La chartreuse de Cholet

La Chartreuse est située rue Jules Moreau à Blanquefort, qui deviendra rue du maréchal Leclerc après la 2e guerre mondiale. 

Le nom ancien de ce lieu-dit était le Bourdieu de Boutiron ou Bothiron.

Ce domaine était composé d’une chartreuse du XVIIIe siècle, d’un parc, de terres en vignes ou prés ; un ruisseau « rieu d’escape » traverse le parc dans lequel une pièce d’eau servant de vivier au domaine a été aménagée. Le nom de Cholet vient du propriétaire de cette époque, Alexis de Cholet. La date de 1714 est gravée sur une pierre du mur d’enclos.

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Le domaine de Cholet produisait un vin rouge corsé de très bonne qualité sur le plateau au midi. Les vignes étaient alors traitées « à la façon médoquine » : plants serrés très bas entre 20 et 45 centimètres de hauteur, afin que les grappes de raisin puissent pleinement profiter, la nuit, de la chaleur accumulée par les galets du sol pendant la journée) labourés à la charrue et renouvelés chaque année par dixième ; elles produisaient des crus classés bourgeois.

Source : Alain Tridant. Château Dillon, Publication du GA.H.BLE 1998, page 40.

1940 : comme beaucoup de châtelains, Mme Veuve Poissant, propriétaire de Cholet et des terrains de Cimbats, habitait Bordeaux, rue Fondaudège. Elle va subir l’occupation de son domaine par les Allemands. Du 1er mai 1940 au 24 août 1940, le grand cuvier de 500 m2 est réquisitionné pour entreposer les meubles destinés aux réfugiés ; ensuite les troupes d’occupation prendront possession de tout le domaine. Durant l’été 1940, la mairie de Blanquefort doit prévoir l’installation de 72 couchettes. L’état des lieux dressé à la prise de possession de la formation allemande indique que des bâtiments annexes manquent d’entretien : couverture en très mauvais état, charpente effondrée en plusieurs endroits…

Les archives municipales de Blanquefort conservent un plan réalisé qui indique les différentes affectations données par les allemands aux bâtiments réquisitionnés.

Des travaux d’urgence vont être programmés pour une remise en l’état en particulier du local appelé « magasin ». Puis des aménagements spécifiques seront réalisés à la demande des troupes occupantes. Dans le château, les allemands demandent l’installation de lumières supplémentaires, l’aménagement de deux chambres d’officiers et de soixante quatre couchages pour la troupe.

Dans les dépendances, il faut transformer le cuvier en atelier de réparation ; ailleurs, creuser une fosse pour la réparation des voitures, installer de l’éclairage dans le chai, construire un baraque sanitaire pour quarante hommes, installer des lavabos en nombre, des cuvettes de toilette…, sécuriser et poser une grande porte dans le chemin pour permettre aux camions de passer. Le montant de ces travaux se montera à 792 999 frs.

Source : Catherine Bret-Lépine et Henri Bret, Années sombres à Blanquefort et dans ses environs 1939-1945, Publications du G.A.H.BLE, 2009, p.216.

1979 : Mademoiselle Anne Alexandrine Poissant, fille de Didier, se marie et la réception à lieu au château.

1990 : « Le fils de la famille POISSANT, Didier avait des garages PEUGEOT sur Bordeaux. Il a vendu l’un d’eux, celui du Bouscat, à la S.I.A.S.O, puis celui des Chartrons, et a installé un grand garage à l’intérieur du domaine. Suite à de mauvaises affaires financières, ce sont « les Banques » desquelles il était débiteur qui ont fini par acheter cette propriété dans les années 1990-1992».

Depuis une résidence a vu le jour, la chartreuse est actuellement restaurée et intégrée dans cet ensemble de constructions.

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