L’eau dans la commune.

 

L’eau est très présente dans la commune de Blanquefort, mais paradoxalement au 20e siècle, son importance avait beaucoup diminué ; bien que la commune soit longée par la Garonne à l’est et par la Jalle au sud, et soit composée en bonne partie de marais, zones asséchées à partir du 17e siècle par des Hollandais mais encore inondables, bien qu’une carrière d'extraction de graves y soit installée et y ait creusé le second plus vaste plan d'eau de la banlieue bordelaise, les habitants ont tourné le dos à cette eau omniprésente et se sont cantonnés au coteau, sans doute plus salubre, plus cultivable, porteur de terres favorables à la vigne. Ce n’est au fond qu’au 21e siècle que seront remis en valeur :

  • les bords de Garonne pour une extension du port de Bordeaux, plusieurs fois tentée en vain, mais aussi la vallée de la jalle, terre maraichère à nouveau et parallèlement zone de tourisme vert et de promenade
  • et à l’avenir les anciennes gravières reconverties en lieux touristiques et naturels.

Seuls, les ruisseaux et fossés souffrent de l’urbanisation et sont souvent calibrés, enterrés, pollués, encore qu’un plan de sauvegarde soit affecté à certains dans les années à venir.

 

Origine des eaux de la commune.

La commune de Blanquefort dépend du service de l'eau de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Les eaux distribuées sur la commune sont exclusivement d'origine souterraine. Elles proviennent des forages profonds minéralisés de Linas, Tremblay-Snecma, Écureuil et Landot situés sur la commune. Les eaux des forages de Linas et Tremblay–Snecma sont mélangées avec des eaux de sources et de captages souterrains prélevées au niveau de la station de refoulement de Cantinolle à Eysines. Seul, le forage de Landot utilisé en secours n’a pas fait l’objet de travaux de dilution, cette ressource n’a pas été utilisée durant l’année 2011. Ces eaux suivent pour la plupart un traitement simple de déferrisation et de chloration.

Information issue du site qui traite de la qualité des eaux destinées à la consommation humaine et dresse le bilan 2011 de la délégation territoriale de la Gironde : Pôle Santé Environnementale.

 

La jalle de Blanquefort : était-elle navigable ?

Procès-verbal sur l’état des marais de Blanquefort fait le 6 décembre 1810 par l’adjoint au maire de Blanquefort pour rechercher les causes de l’inondation des marais de Blanquefort.

Extrait : « Tout le monde est d’accord que depuis vingt ans les landes fournissent beaucoup plus d’eau parce qu’on les a cultivées et qu’on les a saignées, c’est cependant depuis cette époque que la Jalle Torte a été obturée par des portes à demeure tandis qu’elle était avant navigable pour des bateaux de la Garonne. Jean Jaquet ici présent a déclaré avoir navigué sur cette Jalle Torte pendant 18 ans avec des gabarres de 12 à 15 tonneaux. La commune de Bordeaux n’a fixé les portes à demeure que durant les troubles de la Révolution. Elle veut pourtant s’autoriser d’un contrat passé avec M. de Duras, pouvait-il stipuler pour une chose qui ne lui appartenait pas et était-il maître de régler le cours d’une rivière ? »

Il est ainsi établi que la Jalle était navigable, sans doute jusqu’à Canteret.

Texte de Michel Baron.

Les jeunes de la commune de Blanquefort se baignaient dans la Jalle jusque dans les années 1960, mais l’épidémie de poliomyélite a définitivement stoppé ces barbotages.

 

Crues de la Jalle.

Crue relatée dans le journal La Petite Gironde du 6 Mars 1923 :

"Depuis samedi soir, vers 19 heures, le marais de Blanquefort est la proie des eaux. A la faveur de la nuit, tranquillement la Jalle déborda sur presque toute la longueur de ses digues .... Au petit jour, dimanche le pays était inondé, depuis le vieux château jusqu'aux confins de Bruges, Parempuyre et Grattequina. Les abords du restaurant de l'Isle sont particulièrement menacés. L'eau envahit canaux, fossés, jardins potagers, buissons : la route de Labarde est coupée sur une centaine de métres.

Mais grâce à l'initiative prompte et à l'inlassable activité de M. Tabarni, agent voyer cantonal, que secondent avec beaucoup de dévouement une équipe de volontaires, les digues sont progressivement reprises et surélevées, les trous comblés. Les flots combattus.... Car la grande marée du mois n'a pas été étrangère à cet afflux considérable, tel qu'on n'en avait pas vu depuis 1854 et 1884. 

Lundi matin, lorsque nous nous sommes transportés sur les lieux, nous y rencontrons M. Arnault, préfet de la Gironde, M. Miqueau, le sympathique et zélé maire du Taillan, conseiller général, M. Pastureau, adjoint au maire de Blanquefort (ce dernier étant souffrant), et M. Floranceau, garde champêtre. Ils sont occupés à enqueter sur la situation et à donner le réconfort aux sinistrés.

Ceux-ci se trouvent sur la rive gauche de la route de Labarde, en face du restaurant de l'Isle. D'abord la ferme Licard, ceux-ci hors de danger bien qu'entourés aux 3/4 par les eaux. Tout à côté, la ferme des Anges, un vieillard et sa femme, les époux Lavigne délogés de leur intérieur, au bord du chemin. PLus loin la ferme Masset nage au milieu d'un grand lac, abandonnée. Les fermes Rouillard et Dubourdieu, l'une et l'autre encerclées, les habitants achèvent de mettre mobilier et fourrages en sécurité.  Avec la décroissance des marées et le beau temps, il faut espérer que tout rentrera dans bientôt dans l'ordre." 

Heureusement les inondations régulières dans le bassin de la Jalle se raréfient : des sources moins abondantes, un maillage de bassins de retenue, un pompage maraicher important. Mais parfois, la nature reprend le dessus : ainsi la crue de février 2016 rappelle de vieux souvenirs.

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