Introduction générale à l’histoire 

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de Théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen Âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chute de Constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et la découverte de l'Amérique en 1492 ;

- l’Histoire Moderne s’étend du XVI au XVIIIe siècle jusqu’à la Révolution française ;

- l’Histoire Contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements . La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français est au sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel.

 

La Préhistoire recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Le début de la période moderne, du 15e et au 17e siècle, coïncide pour la ville de Bordeaux et ses environs au basculement de la domination anglaise vers la domination française (1453).
C'est une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines :
- dans le domaine politique, les larges libertés obtenues  lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un État puissant dans le royaume de France,
- dans le domaine économique, les relations privilégiées avec l'Angleterre, notamment dans la vente du vin, sont fragilisées,
- dans le domaine culturel, Bordeaux et sa région participent aux évolutions de la Renaissance avec le développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la division du christianisme (importance des guerres de religion dans le sud-ouest de la France)
Cela explique l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les deux premiers siècles de la période moderne : en 1548, une grande révolte oppose les Bordelais au pouvoir royal.
À la suite de la jacquerie des pitauds, la population se révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied) et pour les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ et le château Trompette. Ils massacrent le gouverneur du roi Tristan de Moneins et vingt officiers des gabelles. Le roi Henri II ordonne au connétable Anne de Montmorency une répression exemplaire.
La cité de Bordeaux perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende et son parlement est suspendu. En ville, 140 personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements ont inspiré à Étienne de la Boétie son Discours de la servitude volontaire.
Quinze ans plus tard, Bordeaux est touchée par les guerres de religion.
En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion.

Les protestants ont été éliminés de Bordeaux, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique.
Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d’empêcher les tueries, mais le maire laisse faire, le bilan s'élève à 200 ou 300 morts.
En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.

Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée.
Ce n'est qu'en 1653, que Bordeaux est soumise par les armes et que le jeune Louis XIV y fait une entrée solennelle.
En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger à ses frais plusieurs régiments. Alors que la fonction de commissaire de police est supprimée après cette révolte, progressivement, une « police de proximité » se met en place, En effet, depuis le XVIème siècle à Bordeaux, les jurats ont créé la fonction de « dixainier », chargés de dénoncer au Jurat les contraventions aux ordonnances de police (« pour le nettoiement des rues, le port d'armes, et tardivement la déclaration des étrangers » à la ville).

Depuis une ordonnance royale du 5 mai 1674, les dixainiers doivent veiller à ce que les habitants et hôteliers déclarent bien au Jurat les étrangers qu'ils hébergent.

La Première Guerre mondiale.

Surnommée la Grande Guerre, c'est un conflit militaire majeur qui eut lieu de 1914 à 1918, surtout en Europe de l'ouest et en Europe orientale et balkanique.

C'est une guerre qui a concerné la plupart des pays de l'époque ( France et ses colonies, Royaume-Uni, Russie, Japon, Etats-Unis), et a mérité le nom de guerre mondiale. C'est aussi une guerre qui a engagé des soldats venant de l'ensemble de la population (la plupart des familles avaient un ou plusieurs membres qui y ont participé) et dans laquelle tous les efforts d'un pays étaient engagés : c'est une guerre totale.

Au bilan, il y a environ 10 millions de morts (presque exclusivement des civils), dont 1,4 million de Français et 1,8 million d'Allemands. Il y a aussi 21 millions de blessés (dont certains au visage, qu'on surnomme à l'époque les « gueules cassées »). En France et en Belgique, dans les régions où les combats se sont fixés pendant près de quatre ans, les dégâts matériels sont considérables. Le moral des populations est très touché. Les personnes qui ont subi cette guerre espèrent que c'est la « Der des Der ».

Les hommes de notre canton ont été, comme dans tout le pays, largement mobilisés et entrainés dans ce conflit qui les a conduits loin de leur région. Les morts ont été recensés, parfois avec des erreurs, mais on n’a guère parlé des blessés, des gazés, des infirmes, des traumatismes de toute sorte, ni de la désorganisation de la vie sociale et du rôle des femmes remplaçant leurs hommes...

Vous trouverez sur le site le recensement des morts de chaque commune et des faits racontés par les survivants.

Le bilan humain de la guerre.

Militaires : Tués: 9 750 000, dont : Allemagne 2 040 000 ; Russie 1 810 000 ; France 1 350 000 ; Autriche-Hongrie 1 100 000 ; Royaume-Uni 850 000 ; Empire ottoman 900 000 ; Italie 650 000 ; Serbie 450 000 ; Roumanie 250 000 ; États-Unis 120 000.

Total alliés : 5 700 000. Empires centraux : 4 020 000

Blessés : 21 250 000, dont : Russie 5 000 000 ; France 4 270 000 ; Allemagne 4 250 000 ; Autriche-Hongrie 3 600 000 ; Royaume-Uni 1 600 000 ; Italie 950 000 ; Empire ottoman 400 000 ; États-Unis 210 000 ; Bulgarie 152 000.

Civils : Tués: 8 800 000, dont : Empire ottoman 4 200 000, dont environ 1 500 000 Arméniens victimes du génocide turc ; Russie 1 500 000 ; Serbie 800 000 ; Italie 600 000 ; Autriche-Hongrie 460 000 ; Allemagne 420 000 ; France 300 000.

Extrait du dossier Sud-ouest, Hors-série octobre 2014.

La Seconde Guerre mondiale.

Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.). La Seconde Guerre mondiale, qui coûta la vie de plus de 40 millions de personnes, a duré six ans, du 1er septembre 1939, date de l'agression allemande contre la Pologne, au 2 septembre 1945, jour où le Japon capitula. Circonscrite à l'origine à l'Europe, elle devient véritablement mondiale avec l'entrée dans la guerre, en 1941, de l'URSS, du Japon et des États-Unis. Le nombre des belligérants, la nature et la puissance des moyens mis en œuvre, le caractère idéologique du conflit donneront plus d'ampleur encore à cet affrontement qu'à celui de 1914-1918. Conflit planétaire qui, de 1939 à 1945, opposa les puissances démocratiques alliées (Pologne, Grande-Bretagne et pays du Commonwealth, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, puis URSS, États-Unis, Chine, et la plupart des pays de l'Amérique latine) aux puissances totalitaires de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et leurs satellites, Hongrie, Slovaquie, etc.).

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué notre territoire. C’est la première fois depuis fort longtemps qu’un occupant ennemi est venu écraser de sa puissance une terre pacifique et plutôt sans histoires.

Vous trouverez des articles concernant chaque commune, les monuments aux morts et des faits relatant cette période, qui par ailleurs a été longuement étudiée par Catherine Bret-Lépine et Henri Bret dans un ouvrage récent : Années sombres à Blanquefort et dans ses environs, Publications du G.A.H.BLE, 2009, 300 pages.

La guerre d’Algérie.  

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.