Le Haillan.

Cette commune constitue l’héritière de l’ancienne Faladianum ou ville Faladii. Le village s’est donc développé à partir du domaine de Faladius, un riche propriétaire terrien de l’époque gallo-romaine (le « h » gascon à l’initiale correspond au « f » français).

Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages en Gironde, Éditions Bordessoules, 2001.

(Le) Haillan est une commune de la banlieue NO de Bordeaux (Gironde), dans le canton de Saint-Médard-en-Jalles.

8 700 hab. (Haillanais), 926 ha.

Cette commune est proche de l’aéroport bordelais à Mérignac, ce qui explique la présence de deux gros établissements, Thales Avionics (ex-Sextant, 880 emplois, 740 M€ de chiffre d'affaires) depuis 1989 et Snecma Propulsion Solide (groupe Safran, 1 200 sal., aérospatiale, moteurs d’Ariane 4 et 5 et missiles M51), depuis 1964. Les autres ateliers sont de petite dimension : Daher Aerospace (40 sal.); papier et impressions Schades (40 sal.), savons et détergents Primalab (90 sal.), médicaments Unither (30 sal.), boulangerie Pons (60 sal.); installations thermiques Général Équipement (50 sal.), constructions Baber 47 (45 sal.), peinture Acos (80 sal.), travaux publics Eiffage (140 sal.); négoces de fournitures d'automation Metso (50 sal.), d'électronique Septam (45 sal.), d'articles médicaux Isis (40 sal.), d’électroménager Dougados (40 sal.); restauration collective Sodexo (50 sal.); transports GBE (Transalliance, 50 sal.), Boueix (50 sal.), Chronodrive (50 sal.), par cars Médoc Évasion (30 sal.).

L’ancien domaine et château de Bel-Air, à l’est du centre-ville, est devenu un centre de loisirs et de sports confié au club de football des Girondins de Bordeaux, avec école de formation et accueil international ; le club, qui y a son siège, occupe 500 salariés. Non loin au sud, collège horticole avec jardins d’essais. La commune ne date que de 1867 ; elle a été créée à partir du territoire d’Eysines, qu’elle borde à l’ouest; elle est traversée par la route de Bordeaux à Lacanau et limitée au nord par la Jalle. Plusieurs zones d’activités se dispersent sur son territoire. Elle avait environ un millier d’habitants dans la première moitié du 20e siècle, puis est passée à 2 000 en 1966, 5 000 en 1980 et continue de croître: elle a gagné 400 hab. de 1999 à 2008 ; un collège public, maison de retraite (la Clairière de Bel Air, 30 sal.).

Texte issu de site  www.tresordesregions.

Introduction générale à l’histoire.

Le découpage des périodes historiques peut varier d’un pays à l’autre.

Pour la France :

- la Préhistoire qui recoupe les premières occupations humaines avant l’invention de l’écriture.

Après l’invention de l’écriture, c’est l’Histoire qui se divise en 4 périodes :

- l’Antiquité, de l'apparition de l'écriture jusqu'à la mort de théodose Ier en 395 après J.C ou la chute de l'Empire roamin d'Occident en 476 après J.C ;

- le Moyen-âge entre l’Antiquité et la Renaissance, soit de 395 après J.C ( ou 476 ) jusqu'à la chûte de constantinople par les Turcs en 1453 ou la prise de Grenade et la découverte de l'amérique en 1492 ;

- l’histoire moderne s’étend du XVI au XVIIIème siècle jusqu’à laRévolution françiase ;

- l’histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours.

Dans la terminologie universelle des historiens – à l'exception des historiens français – l'Époque contemporaine couvre toujours les derniers 75 ans environ avant le présent dans le sens où vivent encore des témoins, des contemporains de ces évènements. La lecture actuelle du mot « contemporain » par les historiens français estau sens où les événements qu'elle couvre ont des conséquences directes sur le monde actuel. Dans cette optique, l'Époque contemporaine débute en 1945, qui est aussi un « tournant » de l'Histoire.

La période antique.

Aucune découverte archéologique n'est signalée pour la période considérée.

Texte extrait de : « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 542-543 : le canton de Saint-Médard-en-Jalles dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994.Canton de Saint-Médard-en-Jalles (Insee 63). 540 Le Haillan (Insee 200) ».

Blason.

Les armoiries sont celles de la famille De Girard, anciens seigneurs du Haillan (1526-1673). Le blason de cette famille a été adopté comme blason de la cité.

blason

 

         « Écartelé :

           au premier, d'azur au mouton passant d'or ;

           au chef d'or chargé de deux quintefeuilles de gueules ;

           au deuxième, d'argent à sept fuseaux de gueules (3-3-1) ;

          au troisième, d'or à un alérion de sable,à la tête de gueules ;

          au quatrième, d'azur à un lion d'argent couronné d'or accosté de deux vergettes d'or, soutenant celle de senestre.

Récit de la Male Jornada.

« Nous sommes en 1450... Dunois et Xaintrailles, anciens compagnons de Jeanne d'Arc, resserrent l'étau autour de Bordeaux. Le danger approche quand Amanieu d'Albret, sire d'Orval, après avoir repris Bazas, contourne la ville par l'Ouest via le Barp, Martignas et Saint-Médard-en-Jalles. Il installe son camp au pied de Lanneblanque, en direction de Blanquefort. Il est secondé dans cette entreprise par un capitaine écossais du nom de « Robin Petit Loup ». La manœuvre est simple: elle consiste à isoler la ville des renforts pouvant arriver par le Médoc. La tactique découverte, le maire de Bordeaux Gadifier Shartoise et son adjoint, le jurat Thomas Gassiot, décident de déloger les Français le plus rapidement possible. En toute hâte, ils rassemblent tout ce qui peut porter arme et sortent par Saint-Seurin à la rencontre de l'ennemi. L'affrontement aura lieu dans les "Landes de Jallepont" (actuellement à la limite du Haillan, Eysines et Le Taillan), tout près de la maison noble de Bussac.

malejornada

 

 

Cette « armée » anglo-bordelaise a marché 3 à 4 heures, lourdement chargée, avant d'apercevoir les lignes avancées françaises : une épée pèse de 5 à 7 kg, un bouclier près de 20 kg, une hallebarde ou hache de guerre 5 kg environ. Partie à l'aube de Bordeaux, c'est très fatiguée qu'elle attaque immédiatement, créant une brèche et massacrant les premières troupes d'Orval bloquées par la Jalle. Pensant avoir fait le plus gros de la bataille, les Bordelais poursuivront les Français à travers les marais, tombant ainsi dans le piège tendu par d'Albret. Les archers de « Robin Petit Loup », dissimulés dans les bois, les anéantiront en moins d'une heure. Leurs flèches pesant de 1 kg à 1,500 kg, tirées vers le ciel, retombent en une pluie drue et meurtrière sur ces guerriers d'occasion, non préparés aux affrontements : 960 y laisseront leur vie et, comme de coutume à l'époque, seront méthodiquement dévalisés et pillés de tous leurs biens et armes :... c'était le 1er novembre 1450…

Au pied de Lanneblanque, côté Jallepont, il existe un quartier du Haillan appelé le « Pillard ». Simple coïncidence ou origine historique ? »

P. Dalbarade, château Bel-Air, éditeur SERH du Haillan, 1995, p.8-10.

1plan

 

 

 

 

 Plan du site :

cette bataille qui s’est étendu aussi vers le Sud, dans la commune de Mérignac.

Toute cette contrée tant sur le Haillan que sur Mérignac porte le nom de « Boucheries ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détails du plan.

A

 

A –Bourdieu de Lanneblanque dépendant de la maison noble de Bussac (jusqu'en 1490).

 

 

         Le site de Lanneblanque,

         dominant le lieu de la bataille

         dut y jouer un rôle important d'observatoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B            

            B - Maison noble de Bussac. Les terres s'étendaient fort loin.

 

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

 

 

     C - Lieu de la bataille de « La Male Jornada ».

          À cette époque, l'endroit était partagé entre bois et marais, dominé au Nord par Blanquefort.

CD

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               D - Lieu du « massacre de la Journée Manquée ».  Là aussi quelques bois et beaucoup de marais.

l’Histoire contemporaine commence en 1789 et dure jusqu’à nos jours, jallonée par les guerres.

Les Morts des guerres.

1914-1918.

1 ARIASOL Pierre Joseph Clément  
2 BAQUEY Jean  
3 BAUDROUS André  
4 BERT Pierre  
5 BLANC Pierre  
6 BLONDEL César  
7 CAZAUX Fernand  
8 CHIFFOLEAU Abel Louis Armand  
9 DUFORT Jean Maurice  
10 FLEURET Jean  
11 FLEURET Simon Kléber  
12 GRADIT Jean  
13 LALANNE Jean  
14 LAPEYRONNIE Jean  
15 LESTAGE Pierre Lucien Maurice  
16 LOIRY Victor Albert  
17 MASSIAS Louis  
18 MATELOT Bernard Louis  
19 MIRC Jean Joseph Louis  
20 MONTALIEU Pierre  
21 MONTALIEU Roger Pierre  
22 PARGADE Pierre Sully  
23 PATTE Pierre Marcel  
24 PERFENDIE Mathieu Marius  
25 PINEAU Adrien André  
26 PLACIER Jean Baptiste Alphonse  
27 PRUNEY Fernand  
28 SENTOUT Pierre Augustin  
29 TOURME Émile Michel Clément  
30 TRUF Léopold  
31 TUFFEREAU Guillaume Valmont  
32 VIDEAU Pierre Videaurial  

1939-1945.

1 ARCIER Serge  
2 BOSC Jean  
3 CARTAN André  
4 CASTELLOUP Gaston  
5 CHARLIONNET Alfred  
6 COUSTEAU Robert  
7 DRAPEAU Alexis  
8 ECHART André  
9 LALOUBEYRE Marceau  
10 LEVRAUD Jean  
11 PINTADOS Émile  
12 PLACIER Raymond  
13 THIRY Albert  

Guerre d'Algérie

1 EDOUARD Roger Jean 

Cette guerre (1954-1964), longtemps niée, car on ne parlait pudiquement que des « événements », a fortement marqué les jeunes de 20 ans qui ont effectué tout ou partie de leur service militaire comme appelés du contingent pour seconder les troupes de l’armée française.

Peu de traces écrites de cette tragédie dont on sait qu’elle a été traumatisante pour ces jeunes, peu et mal préparés à affronter la réalité sociologique et géopolitique de la décolonisation en Algérie, compliquée il est vrai par la forte présence des pieds-noirs.

Il reste à écrire sur cette guerre, recenser les anciens du contingent qui sont allés là-bas, recueillir leur expérience, mais le silence a recouvert les chocs psychologiques reçus pendant les longs mois passés, de 12 à 24 ou même 28 mois pour un bon nombre d’entre eux.

Cette liste est issue du site : Mémorial Gen Web qui présente les relevés de monuments aux morts, soldats et victimes civiles, français et étrangers, tués ou disparus par faits de guerre, morts en déportation,

Les cours d’eau de la commune.

La Jalle ainsi que le ruisseau du Monastère, le ruisseau du Haillan, le ruisseau de Magudas sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune du Haillan.

L’eau :

Dans nos communes de l’entrée du Médoc, l’eau est un élément indispensable à la vie et à l’organisation humaine. Chaque commune est traversée d’ouest en est par des cours d’eau aux multiples noms ; des jalles plus ou moins importantes (nom commun gascon, pour désigner un cours d'eau), des ruisseaux, des estey, des crastes fossés de drainage) et des berles (un vieux fossé en gascon), qui mènent à la Garonne. Les zones humides des palus alternent avec les marais des vallées des Jalles.

La Jalle :

Une jalle est le nom commun gascon, pour désigner un cours d'eau.

« Le mot générique qui semble propre à la région pour désigner un cours d’eau d’une certaine importance est « jalle » sur lequel se sont formés de nombreux lieux-dits dès 1298 (« devert la Jale »), « entre deux Jalles » (1688), « la Jalle de Plassan » (1542) ou « la Jalle de Saulesse » (1542). Le nom déformé a vraisemblablement formé « Geles », dans le « Bois de Geles ». Le mot « jalle » peut venir du pré-indo-européen « cale, care »

Texte issue d’Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968, 3 tomes p. 105-120. »

Une Craste :

Nom qui vient du gascon crasta, issu du latin castrum désigne, dans les Landes de Gascogne, un fossé de drainage, généralement creusé dans le sable, aménagé pour assainir la lande humide. En usage depuis des siècles, la craste se généralise au milieu du XIXème siècle afin de faciliter l’écoulement des eaux et rendre possible la mise en culture du pin maritime. Le terme est passé dans le vocabulaire régional courant.

Source : Wikipédia.

Une Berle :

nom gascon très répandu, désigne en forêt un vieux fossé.

Un Estey :

Sur les rives de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne, sur la côte du Bassin d’Arcachon, des cours d’eau se jettent en formant des esteys.

Ces esteys sont soumis au régime des marées, ils ont longtemps abrité de petits ports utilisés par les bateliers et les pêcheurs. Avec la disparition de la batellerie, ils ne sont plus fréquentés que par les pêcheurs et les plaisanciers.

Ce terme est à rapprocher de celui d’étier ou d’estier, le canal qui alimente les marais salants ou qui relie un lac et une rivière.

Pour certains auteurs, au nord de Bordeaux sur la rive gauche de la Garonne puis de la Gironde, ce terme n’est plus employé. Un examen attentif des cartes actuelles ou anciennes permet de démentir cette théorie.

Il y a d’abord l’Estey Crebat, exutoire des marais de Bordeaux entre Bacalan et la Jalle de Blanquefort que d’aucuns considèrent comme l’estuaire du Limancet.

Plus au nord, le plan cadastral de Pauillac (1825) nous livre les noms des esteys du Gart, de Padarnac, de la Verrerie et de Saint Lambert.

Entre Saint-Estèphe et Saint-Seurin de Cadourne on trouve l’Estey d’Un.

Admettons donc que le terme est plus fréquent en amont de Bordeaux, mais reconnaissons qu’il est également utilisé au nord.

Texte de Michel Baron

Introduction à la géographie humaine.

Nous proposons l’étude du déroulement de la vie à travers le changement de l’espace, comment nos ancêtres ont structuré leur village en tenant compte des réalités géographiques dans lesquelles ils vivaient dans les rubriques suivantes :
- le peuplement,
- la démographie et les recensements,
- la toponymie,
- la voirie,
- les transports,                                                                                                                                                                                                                                                                             - l’économie.
« La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.
Cette branche de la géographie est donc par définition une science humaine.
Ses domaines sont très variés et font appel aussi bien à la démographie, à la sociologie, à l'économie, à l'histoire, au droit ou encore à la politique.

La géographie humaine comprend elle-même de nombreuses spécialités :
- la géographie de la population
- la géographie rurale
- la géographie urbaine
- la géographie sociale
- la géographie économique
- la géographie des transports
- la géographie politique
- la géographie culturelle
- la géographie religieuse ».

Les autres rubriques seront abordées dans le chapitre de la population : vie culturelle, vie politique, vie religieuse, loisirs, la langue.

La scission du Haillan.

En 1867, un décret impérial érigeait le Haillan en commune le séparant définitivement d'Eysines. Cette décision marquait la fin d'un conflit dont les racines se perdent dans la nuit des temps. La paroisse, puis commune d'Eysines, couvrait un vaste territoire de plus de neuf kilomètres de long dans lequel le quartier du Haillan occupait 40 % de la surface pour 25 % seulement de la population. Cependant, le village du Haillan n'était qu'à trois kilomètres du bourg d'Eysines qui s'est développé autour de l'église et du cimetière.

Pendant des siècles, les Haillannais restèrent sous la tutelle du puissant seigneur du Thil (qui longtemps posséda aussi Bussac), alors que le reste d'Eysines était partagé en de nombreuses maisons nobles de moindre importance. Occupant des terres situées sur le plateau landais, les habitants du Haillan se sont livrés à l'élevage ovin et bovin, jouissant pour cela des landes communes mises à leur disposition par le seigneur du Thil (ils pouvaient également utiliser les landes de Mérignac moyennant une redevance annuelle de 15 sols et d’une poule). De leur côté, ceux d'Eysines (Bourg, Lescombes et Le Vigean), profitant d'un terroir plus favorable, développaient la culture de la vigne.

Après la Révolution, la commune remplace la paroisse. Elle est organisée en sections dont une couvre le Haillan et contient les landes communales. En 1779 (ou 1786 selon les sources) une transaction, entre Messire de Chassaing seigneur du Thil et les habitants du Haillan, avait changé le statut de cette lande, qui avait cessé alors d'être lande commune pour devenir propriété des habitants du Haillan. La municipalité d'Eysines veut reprendre ces terres aux tenanciers, qui bien entendu s'y opposent. Ce conflit va, pendant un demi-siècle, empoisonner les relations entre ces deux populations.

En 1849, a lieu une première tentative de séparation du Haillan. Elle débute par une pétition qui développe une argumentation basée sur la longueur des voyages et le mauvais état des chemins, ce qui nuit à la pratique religieuse et complique les formalités administratives, l'existence de la chapelle Sainte-Christine alors que l'église d'Eysines est trop petite pour accueillir tous les paroissiens.

Une enquête publique est prescrite. Elle montre que les Haillannais sont unanimes alors que le reste de la population est partagé... mais Jeantet, maire d'Eysines, prend à son compte les abstentionnistes. Le conseil municipal délibère et s'il ne rejette que par 14 voix contre 12 la séparation demandée, il s'oppose à une très forte majorité à ce que les communaux restent la propriété des seuls Haillanais. On ne badine pas avec la propriété foncière ! Sur l’ordre du Préfet, une commission syndicale est constituée au Haillan. Présidée par Monsieur Poinstaud, qui se trouve ainsi être le premier « maire provisoire » du Haillan, elle reprend les arguments de la pétition auxquels elle ajoute : la propriété des anciens communaux, la négligence que montre la municipalité d'Eysines pour l'entretien des biens publics (chemins et lavoirs) et pour l'exercice de la police (nombreux vols).

Cette tentative échoue. Mal préparée, ou trop prématurée, elle est rejetée par le préfet. Les « indépendantistes » cessent le combat pour presque vingt ans. En 1845, Monsieur Francisco Antonio de Los Héros, homme d'affaires espagnol, a acheté la propriété de Lanneblanque et l'a rebaptisée « Bel Air ». En contribuant largement aux dépenses et en usant de son influence, il va jouer un rôle essentiel dans l'érection de son village en commune. Dès 1858, le Haillan devient une paroisse distincte de celle d'Eysines. Les offices sont célébrés à la chapelle Sainte-Christine et une nouvelle église est projetée. Elle sera terminée en 1862, grâce à une souscription et à la participation du « châtelain ».

Après l'église, le cimetière : Monsieur de Los Héros offre un terrain et fait en sorte que son aménagement ne coûte rien à la municipalité. Malgré cela, le conseil municipal refuse le don et ne l'acceptera, en 1863, que sur l'ordre du préfet. En 1861, le conseil municipal profite d'un conflit entre les copropriétaires de l'ancienne lande commune pour la vendre. En avril 1866, une nouvelle pétition est adressée au préfet. Elle s'appuie sur les progrès accomplis depuis 1849 mais, se fondant sur de fausses données, semble compromise dès le départ. En effet les pétitionnaires avancent : que le Haillan ne dispose que de 4 conseillers municipaux sur 21 alors qu'il y en a 5 sur 21 ou 4 sur 20 (selon que l'on compte ou non le maire), et que le Haillan représente 800 habitants sur les 2 700 Eysinais (29 %) alors qu'ils sont 738 sur 2 847 (25 %). La demande suit son cours. Des enquêtes publiques sont prescrites par le préfet, ainsi que la constitution d'une nouvelle commission syndicale (présidée par M. Paul Cursol). Le maire d'Eysines est un haillannais, Louis Petit. Ancien sous-officier des armées du Premier Empire, il est commerçant à l'île Maurice. Il défend avec acharnement la position de la municipalité. De son côté, Monsieur de Los Héros fait intervenir toutes ses relations (religieuses et politiques) auprès du préfet et du gouvernement. Il s'engage à faire don au Haillan du local de l'école. Le 9 mars 1867, le Haillan devient une commune indépendante.

Michel Baron, article de 1988 dans « Eysines mon village » (actualisé). ).

La forge d’Yves Fortin.

Les anciens nous parlent du travail de M. Yves Forin et de son père : « L'association Perfendie-Fortin s'est faite vers 1929, avec M. Forin père. Au départ, l'atelier Perfendie-Forin avait pour activité principale la maréchalerie et la machinerie agricole. Cependant, dans cet atelier on trouvait de tout, malgré le « bazar » qui semblait y régner, mais eux, les artisans s'y retrouvaient et pouvaient dépanner immédiatement les clients, grâce à leur mémoire formidable. D'ailleurs, c'était la même chose chez les commerçants. Dans la famille Forin, ils étaient paysans de génération en génération. Et c'est le père d’Yves Forin qui a arrêté la chaîne. Bien avant que celui-ci devienne maréchal-ferrant, il y avait M. Henri Pucheu, à l'ancienne mairie, qui avait succédé à son père. Ensuite, il se spécialisa dans la serrurerie. Mais, vers les années 1952-1953, ce fut la fin d'une certaine vie au Haillan ; on était dans un tournant et il fallait que ça explose. La vie était très dure pour les agriculteurs ; les enfants quittaient souvent l'exploitation. De plus, les terres n'étaient pas bonnes et les paysans les travaillant se faisaient rares. Ceux qui ont réussi avaient beaucoup de terres et des moyens financiers. Devant cette situation, M. Yves Forin ajouta la serrurerie à ses activités pour pouvoir survivre.

Les chevaux : À cette époque, il y avait encore des chevaux chez les particuliers, comme chez Darrieulat. La génération d'après ne les a pas connus. Mais, il y avait aussi beaucoup d'ânes, de mules dans les « Landes », près de Sainte-Hélène et au Haillan. Yves faisait le rabatteur pour les marchands de chevaux et se débrouillait avec eux. Il trouvait de beaux chevaux et aussi des chevaux moins performants. Yves n'achetait pas toujours de bons chevaux, mais il les plaçait dans les maisons en fonction des demandes. Dans certaines maisons tout allait bien, car les gens s'en occupaient normalement et les soignaient bien. Mais, pour d'autres maisons, Yves évitait de les placer, ayant peur pour leur santé. Il y avait de bons soigneurs qui faisaient d'un cheval en mauvais état un cheval en parfaite santé. Aussi, il les plaçait en fonction des familles. D'ailleurs, le marchand de chevaux disait : « Tu es sûr qu'il va grossir ? » Ces marchands vivaient de leurs transactions : leur travail était de vendre et d'acheter.

À cette époque, on ne faisait pas du social. Yves qui avait beaucoup d'humour disait : « Tu prends une haridelle, tu mets le prix sur la queue, et ils vont l'acheter ». Il n'y avait que le prix qui fonctionnait, car le voisin pouvait l'acheter plus cher. Les chevaux étaient achetés pour travailler. Et comme il n'yen avait pas beaucoup et qu'ils étaient très chers, on les gardait assez vieux. Puis, à la fin, ils partaient à l'abattoir quand ils ne pouvaient plus travailler. Lors de ses transactions, Yves n'achetait qu'un cheval aux marchands, mais autrement il achetait les autres chez les gitans, car ceux-ci maquignonnaient pas mal : ils étaient aussi marchands. Et mon père (M. Elie) qui était connaisseur et très bon soigneur disait : « celui-là, je vais lui mettre du gras ici, puis du gras ailleurs, de ce côté ou là, et il transformait le cheval ». Et puis, par rapport à la forme d'un cheval, à sa couleur, il savait ce qu'il fallait faire : un cheval blanc par exemple, il fallait l'engraisser beaucoup pour qu'il grossisse. Et après, Yves le gardait ! » Lors de ses conversations avec le marchand, Yves disait : « M. X, il me faudrait un cheval pour un ami qui a un souci en ce moment, mais qui l'achètera un autre jour; il le tentait comme ça, parce que l'autre ne voyait que l'argent. Il me faudrait un cheval comme ça, un peu fin mais pas trop. Cette fois, c'est un cheval de trait parce que celui-là travaille la terre plus lourde et le marchand prêtait les chevaux. Quelquefois les gens avaient trouvé l'argent pour acheter le cheval, mais quelquefois le cheval partait ailleurs, et ça recommençait. » Quand un client perdait un cheval, il en fallait un autre ; donc Yves allait voir « Mouna », le marchand, pour en acheter. Sur le Haillan, il en a vendu de très beaux à des familles qui pouvaient y mettre de l'argent, mais il y avait aussi des familles qui auraient pu, mais qui refusaient ! Cependant, il y avait des maisons où il ne fallait pas prêter les chevaux, et cela était dur de refuser, mais il le fallait. D'autre part, personne ne savait si le cheval avait été acheté ou prêté, car autrement on pouvait entendre : « tu as vu le cheval d'un tel ou d'un tel ! », et par cette phrase, tout était dit ! C'était le côté plein de méchanceté que je garde de ces moments-là. Tout ça était un peu secret. C'est quelque chose que j'ai découvert au moment de mon mariage parce que, avant, je ne vivais pas dans le même contexte chez mes parents.

Mme Lechenne raconte : Chez nous, ils étaient artisans ou commerçants, et cela était différent. Perfendie, le père d’Yves et Yves savaient chez qui ils pouvaient aller chercher les chevaux. Pour les chevaux, il y avait : - ceux qui passaient par le marchand, soit pour les acheter, soit demander à ce qu'on leur prête, - ceux qui demandaient à Yves d'aller avec eux pour les choisir, car il fallait surtout regarder les pieds et les jambes.

Le dernier cheval dont Yves s'est occupé et qui avait travaillé longtemps, c'était pour une famille haillannaise. Arrivé à l'abattoir, le cheval qui avait une maladie, s'était mis à gonfler anormalement. Yves se doutait qu'il y avait un souci, car il voyait des choses qui n'allaient pas depuis un certain temps. Quand le marchand eut le certificat médical délivré par le vétérinaire de l'abattoir, il vit que le cheval n'était pas pris à la vente. Catastrophe ! Yves a dû avec le propriétaire du cheval aller voir le vétérinaire, pour qu'on lui dise que son cheval n'était bon à la vente. Cela fut un moment difficile pour lui. Bien sûr, le cheval partit ensuite à l'équarrissage.

Histoire sur les chevaux : Mme Lechenne raconte : « Mes grands-parents, qui étaient laitiers, avaient 2 chevaux : un jour un cheval travaillait, et le lendemain, c'était l'autre, mais il était impossible de faire travailler un cheval, si ce n'était pas son jour. Mes grands-parents possédaient aussi une vigne au Saussin. Et un jour, ils y étaient partis pour y travailler et remplir une charrette avec des sarments, mais le cheval qui tirait la charrette a refusé d'avancer car ce n'était pas son jour de travail. Alors, ils ont dételé le cheval, l'ont attaché derrière la charrette et ont traversé tout le Saussin et Sauprat, mon père Aristide Puyo et son cousin Marius Baydrous aux brancards, et le cheval derrière ! Tout le monde a bien ri à Sauprat ! Une autre fois, pendant la guerre de 1914-1918, ma tante Eva avait remplacé son frère MarceI parti au front, pour la tournée de lait en ville (Bordeaux). Au retour, passé l'octroi de la barrière Saint-Médard, le cheval « faisait des manières » pour avancer. Puis, tout à coup, il démarra au galop sur les pavés et continua ainsi jusqu'au Haillan. Ma tante, tombée à la renverse, ne put l'arrêter et ne put se relever que devant le portail de la maison où il s'arrêta net. Le reste du lait non vendu s'était transformé en beurre sans baratte ! Enfin, mon oncle Marcel, ayant repris les clients de ses parents, faisait la tournée avec son fils Marc au début des années 1930 toujours avec un cheval. Ils s'arrêtèrent à moitié de la journée, comme d'habitude, pour « casser la croûte » dans un bar dont le propriétaire était leur client. En sortant, ils virent le cheval lui aussi en train de se restaurer : devant lui se trouvait l'arrière d'une superbe automobile possédant une malle en cuir, qu'il avait « attaquée » ! Marc se souvenait encore, soixante ans après, de leur départ précipité. L'oncle de mon mari Robert Lechenne avait une jument avec un caractère exécrable. Elle s'arrêtait et refusait de repartir. Une fois, devant son refus de bouger, il dût enflammer une poignée de paille et la mettre sous son ventre, et là… elle partit au triple galop ».

Mes grands-parents prenaient le lait tous les matins, vers 6 h, à la ferme du château Bel-air, et passaient exprès, pour le cheval, devant le perron, où se tenait le châtelain, M. Dussacq. Celui-ci, adorant les chevaux l'attendait. En effet, le cheval s'arrêtait devant le perron et ne bougeait plus. Il attendait que M. Dussacq descende et lui donne un sucre. Une fois, le sucre dans sa gueule, les conducteurs pouvaient enfin le faire avancer. Mais, si le châtelain était absent, le grand-père de Mme Lechenne (M. Puyo) devait apporter du sucre et le donnait au cheval, sinon celui-ci refusait de repartir. Le cheval ne consentait à avancer que s'il avait son sucre, donné en bas du perron : il avait ses habitudes et il ne fallait pas les changer. Les chevaux, c'était comme ça, c'était terrible.

Organisation de la journée à la forge : Les chevaux : à 6 h, la forge était ouverte et on amenait les chevaux jusqu'à 13 h. Pendant toutes ces heures, on ferrait les chevaux. Dans beaucoup de maisons, il y avait 2 chevaux : un pour la promenade, pour tirer la carriole, et l'autre, un cheval de trait pour labourer. Pourtant certaines familles possédaient des mules, car elles avaient plus de force qu'un cheval, mais le prix d'achat, lui, était plus élevé ! Quand ils ferraient les chevaux, ils étudiaient l'animal, regardaient attentivement chaque pied des chevaux pour bien poser le fer. En effet, pour certains il fallait enlever beaucoup de corne ; pour d'autres, il enlevait moins de corne et de la sorte, chaque cheval avait un fer adapté et bien fixé à son pied, et comme le cheval a 4 pieds, voyez le travail… Quand il y avait un problème avec les chevaux, cela était grave pour les Haillannais, car ceux-ci ne pouvaient pas aller aux « Capucins », à Bordeaux, vendre leurs légumes. Aussi, c'était Yves qui dépannait. Une fois, le père d'Yves était allé dans la maison de M. André Pargade, car son cheval avait des coliques. Il était venu avec une grosse seringue pour lui faire des lavements. Il faisait aussi la saignée des chevaux, une fois par an, pour leur enlever les impuretés du sang. Ça les purgeait. Une autre fois, un cheval avait eu un abcès superficiel au poitrail. Yves a fait ça pendant très longtemps. Il remplaçait le vétérinaire, car, à l'époque, celui-ci était trop cher pour les agriculteurs du Haillan. C'étaient des gens très importants pour nous, car nous ne pouvions pas acheter un cheval tous les jours. Il y avait beaucoup de monde à la forge : 120 clients uniquement en machine agricole et pour les chevaux. Les clients pour la serrurerie étaient en plus. On venait de Sainte-Hélène, de Saint-Médard, de La Forêt et au-delà.

La serrurerie et le trempage de l'acier : Yves fit la serrurerie pour les gens du pays et aussi pour d'autres clients. Mme Lechenne : « il a même fait la barrière chez moi, à Bordeaux. ». Le matin, il travaillait pour les chevaux et, l'après-midi, pour la ferronnerie et les charrues. On portait la charrue et elle était réparée : « On n'avait pas besoin de courir ailleurs pour obtenir satisfaction. Yves faisait même le ferrage des bœufs. En effet, avant la guerre, il y avait des vaches que l'on attelait aux charrettes. Pour les soins, on suspendait les bœufs par des sangles. Cela faisait peur à Yves, quand il voyait arriver les bœufs, car les sangles appuyaient sur l'intestin, et il y avait des « fuites ». On appelait ça « le travail à bœuf ». (Mme Forin). Ils avaient monté le travail à bœufs dans un terrain contigu à la maison de Mme Forin, derrière chez Garcies. L'histoire du travail des bœufs est arrivée pendant la guerre de 1940, lorsque les chevaux ont été réquisitionnés par l'Armée Française. Les dernières années, après l'Association Perfendie-Forin, Yves a pris la suite en 1950. Il n'y avait que lui qui forgeait les pointes de charrues et les outils de maçon comme les burins. On venait de loin pour cela. De plus, il savait faire le trempage de l'acier. C'était très important pour les habitants. Pour forger une « raille », il avait un principe pour le tremper dans l'eau. Il chauffait l'acier, et mettait la « raille » sur une corne et quand la corne fumait d'une certaine couleur, on savait que c'était bon et aussitôt on la plongeait dans l'eau. Les anciens regrettent la disparition de tous ces magasins et ateliers, ce qui a annoncé l'évolution du Haillan vers la modernité et l'avenir.

Article extrait du bulletin Le Haillan Généalogie Histoire n°45, 2° trimestre 2008.

Introduction au patrimoine.

Le patrimoine communal est  riche, en particulier de par sa proximité avec la ville de Bordeaux, dont la plupart des grandes familles avaient une maison d’été dans la ceinture verte des environs.

Dans la rubrique patrimoine, nous trouverons :  les châteaux et belles demeures, les maisons basses ou médocaines, les moulins, lavoirs, puits, parcs et cheminements…

Le Haillan et le PLU 3.1.de la Métropole.

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Communauté Urbaine de Bordeaux (La Cub) avait succédé au Plan d’Occupation des Sols (POS) en juillet 2006. De réglementaire le document d’urbanisme est devenu stratégique. Depuis, le PLU a fait l’objet d’évolutions dans le cadre de procédures de modification et de révision simplifiée. Cette procédure doit tenir compte à la fois du contexte local (notamment révision du SCOT en cours) et des récentes évolutions législatives. Ainsi le PLU de la Cub doit intégrer le PLH (Programme Local de l’Habitat) et le PDU (Plan des Déplacements Urbains) et deviendra le PLU 3.1. La décision d’engager une révision générale du PLU a été adoptée par le Conseil de Communauté le 24 septembre 2010 et le 15 novembre 2010 : lancement de la première révision du PLU 3.1.

 3 châteaux sont cités au PLU 3.1 de 2015.

Les protections patrimoniales bâties des maisons bourgeoises, échoppes, édifices religieux, des édifices agricoles et des lavoirs ne concernent pas la commune.

Le Conseil municipal à travers les âges... 1867-1964.

La lecture des registres des délibérations des Conseils municipaux depuis la naissance « administrative » de la commune (1867 par décret de Napoléon III), s'avère intéressante et parfois insolite.

Nous retracerons donc sommairement les décisions des anciens édiles du Haillan qui sans nul doute intéresseront les « anciens », mais aussi les nouveaux administrés. Le premier Conseil municipal a été installé le 25 août 1867 par le juge de paix de Blanquefort.

Le premier magistrat, Héraud Marly, a, donc prêté serment suivant la formule : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur. »

Les premières décisions concernèrent : les chemins de communications, l'instruction publique (qui fût une des préoccupations des premières années), les bâtiments municipaux (il n’y avait ni mairie ni écoles), le cimetière (problèmes de concessions, de normes de construction qui mobilisèrent les Haillannais pendant de nombreuses années), les finances municipales, gui conditionnent tout développement (le budget de 1872, par exemple, s'établit à 14 004 francs en recettes et à 9 338 francs en dépenses !).

1 - Période 1867-1900.

Lors de la Guerre de 1870, le Conseil a voté un emprunt de 6 500 francs pour servir à l'habillement, à l'équipement, à l'armement et à la solde des gardes nationaux et aux besoins de leurs familles. En 1877, le Conseil décide de choisir le terrain d'assiette de la mairie et des écoles. Le terrain, à l'époque, était un pré avec une mare (les travaux ont débuté en 1880). En 1882, soixante garçons fréquentaient l'école de garçons. L'école de filles était dirigée par des religieuses (immeuble actuel du garde champêtre, à côté du Foyer culturel). En 1883, fait insolite, le Conseil a établi une demande de réhabilitation d'un homme de la commune condamné à dix jours de prison pour vol. Dès 1884, apparaît la fixation de la fête locale et de la foire annuelle (foire qui sera supprimée en 1903 en raison des frais à payer à un vétérinaire). En 1885, 1 000 francs sont votés pour construire une halte sur le chemin de fer à « Bussac » (près de la rue du Médoc actuelle). En 1899 et afin de ne pas masquer l'église, l'achat de la place publique actuelle a été décidé. En 1900, le Conseil a demandé la construction d'une « chambre de sûreté pour malandrins » !

2 - Période 1900-1934.

Lors de l'éruption, en 1902, de la montagne Pelée, qui a détruit complètement Saint-Pierre en Martinique, faisant de très nombreuses victimes, le Conseil municipal du Haillan a voté une subvention de 25 francs pour les sinistrés. En 1904, « écologiste » avant l'heure, l'assemblée décidait la plantation d'arbres place Du-Mayne et place de Sauprat (ces arbres existent d'ailleurs toujours). En 1905, le Conseil décidait la vente de l'herbe de la place publique (place Henri-Bos actuelle). En 1906, la commune comptait 1 093 habitants. Notons qu'elle en avait 1 037 en 1926, 1 150 en 1936, 1 141 en 1946, 1 260 en 1954, 1 592 en 1962, 2 272 en 1968 et près de 6 000 en 1981 !

Dès 1907 et pour enrayer la mortalité infantile, le Conseil a demandé la création d'une consultation de nourrissons. La même année, la construction de l'école de filles était décidée. Notons que cette décision intervient après la loi de séparation de l'Église et de l'État, l'école de filles étant à l'origine dirigée par des religieuses. En 1909, le Conseil décidait de refuser l'éclairage électrique ! (même refus en 1910). Ceci témoigne de l'éternelle question des « anciens » et des « modernes. La même année, la construction du pont rue Sainte-Christine était décidée. Ce pont a été construit partiellement avec les moellons de l'ancienne clôture de la chapelle de Sainte-Christine, contiguë au cimetière et démolie il y a quelques années. En 1910, il est décidé d'attribuer un franc par nouveau-né (Caisse d'épargne). Notons que cette mesure existe toujours, seul le montant ayant été bien évidemment actualisé. En 1912, étape importante puisque après les refus de 1909, 1910 et 1911, le Conseil municipal décide, après étude, de donner suite à la pose de l'éclairage électrique. Notons que les quatre premières lampes seront poses en 1918 seulement et neuf lampes supplémentaires en 1919.

Le 6 août 1914, quatre jours après la mobilisation générale, la contribution de guerre de la commune est fixée à cinquante bœufs ou vaches. Le 24 septembre 1914, deux salles de classe sont transformées en hôpital temporaire (transféré le 1er février 1915 à Blanquefort). Rappelons que la commune du Haillan a « payé » lourdement lors de la Guerre 1914-1918, puisque de nombreux jeunes administrés sont tombés durant ces quatre années sur les champs de bataille. Aussi, en 1920, le Conseil a décidé de construire le monument aux Morts (place Henri-Bos actuelle). En 1922, la municipalité décidait d'accorder une prime à la natalité. En 1929, le Conseil s'est penché sur le dossier d'étude d'amenée du gaz au Haillan. En 1934, une première étude d'enlèvement des ordures ménagères est faite.

3 - Les maires du Haillan.

Rappelons les noms des maires de la commune qui se sont succédés depuis sa création :

M. Géraud Marly (1867-1878) ; M. Adolphe Bouet (1878-1879) ; M. Jean Gardéres (1879-1908) ; M. Célestin Laloubeyre (1908-1925) ; M. Baudrous-Baudry (1925-1941) ; M. Edmond Labatut (1941- 1947) ; M. Léopold Boireau (1947-1953) ; M. Henri Bos (1953-1957) ; M. Alcide Vergne (1957-1965). Notons que notre maire actuel, M. Abel Laporte, est maire depuis le 28 mars 1965.

4 - Les décisions des édiles pendant la période 1934-1964.

Il ne s'agit, uniquement, que de faits insolites et marquants, excluant ainsi tous les problèmes d'administration de la commune qui ne manquèrent pas d'exister durant cette période.

1934 : La route de Saint-Médard (avenue Pasteur actuelle) est refaite. Le revêtement de chaussée retenu est le béton, préféré au bitume et aux pavés, considérés trop glissants et donc trop dangereux. La même année, le Conseil décide la construction d'une deuxième classe à l'école de garçons. « Voie piétonne avant l'heure », la rue Henri-Dunant est donnée par la famille Lussac gratuitement à la commune, à condition qu'elle soit réservée aux besoins exclusifs des piétons. Le Conseil émet une solennelle protestation contre la taxe instituée sur la circulation des vendanges (Le Haillan produisait, en effet, du vin à l'époque). Une dérogation à cette taxe est demandée en faveur du raisin dit « de Catros » (raisin de culture locale). L'ancien dépôt d'ordures ménagères se trouvait à proximité de l'église (sur la place Henri-Bos actuelle) !

1935 : Une taxe sur les spectacles (qui existe toujours) est instituée (les recettes étant versées au bureau de bienfaisance). Le Conseil demande des subventions suite aux dégâts survenus dans la commune consécutifs aux ouragans des 3 et 4 février et 3 septembre.

1936 : La taxe sur les chevaux est fixée à 12 francs par cheval et voiture à deux roues et 24 francs pour les quatre roues. La plantation d'acacias-boules devant la mairie et les P.T.T. est décidée.

1938-1939. Le Conseil accepte pour gros travaux communaux tous dons... manuels ! La construction de la troisième classe à l'école de garçons est décidée. Les premières servitudes de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac sont étudiées par l'Assemblée.

1940 : L'organisation d'un ramassage de récupération de ferraille et vieux métaux est décidée. Le Conseil pour lutter contre la grêle décide de procéder à des tirages d'artifices (l'autorisation de chaque tirage devait être demandée à... la Kommandantur d'Eysines).

1941 : L'Assemblée décide de construire une ligne électrique et un transformateur au domaine de la Luzerne, où la société Chocolat Tobler exploite une ferme coopérative pour le personnel de son usine. Le Conseil vote une subvention de 1 173 francs due par la loi relative au rationnement des vêtements.

1942 : Le Conseil fixe fa liste des bénéficiaires devant recevoir des pommes de terre (500 kilos pour la commune, soit une base de 600 grammes par personne inscrite sur la liste).

1944 : Conformément à la loi du 27 octobre 1943, la dépose de toutes les lignes électriques (en cuivre) non utilisées est décidée et ce conformément à la demande des autorités allemandes (130 kilos seront récupérés). Du 22 au 26 août 1944 (beaucoup d'Haillannais s'en souviennent !) les troupes allemandes font sauter l'important dépôt de munitions entreposées dans le parc et le bois du château de Bel-Air (les explosions ont d'ailleurs occasionné d'importants dégâts dans la commune). Le Conseil décide l'achat de deux portraits en couleur du général de Gaulle (le produit de ces portraits étant destiné aux œuvres sociales et soldats nécessiteux)

1945 : Le Conseil décide d'instituer une taxe locale de 1 %.

1946 : Pour permettre une bonne pesée ces jeunes enfants, l'Assemblée décide l'achat d'une bascule « assez sensible et assez précise ! ». Cette année-là, il y avait quatre employés municipaux (pratiquement à temps incomplet) : un secrétaire de mairie, un garde-champêtre, un cantonnier, une femme de service.

1947 : Pour aider à la régularisation et à la baisse des prix, le Conseil décide de créer une commission d'assainissement des prix. Comme les années précédentes, le Conseil décide l'achat de trente stères de bois pour le chauffage des bâtiments municipaux. L'Assemblée décide la pose d'une plaque commémorative des nombreux disparus de la commune, morts pour la France durant la guerre 1939-1945. La pose du téléphone à la mairie est décidée. Le goudronnage du chemin de Sauprat (rue Georges-Clemenceau actuelle) est décidé. Une indemnité annuelle de 2 000 francs est votée pour le « remonteur » de l'horloge de l'église. En décembre, l'aménagement d'un terrain de sport sur la prairie de Bel-Air est décidé (ce terrain est l’actuel terrain d’entrainement de football le plus près du Bois de Bel-Air).

Dans la nuit du 4 au 5 décembre, la mairie est cambriolée. (N.B : on peut constater que près de trente-cinq ans après... cela se reproduit).

1948-1949 : Le Conseil fixe au 25 avril 1945 l'organisation du centenaire... de la révolution de 1848. Une équipe de pompiers est mise en place dans la commune. Avis favorable donné par l'Assemblée sur l'avant-projet de plan masse de l'aérodrome de Bordeaux-Mérignac.

1950 : Les anciens tramways ayant été remplacés par des cars, le Conseil municipal constate que certains cars sont surchargés et qu'il convient de verbaliser. Trois postes de bombes anti grêle sont installés à Tanays, aux Graves, à Jallepont.

1951-1955 : La création d'une piste cyclable, route de Saint-Médard est demandée. Naissance en 1955 du Bureau d'aide sociale qui remplace l'ancien bureau de bienfaisance.

1957 : Le Conseil donne son accord pour la pose de pipe-line Parentis-Ambès, qui traverse la commune. La construction d'une quatrième classe à l'école de garçons est décidée.

1959 : L'Assemblée décide du principe de construction du foyer culturel à côté de l'église. L'adjudication pour la construction de deux nouvelles classes est faite. L'achat du premier terrain de sport est décidé (trois millions d'anciens francs).

1960 : La rue des Graves est goudronnée. Le Conseil municipal décide d'accorder les autorisations de construction hors des limites d'agglomération sous réserves de la viabilité des terrains.

1961 : le Conseil municipal alloue des subventions aux sociétés locales : le montant total s'élevait à 810 francs (la plus importante.. 200 francs concernait la société sportive. (N.B. : vingt ans plus tard, elle représente près de cinq cents fois ce montant !

Le Conseil décide d'instituer une taxe sur l'eau (en 1959, la consommation de la commune a été de 26 000 m³). Première organisation de la fête des anciens.

1962 : La construction du Foyer culturel est décidée (coût : 370 000 francs dont 140 000 francs de subvention d'Etat, soit 40 % environ !). La construction d'une cantine scolaire est décidée (dans les locaux actuels du club du troisième âge).

1963 : Installations autorisées de la S.E.P.A. (aujourd'hui la S.E.P.) et de Sud-Aviation (transformé par la suite en S.N.LA.S.). Le Conseil donne un avis favorable à la modification de limite entre Mérignac et le Haillan (l'avenue de Magudas, entre la rue J.-Mermoz et la rue de la Morandiére servant de nouvelle limite). La mairie sera dorénavant ouverte tous les jours, sauf le samedi de 9 h 30 à 11 h 30.

1964 : Inauguration du Foyer culturel le 19 juillet (la plaque commémorative est installée dans le Foyer culturel, mur de l'escalier d'accès au premier étage).

Articles du journal Sud-ouest des 5 et 6 août 1981.

L'association « le Haillan Généalogie Histoire » (HGH) a pour but la recherche, l'étude, la mise en valeur et la protection du patrimoine historique et culturel de la commune du Haillan. Elle fait appel à la généalogie et à la mémoire des anciens de la commune. Elle s'appuie également sur l'histoire locale et les coutumes régionales.

À ce jour, HGH a informatisé tout ou partie des tables décennales des communes suivantes : Avensan, Blanquefort, Eysines, Lacanau, Le Haillan, Le Porge, Ludon, Pleine Selve, Salaunes, Saumos, Saubin-Aubin de Blaye, Saint-Germain d'Esteuil, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Vivien-de-Médoc, Sainte-Hélène. Ces relevés filiatifs (ou non) sont consultables lors de leurs permanences.

HGH participe aussi avec les associations Médocaines, du Bassin d'Arcachon et du Cestadais, à un groupe qui rassemble les mariages (non filiatifs) d'une zone appelée Gironde-Atlantique. Ces données destinées, à l'entraide, sont mises à la disposition de tous dans une base SQL associée à un site internet.