Le château Dupaty [aujourd’hui Le Déhez]

Cet édifice dont le vrai nom est château de Hé s’élève à l’est du bourg de Blanquefort sur le revers des coteaux de la Jalle ; c’est une œuvre de la fin du XVIIe siècle, et l’architecte a savamment profité de la déclivité du terrain. Le corps-de-logis se compose d’un rectangle à rez-de-chaussée surmonté d’un pavillon central recouvert à la Mansard ; des deux côtés s'avancent parallèlement deux rangées de servitudes entourant un parterre et reliées par une balustrade en pierre, au milieu de laquelle s’ouvre un large escalier qui descend dans une cour d’entrée plus basse, clôturée par une grille soutenue de distance en distance par des piliers et flanquée aussi de nombreuses servitudes. L’aspect, la régularité et l'élégance de cet édifice en font un des plus jolis châteaux du canton.

Il fut acheté au XVIIIe siècle par M. Dupaty, né à La Rochelle, qui fut en même temps poète, artiste, avocat général et président au Parlement. Jurisconsulte éloquent, il fit des ouvrages de jurisprudence qui provoquèrent, après sa mort, une réforme dans la législation criminelle, mais qui de son vivant furent brûlés par la main du bourreau et envoyèrent leur auteur gémir à Lyon dans le château de Pierre-en-Size. Sorti de là, Dupaty se retira à Blanquefort avec sa famille et selon M. Ribadieu, ce fut dans son château qu’il écrivit ses « Lettres sur l’Italie » qui eurent un si grand succès.

Il mourut à Paris en 1788 et laissa deux fils dont l'un était né à Bordeaux en 1772, dans sa maison de la rue du Loup, et l'autre le 30 juillet 1775 dans son château de Blanquefort (dans son acte de baptême l’édifice est appelé château de Hé). L’ainé, Charles-Mercier Dupaty fut avocat, officier sous la République, sculpteur distingué et mourut en 1825. Louis-Émmanuel Dupaty, le plus jeune fut officier de marine, ingénieur géographe, officier du Génie et membre de l’Académie française où il entra en 1836. « C'était, dit M. Nizard, l'un des auteurs dramatiques français les plus spirituels du XIXe siècle ». Il a laissé des comédies, des opéras, des vaudevi1les, des chansons et autres différents écrits. Il mourut à Paris loin de Blanquefort, sa patrie, dont il fut l’un des plus illustres enfants.

Après sa mort, le château de Hé resta dans sa famille, et l’on se souvient encore à Blanquefort « des vieilles demoiselles Dupaty ».  

Il appartint par la suite à M. Duval, qui le vendit par acte du 12 mai 1841 à M. Ch. Delisse lequel l’a gardé jusqu’à sa mort ; il est aujourd’hui à sa veuve. Le château n’a pas changé de physionomie, et c’est toujours l’élégant édifice du siècle dernier avec ses cours étagées, ses jardins, ses serres, ses charmilles, ses allées, et son vignoble qui récolte de 60 à 70 tonneaux de vin rouge. Franck désigne ce crû sous le nom de château Dehez. Mme Delisse administre cette propriété comme pourrait le faire un viticulteur habile.

Sources : Les châteaux historiques et viticoles de la Gironde avec la description des communes, la nature de leurs vins et la désignation des principaux crus par Edouard Guillon, 1867, chez Coderc, Degréteau et Poujol, Maison Lafargue, 28 rue du Pas Saint-Georges, Bordeaux, p 31.33.

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