Bâti

Le moulin à vent 

À Saint-Aubin (1), un moulin à vent existait au 18e siècle comme l’indique la carte de Cassini, non loin de Loustauvieilh, mais il ne figure plus le siècle suivant sur les cartes d’État Major de 1846/47.

rue1

Ce moulin avait appartenu à M. De Raoul, seigneur de Saint-Aubin. Son dernier meunier y fut trouvé mort en 1857 « enveloppé par le rouet ou la lanterne ».

On parlait déjà en 1600 de Loustauvieilh, se référant sans doute à une « vieille maison fortifiée » disparue depuis longtemps et qui avait peut-être précédé le château Lassalle (appelé plus tard Villepreux) (2).

Aujourd’hui, il ne reste comme souvenir de cette construction que l’allée du Moulin à Vent, une rue du quartier des Garouilles (3).

rue2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

(1)  La commune prit définitivement le nom de Saint Aubin-en-Médoc en juin 1931, relevé depuis 1894, après s’être appelée à l’origine Sanctus-Albinus et « en Jalès » avant la Révolution.

(2)  D’après « Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc » par René-Pierre Sierra, 1995, p. 84 et 85. Merci à Alexandre Sierra, son petit-fils et à Gérard Neveu membre de « Mémoires de Saint-Aubin » pour leur aide.

(3)  On nommait ainsi les parcs de grands chênes qui entouraient les bâtiments d’une ferme.

Article et photos de Nathaniel Lee.

Le château Lassalle 

Ce chateau s'appellera plus tard le château de Villepreux.

En 1308, le premier seigneur connu est Fust d'Ornon qui, probablement, bâtit la première maison forte. La Salle fut d'abord une petite châtellerie qui dépendait des seigneurs de Blanquefort jusqu'en 1601, date à laquelle le duc de Duras morcela ses biens et transféra ses droits de justice à la seigneurie de Saint-Aubin. De 1429 à 1439, le seigneur est Ramond Arnaud de Béarn. On trouve en 1480 et 1490, Gaillard de Domaseau, écuyer, damoiseau, licencié es lois, qui épousa Blanche de Ségur.

Le château Lassalle fut, plus tard, la propriété d'un certain Jean Sainxe puis appartint aux Ferron. L'un d'entre eux est enseveli dans l'église où l'on peut voir son blason avec l'inscription : "Ci gist Lancelot de Ferron, escuier, seigneur des maisons nobles de Ferron, de Saint-Aubin, de Copian, de Bricaile et autres lieux et maisons nobles - du 14 Aoust 1583".

Au 17ème siècle, le château fort fut démoli et remplacé par celui qu'on voit aujourd'hui. Par la suite, les registres paroissiaux de B.M.S. (baptème-mariage-décès) nous permettent de reconstituer la liste de ses habitants ou propriétaires et nous en donnent quelques précisions.

Mademoiselle de Ferron, dame de Saint-Aubin, épouse Claude Millivel de Masparaulte de Montmares qui meurt en 1662 et qu'on ensevelit dans l'église. Leur fils Octavien de Masparaulte épouse dame Catherine de Lalo (1622-1667) qui lui donne au moins quatre enfants : un garçon mort à quatre ans en 1659 et trois filles : Anne, Catherine et Magdelaine. Anne, l'ainée, épouse en 1676, Jehan-Antoine de Raoul, Conseiller au Parlement de Guienne. Ils ont trois garçons: l'un qui meurt à sa naissance en 1705, Jean-Antoine qui recueillera l'héritage et Guillaume dont on ne sait rien.

Jean-Antoine de Raoul, le deuxième du nom épouse à St-Aubin, le 27 septembre 1751, Marie-Henriette Berard des Varennes. Comme ils habitaient Bordeaux, c'est l'archevêque qui donna l'autorisation de mariage à Saint-Aubin, par un document en latin que nous avons retrouvé. Jean-Antoine est l'auteur d'un "sottisier" qui serait conservé à la bibliothèque municipale de Bordeaux, mais que nous n'avons pas consulté. Comme le marié était âgé de quarante ans, on ne relève pas de traces d'enfant dans ce couple. Par contre, un des témoins à la cérémonie fut Raymond de Villepreux, son beau-frère. Nous ne savons pas comment s'est faite cette alliance, mais on la trouve sur un document de 1754. Raymond devint ensuite propriétaire du château Lassalle auquel il donna son nom.

Le fils de Raymond et de Marie, son épouse, Pierre de Villepreux, naquit en 1735. Il servit dans les armées royales puis émigra pendant la Révolution. Il mourut à Saint-Aubin dans son château qu'il avait récupéré, en mars 1817. Son acte de décès mentionne sa qualité de chevalier de l'Ordre Royal militaire de Saint-Louis. Pierre avait épousé Marie-Thérèse-Françoise La Colonie (1750-1798) qui, n'ayant pas émigré, mourut à Saint-Aubin. Ils eurent, en 1787, une fille, Marie de Villepreux, qui épousa en 1813, à Saint-Aubin, un riche bourgeois de Bordeaux, Sclafer Louis-Antoine, dont elle eut un fils, Joseph, en 1817. Sclafer vend son château en 1823 au sieur Maisonnobe, marchand de biens à Saint-Médard.

L'année suivante, celui-ci le revend au Père Jean-Baptiste de Martres, lequel, après transformations, y fonde un monastère de trappistes dont il fut l'abbé jusqu'à sa mort en 1826. Le dernier trappiste décédé à Saint-Aubin mourut en 1831, mais le frère Nivard, sous-prieur, continua à administrer la propriété jusqu'à son départ en 1838. Il faisait aussi fonction de curé-chapelain de Saint-Aubin. Les trappistes étaient ensevelis dans l'enceinte du domaine et c'est probablement leurs restes qu'on a trouvés en creusant pour bâtir le centre d'accueil de l'Aérospatiale. C'est parce que le ruisseau "Le Cagaréou" traverse la propriété des moines qu'on l'appelle aussi "Ie Monastère".

En 1844, le château fut acquis par Charles Soissons, mari de Anne-Victoire Mel de Saint-Ceran. Leur fille Jeanne épousa Charles Langlois, fils d'Eugène Langlois (1763-1837) qui était déjà propriétaire du château de Cujac. Sous le nom de Villepreux, le château restera la propriété des Langlois jusqu'en 1958, date à laquelle il sera vendu à la SEREB qui deviendra l'Aérospatiale.

Charles Langlois, tout en administrant ses propriétés et la commune de St-Aubin, était aussi notaire rue de Grassi à Bordeaux. C'est lui qui enregistra le contrat de mariage de Napoléon III avec Eugènie de Montijo. Il fut maire pendant dix-huit ans, de 1846 à 1874, date de sa mort. Son fils Raymond Langlois, époux de Rose Lespiaut, lui succéda à la mairie de 1874 à 1876, puis de 1890 à 1897. Ernest Langlois prit sa succession jusqu'en 1909, puis laissa la place à Henri Langlois jusqu'en 1929. Jacques Langlois hérita de son père. Il mourut sans enfant. Sa veuve morcela la propriété.

Les domaines du château Lassalle semblent avoir été assez étendus, puisque les immenses landes de Boutuges en faisaient partie. Les seigneurs, au 17 et au 18ème siècle, avaient, semble-t-il, d'excellentes relations avec leur personnel : domestiques, pasteurs, métayers et brassiers, car on relève de nombreux parrainages d'enfants et beaucoup de témoignages pour les autres actes d'Etat-Civil.

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 76-79.

Le château de Cujac

Pour récompenser les vétérans de leurs légions et pour leur assurer une retraite convenable, les empereurs romains leur attribuaient des terres dans les pays conquis. C'était, de plus, un excellent moyen de colonisation. Ces domaines prenaient, en général, le nom de leur nouveau propriétaire qui, modifié au cours des siècles a, bien souvent, gardé une terminaison en "ac". On peut supposer que ce fut l'origine de Cujac.

Après le Moyen-âge, c'était une maison forte dont la dîme était perçue par le Chapitre de Saint-André à Bordeaux. Au début du 13e siècle, Arnaud, seigneur de Blanquefort, l'en déposséda, mais pour peu de temps car, en 1234, cette dîme fut rétablie par son successeur Arnaudin.

Plus tard, cette maison fut la propriété du chevalier Pierre Lambert. En 1393, elle fut partagée entre Guilhem Ays de Fronsac, damoiseau, et Archambeau de Grely (ou Grailly).

Mais le chapitre de Saint-André y revint sans doute, puisque, au début du 18ème siècle, un chanoine de ce chapitre en était le possesseur, Peak de Peare. Il fit construire, à proximité du château, une chapelle, dont il ne reste rien sinon un lieu-dit "Capéran" ou "Capellan" situé à proximité d'un autre lieu-dit appelé "La Garde" où se tenait probablement un service de gardiennage.

Vers le milieu du siècle dernier, une légende disait que "lorsque la nuit est bien noire et que l' heure des spectres a sonné, le voyageur qui passe prés des ruines peut voir un autel avec des cierges allumés et un vieux prêtre qui officie ... C'est dit-on, l'ancien chanoine qui vient dire la messe dans la chapelle, comme autrefois."

Le chanoine y recueillit sa sœur Marguerite, sa belle-sœur demoyselle de Gyac, veuve de Pic de Père (nom francisé) -1655/1743 - qui fut ensevelie dans l'église, et sa nièce Renée Pic de Père (1691-1765), elle aussi ensevelie dans l'église.

Renée, demoyselle de Cujac, vendit la propriété à Jacques Raby, armateur à Bordeaux, consul de la Bourse. Celui-ci fit démolir la maison forte vers 1767 et construire le château actuel sur les plans de Victor Louis qui avait déjà bâti le grand théâtre de Bordeaux.

Thérèse Raby, fille de l'armateur, épouse Charles Brunaud qui sera maire de 1811 à 1815. Leur fille Thérèse Brunaud, marraine de la cloche baptisée en 1789, épouse Eugène Langlois. Jusqu'à sa vente à M. Dussedat, le château Cujac appartint à la famille Langlois, comme celui de Villepreux.

Texte extrait du livre du René-Pierre Sierra, Chronique de Saint-Aubin-de-Médoc, juin 1995, éditeur mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, p 79-81.