La chasse aux criquets en août 1946.

Après plusieurs années torrides, un vent du Sud avait amené des criquets qui se sont reproduits par millions, oui par millions, ils mangeaient toutes les récoltes sur leur passage.
Toute la région avait été envahie par un vol, c'était impressionnant ! Le soir, les criquets cherchaient à se poser, tout Blanquefort était dehors avec des casseroles, des bassines pour faire du bruit et empêcher les criquets de s'arrêter. L'armée est finalement intervenue avec des sulfateuses à vigne pendant plusieurs semaines. Les criquets sont allés se reproduire dans les landes. Il a fallu deux ans avant d'en être débarrassés.
Extraits du livre d’un prisonnier de guerre allemand du camp 1102 Rennais à Hourtin en Gironde : « Errinnern ohne Groll » de Horst Fusshöller (Sans ressentiment) Témoignage de Horst Fusshöller - Rheinallee 50 - D. 56154  Boppard. Invasion de criquets 1946.
Poème.
Je suis un criquet aux pattes et aux dents longues qui eut un jour envie de voyager loin, loin...
Je voletais de-ci de-là parmi mes compagnons pour savoir ce qui se tramait au sein de cette tribu effervescente, j'appris qu'une grande expédition se préparait, nous allions traverser des pays, des mers, nous retrouver en France, en Médoc plus précisément. C'était en l'an 1946 de notre ère, date mémorable, même pour une petite tête de criquet. Nous étions des milliers et des milliers volant en rangs serrés, bourdonnant comme des bombardiers, assombrissant le ciel, nous étions les envahisseurs, c'était grandiose ! Tout en bas, des gens gesticulaient, criaient, faisaient du tam-tam avec des casseroles, jouaient du clairon. Les militaires tiraient en l'air, une vraie fantasia ! Quelle fête ! L’accueil nous plut, nous décidâmes de faire halte, nous étions affamés, le festin était avancé, nos mandibules en action, nous avons fait table rase (surtout du mais), sans laisser de miettes ! Les gens d’en bas n’ont pas compris, nous ont traités de « Huns », ont commencé à nous pourchasser à coup de pelles, de pioches, de sulfateuses(en Médoc, c'est normal) ; bleus de peur nous sommes devenus ! Ça suffit !... Nous avons décidé de tirer nos ailes ailleurs, mais foi de pèlerin criquet je me rappellerai cette région ! Après tout, ces gens du bas de quoi se plaignaient-ils, nous n'aimions pas la vigne. Sans quoi !... . Signé : Mijo.
Le petit Blanquefortais illustré, supplément d'actualité de l'exposition : La mémoire de Blanquefort. 1ère année, n°1, octobre 1994.

Au conseil municipal : lors de la séance du 30 août 1946, il est noté que dans le cadre de la lutte contre les criquets… du pétrole a été acheté pour les lance-flammes aux établissements Bayard à Blanquefort et Paillasse à Caychac… Remerciements aux officiers commandant le camp du Tanaïs et les militaires de ce camp pour l’aide apportée…
Extraits du registre du conseil municipal du 11 septembre 1932 au 27 novembre 1948, séance du 30 août 1946 : n°784.