cayrou pensait rendre la culture de l'ananas moins onéreuse afin de la populariser dans nos contrées.
Les idées « d'industrialiser » sa production germait dans les esprits. Certains pensaient même que ce fruit deviendrait assez abondant en France pour qu'il puisse concurrencer les produits indigènes… Il en fut autrement.
Sur la rive droite de la Garonne, cette culture passionna également la famille Guestier. Sur leur domaine agricole de Bel-Sito à Floirac, une serre chaude lui était spécialement dédiée. 40 pieds d'ananas produisaient de beaux fruits « qui avaient un goût bien supérieur à ceux ramenées par les steamers dans le port de Bordeaux » (SHG 1879). En 1879, le négociant Guestier reçut pour cette excellence une médaille d'argent par les sociétés agricoles.
Le banquier Piganeau, propriétaire du château de Dulamon à Blanquefort en cultivait lui 62 pieds de l'espèce Ananas Martinique Comte de Paris.
L'arrivée régulière de bateaux rapportant ces fruits en grosse quantité et à vils prix, finit par décourager ceux qui avaient crus au succès et au développement de cette culture. « La différence était tellement considérable autant sous le rapport du goût que celui du parfum qu'on n'hésitait pas à préférer les ananas cultivés en serre ». Les terribles hivers de 1879 et 1880 (une température de -22 degrés fut relevée à l'observatoire de Bordeaux) anéantirent probablement ces plantations expérimentales qui ne furent plus jamais d'actualité.
Article paru dans le journal Sud-ouest du 5 avril 2011, par Cadish.

Une lisseuse repasseuse, 1930.

Parmi les commerçants regroupés près de l'église Saint-Martin en face de la poste, se côtoient un dentiste, une bouchère, une lisseuse repasseuse... Marguerite Ferry dite « Guiguite » est une figure emblématique du quartier. Fille d'un géomètre ayant construit notamment les lignes de chemin de fer d'Artouste et de Mauléon, elle naît à Blanquefort en 1899. L’histoire a voulu que Marguerite ne se marie jamais, car à la mort de son père, sa mère lui dit : « maintenant, c'est toi qui vas t'occuper de moi ». Mlle Ferry a pratiqué vaillamment le métier de lisseuse repasseuse durant de nombreuses années, rue Gambetta. Une femme formidable, très avenante aux dires de ceux qui l'ont connue... Sa boutique était attenante à celle de la bouchère, Mme Racary, située à l'angle de la rue (à l'emplacement de l'actuelle banque). Les deux femmes étaient très proches et très complices.

Une anecdote raconte que la bouchère filait voir la repasseuse dès qu'elle se fâchait avec son mari. « Guiguite » repassait le linge plat habituel (torchons, draps, nappes, serviettes... ) ainsi que le linge nécessitant un apprêt comme les cols cassés des chemises d'hommes sur lesquels il ne fallait pas oublier de mettre une épingle avant livraison, pour préserver la tenue.                                            Elle s'occupait aussi du linge demandant un repassage en forme, comme les cornettes des sœurs du lycée Saint-Michel qu'elle amidonnait en échange d'un repas quotidien.                                          Un travail de femme, certes, mais un travail rude, en raison des instruments lourds et dangereux à manipuler. Pour faire chauffer ses fers, « Guiguite » les installait sur un grand poêle cylindrique en fonte, appelé « cloche de repassage », qu'elle remplissait de charbon. Pour évaluer la température de ses fers, elle les rapprochait de son oreille, c'est pourquoi elle finissait toujours par avoir la joue rouge.
Chaque année au mois de mai, la fête de Blanquefort battait son plein. Cette fête était l'occasion pour certains commerçants de réunir la famille et les amis autour de grands repas conviviaux.          Mme Racary, la bouchère, organisait des festins pour 50 personnes, aidée par ses amies du quartier dans la bonne humeur.

« Guiguite » elle aussi, organisait des repas sur sa grande table à repasser.
Un soir, Gaston et Fernand, deux frères du quartier, se sont assis sur les marches de la boucherie et ont fait du tapage. Ne parvenant pas à s'en débarrasser, la bouchère vida son pot de chambre sur leurs têtes du haut de sa fenêtre, pour les faire déguerpir. Le stratagème fut efficace.

Une autre anecdote raconte que la blanchisseuse n'a jamais voulu se faire soigner les dents, alors que le dentiste, M. Gadrat se situait à proximité de son atelier.                                                    Marguerite Ferry est décédée à La Réole le 2 octobre 1983 et inhumée à Blanquefort. Très connue et très appréciée en son temps, elle inspire encore de bons souvenirs aux gens qui l'ont côtoyée (propos recueillis auprès de Monsieur Pericat, le neveu de Marguerite Ferry)
Les outils de la repasseuse.

Les éléments nécessaires au travail de repasseuse étaient importants :  des fers pleins ordinaires de différentes tailles, des fers à tuyauter (pour réaliser des plis), des fers à glacer, des fers à plastronner, des fers à coque (fers de forme cylindrique permettant de repasser les manches et coiffes)... A cela s'ajoutait les indispensables porte-fers en fonte, en fer émaillé ou en aluminium, mais aussi des poignées en tissus ou en cuir avec de la tôle à l'intérieur pour tenir les fers, des bassines émaillées pour faire cuire l'amidon, sans oublier les patemouilles pour les lainages et les pattesèches pour les délicats, etc.
Extrait de : Equinoxes et Solstices, date ? 2004, n° 13, p. 24-25. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

L’évarronneur :

Vous vous souvenez peut-être du sonneur, du garde-champêtre ou du fontainier, autant de métiers communaux aujourd’hui disparus.                                                                                              Mais peu connaissent le rôle de l’agent évarronneur nommé par le maire, chargé par arrêté préfectoral d’organiser des « campagnes d’évarronnage » sur sa commune. Même le Petit Robert les a oubliés. Selon son compère Larousse, le nom masculin « évarronnage » vient de varron et définit « la lutte contre les larves de varrons, par pulvérisation de produits chimiques sur la peau des bovins contaminés ». Il y a encore une cinquantaine d’années, ce traitement était appliqué manuellement par des agents évarronneurs.
L’hypodermose bovine.
Egalement appelée la maladie du varron, l’hypodermose bovine est due au développement, chez les bovins, de larves de varrons. Ces mouches pondent en bas des pattes, leurs larves pénètrent dans la peau et transitent dans les muscles. Cette infestation se caractérise principalement par la formation de nodules qui apparaissent au printemps sur le dos des bovins. Du mois de mars au mois d’août, les larves passent par l’orifice du nodule et quittent le dos des bovins. Un nouveau cycle peut alors recommencer et d’autres larves infester le bétail.
Des pertes économiques importantes.
Une croyance fort répandue au XIXème siècle affirmait que le varron ne pondait que sur les plus belles bêtes. Le fait d’être varronné était pour un bovin un brevet de qualité. Mais au début du XXème siècle, des éleveurs plus avisés se rendent compte que les larves de ces mouches portent un tort considérable au rendement de leurs bêtes. Les pertes au niveau national se chiffrent par centaines de millions de bêtes au début des années 40. « Les bêtes parasitées étaient amaigries, affaiblies, ce qui provoquait une chute des productions de lait et de viande, sans compter tous les trous le long de la ligne du dos qui dépréciaient fortement le cuir », témoignent André et Élisabeth Picou, exploitants agricoles retraités, âgés respectivement de 86 et 89 ans. La lutte contre le varron devient alors une préoccupation majeure des éleveurs français.
Des campagnes s’organisent.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un centre national de lutte contre le varron est créé par décret pour mettre en place et contrôler la lutte contre l’hypodermose bovine. Son budget est alimenté par une taxe sur le prix des peaux versée par les tanneurs. Désormais, en Gironde, comme dans chaque département, une commission de surveillance de la lutte contre le varron se réunit chaque année, sous la présidence du préfet, pour fixer les modalités des campagnes à venir. Un arrêté préfectoral impose aux maires d’organiser l’évarronnage sur leurs communes.
Des agents évarronneurs nommés par le maire : ainsi, par arrêté préfectoral du 16 décembre 1946, « est nommé Agent Évarronneur, M. Dedieu Jean, demeurant à Blanquefort et exerçant la profession de maréchal-ferrant ». Bien d’autres lui succèderont : Albert Paillasse, maréchal-ferrant demeurant à Caychac (1947), Pierre Rivière, bourrelier de Caychac (1948, 1949), M. Daugas (1952), André Perrin (1953), Lucien Robin (1960)… ou encore un certain André Picou, nommé agent évarronneur municipal le 10 novembre 1953 : « Nos terres étaient situées sur l’actuel golf de Pessac, nous avions une centaine de bêtes, explique Élisabeth Picou. Mon mari était impliqué au sein du syndicat agricole. Il était assez connu dans le secteur et venait jusqu’à Blanquefort pour aider à faire les foins ». « Nous nous réunissions à la Maison du paysan, située rue Esprit-des-Lois à Bordeaux, poursuit son mari. C’est là qu’on m’a proposé cette mission à Blanquefort. À l’époque, il n’y avait quasiment que des fermes sur la commune ».
Un évarronnage manuel printanier.
L’intervention des agents évarronneurs sert avant tout à couper le cycle d’évolution du varron. Les arrêtés municipaux successifs stipulent ainsi qu’entre le 15 janvier et le 15 mai, « l’agent évarronneur est chargé de visiter, par deux fois, tous les bovidés se trouvant sur le territoire de Blanquefort et de soigner ceux qui sont atteints de la maladie du varron ». « Les soins consistaient à tondre autour des bosses, explique André Picou, et à appliquer de la pommade insecticide fournie par la direction des services vétérinaires ». À partir des années 50, l’utilisation de nouveaux produits de synthèse à base de phosphore va limiter l’intervention des évarronneurs à une unique visite avant le 30 avril de chaque année. « Nous laissions un peu de produit aux propriétaires afin qu’ils poursuivent eux-mêmes le traitement ». Les arrêtés municipaux prévoient que suite à sa visite, « l’agent évarronneur, sur présentation de sa carte de services, perçoit des propriétaires ou de leur représentant l’indemnité à laquelle il a droit, conformément au tarif fixé par arrêté préfectoral. « L’indemnité était calculée en fonction du nombre de bêtes traitées, mais difficile de vous dire à combien elle s’élevait. Entre les francs lourds, légers, puis les euros, je suis perdu… »
L’évarronnage manuel printanier va finalement laisser place dans les années 60 à des traitements préventifs. « Le progrès a libéré les exploitants agricoles. Maintenant tout est mécanique, mais dans les années 50, on faisait encore à la main ». Les progrès ont permis de trouver de nouveaux traitements plus efficaces et la mission des évarronneurs s’est éteinte.
Extrait de : Équinoxes et Solstices, mars 2010, n° 38, p. 28-29. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

Le bouilleur de cru.

À Blanquefort, on se souvient du bouilleur de cru qui venait s’installer à côte du lavoir, à l’angle de l’avenue de Général de Gaulle et de la rue Gabriel Lamboley, à l’emplacement du centre commercial actuel. En témoignent des photos de M. Liaubet, prises en 1967, et l’on peut remarquer l’ancien lavoir (structures en bois et bordure du bassin).
« Un bouilleur ambulant est une personne habilitée à produire ses propres eaux-de-vie. Ce n'est pas une profession mais un statut qui découle du statut de propriétaire récoltant (ne pas confondre avec distillateur qui est une profession). Certains bouilleurs ambulants bénéficient d'une allocation en franchise leur donnant droit à une exonération de taxes sur les 1 000 premiers degrés d'alcools pur qu'ils produisent. C'est ce que l'on nomme « privilège », et par abus de langage « droit de bouillir ». En France, depuis 1959, ce privilège n'est plus transmissible par héritage, et s'éteindra donc au décès des derniers détenteurs. Depuis 2008, les bouilleurs de cru ne bénéficiant pas du privilège sont taxés à 50 % sur les dix premiers litres d'alcool pur et ensuite à 100 %.
La distillation : les alambics (généralement en cuivre) sont à feu nu, au bain-marie ou à la vapeur. On y sépare les produits de distillation : les produits de tête, trop âpres (et contenant une certaine quantité de méthanol dangereux pour la santé), et les produits de fin de distillation (« produits de queue » ou « petites eaux »), moins parfumés et moins alcoolisés, qui sont récupérés et distillés avec les prochaines cuites.
La distillation des eaux de vie était jadis réalisée par un distillateur avec un alambic ambulant ou fixe mais, depuis l'industrialisation, ce métier tend à disparaître car les coûts de revient de production industrielle sont plus compétitifs.
La réglementation : les personnes ayant le « privilège de bouilleur de cru » ont une exonération de taxe sur les mille premiers degrés d'alcool produits (1 000 ° d'alcool soit l'équivalent de vingt litres d'alcool à 50 °). Les degrés supplémentaires font l'objet d'une taxe (17,1861 € depuis le 1er janvier 2014).
En France, toute personne propriétaire d'une parcelle ayant la dénomination de verger ou de vigne sur le registre du cadastre peut distiller les produits issus de cette parcelle (fruits, cidre, vin, marc). La distillation est effectuée dans un atelier public ou privé après avoir effectué une déclaration au service des Douanes et Droits Indirects. Les personnes qui ne possèdent pas le titre de bouilleur de cru payent dès le premier degré d'alcool : le tarif est de 8,5931 € par litre d'alcool pur jusqu'à mille degrés, et 17,1861 € par litre d'alcool pur au-dessus.
Le propriétaire d'une parcelle peut donner procuration à quelqu'un qui distillera ainsi en son nom.

Création de ce métier : le privilège de bouilleur de cru remonte à Napoléon lorsqu'il accorda un privilège d'exonération de taxes pour la distillation de 10 litres d'alcool pur ou pour 20 litres d'alcool à 50 %. Ce privilège fut héréditaire jusqu'en 1960, où, pour tenter de limiter le fléau de l'alcoolisme dans les campagnes mais aussi sous la pression des lobbies de grands importateurs d'alcool fort ou producteurs français, le législateur en interdit la transmission entre générations ; seul le conjoint survivant pouvait en user jusqu'à sa propre mort, mais plus aucun descendant.
Dès lors, les bouilleurs de cru non titulaires du privilège pouvaient faire fabriquer leur alcool par le distillateur ambulant mais devaient verser une taxe fiscale au Trésor public via l'administration des douanes à partir de 1993.
En 2002, une loi de finance indique que la franchise accordée aux bouilleurs de cru encore titulaires du privilège est supprimée ; cependant une période de cinq ans prolonge jusqu'au 31 décembre 2007 l'ancien dispositif. À partir de la campagne de distillation 2008, les anciens titulaires du privilège peuvent encore bénéficier d'une remise de 50 % sur la taxe pour les 10 premiers litres d'alcool pur (article 317 du code général des impôts).
Un nouvel amendement voté au Sénat proroge le droit sur les 10 premiers litres jusqu'au 31 décembre 2010. La Loi 2011-1977 du 28/12/2011 « proroge » le bénéfice des 1 000 degrés jusqu'au décès du titulaire (ou de son conjoint). »
Texte extrait de Wikipédia.

Une quincaillerie intemporelle.

Au fil des ans et de leur développement, la physionomie des villes change, tant sur le plan de l'habitat que sur celui des commerces. Création, transformation, reprise... le tissu commercial des villes est en perpétuel mouvement. Toutefois, certains sont en place depuis des décennies et sont devenus de véritables points de repère au sein des communes. À Blanquefort, c'est notamment le cas pour la quincaillerie-droguerie située rue de la République.

Le « bazar » d'antan a certes évolué avec son temps mais lorsque l'on pousse la porte, on ne peut que retrouver son âme d'enfant face à la sensation de pénétrer dans une sorte de caverne d'Ali Baba des temps modernes.
Entre les objets « oubliés » : élastique de fronde, martinet, diable à châtaigne, pot de chambre, filet à commission, piège à souris..., les « traditionnels » : coutellerie, vannerie, grill bordelais, attendrisseur à viande en bois, ou encore ceux à usage quotidien : visserie, serrurerie, plomberie produits d'entretien, peinture..., les yeux ne savent où se poser. Une atmosphère intemporelle émane de cette quincaillerie et de son comptoir derrière lequel un regard exercé reconnaîtra ici des aiguilles artisanales pour le cuir, les matelas, la tapisserie..., là un peson ou encore des cardans de tournebroche.
Ces objets associés à une grande diversité de produits permettent ainsi de satisfaire de nombreux besoins : de l'amateur de confiture à la recherche de la bassine adéquate au bricoleur en panne de disques à poncer en passant par les chineurs soucieux de trouver la cire adaptée pour leurs dernières trouvailles.
Petite histoire de la quincaillerie. Fabienne et Georges Penalva sont les gérants de la quincaillerie. Ils ont pris la succession de M. Debacque. Le commerce a été créé par M. Ariola au début des années 1940 qui a pris la suite d’une épicerie tenue par M. et Mme Boisserie.
Extrait de : Équinoxes et Solstices, juin 2012, n° 49, p. 28. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

 

Nous possédons différentes sources d’information sur la population de Blanquefort.

Les recensements qui ont lieu tous les cinq ans, nous fournissent de 1906 à 1946, nombre d’informations (à noter qu’ils ont été interrompus pendant les guerres en 1916 et en 1941).

 

La langue gasconne.

La langue parlée à Blanquefort durant plusieurs siècles a été une langue gasconne.
Cette langue que certains de nos concitoyens réapprennent à parler aujourd’hui a fortement marqué les relations familiales et humaines et même le territoire puisqu’aujourd’hui un bon nombre de toponymes sont nettement d’origine gasconne. Pour retrouver sur le site une centaine de lieux-dits d’origine gasconne de la commune de Blanquefort, cliquez ICI.
Cette langue est caractérisée entre autres par son vocabulaire, ses tournures et originalités grammaticales, elle a en particulier fleuri dans les chaffres locaux, elle a son accent, sa verdeur, son humour (ah ! les histoires gasconnes !).

Aujourd’hui, encore, elle divise les habitants par sa façon de prononcer plusieurs lieux-dits.
Nos anciens parlaient le patois local jusqu’aux guerres mondiales : voici une anecdote savoureuse relevée dans un procès-verbal de la gendarmerie de Blanquefort le 27 janvier 1942  (PV n°46) « constatant des dégâts à récoltes sur pied (ce sont des choux) par un troupeau gardé ». La plaignante est la propriétaire récente du château Breillan, avec son mari, M. Gaston Cardineau, capitaine aux armées, 47 ans ; ils venaient d’acheter en 1939 le château à M. Daniel Dolfus. Leur résidence principale était néanmoins au château d’Oléron, dans l’île d’Oléron. Mme Blanche Cardineau, 42 ans, propriétaire à Breillan à Blanquefort, était en conflit avec des voisins… Elle était sur une petite voiture attelée d’un âne ; elle signale aux gendarmes qu’ « une vieille femme qui gardait ses vaches s’est mise à gesticuler et crier très fort dans un langage que je n’ai d’ailleurs pas compris ». Cette femme parlait patois !

Texte d'Henri Bret.

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Le Haillan.

Cette commune constitue l’héritière de l’ancienne Faladianum ou ville Faladii. Le village s’est donc développé à partir du domaine de Faladius, un riche propriétaire terrien de l’époque gallo-romaine (le « h » gascon à l’initiale correspond au « f » français).

Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001.

(Le) Haillan est une commune de la banlieue NO de Bordeaux (Gironde), dans le canton de Saint-Médard-en-Jalles.

8 700 hab. (Haillanais), 926 ha.

Cette commune est proche de l’aéroport bordelais à Mérignac, ce qui explique la présence de deux gros établissements, Thales Avionics (ex-Sextant, 880 emplois, 740 M€ de chiffre d'affaires) depuis 1989 et Snecma Propulsion Solide (groupe Safran, 1 200 sal., aérospatiale, moteurs d’Ariane 4 et 5 et missiles M51), depuis 1964. Les autres ateliers sont de petite dimension : Daher Aerospace (40 sal.); papier et impressions Schades (40 sal.), savons et détergents Primalab (90 sal.), médicaments Unither (30 sal.), boulangerie Pons (60 sal.); installations thermiques Général Équipement (50 sal.), constructions Baber 47 (45 sal.), peinture Acos (80 sal.), travaux publics Eiffage (140 sal.); négoces de fournitures d'automation Metso (50 sal.), d'électronique Septam (45 sal.), d'articles médicaux Isis (40 sal.), d’électroménager Dougados (40 sal.); restauration collective Sodexo (50 sal.); transports GBE (Transalliance, 50 sal.), Boueix (50 sal.), Chronodrive (50 sal.), par cars Médoc Évasion (30 sal.).

L’ancien domaine et château de Bel-Air, à l’est du centre-ville, est devenu un centre de loisirs et de sports confié au club de football des Girondins de Bordeaux, avec école de formation et accueil international ; le club, qui y a son siège, occupe 500 salariés. Non loin au sud, collège horticole avec jardins d’essais. La commune ne date que de 1867 ; elle a été créée à partir du territoire d’Eysines, qu’elle borde à l’ouest; elle est traversée par la route de Bordeaux à Lacanau et limitée au nord par la Jalle. Plusieurs zones d’activités se dispersent sur son territoire. Elle avait environ un millier d’habitants dans la première moitié du 20e siècle, puis est passée à 2 000 en 1966, 5 000 en 1980 et continue de croître: elle a gagné 400 hab. de 1999 à 2008 ; un collège public, maison de retraite (la Clairière de Bel Air, 30 sal.).

Texte issu de site  www.tresordesregions.

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire roamin d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chûte de constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et la découverte de l'amérique en 1492 ;

- l’histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à laRévolution françiase ;

- l’histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements. La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français estau sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel. Dans cette optique, l'Époque contemporaine débute en 1945, qui est aussi un « tournant » de l'Histoire.

La période antique.

Aucune découverte archéologique n'est signalée pour la période considérée.

Texte extrait de : « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 542-543 : le canton de Saint-Médard-en-Jalles dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994.Canton de Saint-Médard-en-Jalles (Insee 63). 540 Le Haillan (Insee 200) ».

Blason.

Les armoiries sont celles de la famille De Girard, anciens seigneurs du Haillan (1526-1673). Le blason de cette famille a été adopté comme blason de la cité.

blason

 

         « Écartelé :

           au premier, d'azur au mouton passant d'or ;

           au chef d'or chargé de deux quintefeuilles de gueules ;

           au deuxième, d'argent à sept fuseaux de gueules (3-3-1) ;

          au troisième, d'or à un alérion de sable,à la tête de gueules ;

          au quatrième, d'azur à un lion d'argent couronné d'or accosté de deux vergettes d'or, soutenant celle de senestre.

Récit de la Male Jornada.

« Nous sommes en 1450... Dunois et Xaintrailles, anciens compagnons de Jeanne d'Arc, resserrent l'étau autour de Bordeaux. Le danger approche quand Amanieu d'Albret, sire d'Orval, après avoir repris Bazas, contourne la ville par l'Ouest via le Barp, Martignas et Saint-Médard-en-Jalles. Il installe son camp au pied de Lanneblanque, en direction de Blanquefort. Il est secondé dans cette entreprise par un capitaine écossais du nom de « Robin Petit Loup ». La manœuvre est simple: elle consiste à isoler la ville des renforts pouvant arriver par le Médoc. La tactique découverte, le maire de Bordeaux Gadifier Shartoise et son adjoint, le jurat Thomas Gassiot, décident de déloger les Français le plus rapidement possible. En toute hâte, ils rassemblent tout ce qui peut porter arme et sortent par Saint-Seurin à la rencontre de l'ennemi. L'affrontement aura lieu dans les "Landes de Jallepont" (actuellement à la limite du Haillan, Eysines et Le Taillan), tout près de la maison noble de Bussac.

malejornada

 

 

Cette « armée » anglo-bordelaise a marché 3 à 4 heures, lourdement chargée, avant d'apercevoir les lignes avancées françaises : une épée pèse de 5 à 7 kg, un bouclier près de 20 kg, une hallebarde ou hache de guerre 5 kg environ. Partie à l'aube de Bordeaux, c'est très fatiguée qu'elle attaque immédiatement, créant une brèche et massacrant les premières troupes d'Orval bloquées par la Jalle. Pensant avoir fait le plus gros de la bataille, les Bordelais poursuivront les Français à travers les marais, tombant ainsi dans le piège tendu par d'Albret. Les archers de « Robin Petit Loup », dissimulés dans les bois, les anéantiront en moins d'une heure. Leurs flèches pesant de 1 kg à 1,500 kg, tirées vers le ciel, retombent en une pluie drue et meurtrière sur ces guerriers d'occasion, non préparés aux affrontements : 960 y laisseront leur vie et, comme de coutume à l'époque, seront méthodiquement dévalisés et pillés de tous leurs biens et armes :... c'était le 1er novembre 1450…

Au pied de Lanneblanque, côté Jallepont, il existe un quartier du Haillan appelé le « Pillard ». Simple coïncidence ou origine historique ? »

P. Dalbarade, château Bel-Air, éditeur SERH du Haillan, 1995, p.8-10.

1plan

 

 

 

 

 Plan du site :

cette bataille qui s’est étendu aussi vers le Sud, dans la commune de Mérignac.

Toute cette contrée tant sur le Haillan que sur Mérignac porte le nom de « Boucheries ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détails du plan.

A

 

A –Bourdieu de Lanneblanque dépendant de la maison noble de Bussac (jusqu'en 1490).

 

 

         Le site de Lanneblanque,

         dominant le lieu de la bataille

         dut y jouer un rôle important d'observatoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B            

            B - Maison noble de Bussac. Les terres s'étendaient fort loin.

 

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

     C - Lieu de la bataille de « La Male Jornada ».

          À cette époque, l'endroit était partagé entre bois et marais, dominé au Nord par Blanquefort.

CD

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               D - Lieu du « massacre de la Journée Manquée ».  Là aussi quelques bois et beaucoup de marais.

l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours, jallonée par les guerres.

Les Morts des guerres.

1914-1918.

1 ARIASOL Pierre Joseph Clément  
2 BAQUEY Jean  
3 BAUDROUS André  
4 BERT Pierre  
5 BLANC Pierre  
6 BLONDEL César  
7 CAZAUX Fernand  
8 CHIFFOLEAU Abel Louis Armand  
9 DUFORT Jean Maurice  
10 FLEURET Jean  
11 FLEURET Simon Kléber  
12 GRADIT Jean  
13 LALANNE Jean  
14 LAPEYRONNIE Jean  
15 LESTAGE Pierre Lucien Maurice  
16 LOIRY Victor Albert  
17 MASSIAS Louis  
18 MATELOT Bernard Louis  
19 MIRC Jean Joseph Louis  
20 MONTALIEU Pierre  
21 MONTALIEU Roger Pierre  
22 PARGADE Pierre Sully  
23 PATTE Pierre Marcel  
24 PERFENDIE Mathieu Marius  
25 PINEAU Adrien André  
26 PLACIER Jean Baptiste Alphonse  
27 PRUNEY Fernand  
28 SENTOUT Pierre Augustin  
29 TOURME Émile Michel Clément  
30 TRUF Léopold  
31 TUFFEREAU Guillaume Valmont  
32 VIDEAU Pierre Videaurial  

1939-1945.

1 ARCIER Serge  
2 BOSC Jean  
3 CARTAN André  
4 CASTELLOUP Gaston  
5 CHARLIONNET Alfred  
6 COUSTEAU Robert  
7 DRAPEAU Alexis  
8 ECHART André  
9 LALOUBEYRE Marceau  
10 LEVRAUD Jean  
11 PINTADOS Émile  
12 PLACIER Raymond  
13 THIRY Albert  

Guerre d'Algérie

1 EDOUARD Roger Jean 

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Cette liste est issue du site : Mémorial Gen Web qui présente les relevés de monuments aux morts, soldats et victimes civiles, français et étrangers, tués ou disparus par faits de guerre, morts en déportation,

Les cours d’eau de la commune.

La Jalle ainsi que le ruisseau du Monastère, le ruisseau du Haillan, le ruisseau de Magudas sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune du Haillan.

L’eau :

Dans nos communes de l’entrée du Médoc, l’eau est un élément indispensable à la vie et à l’organisation humaine. Chaque commune est traversée d’ouest en est par des cours d’eau aux multiples noms ; des jalles plus ou moins importantes (nom commun gascon, pour désigner un cours d'eau), des ruisseaux, des estey, des crastes fossés de drainage) et des berles (un vieux fossé en gascon), qui mènent à la Garonne. Les zones humides des palus alternent avec les marais des vallées des Jalles.

La Jalle :

Une jalle est le nom commun gascon, pour désigner un cours d'eau.

« Le mot générique qui semble propre à la région pour désigner un cours d’eau d’une certaine importance est « jalle » sur lequel se sont formés de nombreux lieux-dits dès 1298 (« devert la Jale »), « entre deux Jalles » (1688), « la Jalle de Plassan » (1542) ou « la Jalle de Saulesse » (1542). Le nom déformé a vraisemblablement formé « Geles », dans le « Bois de Geles ». Le mot « jalle » peut venir du pré-indo-européen « cale, care »

Texte issue d’Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968, 3 tomes p. 105-120. »

Une Craste :

Nom qui vient du gascon crasta, issu du latin castrum désigne, dans les Landes de Gascogne, un fossé de drainage, généralement creusé dans le sable, aménagé pour assainir la lande humide. En usage depuis des siècles, la craste se généralise au milieu du XIXème siècle afin de faciliter l’écoulement des eaux et rendre possible la mise en culture du pin maritime. Le terme est passé dans le vocabulaire régional courant.

Source : Wikipédia.

Une Berle :

nom gascon très répandu, désigne en forêt un vieux fossé.

Un Estey :

Sur les rives de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne, sur la côte du Bassin d’Arcachon, des cours d’eau se jettent en formant des esteys.

Ces esteys sont soumis au régime des marées, ils ont longtemps abrité de petits ports utilisés par les bateliers et les pêcheurs. Avec la disparition de la batellerie, ils ne sont plus fréquentés que par les pêcheurs et les plaisanciers.

Ce terme est à rapprocher de celui d’étier ou d’estier, le canal qui alimente les marais salants ou qui relie un lac et une rivière.

Pour certains auteurs, au nord de Bordeaux sur la rive gauche de la Garonne puis de la Gironde, ce terme n’est plus employé. Un examen attentif des cartes actuelles ou anciennes permet de démentir cette théorie.

Il y a d’abord l’Estey Crebat, exutoire des marais de Bordeaux entre Bacalan et la Jalle de Blanquefort que d’aucuns considèrent comme l’estuaire du Limancet.

Plus au nord, le plan cadastral de Pauillac (1825) nous livre les noms des esteys du Gart, de Padarnac, de la Verrerie et de Saint Lambert.

Entre Saint-Estèphe et Saint-Seurin de Cadourne on trouve l’Estey d’Un.

Admettons donc que le terme est plus fréquent en amont de Bordeaux, mais reconnaissons qu’il est également utilisé au nord.

Texte de Michel Baron

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                             - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

La scission du Haillan.

En 1867, un décret impérial érigeait le Haillan en commune le séparant définitivement d'Eysines. Cette décision marquait la fin d'un conflit dont les racines se perdent dans la nuit des temps. La paroisse, puis commune d'Eysines, couvrait un vaste territoire de plus de neuf kilomètres de long dans lequel le quartier du Haillan occupait 40 % de la surface pour 25 % seulement de la population. Cependant, le village du Haillan n'était qu'à trois kilomètres du bourg d'Eysines qui s'est développé autour de l'église et du cimetière.

Pendant des siècles, les Haillannais restèrent sous la tutelle du puissant seigneur du Thil (qui longtemps posséda aussi Bussac), alors que le reste d'Eysines était partagé en de nombreuses maisons nobles de moindre importance. Occupant des terres situées sur le plateau landais, les habitants du Haillan se sont livrés à l'élevage ovin et bovin, jouissant pour cela des landes communes mises à leur disposition par le seigneur du Thil (ils pouvaient également utiliser les landes de Mérignac moyennant une redevance annuelle de 15 sols et d’une poule). De leur côté, ceux d'Eysines (Bourg, Lescombes et Le Vigean), profitant d'un terroir plus favorable, développaient la culture de la vigne.

Après la Révolution, la commune remplace la paroisse. Elle est organisée en sections dont une couvre le Haillan et contient les landes communales. En 1779 (ou 1786 selon les sources) une transaction, entre Messire de Chassaing seigneur du Thil et les habitants du Haillan, avait changé le statut de cette lande, qui avait cessé alors d'être lande commune pour devenir propriété des habitants du Haillan. La municipalité d'Eysines veut reprendre ces terres aux tenanciers, qui bien entendu s'y opposent. Ce conflit va, pendant un demi-siècle, empoisonner les relations entre ces deux populations.

En 1849, a lieu une première tentative de séparation du Haillan. Elle débute par une pétition qui développe une argumentation basée sur la longueur des voyages et le mauvais état des chemins, ce qui nuit à la pratique religieuse et complique les formalités administratives, l'existence de la chapelle Sainte-Christine alors que l'église d'Eysines est trop petite pour accueillir tous les paroissiens.

Une enquête publique est prescrite. Elle montre que les Haillannais sont unanimes alors que le reste de la population est partagé... mais Jeantet, maire d'Eysines, prend à son compte les abstentionnistes. Le conseil municipal délibère et s'il ne rejette que par 14 voix contre 12 la séparation demandée, il s'oppose à une très forte majorité à ce que les communaux restent la propriété des seuls Haillanais. On ne badine pas avec la propriété foncière ! Sur l’ordre du Préfet, une commission syndicale est constituée au Haillan. Présidée par Monsieur Poinstaud, qui se trouve ainsi être le premier « maire provisoire » du Haillan, elle reprend les arguments de la pétition auxquels elle ajoute : la propriété des anciens communaux, la négligence que montre la municipalité d'Eysines pour l'entretien des biens publics (chemins et lavoirs) et pour l'exercice de la police (nombreux vols).

Cette tentative échoue. Mal préparée, ou trop prématurée, elle est rejetée par le préfet. Les « indépendantistes » cessent le combat pour presque vingt ans. En 1845, Monsieur Francisco Antonio de Los Héros, homme d'affaires espagnol, a acheté la propriété de Lanneblanque et l'a rebaptisée « Bel Air ». En contribuant largement aux dépenses et en usant de son influence, il va jouer un rôle essentiel dans l'érection de son village en commune. Dès 1858, le Haillan devient une paroisse distincte de celle d'Eysines. Les offices sont célébrés à la chapelle Sainte-Christine et une nouvelle église est projetée. Elle sera terminée en 1862, grâce à une souscription et à la participation du « châtelain ».

Après l'église, le cimetière : Monsieur de Los Héros offre un terrain et fait en sorte que son aménagement ne coûte rien à la municipalité. Malgré cela, le conseil municipal refuse le don et ne l'acceptera, en 1863, que sur l'ordre du préfet. En 1861, le conseil municipal profite d'un conflit entre les copropriétaires de l'ancienne lande commune pour la vendre. En avril 1866, une nouvelle pétition est adressée au préfet. Elle s'appuie sur les progrès accomplis depuis 1849 mais, se fondant sur de fausses données, semble compromise dès le départ. En effet les pétitionnaires avancent : que le Haillan ne dispose que de 4 conseillers municipaux sur 21 alors qu'il y en a 5 sur 21 ou 4 sur 20 (selon que l'on compte ou non le maire), et que le Haillan représente 800 habitants sur les 2 700 Eysinais (29 %) alors qu'ils sont 738 sur 2 847 (25 %). La demande suit son cours. Des enquêtes publiques sont prescrites par le préfet, ainsi que la constitution d'une nouvelle commission syndicale (présidée par M. Paul Cursol). Le maire d'Eysines est un haillannais, Louis Petit. Ancien sous-officier des armées du Premier Empire, il est commerçant à l'île Maurice. Il défend avec acharnement la position de la municipalité. De son côté, Monsieur de Los Héros fait intervenir toutes ses relations (religieuses et politiques) auprès du préfet et du gouvernement. Il s'engage à faire don au Haillan du local de l'école. Le 9 mars 1867, le Haillan devient une commune indépendante.

Michel Baron, article de 1988 dans « Eysines mon village » (actualisé). ).

La forge d’Yves Fortin.

Les anciens nous parlent du travail de M. Yves Forin et de son père : « L'association Perfendie-Fortin s'est faite vers 1929, avec M. Forin père. Au départ, l'atelier Perfendie-Forin avait pour activité principale la maréchalerie et la machinerie agricole. Cependant, dans cet atelier on trouvait de tout, malgré le « bazar » qui semblait y régner, mais eux, les artisans s'y retrouvaient et pouvaient dépanner immédiatement les clients, grâce à leur mémoire formidable. D'ailleurs, c'était la même chose chez les commerçants. Dans la famille Forin, ils étaient paysans de génération en génération. Et c'est le père d’Yves Forin qui a arrêté la chaîne. Bien avant que celui-ci devienne maréchal-ferrant, il y avait M. Henri Pucheu, à l'ancienne mairie, qui avait succédé à son père. Ensuite, il se spécialisa dans la serrurerie. Mais, vers les années 1952-1953, ce fut la fin d'une certaine vie au Haillan ; on était dans un tournant et il fallait que ça explose. La vie était très dure pour les agriculteurs ; les enfants quittaient souvent l'exploitation. De plus, les terres n'étaient pas bonnes et les paysans les travaillant se faisaient rares. Ceux qui ont réussi avaient beaucoup de terres et des moyens financiers. Devant cette situation, M. Yves Forin ajouta la serrurerie à ses activités pour pouvoir survivre.

Les chevaux : À cette époque, il y avait encore des chevaux chez les particuliers, comme chez Darrieulat. La génération d'après ne les a pas connus. Mais, il y avait aussi beaucoup d'ânes, de mules dans les « Landes », près de Sainte-Hélène et au Haillan. Yves faisait le rabatteur pour les marchands de chevaux et se débrouillait avec eux. Il trouvait de beaux chevaux et aussi des chevaux moins performants. Yves n'achetait pas toujours de bons chevaux, mais il les plaçait dans les maisons en fonction des demandes. Dans certaines maisons tout allait bien, car les gens s'en occupaient normalement et les soignaient bien. Mais, pour d'autres maisons, Yves évitait de les placer, ayant peur pour leur santé. Il y avait de bons soigneurs qui faisaient d'un cheval en mauvais état un cheval en parfaite santé. Aussi, il les plaçait en fonction des familles. D'ailleurs, le marchand de chevaux disait : « Tu es sûr qu'il va grossir ? » Ces marchands vivaient de leurs transactions : leur travail était de vendre et d'acheter.

À cette époque, on ne faisait pas du social. Yves qui avait beaucoup d'humour disait : « Tu prends une haridelle, tu mets le prix sur la queue, et ils vont l'acheter ». Il n'y avait que le prix qui fonctionnait, car le voisin pouvait l'acheter plus cher. Les chevaux étaient achetés pour travailler. Et comme il n'yen avait pas beaucoup et qu'ils étaient très chers, on les gardait assez vieux. Puis, à la fin, ils partaient à l'abattoir quand ils ne pouvaient plus travailler. Lors de ses transactions, Yves n'achetait qu'un cheval aux marchands, mais autrement il achetait les autres chez les gitans, car ceux-ci maquignonnaient pas mal : ils étaient aussi marchands. Et mon père (M. Elie) qui était connaisseur et très bon soigneur disait : « celui-là, je vais lui mettre du gras ici, puis du gras ailleurs, de ce côté ou là, et il transformait le cheval ». Et puis, par rapport à la forme d'un cheval, à sa couleur, il savait ce qu'il fallait faire : un cheval blanc par exemple, il fallait l'engraisser beaucoup pour qu'il grossisse. Et après, Yves le gardait ! » Lors de ses conversations avec le marchand, Yves disait : « M. X, il me faudrait un cheval pour un ami qui a un souci en ce moment, mais qui l'achètera un autre jour; il le tentait comme ça, parce que l'autre ne voyait que l'argent. Il me faudrait un cheval comme ça, un peu fin mais pas trop. Cette fois, c'est un cheval de trait parce que celui-là travaille la terre plus lourde et le marchand prêtait les chevaux. Quelquefois les gens avaient trouvé l'argent pour acheter le cheval, mais quelquefois le cheval partait ailleurs, et ça recommençait. » Quand un client perdait un cheval, il en fallait un autre ; donc Yves allait voir « Mouna », le marchand, pour en acheter. Sur le Haillan, il en a vendu de très beaux à des familles qui pouvaient y mettre de l'argent, mais il y avait aussi des familles qui auraient pu, mais qui refusaient ! Cependant, il y avait des maisons où il ne fallait pas prêter les chevaux, et cela était dur de refuser, mais il le fallait. D'autre part, personne ne savait si le cheval avait été acheté ou prêté, car autrement on pouvait entendre : « tu as vu le cheval d'un tel ou d'un tel ! », et par cette phrase, tout était dit ! C'était le côté plein de méchanceté que je garde de ces moments-là. Tout ça était un peu secret. C'est quelque chose que j'ai découvert au moment de mon mariage parce que, avant, je ne vivais pas dans le même contexte chez mes parents.

Mme Lechenne raconte : Chez nous, ils étaient artisans ou commerçants, et cela était différent. Perfendie, le père d’Yves et Yves savaient chez qui ils pouvaient aller chercher les chevaux. Pour les chevaux, il y avait : - ceux qui passaient par le marchand, soit pour les acheter, soit demander à ce qu'on leur prête, - ceux qui demandaient à Yves d'aller avec eux pour les choisir, car il fallait surtout regarder les pieds et les jambes.

Le dernier cheval dont Yves s'est occupé et qui avait travaillé longtemps, c'était pour une famille haillannaise. Arrivé à l'abattoir, le cheval qui avait une maladie, s'était mis à gonfler anormalement. Yves se doutait qu'il y avait un souci, car il voyait des choses qui n'allaient pas depuis un certain temps. Quand le marchand eut le certificat médical délivré par le vétérinaire de l'abattoir, il vit que le cheval n'était pas pris à la vente. Catastrophe ! Yves a dû avec le propriétaire du cheval aller voir le vétérinaire, pour qu'on lui dise que son cheval n'était bon à la vente. Cela fut un moment difficile pour lui. Bien sûr, le cheval partit ensuite à l'équarrissage.

Histoire sur les chevaux : Mme Lechenne raconte : « Mes grands-parents, qui étaient laitiers, avaient 2 chevaux : un jour un cheval travaillait, et le lendemain, c'était l'autre, mais il était impossible de faire travailler un cheval, si ce n'était pas son jour. Mes grands-parents possédaient aussi une vigne au Saussin. Et un jour, ils y étaient partis pour y travailler et remplir une charrette avec des sarments, mais le cheval qui tirait la charrette a refusé d'avancer car ce n'était pas son jour de travail. Alors, ils ont dételé le cheval, l'ont attaché derrière la charrette et ont traversé tout le Saussin et Sauprat, mon père Aristide Puyo et son cousin Marius Baydrous aux brancards, et le cheval derrière ! Tout le monde a bien ri à Sauprat ! Une autre fois, pendant la guerre de 1914-1918, ma tante Eva avait remplacé son frère MarceI parti au front, pour la tournée de lait en ville (Bordeaux). Au retour, passé l'octroi de la barrière Saint-Médard, le cheval « faisait des manières » pour avancer. Puis, tout à coup, il démarra au galop sur les pavés et continua ainsi jusqu'au Haillan. Ma tante, tombée à la renverse, ne put l'arrêter et ne put se relever que devant le portail de la maison où il s'arrêta net. Le reste du lait non vendu s'était transformé en beurre sans baratte ! Enfin, mon oncle Marcel, ayant repris les clients de ses parents, faisait la tournée avec son fils Marc au début des années 1930 toujours avec un cheval. Ils s'arrêtèrent à moitié de la journée, comme d'habitude, pour « casser la croûte » dans un bar dont le propriétaire était leur client. En sortant, ils virent le cheval lui aussi en train de se restaurer : devant lui se trouvait l'arrière d'une superbe automobile possédant une malle en cuir, qu'il avait « attaquée » ! Marc se souvenait encore, soixante ans après, de leur départ précipité. L'oncle de mon mari Robert Lechenne avait une jument avec un caractère exécrable. Elle s'arrêtait et refusait de repartir. Une fois, devant son refus de bouger, il dût enflammer une poignée de paille et la mettre sous son ventre, et là… elle partit au triple galop ».

Mes grands-parents prenaient le lait tous les matins, vers 6 h, à la ferme du château Bel-air, et passaient exprès, pour le cheval, devant le perron, où se tenait le châtelain, M. Dussacq. Celui-ci, adorant les chevaux l'attendait. En effet, le cheval s'arrêtait devant le perron et ne bougeait plus. Il attendait que M. Dussacq descende et lui donne un sucre. Une fois, le sucre dans sa gueule, les conducteurs pouvaient enfin le faire avancer. Mais, si le châtelain était absent, le grand-père de Mme Lechenne (M. Puyo) devait apporter du sucre et le donnait au cheval, sinon celui-ci refusait de repartir. Le cheval ne consentait à avancer que s'il avait son sucre, donné en bas du perron : il avait ses habitudes et il ne fallait pas les changer. Les chevaux, c'était comme ça, c'était terrible.

Organisation de la journée à la forge : Les chevaux : à 6 h, la forge était ouverte et on amenait les chevaux jusqu'à 13 h. Pendant toutes ces heures, on ferrait les chevaux. Dans beaucoup de maisons, il y avait 2 chevaux : un pour la promenade, pour tirer la carriole, et l'autre, un cheval de trait pour labourer. Pourtant certaines familles possédaient des mules, car elles avaient plus de force qu'un cheval, mais le prix d'achat, lui, était plus élevé ! Quand ils ferraient les chevaux, ils étudiaient l'animal, regardaient attentivement chaque pied des chevaux pour bien poser le fer. En effet, pour certains il fallait enlever beaucoup de corne ; pour d'autres, il enlevait moins de corne et de la sorte, chaque cheval avait un fer adapté et bien fixé à son pied, et comme le cheval a 4 pieds, voyez le travail… Quand il y avait un problème avec les chevaux, cela était grave pour les Haillannais, car ceux-ci ne pouvaient pas aller aux « Capucins », à Bordeaux, vendre leurs légumes. Aussi, c'était Yves qui dépannait. Une fois, le père d'Yves était allé dans la maison de M. André Pargade, car son cheval avait des coliques. Il était venu avec une grosse seringue pour lui faire des lavements. Il faisait aussi la saignée des chevaux, une fois par an, pour leur enlever les impuretés du sang. Ça les purgeait. Une autre fois, un cheval avait eu un abcès superficiel au poitrail. Yves a fait ça pendant très longtemps. Il remplaçait le vétérinaire, car, à l'époque, celui-ci était trop cher pour les agriculteurs du Haillan. C'étaient des gens très importants pour nous, car nous ne pouvions pas acheter un cheval tous les jours. Il y avait beaucoup de monde à la forge : 120 clients uniquement en machine agricole et pour les chevaux. Les clients pour la serrurerie étaient en plus. On venait de Sainte-Hélène, de Saint-Médard, de La Forêt et au-delà.

La serrurerie et le trempage de l'acier : Yves fit la serrurerie pour les gens du pays et aussi pour d'autres clients. Mme Lechenne : « il a même fait la barrière chez moi, à Bordeaux. ». Le matin, il travaillait pour les chevaux et, l'après-midi, pour la ferronnerie et les charrues. On portait la charrue et elle était réparée : « On n'avait pas besoin de courir ailleurs pour obtenir satisfaction. Yves faisait même le ferrage des bœufs. En effet, avant la guerre, il y avait des vaches que l'on attelait aux charrettes. Pour les soins, on suspendait les bœufs par des sangles. Cela faisait peur à Yves, quand il voyait arriver les bœufs, car les sangles appuyaient sur l'intestin, et il y avait des « fuites ». On appelait ça « le travail à bœuf ». (Mme Forin). Ils avaient monté le travail à bœufs dans un terrain contigu à la maison de Mme Forin, derrière chez Garcies. L'histoire du travail des bœufs est arrivée pendant la guerre de 1940, lorsque les chevaux ont été réquisitionnés par l'Armée Française. Les dernières années, après l'Association Perfendie-Forin, Yves a pris la suite en 1950. Il n'y avait que lui qui forgeait les pointes de charrues et les outils de maçon comme les burins. On venait de loin pour cela. De plus, il savait faire le trempage de l'acier. C'était très important pour les habitants. Pour forger une « raille », il avait un principe pour le tremper dans l'eau. Il chauffait l'acier, et mettait la « raille » sur une corne et quand la corne fumait d'une certaine couleur, on savait que c'était bon et aussitôt on la plongeait dans l'eau. Les anciens regrettent la disparition de tous ces magasins et ateliers, ce qui a annoncé l'évolution du Haillan vers la modernité et l'avenir.

Article extrait du bulletin Le Haillan Généalogie Histoire n°45, 2° trimestre 2008.

Introduction au patrimoine.

Le patrimoine communal est  riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs.

Dans la rubrique patrimoine, nous trouverons :  les châteaux et belles demeures, les maisons basses ou médocaines, les moulins, lavoirs, puits, parcs et cheminements…

Le Haillan et le PLU 3.1.de la Métropole.

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Communauté Urbaine de Bordeaux (La Cub) avait succédé au Plan d’Occupation des Sols (POS) en juillet 2006. De réglementaire le document d’urbanisme est devenu stratégique. Depuis, le PLU a fait l’objet d’évolutions dans le cadre de procédures de modification et de révision simplifiée. Cette procédure doit tenir compte à la fois du contexte local (notamment révision du SCOT en cours) et des récentes évolutions législatives. Ainsi le PLU de la Cub doit intégrer le PLH (Programme Local de l’Habitat) et le PDU (Plan des Déplacements Urbains) et deviendra le PLU 3.1. La décision d’engager une révision générale du PLU a été adoptée par le Conseil de Communauté le 24 septembre 2010 et le 15 novembre 2010 : lancement de la première révision du PLU 3.1.

 3 châteaux sont cités au PLU 3.1 de 2015.

Les protections patrimoniales bâties des maisons bourgeoises, échoppes, édifices religieux, des édifices agricoles et des lavoirs ne concernent pas la commune.

Le Conseil municipal à travers les âges... 1867-1964.

La lecture des registres des délibérations des Conseils municipaux depuis la naissance « administrative » de la commune (1867 par décret de Napoléon III), s'avère intéressante et parfois insolite.

Nous retracerons donc sommairement les décisions des anciens édiles du Haillan qui sans nul doute intéresseront les « anciens », mais aussi les nouveaux administrés. Le premier Conseil municipal a été installé le 25 août 1867 par le juge de paix de Blanquefort.

Le premier magistrat, Héraud Marly, a, donc prêté serment suivant la formule : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur. »

Les premières décisions concernèrent : les chemins de communications, l'instruction publique (qui fût une des préoccupations des premières années), les bâtiments municipaux (il n’y avait ni mairie ni écoles), le cimetière (problèmes de concessions, de normes de construction qui mobilisèrent les Haillannais pendant de nombreuses années), les finances municipales, gui conditionnent tout développement (le budget de 1872, par exemple, s'établit à 14 004 francs en recettes et à 9 338 francs en dépenses !).

1 - Période 1867-1900.

Lors de la Guerre de 1870, le Conseil a voté un emprunt de 6 500 francs pour servir à l'habillement, à l'équipement, à l'armement et à la solde des gardes nationaux et aux besoins de leurs familles. En 1877, le Conseil décide de choisir le terrain d'assiette de la mairie et des écoles. Le terrain, à l'époque, était un pré avec une mare (les travaux ont débuté en 1880). En 1882, soixante garçons fréquentaient l'école de garçons. L'école de filles était dirigée par des religieuses (immeuble actuel du garde champêtre, à côté du Foyer culturel). En 1883, fait insolite, le Conseil a établi une demande de réhabilitation d'un homme de la commune condamné à dix jours de prison pour vol. Dès 1884, apparaît la fixation de la fête locale et de la foire annuelle (foire qui sera supprimée en 1903 en raison des frais à payer à un vétérinaire). En 1885, 1 000 francs sont votés pour construire une halte sur le chemin de fer à « Bussac » (près de la rue du Médoc actuelle). En 1899 et afin de ne pas masquer l'église, l'achat de la place publique actuelle a été décidé. En 1900, le Conseil a demandé la construction d'une « chambre de sûreté pour malandrins » !

2 - Période 1900-1934.

Lors de l'éruption, en 1902, de la montagne Pelée, qui a détruit complètement Saint-Pierre en Martinique, faisant de très nombreuses victimes, le Conseil municipal du Haillan a voté une subvention de 25 francs pour les sinistrés. En 1904, « écologiste » avant l'heure, l'assemblée décidait la plantation d'arbres place Du-Mayne et place de Sauprat (ces arbres existent d'ailleurs toujours). En 1905, le Conseil décidait la vente de l'herbe de la place publique (place Henri-Bos actuelle). En 1906, la commune comptait 1 093 habitants. Notons qu'elle en avait 1 037 en 1926, 1 150 en 1936, 1 141 en 1946, 1 260 en 1954, 1 592 en 1962, 2 272 en 1968 et près de 6 000 en 1981 !

Dès 1907 et pour enrayer la mortalité infantile, le Conseil a demandé la création d'une consultation de nourrissons. La même année, la construction de l'école de filles était décidée. Notons que cette décision intervient après la loi de séparation de l'Église et de l'État, l'école de filles étant à l'origine dirigée par des religieuses. En 1909, le Conseil décidait de refuser l'éclairage électrique ! (même refus en 1910). Ceci témoigne de l'éternelle question des « anciens » et des « modernes. La même année, la construction du pont rue Sainte-Christine était décidée. Ce pont a été construit partiellement avec les moellons de l'ancienne clôture de la chapelle de Sainte-Christine, contiguë au cimetière et démolie il y a quelques années. En 1910, il est décidé d'attribuer un franc par nouveau-né (Caisse d'épargne). Notons que cette mesure existe toujours, seul le montant ayant été bien évidemment actualisé. En 1912, étape importante puisque après les refus de 1909, 1910 et 1911, le Conseil municipal décide, après étude, de donner suite à la pose de l'éclairage électrique. Notons que les quatre premières lampes seront poses en 1918 seulement et neuf lampes supplémentaires en 1919.

Le 6 août 1914, quatre jours après la mobilisation générale, la contribution de guerre de la commune est fixée à cinquante bœufs ou vaches. Le 24 septembre 1914, deux salles de classe sont transformées en hôpital temporaire (transféré le 1er février 1915 à Blanquefort). Rappelons que la commune du Haillan a « payé » lourdement lors de la Guerre 1914-1918, puisque de nombreux jeunes administrés sont tombés durant ces quatre années sur les champs de bataille. Aussi, en 1920, le Conseil a décidé de construire le monument aux Morts (place Henri-Bos actuelle). En 1922, la municipalité décidait d'accorder une prime à la natalité. En 1929, le Conseil s'est penché sur le dossier d'étude d'amenée du gaz au Haillan. En 1934, une première étude d'enlèvement des ordures ménagères est faite.

3 - Les maires du Haillan.

Rappelons les noms des maires de la commune qui se sont succédés depuis sa création :

M. Géraud Marly (1867-1878) ; M. Adolphe Bouet (1878-1879) ; M. Jean Gardéres (1879-1908) ; M. Célestin Laloubeyre (1908-1925) ; M. Baudrous-Baudry (1925-1941) ; M. Edmond Labatut (1941- 1947) ; M. Léopold Boireau (1947-1953) ; M. Henri Bos (1953-1957) ; M. Alcide Vergne (1957-1965). Notons que notre maire actuel, M. Abel Laporte, est maire depuis le 28 mars 1965.

4 - Les décisions des édiles pendant la période 1934-1964.

Il ne s'agit, uniquement, que de faits insolites et marquants, excluant ainsi tous les problèmes d'administration de la commune qui ne manquèrent pas d'exister durant cette période.

1934 : La route de Saint-Médard (avenue Pasteur actuelle) est refaite. Le revêtement de chaussée retenu est le béton, préféré au bitume et aux pavés, considérés trop glissants et donc trop dangereux. La même année, le Conseil décide la construction d'une deuxième classe à l'école de garçons. « Voie piétonne avant l'heure », la rue Henri-Dunant est donnée par la famille Lussac gratuitement à la commune, à condition qu'elle soit réservée aux besoins exclusifs des piétons. Le Conseil émet une solennelle protestation contre la taxe instituée sur la circulation des vendanges (Le Haillan produisait, en effet, du vin à l'époque). Une dérogation à cette taxe est demandée en faveur du raisin dit « de Catros » (raisin de culture locale). L'ancien dépôt d'ordures ménagères se trouvait à proximité de l'église (sur la place Henri-Bos actuelle) !

1935 : Une taxe sur les spectacles (qui existe toujours) est instituée (les recettes étant versées au bureau de bienfaisance). Le Conseil demande des subventions suite aux dégâts survenus dans la commune consécutifs aux ouragans des 3 et 4 février et 3 septembre.

1936 : La taxe sur les chevaux est fixée à 12 francs par cheval et voiture à deux roues et 24 francs pour les quatre roues. La plantation d'acacias-boules devant la mairie et les P.T.T. est décidée.

1938-1939. Le Conseil accepte pour gros travaux communaux tous dons... manuels ! La construction de la troisième classe à l'école de garçons est décidée. Les premières servitudes de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac sont étudiées par l'Assemblée.

1940 : L'organisation d'un ramassage de récupération de ferraille et vieux métaux est décidée. Le Conseil pour lutter contre la grêle décide de procéder à des tirages d'artifices (l'autorisation de chaque tirage devait être demandée à... la Kommandantur d'Eysines).

1941 : L'Assemblée décide de construire une ligne électrique et un transformateur au domaine de la Luzerne, où la société Chocolat Tobler exploite une ferme coopérative pour le personnel de son usine. Le Conseil vote une subvention de 1 173 francs due par la loi relative au rationnement des vêtements.

1942 : Le Conseil fixe fa liste des bénéficiaires devant recevoir des pommes de terre (500 kilos pour la commune, soit une base de 600 grammes par personne inscrite sur la liste).

1944 : Conformément à la loi du 27 octobre 1943, la dépose de toutes les lignes électriques (en cuivre) non utilisées est décidée et ce conformément à la demande des autorités allemandes (130 kilos seront récupérés). Du 22 au 26 août 1944 (beaucoup d'Haillannais s'en souviennent !) les troupes allemandes font sauter l'important dépôt de munitions entreposées dans le parc et le bois du château de Bel-Air (les explosions ont d'ailleurs occasionné d'importants dégâts dans la commune). Le Conseil décide l'achat de deux portraits en couleur du général de Gaulle (le produit de ces portraits étant destiné aux œuvres sociales et soldats nécessiteux)

1945 : Le Conseil décide d'instituer une taxe locale de 1 %.

1946 : Pour permettre une bonne pesée ces jeunes enfants, l'Assemblée décide l'achat d'une bascule « assez sensible et assez précise ! ». Cette année-là, il y avait quatre employés municipaux (pratiquement à temps incomplet) : un secrétaire de mairie, un garde-champêtre, un cantonnier, une femme de service.

1947 : Pour aider à la régularisation et à la baisse des prix, le Conseil décide de créer une commission d'assainissement des prix. Comme les années précédentes, le Conseil décide l'achat de trente stères de bois pour le chauffage des bâtiments municipaux. L'Assemblée décide la pose d'une plaque commémorative des nombreux disparus de la commune, morts pour la France durant la guerre 1939-1945. La pose du téléphone à la mairie est décidée. Le goudronnage du chemin de Sauprat (rue Georges-Clemenceau actuelle) est décidé. Une indemnité annuelle de 2 000 francs est votée pour le « remonteur » de l'horloge de l'église. En décembre, l'aménagement d'un terrain de sport sur la prairie de Bel-Air est décidé (ce terrain est l’actuel terrain d’entrainement de football le plus près du Bois de Bel-Air).

Dans la nuit du 4 au 5 décembre, la mairie est cambriolée. (N.B : on peut constater que près de trente-cinq ans après... cela se reproduit).

1948-1949 : Le Conseil fixe au 25 avril 1945 l'organisation du centenaire... de la révolution de 1848. Une équipe de pompiers est mise en place dans la commune. Avis favorable donné par l'Assemblée sur l'avant-projet de plan masse de l'aérodrome de Bordeaux-Mérignac.

1950 : Les anciens tramways ayant été remplacés par des cars, le Conseil municipal constate que certains cars sont surchargés et qu'il convient de verbaliser. Trois postes de bombes anti grêle sont installés à Tanays, aux Graves, à Jallepont.

1951-1955 : La création d'une piste cyclable, route de Saint-Médard est demandée. Naissance en 1955 du Bureau d'aide sociale qui remplace l'ancien bureau de bienfaisance.

1957 : Le Conseil donne son accord pour la pose de pipe-line Parentis-Ambès, qui traverse la commune. La construction d'une quatrième classe à l'école de garçons est décidée.

1959 : L'Assemblée décide du principe de construction du foyer culturel à côté de l'église. L'adjudication pour la construction de deux nouvelles classes est faite. L'achat du premier terrain de sport est décidé (trois millions d'anciens francs).

1960 : La rue des Graves est goudronnée. Le Conseil municipal décide d'accorder les autorisations de construction hors des limites d'agglomération sous réserves de la viabilité des terrains.

1961 : le Conseil municipal alloue des subventions aux sociétés locales : le montant total s'élevait à 810 francs (la plus importante.. 200 francs concernait la société sportive. (N.B. : vingt ans plus tard, elle représente près de cinq cents fois ce montant !

Le Conseil décide d'instituer une taxe sur l'eau (en 1959, la consommation de la commune a été de 26 000 m³). Première organisation de la fête des anciens.

1962 : La construction du Foyer culturel est décidée (coût : 370 000 francs dont 140 000 francs de subvention d'Etat, soit 40 % environ !). La construction d'une cantine scolaire est décidée (dans les locaux actuels du club du troisième âge).

1963 : Installations autorisées de la S.E.P.A. (aujourd'hui la S.E.P.) et de Sud-Aviation (transformé par la suite en S.N.LA.S.). Le Conseil donne un avis favorable à la modification de limite entre Mérignac et le Haillan (l'avenue de Magudas, entre la rue J.-Mermoz et la rue de la Morandiére servant de nouvelle limite). La mairie sera dorénavant ouverte tous les jours, sauf le samedi de 9 h 30 à 11 h 30.

1964 : Inauguration du Foyer culturel le 19 juillet (la plaque commémorative est installée dans le Foyer culturel, mur de l'escalier d'accès au premier étage).

Articles du journal Sud-ouest des 5 et 6 août 1981.

L'association « le Haillan Généalogie Histoire » (HGH) a pour but la recherche, l'étude, la mise en valeur et la protection du patrimoine historique et culturel de la commune du Haillan. Elle fait appel à la généalogie et à la mémoire des anciens de la commune. Elle s'appuie également sur l'histoire locale et les coutumes régionales.

À ce jour, HGH a informatisé tout ou partie des tables décennales des communes suivantes : Avensan, Blanquefort, Eysines, Lacanau, Le Haillan, Le Porge, Ludon, Pleine Selve, Salaunes, Saumos, Saubin-Aubin de Blaye, Saint-Germain d'Esteuil, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Vivien-de-Médoc, Sainte-Hélène. Ces relevés filiatifs (ou non) sont consultables lors de leurs permanences.

HGH participe aussi avec les associations Médocaines, du Bassin d'Arcachon et du Cestadais, à un groupe qui rassemble les mariages (non filiatifs) d'une zone appelée Gironde-Atlantique. Ces données destinées, à l'entraide, sont mises à la disposition de tous dans une base SQL associée à un site internet.

Le Taillan-Médoc

Le nom du Taillan se rattache vraisemblablement au nom du tilleul, arbre qui poussait à l’état naturel dans la région. Tilleul, du latin tilia, tilius a donné avec le dérivé anum Telhan. Le nom de la paroisse est cité en 1027. Le latin Tilius a donné aussi le Thil.

Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, École des Chartes, 1968.

(Le) Taillan-Médoc est une commune résidentielle de la banlieue NO de Bordeaux (Gironde) dans le canton de Saint-Médard-en-Jalles, au nord des Jalles d’Eysines et du Taillan et à l’ouest de Blanquefort.

8 900 hab. (Taillanais), 1 516 ha, avec lycée général public, supermarché Carrefour (40 sal.), négoce de vêtements publicitaires Maillet (30 sal.); plusieurs châteaux dont celui de Taillan ou de la Dame Blanche (17e-18e s., 30 ha de vignes) à l'est, de Lagorce (19e s.) au nord-est, Durac (18e s.), mais la commune ne cultive que 35 ha de vignes; ensemble de lotissements bordés par la forêt. La D 1 vers le Verdon traverse la commune du sud au nord, la N 215 passe dans la partie sud-occidentale ; la partie occidentale de la commune est dans les bois.

Le nom était Le Taillan jusqu’en 1925; elle avait alors 1 300 habitants. L’essor est des années 1960 : 2 800 habitants en 1968, 4 000 en 1975 ; la croissance se poursuit et la commune a encore gagné 900 habitants entre 1999 et 2008. (texte issu du site  www.tresordesregions.fr)

Introduction générale à l’histoire.


Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.


Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et  la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution française;

- l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.


Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements.

La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

Des premiers occupants à la Renaissance.

Il est difficile de déterminer l'arrivée des premiers hommes dans le Médoc, mais leur implantation paraît très ancienne puisque des fouilles permettent d'attester leur présence vers le Xème millénaire avant J.C. Au Taillan, une hache polie de l'époque néolithique a été retrouvée vers 1906. Cette découverte fut annoncée lors d'une conférence sur la préhistoire faite au Cercle d'étude populaire de la paroisse du Taillan. La hache mesure l8 cm, elle est en quartzite et en parfait état de conservation lorsqu'elle est découverte à proximité de la jalle (entre Bussaguet et le presbytère). Ceci laisse supposer que les premiers occupants du Taillan s'étaient installés au bord de la rivière, ce site offrant les meilleures conditions de vie. Il ne faut pas oublier que la préoccupation première de ces hommes était l'alimentation, que les rivières et les forêts constituaient leur « garde-manger », par la possibilité de pêcher et de chasser. C'est au néolithique que l'agriculture et l'élevage ont permis à l'homme de prendre le dessus sur la nature, entraînant une sédentarisation des tribus qui se groupent en camps ou en villages.

Puis, vient l'âge des métaux dans le Médoc. Ils sont importés de la péninsule Ibérique et de la Bretagne. Le premier, le cuivre est introduit vers la fin du IIIème millénaire avant J.C. Son apparition est contemporaine de la civilisation dite « du vase campaniforme ». Arrivée par la mer, elle s'implante en Médoc où de très nombreux objets de cuivre ont été découverts.

À l'époque du Bronze moyen, le Médoc connaît une grande activité qui va durer jusqu'en 700 avant J.C. En effet, la région se trouve sur une des deux grandes voies qui amènent l'étain des îles britanniques vers la Méditerranée et l'Orient. Vers 1500 avant J.C., la presqu'île du Médoc qui est alors découpée par des golfes et prolongée au nord par un archipel, devient selon Antoine Lebègue, auteur de l'« Histoire des Aquitains », « une véritable zone industrielle qui reçoit l'étain d'Armorique méridionale et le cuivre ibérique, en échange de l'ambre ».

Avec l'âge du fer, au VIIème et Vème siècle avant J.C., le Médoc voit arriver des bandes de pillards et de conquérants. Puis entre le Vème et le IIIème siècle, s'établissent, sur les rives de la Garonne, les Bituriges venus de Bourges, le plus puissant des peuples gaulois. Ils colonisent Burdigala, et prennent le nom de Vivisci. Autour d'eux, d'autres peuplades gauloises s'installent sur les deux rives du fleuve, à Blaye les Blavias, à Langon les Alingo ; les Boïens (Boii) campent sur les bords du bassin d'Arcachon, dans le pays de Buch. Les Belendi fondent Belin, enfin les Médulli occupent, entre la Gironde et l'Océan, la vaste presqu'île nommée par leur présence, le Médullicum, puis le Médoc.

La situation de Burdigala, au confluent de trois rivières, le Peugue, la Devèze et le Caudéran, permet de créer un port abrité, où les Grecs de Marseille et les Romains de Narbonne viennent s'embarquer à destination de l'île de Bretagne (Angleterre). Les échanges avec les Grecs et les Romains initient les Bituriges à la grande civilisation méditerranéenne. Ils connaissent le vin avant d'avoir la vigne. Les classes aisées découvrent le luxe de la vaisselle campanienne. En dehors des villes comme Burdigala ou Noviomagus, l'habitat est relativement dispersé au milieu de profondes forêts peuplées de bisons, d'urus et de loups. Les maisons construites avec une ossature de bois et des murs en argile sont recouvertes de roseaux disposés en forme de pain de sucre. Les hommes de taille moyenne portent les cheveux longs et leur corps est couvert de tatouages ; leur tenue se compose d'une tunique retenue par une ceinture rouge et d'un pantalon qui s'enroule en spirale autour des jambes. Les Bituriges se nourrissent invariablement des produits de la pêche et de la chasse ; ainsi, se présentaient sans doute les habitants du Taillan de l'époque, qu'ils soient Bituriges Vivisque ou Médulli.

En 56 avant J.C., afin de protéger la province romaine de Narbonne de son principal ennemi, les Helvètes qui veulent s'installer sur les rives de la Garonne, César décide d'envahir la Gaule. Un des meilleurs lieutenants de César, Publius Licinus Crassus, a la charge de conquérir le Sud-ouest de la Gaule. Les Bituriges offrent peu de résistance à leurs alliés commerciaux romains. En l'an 52 avant J.C, l'appel à la résistance du chef gaulois Vercingétorix ne changera en rien le cours de la guerre et la Gaule passe sous la domination romaine. Avec elle, vient la « Pax Romana » qui va permettre à Bordeaux et sa région de connaître une ère de grande prospérité. La romanisation entraîne une véritable révolution économique. Le commerce est prospère, l'agriculture se développe, les moissons de froment sont vantées pour leur abondance. Sous les Romains, l'organisation du territoire biturge est modifiée. Bordeaux demeure la capitale de la cité, la résidence du sénat et des magistrats. Les petites peuplades avoisinantes, comme les Médulli sont intégrées dans la cité des Bituriges Vivisques. Les Médulli forment un « pagus », ce qui sera plus tard un canton rural de la cité.

Pour assurer leur sécurité par le déplacement rapide des troupes, et le développement du commerce, les Romains construisent des routes. L'aménagement des voies commence en 16 avant J.C. De Bordeaux, partent plusieurs voies se dirigeant vers Dax, Toulouse, Lyon, Poitiers, mais également vers Noviomagus (près de Soulac), d'où part une autre voie en direction de Bayonne longeant la côte océane et portant le nom de Via Médullica. La « via » conduisant à la pointe du Médoc est appelée la Lébade ou Lévade. Elle débute au Palais Gallien, passe par l'actuelle rue Fondaudège (la font d'Audège était la fontaine la plus importante de Bordeaux du temps des Romains), emprunte l'avenue d'Eysines, traverse la jalle du Taillan à hauteur de Cantinolle, au lieu-dit Jallepont, puis se dirige sur le lieu-dit les Gahets vers le quartier Lacaussade qui lui doit son nom (la caussade est la chaussée de pierre) ; de là, elle continue vers Hontane et la lande de Cassenore, puis quitte la commune en prenant la direction des bois de Luget (Le Pian).

La création des voies permet l'implantation de domaines agricoles, véritables petits villages dénommés « villa ». Chaque domaine emploie de nombreux travailleurs dont certains sont des esclaves et d'autres des colons libres. Le long des routes, au départ de la cité, les riches romains ont pour coutume de faire construire leur tombeau. Si le tombeau d'Autellius peut avoir donné son nom au Taillan, il n'est pas impossible que celui de Germignan ait pour origine une petite exploitation appartenant à Germinianus... Rien ne permet de l'affirmer, rien ne prouve le contraire, seul le passage de la Lébade est attesté.

Si les Bituriges participent au négoce du vin à destination des îles britanniques, les Romains se gardent bien de planter la vigne dans la région afin de protéger le vin produit en Italie qu'ils acheminent depuis Narbonne et Marseille et sur lequel ils perçoivent d'importantes taxes. La conquête de l'Angleterre en 43 avant J.C. va donner aux Bituriges l'occasion de se lancer dans la culture de la vigne, car les troupes d'occupation romaines ont un grand besoin de leur boisson favorite que ne peuvent pas satisfaire pleinement les expéditions depuis Narbonne. Le sol pauvre des Graves, les pluies océaniques et les gelées précoces ne conviennent pas aux cépages italiens ou grecs. C'est en Albanie, à Dyrrachium (Durrès), qu'un plant adapté au milieu Aquitain est découvert. Il s'agit du Basilica qui sera baptisé Biturica ou Biturigiaca. Ainsi, la vigne apparaît en Médoc et plus particulièrement dans les environs immédiats de Bordeaux, là où le sol l'autorise. Le Taillan et Blanquefort sont très vite couverts de vignobles jusqu'à la limite des marais et de la jalle. Rapidement, avec l'arrivée du christianisme, ces vignobles assurent la fourniture du « vin de messe » du chapitre de Bordeaux et cela pendant plusieurs siècles. Les élèves biturges dépassent très vite leur maître dans la vinification et les vins gaulois sont très réputés. Le vin qui était produit à cette époque n'avait pas grand-chose à voir avec celui que nous dégustons aujourd'hui. Les recherches effectuées à partir de textes anciens et des instruments retrouvés au cours de fouilles, ont permis une approche de la « fabrication » du vin romain. Elle se déroulait de la façon suivante : la vendange était ramassée dans des paniers en osier, puis foulée aux pieds pendant plusieurs heures. Le jus obtenu s'écoulait dans un cuvon de pierre ; le raisin foulé était ensuite pressé. Le liquide ainsi obtenu après ces deux opérations, était transvasé à l'aide d'un seau de bois dans des jarres en terre cuite de 500 litres (dolia), qui étaient enterrées. La fermentation durait environ trois semaines. Au cours de celle-ci, étaient rajoutés, des herbes (fenouil), des épices ou des aromates (safran) ou du miel, et même de l'eau de mer. Tout était bon ou presque pour parfumer le vin à la demande.

Pays de la douceur de vivre, l'Aquitaine l'est assurément pour les membres de l'aristocratie gallo-romaine. Le poète Ausone, né à Bordeaux vers 309-310, D. Magnus Ausonius, grammairien et rhéteur, précepteur du futur empereur Gratien, riche propriétaire terrien, apprécie la gastronomie du Médoc. Il écrit dans ses lettres à son ami Théon propriétaire d'une villa vers la pointe du Médoc : « ces huîtres du Médoc qu'on nomme bordelaises sont exquises pour moi. César lui-même enfin à sa table les loue autant que notre vin ». Il les désigne comme « les plus précieuses de l'océan des Médules ». Les richesses de la région sont une proie tentante pour les envahisseurs traversant la Gaule. En 406, ce sont les Vandales qui déferlent, puis en 415 les Wisigoths. « Plus de bétail et plus de semence ; plus un coin de terre pour les vignes et les oliviers. La violence du feu s'est abattue sur les terres des domaines » écrira un auteur anonyme de l'époque.

Les Francs, appelés par les évêques, avec à leur tête Clovis, viennent au secours du peuple gaulois et sont accueillis en libérateurs. Pour la Gaule, commence la période Mérovingienne. Vers 675, un premier duché d'Aquitaine est fondé par un prince Gascon du nom de Loup. La Vasconie qui deviendra la Gascogne s'étend des Pyrénées à la Garonne.

Depuis 720, la menace musulmane pèse sur le Sud-ouest de la Gaule. La grande offensive de l'Islam déferle sur la région, Abd-el-Rahman s'empare de Bordeaux. Le duc d'Aquitaine, battu par les Arabo-Berbères, en appelle à Charles Martel qui arrête ces derniers dans la région de Poitiers en 732. La présence arabe dans le Médoc a donné naissance à une légende attachée à la forteresse de Blanquefort. Cette dernière aurait été édifiée au VIIIème siècle par une dame Blanche « Bianca », fille d'un chef arabe ou maure établi à Gironville (Macau). Le château du Taillan, dépendant des comtes de Durfort, seigneurs de Blanquefort, prendra plus tard le nom du château de la Dame Blanche.

En 781, Charlemagne crée en faveur de son fils, le futur Louis le Pieux, le royaume d'Aquitaine. À la mort de « l'Empereur à la barbe fleurie », son fils Pépin règne sur l'Aquitaine de 817 à 838, mais son pouvoir s'arrête à Bordeaux, région devenue une « marche » tenue par les comtes de la famille Seguin, face à une Gascogne indépendante.

Dans le milieu du 9ème siècle, de nouveaux envahisseurs, les Normands avec leurs bateaux (drakkars) longent les côtes et remontent les fleuves et les rivières. Ils suivent la Garonne détruisant et pillant tout sur leur passage. Ils s'attaquent d'abord aux campagnes, aux moissons, aux trésors des villas, aux monastères isolés. Dès 844, les pirates réduisent en cendres les faubourgs et les environs de Bordeaux. Le Taillan, comme le reste du Médoc subira leur passage. En 845, le comte Seguin est tué et en 848, Bordeaux est pillée et incendiée. La région connaît une période noire qui va durer jusqu'à l'an mil.

C'est au 10ème siècle que le nom de la paroisse du Taillan apparaît dans une donation faite en 950, sans doute par Guillaume le Bon, duc d'Aquitaine, à l'abbaye bénédictine de Sainte-Croix de Bordeaux. L'église du Taillan se situe parmi les premiers bâtiments religieux du Médoc. Avec l'an mil, la région connaît un certain renouveau dans une Aquitaine indépendante.

Un grand élan de foi envahit le pays, les papes prêchent les croisades. C'est aussi l'époque des grands pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le Médoc est traversé par deux chemins que les pèlerins empruntent pour se rendre en Espagne. Le premier longe la côte océane, il est utilisé par les Anglais, les Normands, les Bretons, qui débarqués à Soulac (Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres), se dirigent vers Saint-Jean-de-Luz. Le deuxième est emprunté par les pèlerins arrivés par bateau à Lamarque en provenance de Blaye et se rendant à Bordeaux. Là, les pèlerins vont se recueillir sur le tombeau du bienheureux Seurin, évêque et confesseur. Cette ville a beaucoup d'attraits, car elle est la capitale du duché d'Aquitaine. L'église Saint-Seurin remonte au XIème siècle. Dans la crypte se trouvent des colonnes avec des chapiteaux gallo-romains et des sarcophages, dont un aurait contenu les restes du saint évêque. Les pèlerins touchaient le marbre et d'après la tradition, le saint rendait « plus fort ». Beaucoup d'entre eux, sont sans aucun doute, passés par Le Taillan afin d'y franchir la jalle en toute sécurité. Ils n'y ont, semble-t-il, laissés aucune trace, mais il est vrai qu'il ne reste plus rien de l'ancienne église de la paroisse pour porter témoignage de leur passage.

Au 11ème et 17Ième siècle, le particularisme des Aquitains se manifeste au travers d'une civilisation originale. Ils apparaissent comme des êtres différents en Europe médiévale, d'une part par leur langue, d'autre part, par leur manière toute nouvelle de considérer la femme et sa place dans la civilisation chrétienne. Des hommes désignés sous le nom de troubadours vont exprimer en chanson des sentiments nobles et généreux, afin de conquérir l'amour de la dame de leurs rêves. Au côté du très célèbre duc d'Aquitaine, Guillaume IX, apparaissent le sire de Blaye, Jaufré Rudel et le châtelain de Hautefort en Périgord, Bertrand de Born. Ces hommes chantent l'amour courtois.

Selon certains chroniqueurs, c'est à Belin que voit le jour la belle Aliénor d'Aquitaine vers 1122, fille de Guillaume X d'Aquitaine et d'Aénor de Chatellerault. Confiée par son père au roi de France, ce dernier s'arrange pour la marier à son fils, le futur Louis VII. Cette union est célébrée à la cathédrale Saint-André de Bordeaux le 25 juillet 1137. Le manque de fidélité d'Aliénor envers son mari et roi de France va conduire à la dissolution du mariage et au remariage de la belle avec Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, le 18 mai 1152. Par ce mariage, le duché d'Aquitaine devient terre anglaise, ce qui constitue une humiliation pour le roi de France Louis VII. Les conséquences en seront pour la région, l'obtention d'une grande liberté et le développement du commerce du vin avec l'Angleterre.

Une ère de prospérité s'ouvre à nouveau pour Bordeaux et sa région. La campagne bordelaise se couvre de vignobles. On plante en Médoc, et bien sûr au Taillan, à Saint-Emilion et dans les Graves. Le vin rapporte des fortunes considérables aux Bordelais. Concernant les événements de la vie des habitants de cette époque, la traduction d'un acte de la sénéchaussée de Guyenne écrit en Gascon, cité dans le livre « Voyage dans les Landes » de Boudon de Saint-Aman (1818), relate un droit coutumier du seigneur de Blanquefort.

Sentence de la Sénéchaussée d'Aquitaine, le 30 juillet 1302 : « Ceci est la charte et le statut du droit de priorité et de défloration que le seigneur de la terre et de Blanquefort a et doit avoir sur toutes et chacune des filles non nobles qui se marient dans ladite seigneurie, le premier jour des noces. Agissant suivant le droit et les coutumes anciennes, le puissant seigneur de la terre et seigneurie de Blanquefort, Le Taillan, Cantenac, Margaux et autres lieux, a le droit de priorité et de défloration sur toutes et chacune des filles non nobles qui se marient en ladite terre et seigneurie de Blanquefort et autres ci-dessus nommées, le premier jour des noces, le mari étant présent et tenant une jambe de la mariée pendant que le seigneur usera de sa priorité et procédera à la défloration. Celle-ci étant réalisée, le seigneur ne peut plus toucher à la mariée et doit la laisser au mari. Dernièrement, au mois de mai passé, Catherine de Soscarola, de la paroisse de Cantenac, allait se marier à Guillaume de Becaron. Le jeune, le puissant seigneur Jean de Duras, chevalier, voulut user de son pouvoir de priorité et de défloration sur ladite Soscarola. Celle-ci refusa d'obéir au dit seigneur et ledit Becaron également et de plus proféra de mauvaises paroles envers ledit seigneur. À la suite de ce refus d'obéissance de la mariée et des paroles mauvaises du mari, le seigneur les fait mettre en prison séparément et dépose une plainte au criminel, auprès du Grand Sénéchal de Guyenne, pour l'informer de son droit et lui demande une enquête sur les coutumes anciennes de la seigneurie de Blanquefort.

À la suite de cette enquête, une sentence de la cour du Sénéchal de Guyenne confirma le droit du seigneur. Le tribunal ayant fait comparaître les deux parties, déclare que ledit seigneur est bien fondé en droit et par coutumes anciennes, de prendre le droit de priorité et de défloration. II condamne Catherine de Soscarola et Guillaume de Becaron à obéir au seigneur. En ce qui concerne les mauvaises paroles de Guillaume, ladite cour le condamne à faire amende honorable et à demander grâce au seigneur à genoux, la tête nue, les mains en croix sur la poitrine, ceci en présence de tous les présents à la noce. De plus, ladite cour ordonne pour ce qui touche le droit, que la présente sentence servira de loi et statut pour le temps présent et à venir, pour ledit seigneur. Elle sera publiée par le notaire royal et public, affichée par un appariteur à la porte de l'église de Cantenac, à la sortie de la messe et aussi dans toutes les paroisses de la seigneurie de Blanquefort. Le seigneur pourra également faire proclamer son droit, par tous les moyens qu’il lui plaira ».

Pendant plus d'un siècle, de 1337 à 1453, les monarchies françaises et anglaises s'affrontent. En 1355, les Français menacent Bordeaux, la Jurade fait alors appel au roi d'Angleterre qui lui envoie Édouard de Woodstock, prince de Galles. Le 8 septembre 1355, le fils d'Édouard III s'embarque pour la Guyenne. Arrivé à Bordeaux, il organise des raids particulièrement hardis depuis cette ville. Il séjourne souvent dans la forteresse de Blanquefort, Bordeaux n'ayant pas de château assez vaste pour l'accueillir avec sa suite. Les habitants du Taillan voient souvent passer cette redoutable armée. Durant cette période, le Médoc sera ravagé plusieurs fois par l'armée française.

En 1450, le Conseil du Roi décide d'en finir avec les Anglais qui détiennent toujours Bordeaux et sa région. Une avant-garde commandée par le Sire d'Orval entre dans Bazas, puis par une marche imprévue vient camper près de la jalle de Blanquefort. Devant ce danger, tous les Bordelais en armes quittent la cité dans un vrai tumulte, et partent, le maire à leur tête, affronter les Français. Le combat tourne court, plus de mille Bordelais tués et deux mille pris par les Français. Le reste de la troupe s'enfuit et le maire en premier. C'était le jour de la Toussaint, on appela cette date la mauvaise journée, « le jour de la male jornade ». Le soir lorsqu'on apporte sur des chariots les cadavres mutilés, un lugubre gémissement remplit la cité. L'archevêque Pey Berland, né au hameau de Saint-Raphaël (Avensan), passe deux jours et deux nuits à pleurer les morts de sa patrie. La guerre se termine par la victoire des Français sur les Anglais conduits par Talbot, à Castillon, le 17 juillet 1453. Quelques semaines après, Charles VII s'installe à Monferrant ; le gros de son armée campe dans Lormont. Le Médoc est occupé, une flotte remonte le fleuve jusqu'aux collines ; Bordeaux est investi par terre et par eau. Le XVème siècle s'achève, Bordeaux et sa région deviennent françaises et entrent dans la période de la Renaissance.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p. 75-79.

Du 16ème au 18ème siècle.

Présentation des seigneurs.

Avec l'installation du Parlement de Guyenne, les présidents et conseillers font construire dans Bordeaux de riches hôtels particuliers auxquels s'ajoutent ceux des gens du roi et quelques bourgeois enrichis par le négoce, qui se sentent en mesure d'acheter une charge pour leurs enfants. La fonction de parlementaire est prestigieuse, elle laisse du temps libre pour s'occuper du vin et confère des pouvoirs sans partage aux Bordelais. Henri IV dit, en parlant des membres de cette cour souveraine : « si je n'étais point roi à Paris, je voudrais être parlementaire à Bordeaux, c'est le sort le plus enviable du monde ». Cette nouvelle noblesse, forte de ses richesses, va devenir propriétaire foncier, et s'intéresser en particulier à la vigne. Pendant que cette puissance grandit, les anciennes maisons nobles ne vivent âprement que de la culture de leurs domaines. Sous des dehors clinquants, leur misère est réelle. Ceux qui ne sont pas fonctionnaires attachés à la personne du roi sont des hobereaux que leur état besogneux retient sur leurs terres. Sous la poussée de leurs dettes, les familles célèbres du Bordelais disparaissent peu à peu de la vie publique. Les deux baronnies les plus puissantes de la région, celles de Monferrant et de Blanquefort, connaissent de gros problèmes financiers. Ainsi, la première nommée est achetée par la jurade de Bordeaux et Jacques de Durfort, à qui appartient celle de Blanquefort, pour se créer quelques revenus, aliène par-devant notaire ses droits de justice dans les paroisses médocaines. Dans le pays du Bordelais, les châteaux historiques et les grands crus passent des mains de la noblesse d'épée à celle des parlementaires et des bourgeois enrichis.

Dans la paroisse du Taillan, de par sa proximité avec Bordeaux, une grande partie des terres se trouve concernée par cette évolution. Elles appartiennent soit à la noblesse de robe, soit à la grande bourgeoisie marchande de Bordeaux. Les ordres ecclésiastiques ont également des possessions dans la paroisse. Ainsi, en 1541, sous le règne de François ler, Ramon Ayquem de Montaigne est seigneur des maisons nobles de Bussaguet et de Saint-Genés, sises toutes deux, dans la paroisse du Taillan. La seigneurie de Bussaguet se trouvait sur les bords de la jalle, à la limite actuelle de la commune du Haillan, qui n'était à cette époque, qu'un village de la paroisse d'Eysines. Quant à la maison noble de Saint-Genés, l'Abbé Baurein nous précise, qu'elle portait indifféremment le nom de Saint-Genés et celui de la Gorce, ce qui la situe vers l'actuel quartier de la Belgique. Elle dut disparaître vers le milieu du XVIIIème siècle, car, le 23 juin 1734, Gabriel Maurice de Lavie dont nous reparlerons plus loin, seigneur du Taillan au village de l'Allemagne, qui venait de l'acquérir de J.F. de Pontac d'Anglade, conseiller au parlement de Bordeaux, « en baillait à fief nouveau, le terrain et les débris à un marchand de Bordeaux » (Drouyn, T. XVII, P 459).

Concernant la maison noble de Bussaguet, son nom apparaît pour la première fois dans le testament de Thomas Ayquem de Montaigne, frère de Ramon de Montaigne. Seul, un moulin portant ce nom, appartenait en 1242 au chevalier Guillaume de Bussac, Bussaguet pourrait donc être un diminutif de Bussac mais on ignore à quelle date cette possession est entrée dans la famille Ayquem de Montaigne. Il est possible que l'édification de cette maison noble soit l'œuvre de Ramon Ayquem de Montaigne. Son fils Geoffroy de Montaigne, né du mariage de Ramon avec Adrienne de La Chassaigne, fille de Geoffroy de La Chassaigne, président au Parlement de Bordeaux, et de Catherine de Lestonnac en hérite en 1563, alors que le règne de Charles IX commence à peine. Geoffroy de Montaigne, conseiller au Parlement, fut connu sous le nom de « Bussaguet » ou « Montaigne Bussaguet », déjà seigneur de Bussaguet, il devient seigneur du Taillan par cession de droit.

Alors que les royaumes de France et de Navarre ont à leur tête le bon roi Henri IV, le 8 mars 1601, Jacques de Durfort, baron de Blanquefort, échange par acte notarié passé à Bordeaux, plusieurs paroisses et seigneuries dont il est en possession, contre une rente de douze boisseaux de blé et divers fiefs. Cet échange a lieu avec plusieurs personnes dont Maître Léonard de La Chèze, conseiller au Parlement et Pierre d'Aste, écuyer, seigneur des Roys, conseiller du Roi au Grand Conseil. Léonard de La Chèze cède très rapidement ses droits à Geoffroy de Montaigne, son collègue au Parlement et c'est ainsi que Pierre d'Aste et Geoffroy de Montaigne, se partagent le 6 novembre 1601, une grande partie des terres de la paroisse du Taillan. Il résulte de cet acte, que le bourg, l'église du Taillan et les terres situées au couchant du chemin de Bordeaux à Castelnau sont la possession de Geoffroy de Montaigne, tandis que celles se trouvant au levant de ce même chemin, sont dévolues à Pierre d'Aste et portent le nom de maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, aujourd'hui baptisé la Belgique. Afin de délimiter les terres en leur possession, les deux parties décident qu'il sera planté des bornes marquées à leurs armes, de sorte que l'écusson de chacun d'eux se trouve face à sa portion. La mort surprend les deux seigneurs avant que les bornes ne soient posées. Les années passent ; à Henri IV, succède Louis 13, à Geoffroy de Montaigne, succède son fils aîné, Joseph de Montaigne, né en 1574, écuyer, seigneur de la maison noble de Bussaguet, du Taillan, de Gayac, de Corbiac de Saint-Médard, de la Chapelle Gonaguet en Périgord, de Brénieu en Vivarais, baron de Lévignac, conseiller au Parlement de Bordeaux. Son épouse, Jeanne Tivoley de Brénieu, porte le titre de dame du Taillan. À son décès survenu à Bordeaux en 1627, son fils aîné Henri, institué par lui héritier universel, lui succède comme seigneur du Taillan et meurt en 1679, alors que Louis XIV est au pouvoir. Ensuite, Guillaume de Montaigne, né le ler août 1614, lui succède en tant que chevalier, seigneur de Bussaguet et du Taillan, dit « le Chevalier de Montaigne », bourgeois de Bordeaux.

En ce qui concerne la maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, à Pierre d'Aste, ont succédé ses fils, Henry et Charles-André. En 1645, cette maison noble est saisie sur feu Henry d'Aste et son frère Charles-André. Un arrêt décret du 19 juin 1663 en rend Maître de Poitevin, chevalier, Trésorier général de France, adjudicataire pour la somme de dix mille cents livres. Quarante cinq années se sont écoulées depuis le partage réalisé entre Geoffroy de Montaigne et Pierre d'Aste, mais les bornes, délimitant les terres des deux maisons nobles, ne sont toujours pas plantées. C'est Guillaume de Montaigne qui prend l'initiative de l'opération, il somme Maître de Poitevin de contribuer à l'achat de ces bornes afin de procéder à leur mise en place. Ce dernier n'ayant pas déféré à la sommation, Guillaume de Montaigne en effectue l'acquisition et fait réaliser les travaux auxquels Maître de Poitevin est prié d'assister. La situation relationnelle entre ces deux maisons nobles aurait pu en rester là, si un des fils de feu Pierre d'Aste, Jean Étienne d'Aste, chevalier, seigneur des Roys et de Terrefort, n'avait pas évincé Maître de Poitevin par retrait lignager, et remboursement du prix de l'adjudication. Jean Étienne d'Aste devient possesseur de la maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, arrache les bornes plantées par Guillaume de Montaigne et prend le titre de seigneur du Taillan. La réaction de Guillaume de Montaigne est placée sur le plan juridique ; par acte en date du 24 décembre 1664, il fait savoir à Jean Étienne d'Aste, que le bourg et l'église du Taillan étant dans sa possession, lui seul peut se prévaloir du titre de seigneur du Taillan. Comme son père Pierre d'Aste, Jean Étienne d'Aste n'a droit qu'au titre de seigneur de l'Allemagne. Par le même acte, Guillaume de Montaigne proteste également contre l'enlèvement des bornes auquel s'est livré le seigneur d'Aste. Après assignation, les deux seigneurs se retrouvent, accompagnés de leurs officiers de justice, témoins, procureurs et avocats, sur les lieux litigieux. Les deux parties ne peuvent se mettre d'accord, et l'affaire est portée devant le Parlement de Rennes, car celui de Bordeaux, où les deux adversaires ne comptent que des parents ou amis parmi les magistrats en exercice, est dans l'impossibilité de juger une telle affaire. Le jugement est rendu le 14 juillet 1666, une sorte de jugement de Salomon, tenant compte sans doute, de l'influence des parties en présence. L'arrêt précise que Guillaume de Montaigne est autorisé à prendre le titre de seigneur du Bourg du Taillan et le Sieur Pierre d'Aste, celui de seigneur du Taillan au village de l'Allemagne. Ainsi par ce jugement, le Taillan se trouve avoir deux seigneurs. Malgré cet arrêt, le procès continue et les bornes ne seront remises en place qu'en 1668. Jean Étienne d'Aste renonce à son acquisition, il vend le 28 mars 1670, sa seigneurie à Maître de Poitevin. La rivalité entre les deux seigneuries se poursuit. Les querelles ont lieu maintenant entre Guillaume de Montaigne et Maître de Poitevin, puis elles continuent entre le gendre de ce dernier, Gabriel Maurice de Lavie, président au Parlement, qui a épousé Anne, fille de Maître de Poitevin et Joseph de Montaigne, petit-fils de Guillaume. En 1740, sous le règne de Louis XV, elles durent encore, mais à ce moment là, entre Jean Charles de Lavie, fils de Gabriel Maurice et Joseph de Montaigne. En 1744, à la mort de Joseph de Montaigne, la seigneurie du bourg du Taillan, passe à sa sœur, Marie de Montaigne, épouse de Juilhot de la Devize, puis dans la maison noble de Cursol. En 1760, François de Cursol est qualifié de baron du Taillan. La seigneurie du Taillan au village de l'Allemagne est toujours aux mains de la famille de Lavie. En 1789, elle appartient à Paul Marie de Lavie, fils de Jean Charles et petit-fils de Gabriel Maurice. Puis, vint la révolution et l'on ne parla plus des seigneurs du Taillan. Beaucoup plus tard, le village de l'Allemagne est rebaptisé par décision du conseil municipal « la Belgique », il s'agit alors d'une querelle plus importante qui oppose la France et l'Allemagne.

En 1759, la paroisse abrite une compagnie de dragons du régiment de Rennes.

Les villageois.

En 1734, grâce à une visite de l'archiprêtre, on sait que la paroisse compte environ 400 habitants et qu'il n'y a ni prison, ni médecin, ni hôpital et que le « le principal désordre vient de ce que l'on fréquente les cabarets pendant l'office et la nuit ». En 1771, la correspondance avec l'intendance de Bordeaux permet de constater que la communauté se compose maintenant de 800 habitants, ce qui est confirmé par une enquête de 1772 de l'archevêque de Rohan. Ce questionnaire en 18 points souligne l'état de pauvreté des villageois du Taillan au XVIIIème siècle : en effet, sur les 800 habitants, il y a 6 familles de mendiants et plusieurs autres nécessiteuses. Cet état de fait est confirmé dans une lettre du curé, M. Dugarry, du 14 juin 1773, conservée dans la correspondance de l'intendant. Il écrit justement pour obtenir une aide alimentaire pour les « nombreux indigents » de sa paroisse.

La population est en majorité agricole. Les actes notariés donnent quelques informations sur leurs activités : la plupart des hommes sont vignerons ou laboureurs. On note aussi : un maréchal-ferrant, deux forgerons (famille Guitard), deux bouchers (Massiard et Bourges), un charpentier (Decourt), un maître-maçon (Pied) ainsi que deux familles de notaires (Berninet et Sallefranque). Certaines familles, surtout chez les vignerons, traversent les siècles ; c'est le cas des Dongey, Pontac, Poitevin, Renouil ou Arrouch. Certaines se marient entre elles, et c'est ainsi qu'une dizaine de familles forment le Taillan.

Voici les actes les plus anciens relevés sur le début du registre paroissial ou B.M.S. (Baptêmes, Mariages, Sépultures) datant de 1692 et recopiés tels qu'ils ont été rédigés.

Épousailles : Le dousième iour du moy de février l'an mil six cent nonante deux ie Recteur du Taillan ay donné la bénédiction nuptiale canoniqement à Jan Romefort vigneron et à Catherine Forton en présances de Jan Laneyrie, Jan Allerot, Bernard Forton, Pierre Forton, les tous vignerons qi n'ont su signés de ce interpellés par moy. Signé : Laneyrie recteur servant du Taillan

Baptême : Le dix septième iour du moy de février l'an mil six cent nonante deux ie servant du Taillan ay baptisé Pierre Bielle fils légitime d'Arnaud Bielle vigneron et de Jane Laneyrie épouse, naqit hier matin à sept heures au vilage de la Caussade dans cette parroisse ; sont parrain Sr Pierre Larouture maître chirurgien ; marraine Damoyselle Blanche Rose Sabiot présents Pierre Sauton huissier du siège royal Dambarès, Pierre Dongey marchand qi ont signé avec moy. Signé : Laneyrie recteur servant du Taillan

Sépulture : Le vingt six février l'an mil six cent nonante deux ie recteur du Taillan ay ensevely Jan Fillon agé de vingt huit ans charpentier de barriqes décédé hier soir au vilage de l'Allemaigne dans cette parroisse sont présents : Jan Delaneyrie, Jan Allevot, Elye Eyqem vignerons et d'autres qi n'ont signés de ce interpellés par moy qi ay signé avec Arnaud Rougueiros cousin du décédé. Signé : Laneyrie recteur servant du Taillan.

En 1759, la paroisse abrite une compagnie de dragons du régiment de Rennes.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p. 79-82.

 

De la Révolution au 19ème siècle.

Louis XVI, monté sur le trône à l'âge de vingt ans (l774), manifeste ses bonnes intentions avec les tentatives de réformes entreprises par Turgot et Necker. Il cède ainsi aux sentiments de son cœur, mais son esprit étroit le ramène bientôt aux conseils des courtisans égoïstes qui jugent leurs privilèges en péril. Son indécision augmente le trouble et précipite les événements. Devant la situation, Necker demande au roi de convoquer les États généraux qui ne l'avaient pas été depuis 1614. D'un bout à l'autre de la France, dans les villes comme dans les villages, ce fut de février à avril 1789 une immense agitation.

Dans les cahiers de doléances qui étaient préparés, les questions de principes dominent les questions d'intérêts particuliers. Ainsi, le peuple demande : le vote par tête, l'égalité complète des citoyens devant la loi et devant l'impôt, l'abolition des droits d'aînesse, des servitudes féodales, la réforme des codes, la liberté de conscience, la liberté du commerce et de l'industrie. Réunis le 5 mai 1789, les trois ordres, noblesse, clergé, tiers états, fusionnent après de longues et acharnées discussions en une Assemblée nationale constituante, le 9 juillet 1789. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, assure la victoire du peuple, entraîne l'organisation d'une mairie à Paris, la création de la Garde nationale et l'adoption de la cocarde tricolore. Les troubles dans les provinces déterminent l'Assemblée à supprimer les droits féodaux, dans la mémorable séance de la nuit du 4 août 1789.

La France est réorganisée socialement, politiquement et économiquement. Le 14 décembre 1789, l'Assemblée nationale constituante instaure les municipalités et décrète que « le chef de tout corps municipal portera le nom de Maire ». La simple paroisse du Taillan dépendant de l'Archiprêtré de Moulis devient une commune.

En 1790, les maires et officiers municipaux sont mis en place dans chaque commune de France.

En l'An II, le citoyen Guillaume Seguin est maire du Taillan. Le département de la Gironde est créé comprenant sept districts et soixante-douze cantons. Le Taillan est inclus dans le canton de Blanquefort ainsi que Saint-Médard-en-Jalles, Eysines, Saint-Aubin, Parempuyre, Bruges et Le Bouscat. Avec la création des cantons, une administration municipale cantonale est instituée, le maire du chef-lieu de canton en est le président. Pour le canton de Blanquefort, le maire Saincric, curé constitutionnel de la paroisse de Blanquefort préside l'assemblée cantonale. Chaque commune du canton, est représentée par un agent municipal et son adjoint. Cette administration municipale cantonale se substitue dans beaucoup de domaines à la gestion communale. La lecture des comptes rendus de cette assemblée permet de connaître ses compétences : le président lit à chaque séance les derniers bulletins des lois, les lettres et directives du gouvernement et du directoire de la Gironde, les pétitions présentées par les citoyens des communes du canton, sur lesquelles il faut délibérer pour prendre les décisions. L'assemblée traite de police générale : signalement des individus suspects, des évadés, des émigrés revenus, des proscrits. Il y est surtout question de finances, des contributions que doivent les communes ou des impôts et taxes dus par les particuliers. L'assemblée a également à traiter des domaines nationaux, des travaux publics, de la conscription des citoyens. Elle a la charge d'organiser les fêtes républicaines instituées par un décret du 9 septembre 1794, qui doivent remplacer les fêtes religieuses.

Ainsi, l'agent municipal du Taillan est chargé d'organiser le 30 ventôse an VI, la fête de la souveraineté du peuple. Le compte-rendu écrit sur le déroulement de cette fête mentionne : « En tête du cortège marchaient deux jeunes gens, l'un tenant une pique, l'autre le drapeau tricolore. Venaient ensuite douze vieillards ayant à la main chacun une baguette blanche. L'adjoint et l'agent (municipal) suivaient et après eux les défenseurs de la patrie en armes et le peuple. Arrivé au lieu désigné, sous un arbre de la liberté, on a chanté un hymne patriotique. Le drapeau tricolore, la pique, le bonnet de la liberté et la constitution de l'an fil ont été mis autour de l'arbre de la liberté. Ayant reçu la loi la veille de la cérémonie, on n'avait pas eu le temps de dresser un autel. Les vieillards se rangent en demi-cercle devant l'arbre de la liberté et immédiatement après eux l'agent et l'adjoint municipaux, n'y ayant point d'autre fonctionnaire public. On chante un air patriotique. Les vieillards s'avancent au milieu de l'enceinte, réunissant leurs baguettes, ils enforment un faisceau qu'ils lient avec un ruban tricolore. Un des vieillards dit à haute voix les phrases suivantes : la souveraineté du peuple est inaliénable ! Comme il ne peut exercer par lui-même tous les droits qu'elle lui donne, il délègue une partie de sa puissance à des représentants et à des magistrats choisis par lui-même ou par des électeurs qu'il a nommés. C'est pour se pénétrer de l'importance de ces choix que le peuple se rassemble aujourd'hui.

L'agent municipal répond par ces mots : le peuple a su par son courage reconquérir ses droits trop longtemps méconnus, il saura les conserver par l'usage qu'il en fera. Il se souviendra de ce précepte qu'il a lui-même consacré par la charte constitutionnelle, que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépendent principalement la durée, la conservation et la prospérité de la république. L'adjoint municipal a fait lecture solennelle de la proclamation du directoire exécutif relative aux élections du 28 pluviôse an VI. La cérémonie a été terminée par des chants patriotiques. Le cortège est obligé de se dissoudre à cause de la pluie et de la grêle ».

Dans cette période trouble, le besoin d'assurer le maintien de l'ordre et d'empêcher les pillages conduit à la mise en place d'une Garde nationale placée sous le contrôle des municipalités. C'est une loi du 14 octobre 1791 portant organisation de la Garde nationale qui rend obligatoire pour tous les citoyens actifs et leurs enfants âgés de dix-huit ans d'en faire partie. Le citoyen actif est défini comme celui payant au moins trois livres d'impôts, ce qui limite le nombre de participants notamment en zone rurale.

Pour Paris, La Fayette en sera le premier commandant en chef et le duc de Duras son homologue à Bordeaux. Au Taillan, est ainsi constituée une unité s'intégrant au « bataillon cantonal » de Blanquefort. Au sein de la Garde nationale, est formée, à la demande du ministre de la police, une colonne mobile chargée d'assurer la sûreté publique. Le canton fournit trois compagnies le 2 nivôse an V, composées de : cinquante hommes de Blanquefort, vingt-neuf du Taillan, vingt-quatre de Parempuyre, cinquante de Saint-Médard, cinquante d'Eysines, quinze de Saint-Aubin, trente du Bouscat et trente de Bruges.

Parmi les citoyens du Taillan, on trouve : Louis Videau sergent, François Labeyrie caporal, Valentin Lavigne, Yves Decourt, Charles Dupuy et Vital Jeantet fusiliers. Julien de Bryas du Taillan sera élu chef du bataillon cantonal en mai 1848. Cette institution durera jusqu'en 1871 avec une mise en sommeil sous le Consulat et l'Empire. Après leur confiscation, les biens des ordres ecclésiastiques et des nobles émigrés sont mis en possession de l'Etat et transférés aux communes. Ceux qui ne peuvent être attribués à un service public sont vendus aux particuliers. Une commission cantonale est chargée d'en faire l'inventaire. Au Taillan, Charles de Lavie est considéré en fuite et doit obtenir un certificat de résidence justifiant de sa présence. C'est son fils Arnaud qui intervient auprès de certains habitants de Blanquefort pour les faire attester, auprès des officiers municipaux, qu'il réside bien en permanence au Taillan et qu'il est un bon citoyen. Le certificat est établi le 15 vendémiaire an VI.

À l'Assemblée nationale constituante, succède le 1er octobre 1791, en vertu de la constitution de 1791, l'Assemblée législative qui se montre hostile à la royauté. Cette assemblée voit la naissance d'un grand parti appelé « la Gironde », parce qu'il a pour chefs des députés girondins, tel que Vergniaud, Guadet, Gensonné, Isnard, Brissot, Barbaron, Petion, Valazé.

Le 10 août 1792, l'Assemblée, auprès de laquelle Louis XVI s'est réfugié suite aux accusations de traître à la nation, convoque la Convention. Le 21 septembre 1792, celle-ci ouvre ses séances. C'est une assemblée souveraine divisée en deux partis. Il y a d'un côté les « Girondins » classés comme modérés, de l'autre les « Montagnards » qualifiés d'exaltés. La mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793, détermine la formation d'une première coalition des puissances européennes contre la France. En même temps, la guerre civile éclate dans le pays. Les passions étant de plus en plus excitées, les modérés Girondins sont accusés de traîtres à la Patrie, proscrits et arrêtés. Pour faire face à cette situation la Convention recourt aux mesures extrêmes et règne par la terreur. Le département de la Gironde et Bordeaux en particulier s'insurgent contre la Convention. Par sanction contre les Girondins, la convention remplace le nom du département de Gironde par celui du Bec d'Ambès. Il faudra attendre la loi du 25 germinal an III, pour que le département retrouve son nom d'origine. Afin d'y rétablir l'ordre, des commissaires sont envoyés à Bordeaux et un tribunal révolutionnaire qui prend le nom de Commission militaire, est mis en place, avec pour président un nommé Lacombe, instituteur toulousain, qui est un véritable criminel. On peut lire sur des comptes rendus de l'époque, concernant Lacombe : « La Commission militaire devint un véritable tribunal de rapine et de sang. Il vendit la justice, il accumula les trésors par d'abominables extorsions, il mit à prix la vie et la mort des citoyens. Il était à la fois l'accusateur, le rapporteur du procès et le juge et souvent la partie de celui qu'il condamnait. Inutilement, l'accusé voulait prouver son innocence, il était contraint de garder le silence. « Le tribunal est fixé sur ton compte », lui disait le juge féroce. Et il envoyait froidement sa victime à la mort ».

De riches propriétaires du Taillan passent entre ses mains : Arnaud de Lavie, arrêté le 17 septembre 1793, est acquitté le 14 mars 1794. Le banquier Abraham Peixotto, arrêté dans la nuit du 29 au 30 novembre 1793, ne doit son salut que grâce au versement d'une amende de 1 200 000 livres. La terreur à Bordeaux se termine par l'exécution de celui qui a envoyé un grand nombre de Girondins à l'échafaud... le président Lacombe !

La guillotine dressée place Dauphine (actuellement place Gambetta) à Bordeaux, est démontée le 14 août 1794.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.82-85.

Le blason du Taillan.blason

Le blason de la ville du Taillan-Médoc a été créé en 1996 par M. Pierre-Jean Rodriguez, peintre, à l'initiative de Mme Pauline Picot, maire-adjoint délégué à la culture.

De gueule, à la barre tiercé de sinople, d'or et de pourpre, accostée d'une porte d'argent à dextre et d'une plume d'oie sur un livre ouvert, au naturel, à senestre.

                                    Timbre de trois portes d'argent.

Champ, gueule de couleur magenta rouge, couleur de l'Aquitaine.blason1

La barre transversale supérieure, de couleur sinople (vert), symbolise la forêt.

La barre centrale, de couleur or riche, symbolise la route des vins.

La barre inférieure, de couleur violet, cobalt foncé, symbolise la vigne.

La porte, argent, symbolise la porte du Médoc.

Le livre ouvert et la plume d'oie, de couleur « naturel » symbolisent les écrivains célèbres qui ont vécu au Taillan, sans doute par référence à Étienne de La Boétie, décédé à Germignan sur la commune du Taillan-Médoc et l’arcade est un hommage au bâti communal.

L'ensemble est surmonté de trois portes argent, symbole de ville ouverte.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p. 4.

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                             - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-Äge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire Moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution française ;

- l’Histoire Contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements . La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

 

La Préhistoire recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Le début de la période moderne, du 15e et au 17e siècle, coïncide pour la ville de Bordeaux et ses environs au basculement de la domination anglaise vers la domination française (1453).
C'est une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines :
- dans le domaine politique, les larges libertés obtenues  lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un État puissant dans le royaume de France,
- dans le domaine économique, les relations privilégiées avec l'Angleterre, notamment dans la vente du vin, sont fragilisées,
- dans le domaine culturel, Bordeaux et sa région participent aux évolutions de la Renaissance avec le développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la division du christianisme (importance des guerres de religion dans le sud-ouest de la France)
Cela explique l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les deux premiers siècles de la période moderne : en 1548, une grande révolte oppose les Bordelais au pouvoir royal.
À la suite de la jacquerie des pitauds, la population se révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied) et pour les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ et le château Trompette. Ils massacrent le gouverneur du roi Tristan de Moneins et vingt officiers des gabelles. Le roi Henri II ordonne au connétable Anne de Montmorency une répression exemplaire.
La cité de Bordeaux perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende et son parlement est suspendu. En ville, 140 personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements ont inspiré à Étienne de la Boétie son Discours de la servitude volontaire.
Quinze ans plus tard, Bordeaux est touchée par les guerres de religion.
En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion.

Les protestants ont été éliminés de Bordeaux, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique.
Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d’empêcher les tueries, mais le maire laisse faire, le bilan s'élève à 200 ou 300 morts.
En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.

Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée.
Ce n'est qu'en 1653, que Bordeaux est soumise par les armes et que le jeune Louis XIV y fait une entrée solennelle.
En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger à ses frais plusieurs régiments. Alors que la fonction de commissaire de police est supprimée après cette révolte, progressivement, une « police de proximité » se met en place, En effet, depuis le XVIème siècle à Bordeaux, les jurats ont créé la fonction de « dixainier », chargés de dénoncer au Jurat les contraventions aux ordonnances de police (« pour le nettoiement des rues, le port d'armes, et tardivement la déclaration des étrangers » à la ville).

Depuis une ordonnance royale du 5 mai 1674, les dixainiers doivent veiller à ce que les habitants et hôteliers déclarent bien au Jurat les étrangers qu'ils hébergent.

La Première Guerre mondiale.

Surnommée la Grande Guerre, c'est un conflit militaire majeur qui eut lieu de 1914 à 1918, surtout en Europe de l'ouest et en Europe orientale et balkanique.

C'est une guerre qui a concerné la plupart des pays de l'époque ( France et ses colonies, Royaume-Uni, Russie, Japon, Etats-Unis), et a mérité le nom de guerre mondiale. C'est aussi une guerre qui a engagé des soldats venant de l'ensemble de la population (la plupart des familles avaient un ou plusieurs membres qui y ont participé) et dans laquelle tous les efforts d'un pays étaient engagés : c'est une guerre totale.

Au bilan, il y a environ 10 millions de morts (presque exclusivement des civils), dont 1,4 million de Français et 1,8 million d'Allemands. Il y a aussi 21 millions de blessés (dont certains au visage, qu'on surnomme à l'époque les « gueules cassées »). En France et en Belgique, dans les régions où les combats se sont fixés pendant près de quatre ans, les dégâts matériels sont considérables. Le moral des populations est très touché. Les personnes qui ont subi cette guerre espèrent que c'est la « Der des Der ».

Les hommes de notre canton ont été, comme dans tout le pays, largement mobilisés et entrainés dans ce conflit qui les a conduits loin de leur région. Les morts ont été recensés, parfois avec des erreurs, mais on n’a guère parlé des blessés, des gazés, des infirmes, des traumatismes de toute sorte, ni de la désorganisation de la vie sociale et du rôle des femmes remplaçant leurs hommes...

Vous trouverez sur le site le recensement des morts de chaque commune et des faits racontés par les survivants.

Le bilan humain de la guerre.

Militaires : Tués: 9 750 000, dont : Allemagne 2 040 000 ; Russie 1 810 000 ; France 1 350 000 ; Autriche-Hongrie 1 100 000 ; Royaume-Uni 850 000 ; Empire ottoman 900 000 ; Italie 650 000 ; Serbie 450 000 ; Roumanie 250 000 ; États-Unis 120 000.

Total alliés : 5 700 000. Empires centraux : 4 020 000

Blessés : 21 250 000, dont : Russie 5 000 000 ; France 4 270 000 ; Allemagne 4 250 000 ; Autriche-Hongrie 3 600 000 ; Royaume-Uni 1 600 000 ; Italie 950 000 ; Empire ottoman 400 000 ; États-Unis 210 000 ; Bulgarie 152 000.

Civils : Tués: 8 800 000, dont : Empire ottoman 4 200 000, dont environ 1 500 000 Arméniens victimes du génocide turc ; Russie 1 500 000 ; Serbie 800 000 ; Italie 600 000 ; Autriche-Hongrie 460 000 ; Allemagne 420 000 ; France 300 000.

Extrait du dossier Sud-ouest, Hors-série octobre 2014.

La Seconde Guerre mondiale.

Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.). La Seconde Guerre mondiale, qui coûta la vie de plus de 40 millions de personnes, a duré six ans, du 1er septembre 1939, date de l'agression allemande contre la Pologne, au 2 septembre 1945, jour où le Japon capitula. Circonscrite à l'origine à l'Europe, elle devient véritablement mondiale avec l'entrée dans la guerre, en 1941, de l'URSS, du Japon et des États-Unis. Le nombre des belligérants, la nature et la puissance des moyens mis en œuvre, le caractère idéologique du conflit donneront plus d'ampleur encore à cet affrontement qu'à celui de 1914-1918. Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.).

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué notre territoire. C’est la première fois depuis fort longtemps qu’un occupant ennemi est venu écraser de sa puissance une terre pacifique et plutôt sans histoires.

Vous trouverez des articles concernant chaque commune, les monuments aux morts et des faits relatant cette période, qui par ailleurs a été longuement étudiée par Catherine Bret-Lépine et Henri Bret dans un ouvrage récent : Années sombres à Blanquefort et dans ses environs, Publications du G.A.H.BLE, 2009, 300 pages.

La guerre d’Algérie.  

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Présentation du Médoc.

Le Médoc est porteur d’une forte identité locale due notamment à son histoire ainsi qu’à ses multiples facettes.

* Localisation.

C'est une véritable presqu'île, délimitée à l’ouest par l’océan atlantique (environ 88 km de côte océanique) et à l'est par l’estuaire de la Gironde. Sa limite nord est naturellement délimitée par l’embouchure au niveau de laquelle la Gironde se jette dans l’océan Atlantique, entre Le Verdon et Royan. Par contre, sa limite sud est plus arbitraire : officiellement, le Médoc prend fin à la Jalle de Blanquefort, appelée aussi Jalle noire. Cette limite inférieure passe également par Le Porge et prend fin au niveau de la réserve naturelle des marais de Bruges.

* Origines du nom.

L’ancien nom du Médoc est Meduli litus. Deux grandes théories s’affrontent quant à l’origine de ce nom. L’une soutient la thèse de la traduction latine qui signifierait littéralement « entre deux bords » faisant ainsi référence à la situation géographique du Médoc pris entre les bords de l’Atlantique et ceux de la Gironde.

L’autre thèse, soutient que l’origine de ce nom viendrait du peuple gaulois, les Médulles ou Medulli, une tribu de montagnards, dont une branche aurait pris ses quartiers dans le Médoc au 1er âge du fer. « Meduli litus », donna pendant longtemps, le nom de méduliens/méduliennes aux habitants du Médoc. Transformé peu à peu en médoquin/ médoquine (en gascon médouquî, -ina), les habitants du Médoc portent désormais le nom (généralisé par homophonie) de médocains. Enfin, on note aussi comme origine probable, le nom latin « in medio aquae » qui signifie « au milieu des eaux ».

* Historique.

Le Médoc est une terre chargée d’histoire. Toutefois beaucoup d'hypothèses sont énoncées : en effet, peu de traces d’occupation d’un peuple préhistorique n’ont été retrouvée. Les hommes du Paléolitique (jusqu'à -7 500 ans) n’ont laissé que d’infimes traces de leur implantation en Médoc.
De part son climat et sont paysage, le Médoc offrait aux hommes préhistoriques un relief pauvre et plat, sans grottes ou autres abris. Ce n’est qu’après la période glaciaire, avec la modification du paysage médocain, le réchauffement des températures et la montée des eaux qui ont progressivement formés la presqu’île de Médoc, que les peuples trouvent en Médoc une terre d’accueil. Au début de l’âge du métal (appelé aussi protohistoire), le Médoc a révélé ses capacités et la richesse de son sol. Riche en gisements à l’âge du bronze (-1 800 à -725), le Médoc devient ainsi propice aux créations en tous genres (sculptures, etc.)

De nombreuses fouilles, notamment à Soulac, révèlent une forte activité liée au bronze avec entre autres la découverte du célèbre Sanglier de Soulac. La période de l’âge de fer (-725 jusqu'à -25) fût également une période importante dans le développement des terres méduliennes avec notamment l’installation du fameux peuple des Médulles (Medulli). Juste avant la romanisation, le Médoc épargné par la guerre des Gaules cohabite avec un peuple Celte : les Bituriges Vivisques (en latin : Bituriges Vivisci). Ce peuple celte occupait toute l’embouchure de la Gironde, Bordeaux (aciennement Burdigala, du latin « gala » = lieu gaulois et « burdi » = fer) était alors leur chef-lieu. Ces derniers ont fondé en Médoc la ville gallo-romaine de Noviomagus, dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui sur le site archéologique de Brion, à Saint-Germain-d’Esteuil. La romanisation fût profitable au Médoc. C’est lors de cette période que les romains ont introduit la viticulture, le commerce du vin était né ! Depuis ce temps là, le médoc s'illustre à travers le monde de part ses vignobles, des plus connus aux plus typiques...

* Paysages Médocains.

Le Médoc se présente sous différents visages. Trois grands types de paysages se partagent la presqu’île offrant ainsi de nombreux environnements aussi riches que contrastés.
- le Médoc viticole. Fort de son histoire, le Médoc est aujourd’hui l’un des vignobles les plus connus au monde.
Dans le prolongement du vignoble Bordelais on trouve sur les coteaux de la Gironde d’immenses surfaces viticoles qui font le charme et la renommée de la région.

- la Lande médoquine. Traditionnellement appelée « pinède », les forêts du Médoc s’étendent sur des hectares entiers essentiellement boisés de pins maritimes. Officiellement rattachés aux Landes de Gascogne, ces terrains étaient à l’origine pour la plupart impropres à toute culture et essentiellement marécageux. Le 19 juin 1857, une loi ordonne l'assainissement et la mise en culture des Landes de Gascogne. Cette loi impose aux communes des départements de la Gironde de boiser leurs terres. De cette loi découlera donc l’assèchement d’une grande partie des marais médocains créant ainsi une activité forestière d'autant plus en Médoc, qui exploitait déjà depuis très longtemps le pin maritime notamment pour sa résine.

- le littoral médocain. Autre visage, loin des vignobles, les plages du Médoc s’étendent sur près de 90 km de long baignées par l’océan Atlantique et constituent une grande partie de la côte d'Argent. Cette large bande de sable a permis, au cours de l’histoire, la création d’une dizaine de stations balnéaires plus ou moins anciennes qui révèlent toutes un visage unique. Grâce à sa situation géographique le littoral médocain offre de puissantes vagues propices à la pratique du surf, du bodyboard ainsi que de multiples autres sports nautiques. Le Médoc est aussi un des hauts lieux du naturisme notamment grâce au centre Hélio-marin de Montalivet, premier domaine de vacances naturistes familiales au monde et de son homologue le centre naturiste d'Euronat à Vensac.

Au-delà des plages, se présente au milieu des bois, de nombreux lacs et étangs qui hébergent une flore et une faune typique.

texte issu de http://www.guide-medoc.com/historique-medoc.html

Il existe aussi, sur la côte Atlantique, entre le vert de la nature, et le bleu de l’eau, un resort naturiste, La Jenny, avec toutes les infrastructures pour les vacances. 

Inventaire de différentes cartes consultables sur internet.

CARTE DE MASSE.

Echelle 1/28800. Début du 18ème siècle

Claude Masse (1652-1737) est un ingénieur géographe connu pour ses plans de fortifications et ses travaux en Charente. Après des relevés sur le terrain, effectués entre 1707et 1709, il a dessiné une carte de l'ensemble du Médoc à l’échelle de trois lignes pour 100 toises, soit 1/28 800. Il s’agit d’une carte en 13 feuilles, à l’échelle de « 3 lignes pour 100 toises » soit 1/28.000. C’est une carte manuscrite en couleurs, elle peut être consultée à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Lorsqu’il effectuait ses relevés sur le terrain, Masse notait sur des carnets toutes ses observations, y compris son jugement sur les peuplades locales aux mœurs plutôt rudes. Cette carte est digne d'intérêt car c'est la première carte à grande échelle de la région. Seuls, les reliefs importants sont figurés. Ce sont les lignes de coteaux bordant la Jalle et ses affluents, et d'autres moins évidentes sur le terrain. Si le dessin de la Jalle est très précis, celui des ruisseaux est souvent approximatif. Il n'y a aucune différence entre les chemins les plus importants et les autres, ce qui donne un réseau assez confus. Cette carte étant antérieure à la construction des routes de Tourny, elle montre les tracés des anciennes voies. Les bois, près et vignes sont parfois mentionnés. Les toponymes sont souvent approximatifs.

CARTE DE BELLEYME.

Echelle 1/43200. Seconde moitié du 18ème siècle.

Pierre de Belleyme (1747-1819) est un ingénieur géographe du roi Louis XV. En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province. L’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme qui laissera son nom à la carte. Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200ème à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié.

CARTE DE CASSINI.

Echelle 1/86400. Seconde moitié du 18ème siècle.  

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle fut dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au 18ème siècle. L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86400 (une toise vaut 864 lignes). Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement prit plus de cinquante ans. Les trois générations de Cassini se succédèrent pour achever ce travail.

ATLAS DE TRUDAINE.

Echelle 1/8600. Seconde moitié du 18ème siècle.

Les atlas dits « de Trudaine » furent élaborés au 18ème siècle, à l’instigation de l’intendant, Daniel-Charles Trudaine,  puis directeur des Ponts et Chaussées qui leur laissa son nom. Le but était de dresser une carte générale des routes royales de France. Les travaux de levé prirent quelque trente-cinq années, s’étalant de 1745 à 1780 environ. Chaque route royale fit l’objet d’un dessin précis, incluant en outre toutes les constructions existant sur une étendue de six lieues de part et d’autre de la chaussée : pont, moulin, ferme, grange, hameau, ville.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/80000.

Echelle : 1/80000. 1818-1875.

Cette carte succède à la  carte de Cassini. La carte d'État-major est une carte générale de la France réalisée, dans sa première version, entre 1818 et 1875. Pour la première fois, des mesures précises d’altitude sont effectuées. Même si la figuration rationnelle du relief reste la grande nouveauté par rapport à la  carte de Cassini, il n'en demeure pas moins que, malgré la présence de points côtés sur la carte, on ne peut donner l'altitude exacte d'un point quelconque du document final.

Elle doit son nom au fait qu’elle était destinée avant tout aux militaires ; la couverture des régions frontalières a été prioritaire, celle du Sud-ouest plus tardive.

CARTE D’ETAT-MAJOR au 1/50000.

Echelle : 1/50000. 1898.

À partir de 1898, la carte d’état-major est éditée à l’échelle 1/50000 qui en simplifie l’utilisation : 1 centimètre y représente 500 mètres. Dans ses premières éditions, le relief est toujours représenté par des hachures. Mais cette carte évolue : en 1900 elle est en couleurs, en 1922, le relief est figuré par des courbes de niveau qui permettent de déterminer l’altitude de chaque point.

CADASTRE NAPOLEONIEN.

Echelle 1/2500. 1808-1812.

Le cadastre est un système d'évaluation et de définition des propriétés foncières servant de base à l'assiette fiscale de l'impôt foncier et à sa juste répartition. Il indique, pour chaque commune du territoire, l'emplacement, la surface et la valeur de tout bien foncier. Il est instauré sous Napoléon 1er par la loi du 15 septembre 1807 mais sa mise en œuvre peut être plus tardive.

Le cadastre se compose de trois éléments : le plan parcellaire ou plan cadastral : - découpage de la commune en sections et en parcelles, - les états de section : répertoire des propriétaires, nature des sols (cultures), toponymie au moment de l'établissement du cadastre, - la matrice des propriétés bâties et/ou non bâties : enregistrement des modifications et des mutations relatives aux biens fonciers.

Les plans cadastraux "napoléoniens" de la Gironde, conservés aux Archives départementales, ont fait l'objet d'une numérisation intégrale et sont consultables sur internet.

« Vers un désastre climatique ? Du 17ème au 21ème siècle, l’histoire du climat montre que les soubresauts sociopolitiques sont liés à la courbe thermique ». Tel est le titre d’un article d’Emmanuel Le Roy Ladurie, paru dans le journal le Monde du 4 décembre 2011. Il pense avec l’historien américain Geoffrey Parker que « le réchauffement climatique d’aujourd’hui va s’accompagner en diverses régions de la planète, de guerres, de trouble sociaux graves… »

Cet auteur a étudié le petit âge glacière du 17ème siècle et plus précisément des années 1640 où se sont produits des accidents météo à répétition, entrainant famines, migrations et guerres civiles et étrangères dans le monde entier ; par exemple, en France l’accumulation du froid lors du siècle de Louis XIV de 1687 à 1701 a provoqué des famines, succédant aux millésimes ensoleillés de 1676 à 1686.

C’est en 1967 qu’Emmanuel Le Roy Ladurie ouvrit la voie à cette discipline nouvelle en publiant sa célèbre « Histoire du climat depuis l’an mil (Flammarion). Les canicules furent autrement plus meurtrières que celle de 2003 : en 1719, un été sec et brulant tue non pas 15 000, mais 450 000 personnes sur 22 millions de sujets de Louis XV, en plus de la mortalité d’année normale. Il s’agissait alors non pas de vieilles personnes, mais de bébés et d’enfants. L’histoire officielle n’en a jamais parlé de ce massacre des innocents ; les nappes phréatiques et les fleuves devenaient très bas, l’eau était infectée, on la buvait pourtant. D’autres dysenteries, nées de canicules du même genre, sont répertoriées en 1706 et 1747 et firent chaque fois 200 000 morts… Ce n’est pas le roi, ses maitresses et ses ministres qui ont comploté contre le peuple, c’est le résultat d’une météo défavorable au blé semé, puis poussé puis coupé. Le manque de farine s’explique par le déluge pluviométrique qui a anéanti les moissons. Parmi les mille « causses » de la révolution française figure la canicule de 1788 : récolte échaudée, pain hors de prix, émeutes contre les « affameurs du peuple »… d’après un article d’Emmanuel Le Roy Ladurie, paru dans le journal le Monde du 1 février 2006.

On peut encore citer la grande famine de 1693, extraordinaire catastrophe nationale préparée par des abats d’eau incessants et par une pluviométrie trop considérable dès l’été et l’automne 1692. Bilan de ces années diluviennes, famineuses et du coup épidémiques en 1693 : 1 300 000 morts supplémentaires sur une population de 20 millions de personnes… Des grands hivers, celui de 1709 reste le plus considérable qu’on ait eu en Europe depuis cinq cents ans. Il a déclenché la famine par destruction des blés en herbe en raison du gel, provoquant de la sorte par ricochets divers, 600 000 morts additionnels en France, morts un peu de froid, un peu plus souvent de faim, mais surtout à cause des épidémies collatérales, typhus, dysenterie, fièvres, etc. d’après un article d’Emmanuel Le Roy Ladurie, paru dans le journal le Monde du 25 octobre 2006.

L’étude de la mortalité corrobore cette étude climatologique et bien des généalogistes sont terriblement émus quand ils relèvent les nombreux décès d’enfants dans ces années-là…

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,
- l’économie.


« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

Comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques et des évolutions politiques dans lesquelles ils vivaient.

 

La toponymie.

L'onomastique girondine charrie des alluvions apportées par toutes les langues parlées sur notre sol depuis les lointains temps préhistoriques. Et le linguiste prudent reste bien souvent incapable de donner une interprétation sûre des noms de lieux les plus anciens. La plus riche série remontant à l'époque préceltique est constituée par les noms de lieux habités terminés par le suffixe « aquitain » -os, nombreux dans la moitié sud du département: Andernos, Auros, Bernos, Budos, Guillos, Insos, Lados, Mios, Saumos, etc. Les radicaux s'expliquent par des noms d'hommes d'après G. Rohlfs.

Les noms de rivières, pour la plupart très anciens, sont autant d'énigmes pour le chercheur. Tout au plus peut-on reconnaître la racine dur, qui signifie peut-être simplement « eau » ou « masse d'eau », dans Durèze, Dourdèze (comme dans Dordogne, Dronne et Dropt). La Barbane et la Barbouse semblent tirer leur nom d'une racine barb-, variante de borb- « bouillonnement d'eau ». Et la Leyre landaise pourrait être un homonyme de la grande Loire (Liger, nom contenant une racine de sens inconnu). Le nom de la colline de la Roque de Thau en Bourgeais s'explique sans doute par la base préindoeuropéenne taur « montagne ». Quant aux noms de villes venus de cette époque, ils sont encore plus obscurs à commencer par Bordeaux (attesté au 1er siècle av J.C. sous la forme Burdigala), dont l’étymologie n’a pas fini de faire couler de l’encre.

Cette couche préceltique a laissé quelques mots qui ont survécu dans le lexique dialectal et ont été producteurs de toponymes jusqu’à l’époque moderne : ainsi, artiga « défrichement », jauga « ajonc épineux », roc, roca « rocher », tap « talus », tuc, tuca, truc, cruca « butte », etc.

Parmi les formations celtiques, on peut citer Condat, du gaulois condate « confluent », ancien nom de Libourne conservé par un quartier de la ville. Une autre base étymologique est equoranda « limite d'eau », représentée par le nom de l'Engranne, rivière frontière entre les Bituriges Vivisques et les Vasates, et la Guirande, lieu-dit et gué sur un ruisseau à la frontière des Bituriges et des Santons. Dans Coutras (Corterate) on trouve le mot gaulois rate « rempart, forteresse ». Le mot gaulois ialo « clairière » a donné la terminaison -euil en français (-ulh en occitan) : Casseuil (avec cassanos « chêne »), Pineuilh (pinus « pin »), Verneuil (vernos « aulne »), Verteuil (radical obscur).

Bon nombre de mots gaulois sont restés en occitan et ont donné lieu à des formations bien postérieures : barta « broussailles », bruc, bruga « bruyère », brulh « bosquet », casse « chêne », clot « trou, mare », comba, coma « vallon », garena « bois », gorsa « haie, buisson », grava « gravier », landa « lande », nauda, nausa « marécage », rega « sillon », sesca « roseau aquatique », vèrn, vèrnhe « aulne », etc.

De formation latine, les noms des villas formés avec un nom de personne latin ou gaulois et les suffixes -anum > -an ou -acum > -ac constituent la majorité des noms de communes du département. On trouve ainsi Avensan (de Aventius + suff. -anum), Blaignan (de Blannius), Gaillan (Gallius), Léognan (Leonius), Le Taillan (Altilius). On rencontre parfois une forme plurielle -ans ou -as, du latin -anos : Mérignas s'explique par la locution Marinianos (agros) « les champs de Marinius ». La série en -ac est encore plus nombreuse : Aubiac (de Albius), Beychac (Bassius), Floirac (Florius), Juillac (Julius), Lussac (Lucius), Mérignac (Marinius), Pauillac (Paulius), Savignac (Sabinius). On a aussi le féminin -aca dans Flaujagues (Flaviaca villa « villa de Flavius »). Remontent aussi à la période gallo-romaine des noms comme Virelade < latin villa lata « domaine étendu », Castres < castra « camp (fortifié) », Cartelègue < quarta leuca (borne marquant la quatrième lieue sur la route partant de Blaye), Mazères, Madère < maceria « ruines », Croix d'Hins < fines « limite » (celle des Bituriges et des Boïens). Le ruisseau bordelais du Peugue < pelagus « mer » (parce que la marée y remonte). Les formations romanes ou occitanes constituent les gros bataillons de la micro toponymie qui s'est développée depuis un millénaire. Les toponymes se présentent tantôt sous une forme dialectale plus ou moins adaptée, tantôt carrément traduits en français (leur forme gasconne subsistant dans l'usage oral), ceci au hasard des caprices de ceux qui ont été amenés à les écrire : clercs, notaires et officiers seigneuriaux, royaux et républicains de toutes catégories. Ils concernent la nature ou les installations humaines :

Le relief : avec les nombreux toponymes formés sur Mont, Montagne, la Motte, etc. La forme locale de puy < latin podium est puch, dont les dérivés sont Pujols, le Pujeau, le Pouyau, la Pouyade, la Pujade. Labat signifie « la vallée », Bellebat « belle vallée ». La Coste, le Béchade désignent des versants ; la Combe, Conques et la Bache des vallons ou des bas-fonds.

La nature du sol : la Grave, le Grava, la Graveyre « terrain graveleux » ; Lardile, Argilas, l'Argileyre « terrain argileux », de même que Terrefort ; le Sabla, le Sablon, le Sablouney (nom de la grande dune du Pilat) « sable » ; la Peyre, Peyrous, la Peyrille « terrain pierreux » ; la Roque, Rouquey, la Rouquette, « rocher ».

Les eaux : sur le gascon aiga sont formés Layguebasse, Ayguemorte, Saint-Girons d'Aiguesvives, mais Goualade « eau large » et le ruisseau de la Gouaneyre « eau noire » remontent à une forme du gascon le plus archaïque agua ; le gascon riu « ruisseau » se trouve dans Larrieu, le Rivet, Riocaud, Larrivat ; d'autres cours d'eau sont nommés localement la Barade, la Craste, l'Estey, la Jale ; la Gourgue est un canal creusé de main d'homme, et la Clote une mare ; les étangs des landes mal drainées sont à l'origine de la Lagune, la Laguë, Lagunegrand ; les lieux marécageux s'appellent la Palu, Paludate, Bourideys, la Berle ; les sources ou fontaines sont représentées par la Font, Neuffons, Nauhons, la Hontane, Bellefond,

Fontcaude, les Ontines (pour les Hontines, ruisseau à Mérignac).

La végétation : l'Aubarède (saulaie), Laulan, Laulana (noisetier), Betouret (bouleau), la Brande, le Brana, Braneyre (grande bruyère), le Bruc, le Bruga (petite bruyère), la Brède (aubépine), Bemède, Bemada (aulnaie), le Carpe, Carpenet, le Carpia (charme), Casse, Cassevert, la Cassagne, Cassiet (chêne, chênaie), Castagney, Castanet (châtaignier), le Freyche (frêne), Geneste, Ginesta (genêt), le Huga, le Hougueyra (fougeraie), la Jaugue, l'Ayauga (ajonc épineux), le Nouguey, Nougarède (noyer), Omet, Loumède, Louloumet (ormeau), Poumey, Pomerol (pommier), la Sesque, Sesca (roseau des marais), etc. Les toponymes sylvestres sont le Bosc, le Bousquet, le Bouscat, la Garenne ; la Sauve, Seugues (du latin silva) ; le Breuil, la Barthe et le Luc ont été employés au Moyen Age ; Labatut est un bois abattu, un défrichement.

Les cultures : l'Artigue, l'Artigau, le Treytin rappellent les grands défrichements médiévaux ; Camps, Campgrand se rapportent à des champs, et le Prat, la Prade, Pradères à des prés ; la Courrège est un champ de forme allongée, et la Vigne, le Vignau, la Vignolle, la Vignasse, le Plantey sont des toponymes viticoles.

Les établissements industriels : Mouliets, le Mouliot sont de petits moulins (à eau ou à vent), mais la Mole, la Mouline ne désignent que des moulins à eau ; la Moulinasse est un moulin en ruines et le Moulia l'emplacement d'un moulin ; le Batan était le moulin à fouler les draps ; la Fargue, la Hargue, la Herreyre rappellent d'anciennes forges ou des lieux d'extraction du minerai de fer ; à la Teouleyre on cuisait les tuiles, et à la Carbouneyre le charbon de bois.

Les voies : la Caussade et la Vie peuvent garder le souvenir de voies romaines ; la Caminasse, la Caminade, la Caminotte, le Biot ne sont que des chemins ou des sentiers ; le Cayrehourc, la Hourcade, le Canton sont les noms des embranchements de routes ; on trouve au bord des ruisseaux la Palanque, le Pontet, la Pontrique « passerelle », sinon le Ga ou le Pas « gué » ; le Port, Portets « ports de rivière ».

Les habitations : Loustau, Loustauvieil, Loustauneau « la maison (vieille, neuve) » ; la ferme ou la métairie a été désignée autrefois par des noms comme la Borde, la Borie, le Mayne, peu usités aujourd'hui, de même que casau (« jardin » en gascon moderne) ; la Salle « manoir » ; Castets « châteaux », et le Castéra « emplacement d'un château » ; le Courtiou, le Parc, la Pargade sont des bergeries.

Les établissements religieux : la Gleyse, Gleysevieille rappellent des églises disparues ; la Capère, la Capelle « chapelle » : le Priourat, le Priolat « le prieuré ».

Texte extrait de Gironde, Encyclopédie Bonneton, 2002, Bénédicte Boyrie-Fénié, p.169-177.

La voirie désigne à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier : routes, chemins, rues, etc.) et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 x 2 voies, etc.).

Transporter, quoi et comment ?

Le transport, nom masculin,        du  latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre le plus souvent via des véhicules et des voies de communications (la route, le canal, la voie ferrée…)

On peut entendre aussi ce qui

- conduit (oléoducs, gazoducs, câbles électrique),

- transmet (les courants forts ou les courants faibles tels que les signaux, messages, informations...),

- fournit et approvisionne (gaz, électricité, eau, pétroles...)

Les voies de communication font partie des infrastructures et réseaux de transport, comme les ouvrages d'art (ponts, tunnels...) et les bâtiments (gares, parkings...) associés.

Le mode le plus ancien de transport es le transport à dos d'homme, limité par le poids ou l'encombrement des objets ou personnes à transporter, et source de diverses pathologies quand les charges sont trop lourdes.  Les bovins ont été parmi les premiers animaux domestiqués pour la traction et le transport de charges plus ou moins lourdes (en attelage), nécessitant souvent l'entretien de réseaux de chemins éventuellement drainés, damés et empierrés.

Le transport routier, encore en plein développement dans une grande partie du monde, est parmi les plus utilisés, mais source de pollution routière, d'intenses émissions de gaz à effet de serre, de fragmentation des paysages et milieux, d'accidents et confronté à ses limites (engorgements, empreinte écologique, périurbanisation...)

Le réseau routier de transport automobile est barré par les  fleuves et petits bras de mer qui peuvent être traversés par de ponts (grands ou petits), des tunnels, des bacs ou des ferrys.

Le transport maritime (plus de 80 % du transport de marchandises dans le monde) et fluvial permettent en exploitant le principe d'Archimède de transporter des masses plus importantes en consommant moins d'énergie.

Le transport ferroviaire, apparu plus récemment, et de plus en plus rapide, est un autre mode de transport en commun ou de marchandises. Il est réputé avoir une faible empreinte écologique, et contribué moins que les routes au morcellement écopaysager, sauf dans le cas des lignes TGV clôturées qui ne peuvent être traversées par les animaux. Les trains de marchandises, plus lourds et plus lents, voyagent préférentiellement de nuit. Ils sont un des éléments d'une chaine logistique multimodale plus large.

Le transport aérien est un mode de transport en très forte croissance depuis la seconde moitié du 20ème siècle, mais dont les impacts écologiques et climatiques sont importants.

Par assimilation, des actions de déplacements et de conduction ont été dénommées « transports », comme le transport d'électricité (qui s'effectue sur des réseaux de câbles électriques), de gaz, de pétrole, au travers de conduites, les pipelines qui  transportent rapidement de grandes quantités de liquides et de gaz.

Les transports sont un des facteurs de globalisation et de mondialisation, qui affecte l'environnement global et local, de jour comme de nuit, avec la pollution lumineuse et les collisions accidentelles avec la faune.

Les transports motorisés ont entrainé le développement d'une ingénierie urbaine, logistique et routière de plus en plus complexe. Le transport motorisé est par ailleurs une des sources majeures de pollution, avec par exemple en France 30 % environ des émissions de gaz à effet de serre. Les embouteillages, ainsi que la perte de temps et la pollution qu'ils génèrent, font parties des conséquences de la généralisation et densification du transport routier au XXème siècle.

Les transports en commun et en particulier le covoiturage peuvent diminuer les embouteillages, l'emprise urbaine et la pollution, tout en améliorant la sécurité. Le bus, éventuellement alimenté en agrocarburant, gaz naturel, hydrogène, électricité, est après le train, le mode de transport le plus économe en énergie et en infrastructures routières (par passager transporté).

 En ce qui concerne le « transport » d'informations et les télécommunications, il vaut mieux utiliser le mot « transmettre ».

La première ressource de la commune, c’est sa terre que les hommes cultivent depuis des siècles, les céréales, les prairies où l’on élève vaches et chevaux, la vigne aussi, les jardins pour les légumes, les marais… Nous regarderons les artisans et commerçants, mais aujourd’hui, l’industrie contemporaine a donné un tout autre aspect à la commune.

Le Médoc intime d’un enfant du pays.

Christian Coulon présente son livre « Médoc, les valeurs du lieu et autres textes » dans une rencontre animée par Jean-Jacques Fénié, agrégé de géographie, jeudi soir à la médiathèque municipale. « Le Médoc est pour moi cet univers intérieur et intime d'où je pars pour aller ailleurs, et où je reviens enrichi par cet ailleurs ». Dans son dernier ouvrage, le Blanquefortais Christian Coulon, professeur émérite de sciences politiques, spécialiste de l'Islam en Afrique, évoque, sous forme de chroniques mêlant le présent et le passé, le pays qui l'a vu naître. L'auteur de « Médoc, les valeurs du lieu et autres textes », ne cache pas son « empathie » avec ce territoire qui lui est cher. Mais son expérience d'universitaire, parti dans sa jeunesse étudier aux États-Unis, l'incite à garder ses distances. « Tout au long de cet essai, je m'attache à repérer les sites, les personnages, les expériences, les écrits qui sont autant de témoignages de cette dynamique de notre culture locale » écrit en préambule Christian Coulon. Il tient, toutefois, à souligner qu'il ne fait pas du Médoc « un paradis ». Sans chauvinisme et loin des clichés, il est conscient qu'une forte identité locale peut aussi conduire à une forme d'enfermement. « Je sais bien, pour parler comme Claude Lévi-Strauss, que l'humanité ne cesse pas aux frontières de ma tribu et que la diversité est la plus grande richesse de notre planète » prévient-il.

Né à Lamarque, où il possède toujours une maison, Christian Coulon, 72 ans, est en effet intarissable lorsqu'il est question du Médoc. Il revient avec plaisir sur son enfance. Fils d'un couple de charcutiers, cet universitaire à la retraite, aime à évoquer ses grands-parents maternels, gemmeurs à Carcans. On comprend mieux alors son attachement à ce pays et aussi à la langue occitane qu'il parle depuis toujours. En fait, cette promenade littéraire en pays de Médoc est l'occasion d'une galerie de portraits, de Pey Berland à Stéphane Lull, entrepreneur de Gaillan, spécialisé dans les matériaux composites. Au fil des pages, on voyage entre le Médoc océanique et le Médoc des vins. Entre le sud, qui se développe le nord plus traditionnel, pays « solitaire et sauvage » pour reprendre, avec l'auteur, les mots de La Boétie.

Christian Coulon consacre un chapitre à Blanquefort, son positionnement charnière entre la Communauté urbaine et le reste de « l'enclave médocaine ». « Entre Ford et le vignoble, Blanquefort m'apparaît comme le lieu d'invention d'une nouvelle vision de la cité » écrit-il, tout en soulignant que cette ville est aussi « médoquine de par son appartenance au Haut-Médoc étant la première commune au sud de cette appellation ». « Je m'obstine à penser que le Médoc constitue un terrain d'observation particulièrement riche et pertinent pour comprendre cette France périphérique dont il est beaucoup question ces temps-ci ».

Article du journal Sud-ouest du 23 septembre 2014, Christine Morice.

Le patrimoine du canton est particulièrement riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs.

Nous présenterons successivement :

- les châteaux et belles demeures

- les maisons basses

- les moulins, lavoirs, puits…

- l’église et le cimetière figurent dans la rubrique : vie religieuse.

- les écoles dans la rubrique : population.

Qu'est-ce qu'un monument historique ?

Les édifices désignés comme monuments historiques sont les « immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public » (loi du 31 décembre 1913).
Il existe deux niveaux de protection :
- le classement comme monument historique qui est le plus haut niveau de protection,
- l’inscription simple au titre des monuments historiques (autrefois appelée « inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques »).

Le classement d’un bâtiment aux monuments historiques concerne l’extérieur de l’édifice, l’intérieur et ses abords. La loi impose le droit de regard sur toute intervention envisagée à l’intérieur d’un périmètre de protection de 500 mètres de rayon autour des édifices protégés. Le classement peut s’appliquer à des monuments, mais aussi à des jardins et à des objets mobiliers présentant un intérêt historique : orgues, cloches, armes, tableaux…
Un immeuble classé ne peut être détruit ou déplacé même en partie, ni être l’objet d’un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque si le Ministère des Affaires Culturelles n’a pas donné son consentement. C’est un régime d’autorisation. Le classement ne vise pas à geler un site ou un édifice dans un état donné, mais à contrôler son évolution pour préserver son caractère et son intégralité.

Pour plus d'information consulter le site du ministère de la culture : http://www.culture.fr/Ressources/Moteur-Collections/Autres-focus/Institutionnel/Les-100-ans-de-la-loi-relative-aux-monuments-historiques

Le canton vu du ciel.

« Plein ciel sur le Médoc », ce très beau livre nous fait découvrir le Médoc vu du ciel avec une présentation ciblée du patrimoine ; les photos ont été prises par Michel Berger et les textes sont de Sophie Boisseau.

canton-vu-du-ciel

 

Ce livre montre les principaux monuments de nombreuses communes du Médoc photographiés depuis un hélicoptère ou un ULM, en 2003 et 2007-2008.

Nous avons sélectionné les communes qui concernent notre site, et nous remercions chaleureusement les auteurs qui nous ont donné leur accord pour cette reproduction.

Plein ciel sur le Médoc, photos de Michel Berger, et textes de Sophie Boisseau, Berger M Editions, 2008, 352 pages.

Vous pouvez consulter pour chacune des communes suivantes dans Patrimoine / vu du ciel : Blanquefort, Eysines, le Pian-Médoc, le Taillan-Médoc, Ludon-Médoc, Macau, Parempuyre et Saint-Aubin.

 

Le nouveau PLU 3.1 de la Métropole de Bordeaux.

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Communauté Urbaine de Bordeaux (La Cub) avait succédé au Plan d’Occupation des Sols (POS) en juillet 2006. De réglementaire le document d’urbanisme est devenu stratégique. Depuis, le PLU a fait l’objet d’évolutions dans le cadre de procédures de modification et de révision simplifiées. Cette procédure doit tenir compte à la fois du contexte local (notamment révision du SCOT en cours) et des récentes évolutions législatives. Ainsi le PLU de la Cub doit intégrer le PLH (Programme Local de l’Habitat) et le PDU (Plan des Déplacements Urbains) et deviendra le PLU 3.1. La décision d’engager une révision générale du PLU a été adoptée par le Conseil de Communauté le 24 septembre 2010 et le 15 novembre 2010 : lancement de la première révision du PLU 3.1.

Les communes de notre secteur d’études concernées par ce PLU font partie de la Métropole de Bordeaux. C’est de cette volumineuse étude que sont tirés les articles suivants qui seront référencés « PLU 3.1 en 2015. »

Un article par type de protections patrimoniales citées au PLU 3.1 :

  • bâties des châteaux 
  • bâties des maisons bourgeoises  
  • bâties des échoppes et maisons  
  • bâties des édifices religieux 
  • bâties des édifices agricoles  
  • bâties et/ou paysagères des moulins à eau  
  • bâties et/ou paysagères des lavoirs 
  • des arbres isolés 
  • et les continuités paysagères

Ce canton possède un patrimoine important de châteaux et de belles demeures et les habitants ont la chance de pouvoir en visiter la plupart. Certains sont menacés par l’usure du temps et demandent un sérieux effort de sauvegarde.

Nous vous proposons de les découvrir dans leur grande variété , mais tout d’abord précisons les termes employés à leur sujet.

Bourdieu : Un bourdieu dans la région – bordiu en gascon - est connu dès le 13ème siècle pour désigner un bâtiment associé à une fonction viticole. On peut le rapprocher des maisons de campagne construites au 17ème siècle en pays bordelais : « long corps de logis composé d’un pavillon central à trois niveaux flanqué de deux ailes à étages dont les parties extrêmes, marquées par ces chaînes à bossage saillant, étaient elles-mêmes en ressaut sur les deux façades. Le décor, plus récent, devait être réalisé en pierres de taille plaquées sur une partie des murs plus anciens en mœllons, le reste étant recouvert d’un enduit blanc à la chaux… Les pièces en haut comme en bas étaient très grandes, pas de chauffage mais de très grandes cheminées. La propriété était entourée d’un grand terrain où poussaient de nombreux arbres, cerisiers, noyers, gros chênes et un gros magnolia… » (Alain Tridant, Château Dillon, Publications du GA.H.BLE, 1998, p. 39).

Chalet : mot de Suisse romande, de cala abri.
De la cabane d’alpage en pierre sèche ou en bois où l’on fait des fromages, on passe à une habitation alpine trapue, à galeries et toit débordant, puis à une villa ou habitation de même silhouette en matériaux rustiques, souvent à balcons et lambrequins, ornement en bois ou en métal, bordant un auvent en bois découpé (Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, 1982).

Chartreuse : d’un couvent de chartreux, on est passé au sens un peu vieilli d’une petite maison de campagne isolée, mais aussi localement une maison de style classique en pierre blonde de Gironde, typique du bordelais ( Grand dictionnaire encyclopédique Larousse 1982).
« Une chartreuse en région bordelaise est une maison de campagne « bâtie par des aristocrates à l’écart des bruits de la ville » (Albert Rêche, Bordeaux et ses vignobles, Beautés de la France n° 72, Larousse, 14 mars 1977), parallèlement au développement de la culture de la vigne, à partir de la fin du 17ème siècle. Elles sont en général sans étage et ouvrent sur une terrasse et un jardin ; leur pavillon central est marqué par un léger ressaut avec un fronton en façade » (Alain Tridant, Château Dillon, Publications du GA.H.BLE, 1998, p. 49).

Château : du latin castellum forteresse, diminutif de castrum camp.
C’est au départ une habitation seigneuriale ou royale (au sens de palais), une demeure féodale fortifiée, défendue par un fossé, des murailles et des tours (au sens de château-fort), puis une grande et belle maison de plaisance à la campagne. Dans le Bordelais, suivi d’un nom propre et avec majuscule, ce mot désigne une maison même modeste et ses vignes attenantes qui produisent un grand cru de vin. (Grand dictionnaire encyclopédique Larousse 1982).
« Un château désigne dans le Bordelais toute propriété dont l’exploitation viticole dispose d’une installation de vinification autonome et d’un territoire parfaitement cadastré ; petit à petit, le terme a été identifié et s’est substitué à celui de cru (du verbe croître) ; le mot était déjà utilisé au milieu du 14ème siècle et désigne la production viticole proprement dite - et par extension le terroir – du domaine concerné. De ce fait, la propriété peut très bien ne pas être dotée d’un château de pierre, au sens architectural du terme, et se contenter d’une simple demeure rurale, voire ne comprendre aucune construction. Il y a aujourd’hui 5 000 « châteaux » dans l’aire bordelaise d’appellation contrôlée » (Alain Tridant, Château Dillon, Publications du GA.H.BLE 1998, p. 49).

Clos : latin médiéval clausum espace clos. Parcelle cultivée et fermée de murs ou de haies, près des maisons. Se dit notamment en parlant d’une vigne. Par extension, demeure entourée de clôtures. Un lieu-dit de la commune de Blanquefort, proche de l’église, porte ce nom.

Demeure : maison généralement belle ou importante.

Domaine : terre possédée par un propriétaire, un domaine vinicole peut désigner un château ou un clos.

Pavillon : petite maison dans un parc ou un jardin.

Villa : du latin villa = maison de campagne.
Le sens le plus connu est sans doute celui de maison de plaisance située dans un lieu de villégiature, mais on l’emploie aussi dans le sens d’une maison individuelle située en banlieue, en général plus luxueuse qu’un pavillon. Dans l’antiquité romaine, c’est un domaine rural ou une riche demeure de villégiature (Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, 1982).

Henri Bret.

Au cours du 19ème siècle, les riches Bordelais, propriétaires de domaines aux environs de Bordeaux, rivalisaient entre eux. Ils avaient des vignes qui leur rapportaient de bons revenus, ils vivaient l’été dans leurs « résidences secondaires » et cherchaient par l’originalité de leurs aménagements à marquer les esprits de leurs visiteurs.

Parmi ces marqueurs sociaux, on retrouve la grandeur et la beauté de la demeure, la majesté du portail, le vivier si un cours d’eau est proche, parfois une vacherie, une serre, un jardin et sans doute le plus impressionnant un parc constitué d’essences rares et exotiques.

Texte d'Henri Bret.

Les musées et les collectionneurs de nos communes.

Des hommes et des femmes passionnés par tel ou tel aspect de notre histoire et de notre environnement ont créé des structures pour abriter des collections des objets de notre passé aussi bien que du présent.

En voici un premier répertoire que nous vous invitons à compléter

Blanquefort : un musée du vin 

Eysines : un collectionneur de matériel agricole ancien , un collectionneur de plaques de verre, un collectionneur de postes de radio , l'écomusée du maraîchage et le centre d'art Contemporain au château Lescombes 

Le Taillan-Médoc : un collectionneur d'appareils photo 

Parempuyre :le musée militaire Léopold Michel Montoya, une collectionneuse d’étiquettes de vins 

Saint-Médard-en-jalles : une collection de machines à vapeur

En 1778, dans l'arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la Corderie Royale, l'hermione était mise en chantier.

Navire de plus de 65 mètres de longueur hors tout, doté d'une voilure de 1500 m2 répartie sur trois mâts, l'Hermione fut construite sur les plans de l'ingénieur Chevillard Aîné.

Elle faisait partie, avec la Courageuse, la Concorde, et la Fée d'une série de quatre frégates mises en chantier à Rochefort.

Appartenant à la catégorie des frégates dîtes légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l'Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d'où son nom de "frégate de 12".

Longue de 44,20 m, large de plus de 11m, la frégate nécessita 11 mois de travail pour des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, vloueurs, calfats, ...., bagnards, ... pour un total de plus de 35 000 journées de travail.

Dans cette rubrique, vous trouverez les caractéristiques de l’organisation de la vie de la commune, les personnalités qui l’ont marqué, la langue et la démographie…

La langue parlée durant plusieurs siècles a été une langue gasconne.

Cette langue que certains de nos concitoyens réapprennent à parler aujourd’hui a fortement marqué les relations familiales et humaines et même le territoire puisqu’aujourd’hui un bon nombre de toponymes sont nettement d’origine gasconne. Cette langue est caractérisée entre autres par son vocabulaire, ses tournures et originalités grammaticales, elle a en particulier fleuri dans les chaffres locaux, elle a son accent, sa verdeur, son humour (ah ! les histoires gasconnes !). Aujourd’hui, encore, elle divise les habitants dans la façon de prononcer plusieurs lieux-dits.

C'est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit, de la morale, de la vertu ou autres sources prescriptives de comportements. Quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste apparaît pouvoir varier en fonction de facteurs culturels. La justice est un idéal souvent jugé fondamentalement pour la vie sociale et la civilisation. En tant qu’institution, sans lien nécessaire avec la notion, elle est jugée fondamentale pour faire respecter les lois de l’autorité en place, légitime ou pas. La justice est censée punir quiconque ne respectant pas une loi au sein de sa société avec une sanction ayant pour but de lui apprendre la loi et parfois de contribuer à la réparation des torts faits à autrui, au patrimoine privé ou commun ou à l'environnement.

Texte extrait de wikipedia