Patrimoine

Le Pian-Médoc, vu du ciel.

 

Constellé de hameaux nés de domaines agricoles, en particulier viticoles, la commune du Pian-Médoc est située aux confins de la lande médocaine ; son habitat fait de nombreux lotissements récents parait se disperser dans une forêt de pins. La création de golfs privés, implantés sur la Petite Jalle et la jalle de Courmatau situées en aval de la jalle de Ludon, est venue renforcer l’idée d’une commune résidentielle et de loisirs.

 

Le château Geneste.

 

Décédé en 1869 au Pian-Médoc, Armand-Joseph Ivoy, propriétaire du château Geneste, était agronome en amateur éclairé et membre de la Linnéenne, société savante de botanique créée à Bordeaux en 1818. Piqué de curiosités scientifiques, il implanta sur sa propriété un arboretum. Il est aussi l’auteur du parc Malleret, au nord-est de la commune.

 

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Le château Sénéjac.

 

Contre la lande boisée, le vignoble du château Sénéjac forme comme une grande clairière de vignes. Au sud du domaine, court la jalle de Ludon dont les eaux sont captées pour alimenter les fossés d’une prairie ainsi qu’un bassin aux abords du château. La maison de maitre du domaine résulte de plusieurs campagnes de construction au long des XVIII et XIXème siècles, qui lui ont donné sa physionomie définitive.

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Le château Malleret.

 

Au lieu-dit l’Église, le château Malleret, représenté par une demeure monumentale du XIXème siècle, réunit une propriété viticole et un élevage de chevaux. Les terres de ce domaine très étendu comptent près de 400 hectares de prairies, de terres cultivées, de bois et de vignes. C’est au XIXème siècle que le baron Paul Clossmann, issu d’une famille de négociants établie à Bordeaux sous l’Ancien Régime, implante d’importants haras sur la propriété du château Malleret. Le cheval, associé à l’image culturelle de l’aristocratie anglaise, s’ennoblit au XIXème siècle dans les campagnes viticoles du Médoc. La sélection des meilleurs étalons et l’invention des courses et des clubs au milieu du XIXème siècle nourrissent une nouvelle relation avec l’animal familier. Jusqu’au XXème siècle, les marquis du Vivier, héritiers du château Malleret, ont maintenu sur le domaine une tradition d’élevage pour la course, plusieurs étalons de leurs écuries se sont distingués.

 

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L’ermitage Lamourous.

 

Marie-Thérèse Charlotte de Lamourous, fondatrice de la Maison de la Miséricorde en 1800 à Bordeaux, possédait au Pian un petit domaine qu’elle appelait l’Ermitage pour s’y être réfugiée pendant la Révolution. La congrégation, installée au couvent bordelais de l’Annonciade de 1808 à 1972, avait pour mission initiale de lutter contre la prostitution en accueillant les femmes, des pénitentes, employées à des travaux de blanchisserie. Après le décès de Marie-Thérèse Lamourous (1836), en 1843, l’ermitage du Pian reçoit une petite communauté elle-même bientôt chargée de blanchissage et de la culture d’un vaste jardin. À partir de 1958, concurrencée par les blanchisseries professionnelles, la communauté est privée de ses activités économiques et s’oriente vers l’accueil d’enfants en difficulté. En 1981, le centre socio-éducatif est détaché de l’œuvre religieuse pour devenir laïc ; il conserve une partie des bâtiments, tandis qu’une petite communauté de sœurs dispose de la « maison du berger », où vivait autrefois la fondatrice, de la chapelle et d’une maison attenante datant du XIXème siècle.

 

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Texte et photographies extraits du livre : Plein ciel sur le Médoc, éditions Berger médiations, 2008, 352 pages. Avec l'accord, pour les photos, de Michel Berger, et  pour les textes, de Sophie Boisseau.

Le moulin à eau du Boucheau au Pian.

 

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Sur la commune du Pian-Médoc, au lieu-dit Génissan, le moulin du Boucheau est situé sur un domaine viticole. Ce moulin à eau, installé sur le cours de la Jalle, est en fonctionnement au XVIIIème siècle. À l’époque, son usage se consacre sans doute à moudre les céréales. Construction : XVIIIème siècle.

Source : http://visites.aquitaine.fr/moulin-du-boucheau

Le Moulin de Boucheu-Génissan apparaît dans le livre édité par la Maison Féret en 1898. A l’époque son propriétaire était M. Pineau. En 1991, il appartenait à la famille Jacques. 

Sources : Mairie de Le Pian Médoc – « Le Pian Médoc et ses monuments » éd. Horizons chimériques, 1991

 

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Moulin du Boucheau à Ludon

Voir photos plus bas…

 

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Moulin du Boucheau. Site : visites en Aquitaine.

 

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Façade postérieure du moulin du Bouchaud.

 

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Le moulin du Poulet et sa retenue d’eau

Les séquoias au Pian.

 

Dans le Médoc, les premiers séquoias géants implantés en Europe, la même année que ceux de Londres ! Le secrétaire, le docteur Méran qui en est l'auteur l'a intitulé « L'école forestière de M. Ivoy ». Voici ce qu'il écrit. « Il est de toute justice de citer quelques hommes qui ont le courage de semer et de planter pour l'avenir et nous devions à ce titre une mention toute spéciale à M. Ivoy qui, depuis plus de trente années, en commençant à quarante cinq ans, ensemence et plante près de 300 ha de forêt dans son domaine de Pian… Il a créé un mode d'assainissement économique et profitable. Des allées de trois mètres de largeur et de 40 à 50 cm de profondeur sont créées en laissant entre elles des plates bandes de 8 à 10 m. Le docteur Méran cite parmi les arbres plantés, de nombreuses variétés de pins, des cèdres du Liban, des cèdres deora, des cyprès de Louisiane, des chênes, des mélèzes et « enfin, un dernier venu qui dépassera bien vite tous ses voisins, le sequoia gigantea qui, chaque année depuis trois ans, a grandi d'un mètre ». Alors là, permettez-moi de vous faire remarquer que si mon cousin, car ce séquoia est un de mes cousins, si ce séquoia est là depuis trois ans en 1856, c'est qu'il a été planté en 1853. Or les premiers séquoias géants ont été introduits en Europe, notamment à Londres, en… décembre 1853. Nous aurions ainsi eu en Gironde les tout premiers séquoias géants d'Europe ! Mais qui donc est ce Monsieur Ivoy qui introduisit les séquoias géants en Gironde ? C'était le propriétaire du domaine Geneste situé à l’ouest de la commune de Pian Médoc, près du village de Louens. Ce domaine dont le château paraît avoir été, dès le commencement du XIVème siècle, la maison seigneuriale du Pian, appartient actuellement à la famille Oberkampf. En 1821, Amand Joseph Ivoy l'achète aux Lalande. Il fait arracher trente hectares de vignes abandonnées depuis longtemps, bien que renommées. Il assainit les 300 ha de landes et fait les plantations qu'admirait le docteur Méran. Chevalier de la légion d'honneur, il fut maire de Pian, de même que son fils Amand Jules Ivoy. Agé de 80 ans au moment de la naissance de son petit fils Ernest Arthur Jules, le 16 août 1858, Amand Joseph Ivoy a eu le plaisir de voir pousser cet arbre étrange : le séquoia. Arrivé à ce point, je me pose la même question que pour les séquoias d'Issartier : comment Amand Joseph Ivoy en a-t-il eu, et qui plus est, cette fois-ci, il s'agit de séquoias géants parmi les premiers introduits en Europe dès 1853 ? Eh bien, regardons de plus près la famille Ivoy notamment à travers l'acte de mariage de Jules Oberkampf et de Pauline Nelly Elisabeth Clossman. On y signale que le jeune Amand Ivoy, petit fils d’Amand Joseph, est le cousin de Pauline Nelly Elisabeth Clossmann. Cet acte de mariage réunit les trois familles Ivoy, Oberkampf et Clossmann. Pauline Nelly Elisabeth est la fille de Philippe Frédéric Clossmann, propriétaire du château Malleret, voisin de Geneste et d’Hélène Considine, sœur d'Elisabeth qui a épousé Amand Jules Ivoy, né vers 1810. Quand on sait que les Clossmann sont parmi les plus anciens et les plus importants négociants en vin de Bordeaux, qu'en 1854, ils reçoivent des nouvelles de leur correspondant de San Francisco sur la vente des vins en Californie, que peut-on en déduire ? Que les séquoias sont arrivés à Bordeaux au retour d'un voyage d'un des bateaux qui a apporté les vins de Clossmann à San Francisco. Que Clossmann a transmis ces séquoias à Amand Joseph Ivoy, ingénieur des eaux et forêts qui les a mis dans son domaine de Geneste et peut-être aussi à Malleret.

Notes : Archives communales de Pian-Médoc : Acte de mariage Jules Oberkampf - Pauline Clossmann du 11 mars 1867. Acte de naissance d’Ernest Arthur Ivoy du 16 août 1858.

Site internet http://www.patrimoine-de-france.org. et service régional de l'inventaire d’Aquitaine, 54, rue Magendie 33074 Bordeaux Cedex. n° de notice : IA00025148 1986.

Sur ce site, il semble qu'il y ait une confusion entre l'aménagement du parc de Malleret et celui de Geneste. On lit : « Sur les pelouses, il (Amand Joseph Ivoy) dispose des statues symbolisant les quatre saisons et dissimule les chais construits à l’entrée de la propriété derrière des plantations d’essences exotiques. » Or, si on reconnaît bien à Geneste la description faite par le docteur Méran en 1856, celle qui est faite dans le site à propos de Malleret correspond mieux à Geneste.

Un témoin nous a signalé qu'il y a une quinzaine d'années, la foudre tomba sur un séquoia du parc de Geneste qu'il fallut abattre. L'imposante souche est toujours en place, dans une île du domaine. Serait-ce celle du premier séquoia de Gironde ? Une étude dendrométrique pourrait apporter un élément de réponse.

Actuellement, si les séquoias géants plantés en 1853 semblent avoir disparu (il se peut que celui qui a été foudroyé il y a une quinzaine d'années en soit un) il reste de beaux séquoias sempervirens sur le domaine de Geneste notamment au pied des statues dont Amand Joseph avait agrémenté le parc. Enfin, je sais maintenant où, par qui les premiers séquoias géants de Gironde ont été semés ou plantés, mais sur moi, j'ignore encore tout.

On trouve des séquoias géants en Gironde : à Saint-Vivien de Monségur, au jardin public de Bordeaux, au parc du château Bourran à Mérignac, au parc Majolan à Blanquefort et au parc de Fompeyre à Bazas.

Enquête sur un séquoia géant. Les premiers séquoias géants introduits en Gironde en 1853, la même année que les premiers séquoias géants officiellement reconnus en Europe

« Un arbre remarquable est avant tout un témoin et on n’imagine pas un témoin qui ne témoignerait pas... Certes, l’arbre témoin est une expression qui peut s’appliquer à bien d’autres arbres que les arbres remarquables, mais tous les arbres qui méritent le qualificatif de « remarquable » sont, et de façon absolue à mes yeux, des témoins. Leur présence, leur survie et le fait même de les reconnaître comme tels sont des témoignages. L’arbre ancien en tel lieu a une signification, une signification peut-être simplement biologique. Mais plus souvent, il rappelle un fait historique (ou légendaire) : cet arbre situé en ville, dans un village ou sur un itinéraire de campagne est la conséquence d’une volonté de plantation ou de préservation.

L’arbre ancien est souvent une gêne, voire un danger. S’il est encore là, c’est par la volonté de générations successives d’amis qui l’ont protégé, soigné, respecté. Sa présence est le témoignage d’un attachement dont il nous faut décrypter le sens. Plus encore, si sa découverte et la reconnaissance de ses origines et de son rôle nous permet de lui attribuer le qualificatif de « remarquable », c’est que nous avons, ne serait-ce que de façon confuse, la capacité de juger du caractère exceptionnel de sa présence et que nous avons compris avec plus ou moins de pertinence son témoignage. Ce n’est pas par simple curiosité culturelle que nous avons besoin de ce témoignage mais plus profondément, plus intimement, comme élément d’enracinement dans une « histoire » qui nous dépasse et à laquelle nous nous sentons attachés. Perdre ces témoignages par élimination des témoins, c’est un peu de notre ciment social qui s’effrite et beaucoup de notre richesse personnelle qui se délite. Il faut donc rechercher ces témoins. Non seulement les coucher sur une liste ce qui est un travail de simple recensement, mais en analyser les caractéristiques biologiques et historiques, ce qui est un travail d’inventaire. L’arbre remarquable une fois remarqué, « montré du doigt » par une information claire et complète diffusée par des moyens médiatiques et par fléchage et étiquetage est, parce que sauvé de l’oubli, soustrait autant que faire se peut de la décrépitude et de la maladie et il sera mieux défendu contre l’activité parfois inopportune de tronçonneuses sournoises. »

Article de Marie-Claude Jean, publié dans les Cahiers du Bazadais n°158, 2ème trimestre 2007.

Le patrimoine de la commune.

La commune du Pian-Médoc concentre un patrimoine bâti d'une grande valeur architecturale.

La richesse et la diversité de ces bâtiments témoignent d'une histoire riche et ancienne.

 

Le château Geneste.

Il fut édifié au XIVème Siècle pour le compte de la famille Cailhau de Bordeaux. Il prit au XVème siècle le nom de Geneste du nom d'un de ses propriétaires avant d'être acquis par le marquis d'Alesme en 1570. La famille d'Alesme conserva le château jusqu'au XIXème siècle oú il fut acquis par M. Ivoy. Du château originel ne subsiste que la tour recouverte d'un toit conique très original dans la région. Le bâtiment a été enrichi par un corps de logis qui a transformé la vocation première de château fort du bâtiment. Intégré autrefois dans un domaine de 35 hectares, le château a conservé aujourd'hui un grand parc planté d'arbres exotiques parfaitement acclimatés et fort curieux.

 

Le château de Malleret.

Ce domaine est sans doute le plus grandiose et le plus élégant de la commune du Pian-Médoc. Situé sur un petit coteau qui domine la Jalle, le château de Malleret était à l'origine une métairie appartenant à M. de Malleret, écuyer du roi. Il fut acquis plus tard par un dénommé de Basterot qui fait construire sur le terrain un petit château de style louis XV. Enfin, le domaine comprend également un vaste haras construit à l'anglaise. Ce bâtiment a fait l'objet d'un classement à l'inventaire des monuments historiques. L'architecture intérieure et extérieure du château de Malleret est particulièrement riche. De l'ancienne gentilhommière de M. de Malleret ne subsistent que les pavillons qui flanquent le château. L'ensemble, avec ses façades sculptées, son perron gardé par deux lions et sa corniche en denticule surmontant la porte centrale, dégage un certain classicisme. L'intérieur du domaine est également marqué par la présence de boiseries du XVIIIème siècle.

 

Le château de Sénéjac.

Les origines, d'après de récentes découvertes archéologiques, semblent remonter au début du 15ème siècle. Le château, autrefois chef-lieu d'une baronnie, a connu de nombreux propriétaires au cours des siècles. Il a été racheté en 1860 par M. de Guigné qui exploita les 60 hectares de vignes intégrés au domaine.

 

L'église.

Elle fut construite au XIIème siècle. Elle resta pendant des siècles sans charges particulières avant d'être intégrée au chapitre de Saint-André et de Saint-Seurin. L'église a bénéficié de plusieurs restaurations aux XIXème et XXème siècles et son chevet et son clocher rectangulaire ont été classés monuments historiques.

 

L'ermitage Lamouroux.

Il fut fondé en 1774 par trois membres de la famille du même nom. Durant la Révolution, Marie-Thérèse de Lamouroux s'engagea aux côtés des prêtres réfractaires en leur offrant un abri. En 1801, elle fonda la congrégation religieuse de la miséricorde qui reste aujourd'hui propriétaire des lieux.

 

http://www.lepianmedoc.fr

Les demeures remarquables du Pian-médoc sont présentées dans le site : http://pianmedoc.free.fr/lieuxetmonuments.htm.

Dans cette la rubrique Lieux et Monuments : vous trouverez les châteaux Malleret, Sénéjac, Bellegrave du Poujeau, Geneste, Dutil, l’ermitage Lamouroux, les moulins de Boucheu et de Soubeyran, ainsi que l’église paroissiale Saint-Seurin.

L'ancien puits à vaches de Louens.

Après une soixantaine d'entretiens avec les anciens de la commune, une plongée dans les archives municipales, une exposition, une conférence et plusieurs réunions avec les contributeurs pour identifier les personnes figurant sur les photos et cartes postales anciennes, le tout en deux ans seulement, l'atelier Histoire du Pian a le projet, pour 2016, de commencer à compiler la richesse iconographique et documentaire ainsi que les nombreux témoignages et de réfléchir à la structuration d'un ouvrage… qui reste à écrire.

Parmi les témoignages, ceux concernant des puits, notamment celui de Louens, ont interpellé l'équipe : « Autrefois il y avait un puits à Louens à Courmateau… que l'on utilisait pour faire boire les vaches que les habitants faisaient paître, là-bas, dans ces landes… ».

En poursuivant ses investigations, l'AHP a pu le situer dans l'airial de Louens, mais difficile de le voir, il était sous les branches. Un autre témoignage révèle que ce puits a été utilisé au début du XXème siècle pour le fonctionnement de la scierie mobile, alors à vapeur, qui était installée sur cet airial, aux fins d'exploiter les nombreux pins coupés pour fabriquer des bourrées, des fagots, des poteaux de mines… Effectivement, en allant sur site, les membres de l'AHP ont constaté la présence de ce puits.

Pour Bruno Neff, Annick Mora et Annie Bézac « C'est dommage que cet élément du patrimoine, bien caché, ne puisse pas être partagé avec les Pianais ! » Une demande de mise au jour de ce « monument » a été adressée à la municipalité qui y a donné suite. Ainsi, grâce aux services techniques de la commune, le puits, débarrassé de la végétation qui le recouvrait totalement, peut de nouveau être admiré dans son état « originel ». Par mesure de sécurité il a été bouché.

L'AHP est preneur de témoignages, photos, documents. Contact au 05 57 88 05 36 ou sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Article du journal Sud-ouest du 11 mars 2016, Marie-Françoise Jay.

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Le château Geneste.

Ce château, situé dans l’ouest de la commune, près du village de Louens, au milieu d’une plaine boisée, paraît avoir été dès le commencement du XIVème siècle la maison seigneuriale du Pian.

Le château Geneste fut édifié au XIVème Siècle pour le compte de la famille Cailhau de Bordeaux, qui n’y avait qu’un pied-à-terre. Il passa ensuite à Miramonde de Cailhau, dame de Podensac, héritière de cette ancienne famille et épouse de Bernard d’Escoussans. L’abbé Baurein cite une charte du 19 septembre 1335, par laquelle la Dame Miramonde donna en fief, à un certain nombre d’habitants du Pian, des maisons, terres, vignes, bois, landes, jardins, moulins, à la condition de l’héberger, elle et 24 personnes de sa suite, une fois l’an, avec du pain, du vin et des viandes ordinaires.

Au milieu du XIVème siècle, cette seigneurie appartient à Pierre de Pis de Doupian, qualifié Donzet. Il décède vers 1370. Sa veuve, Isabeau de Doupian, et Guillem Bernard de Doupian, son fils, vendirent, le 20 mars 1370 à M. Rampnol de Corn, bourgeois de Bordeaux, « maisons, rentes agriaires, dîmes, hommes questaux, et tous droits féodaux y appartenant » pour la somme de 200 livres bordelaises.

C’est au XVème siècle que cette maison noble prit le nom de Geneste, d’un de ses propriétaires. Elle appartient ensuite au XVIème siècle à Pierre Hebrard, notaire, qui la vendit, le 2 septembre 1570 à M. François d’Alesme pour 2 700 livres. Le domaine de Geneste avait 6 000 journaux de landes.

En 1570, le domaine est acquis par le marquis d'Alesme.  La famille d’Alesme ou Dalesme, de noblesse de robe et d'épée, est originaire de Périgord où elle est connue dès le XIIème siècle. Guillaume d’Alesme, conseiller au Parlement, possédait Geneste en 1601, lorsque la seigneurie du Pian fut démembrée de la châtellenie de Blanquefort. Il fut alors véritablement seigneur de la paroisse qui devint la baronnie du Pian. Sa veuve vendit vers 1650 sa charge à Jean de Pichard.

Vers 1628-1630, le noble Gabriel d’Alesme et demoiselle Catherine de Lescure, veuve du sieur d’Alesme, conseiller au Parlement de Bordeaux en étaient les seigneurs.

Ce vaste domaine de 35 hectares était connu sous le nom Dalesme.

En 1760, un Dale(s)me, conseiller honoraire au parlement de Guyenne, était seigneur du Pian. Le domaine était alors composé de « 45 j. de vigne en assez mauvais état à faire seulement 20 L. de vin à 150 L., une petite métairie en seigle dans la lande, 75 j. bois et taillis à faire chaque année 3 500 faissonnats et de 25 j. de pré qui rendent 30 charretées de foin ». Les droits seigneuriaux étaient alors « le fouage à raison de 6 s. par feu », les rentes évaluées « à 600 livres » entraînant pour le sieur Daleme une imposition de 150 livres.

À l’époque de la Révolution, M. Dalesme émigra et ses biens furent mis sous séquestre. Le domaine Dalesme fut ainsi géré par l’État pendant trente ans. Durant cette période, M. Verdonnet y établit une fabrique d’indiennes qui ne réussit pas. La famille d'Alesme conserva le château jusqu'au XIXème siècle, le château Geneste, passant par alliance, à la famille de Lalande avant d’être vendu en 1821 à M. Ivoy. Le château était alors un rectangle flanqué d’une tour ronde percée de quelques meurtrières, et précédé de deux longues rangées de servitudes terminées par deux pavillons. Ces pavillons étaient surmontés de girouettes ; l’un d’eux servait de logement à l’aumônier.

M. Ivoy fit démolir les servitudes et les pavillons et fit agrandir le corps du logis tout en gardant la tour recouverte d’un toit conique, le tout ne ressemblant plus au château initial. Situé au milieu d’une prairie arrosée par des pièces d’eau et encadré de bois de pins et de chênes, coupés de longues allées qui aboutissent au château, M. Ivoy dresse autour une collection de magnolias, de chênes d’Amérique, de cèdres du Liban, faisant ainsi du château une belle résidence d’été. Il fit arracher également les trente hectares de vignes que comprenait ce domaine jusqu’à l’époque de la famille de Lalande qui avait produit en 1874, encore 15 tonneaux. Aujourd’hui, le château est la propriété de la famille Oberkampf.

Le château Geneste.

Il fut édifié au XIVème Siècle pour le compte de la famille Cailhau de Bordeaux. Il prit au XVème siècle le nom de Geneste du nom d'un de ses propriétaires avant d'être acquis par le marquis d'Alesme en 1570. La famille d'Alesme conserva le château jusqu'au XIXème siècle où il fut acquis par M. Ivoy. Du château originel ne subsiste que la tour recouverte d'un toit conique très original dans la région. Le bâtiment a été enrichi par un corps de logis qui a transformé la vocation première de château fort du bâtiment. Intégré autrefois dans un domaine de 35 hectares, le château a conservé aujourd'hui un grand parc planté d'arbres exotiques parfaitement acclimatés et fort curieux.

Le château de Geneste situé au Pian-Médoc, passa alors, par alliance, à la famille de Lalande avant d’être vendu en 1821 à M. Ivoy. Jusqu'à cette époque, ce vaste domaine de 350 hectares était connu sous le nom Dalesme (château du Pian). M. Ivoy fit démolir les servitudes et les pavillons et fit agrandir le corps du logis tout en gardant la tour recouverte d’un toit conique, le tout ne ressemblant plus au château initial. Situé au milieu d’une prairie arrosée par des pièces d’eau et encadré de bois de pins et de chênes, coupés de longues allées qui aboutissent au château, M. Ivoy dresse autour une collection de magnolias, de chênes d’Amérique, de cèdres du Liban, faisant ainsi du château une belle résidence d’été. Il fit arracher également les trente hectares de vignes que comprenait ce domaine jusqu’à l’époque de la famille de Lalande, vignes abandonnées depuis si longtemps bien que renommées. En 1874, le domaine produisait encore 15 tonneaux et les héritiers de M. Ivoy visaient à reconstituer ce vignoble autrefois renommé.

Compilation de textes par Catherine Bret, extraits des sites : site de la commune du Pian-Médoc, pianmedoc.free.fr

Monsieur Yvoy, propriétaire du château Geneste en 1821.

« Un de nos buts favoris était d'aller chez un voisin, M. Ivoy à Genest. C'était un flamand, égaré dans nos parages, je ne sais dans quelles circonstances. Il avait acheté à vil prix, une assez grande quantité de landes ; à force de travail et de persévérance, il les avait transformées par la culture flamande et en avait tiré un parti merveilleux; il avait couvert cette lande stérile de plantations de pins et d'arbres rares. Les magnolias, les plus beaux arbustes y poussaient à l'envi ainsi que de belles fleurs, des fruits et des légumes splendides.

Bientôt, cette oasis eut de la réputation dans le pays. Les pépinières fournirent les parcs des environs de Bordeaux et plus loin encore, les amateurs d'agriculture venaient en pèlerinage à Genest. De BreilIan, il fallait traverser une lieue de lande pour y arriver. Là, le bon propriétaire nous faisait admirer son domaine, nous cueillait des fruits de sa terre de Chanaan pour notre goûter et nous donnait à emporter des brassées de fleurs. Cet excellent homme a si bien réussi qu'il a fait une fortune qui lui a permis d'allier ses enfants aux meilleures familles du pays. Sa modeste habitation s'est transformée en une belle demeure entourée d'un parc magnifique.

La visite de notre voisin à Breillan était aussi un plaisir pour tous. Je vois encore sa bonne grosse figure rouge, couronnée d'une forêt de cheveux blancs ; il avait laissé un œil dans le combat avec cette nature malsaine et marécageuse. Son accent flamand nous amusait et nous étonnait beaucoup. Il arrivait chargé de melons, de fraises blanches et surtout de dahlias multicolores qui étaient alors une curieuse nouveauté. Il causait sans fin agriculture avec mon grand-père qui lui faisait force questions et qui embellit Breillan de ses arbres les plus jolis. Ces plantations ont très bien réussi, j'ai revu ces arbres grands et beaux en 1884 après les avoir vus planter gros comme le doigt en 1838.

Quelques années plus tard, j'avais un grand plaisir à m'asseoir sur un banc que je vois encore pour lire quelques jolis et honnêtes romans français et anglais, notamment « Grandisson » qui avait charmé la jeunesse de ma mère et dont elle me promettait la lecture depuis longtemps. Peut-être à cause de cela, je le trouvai long, ennuyeux ; son héros si parfait aurait dégoûté de la vertu. Chaque nouvelle génération veut admettre dans ses appréciations littéraires que ce qu'elle a jugé elle-même. C'est alors que j'ai pris un goût extrême et persévérant pour Walter Scott. »

Amélie d'Audiffret.

Extrait du manuscrit rédigé vers 1890 et publié en octobre 1955 par Dominique Jay. Reproduit ici avec l’autorisation de M.F. Jay.