Patrimoine

Les espaces verts de la commune.

 

 

Bois de Cérillan : 22 870 m²

Bois de Corbiac : 22 260 m²

Bois d'Issac : 15 340 m²

Gare cycliste : 15 440 m² longés par la piste cyclable Bordeaux-Lacanau.

Château de Belfort : 10 250 m², centre équestre

Bords de Jalle de Gajac

Bords de Jalle de Magudas

Placettes d'Hastignan.

 

Source Wikipédia.

 

Charte paysagère de Saint Médard en Jalles : entre Jalles et forêt.

 

Première ville de l’agglomération bordelaise par sa superficie, Saint-Médard-en-Jalles s’est construite aux marges de Bordeaux et du vaste massif de la pinède, à partir des hameaux nés de l’activité agricole et de l’industrie poudrière au croisement des routes et des Jalles. Le rapport à la vaste forêt et aux visages multiples de la Jalle constitue pour la commune un lien très fort, à la fois au territoire et à son histoire et s’avère de fait le fil rouge de notre démarche d’élaboration d’une charte paysagère sur le territoire de la commune. Pour conforter l’identité de la ville, pour améliorer de cadre de vie de ses habitants, la commune de Saint-Médard-en-Jalles a élaboré une charte paysagère, qui propose aux acteurs de l’aménagement publics et privés et aux particuliers un guide de lecture des paysages de la commune, et des fiches de recommandation pour les aider dans leurs choix de composition paysagère.

 

http://www.saint-medard-en-jalles.fr/le-cadre-de-vie/les-espaces-verts/189-charte-paysagere.html

 

L'arboretum des Jalles.

 

À Gajac, à proximité du centre-ville, sur un domaine exceptionnel d’une superficie de 2 hectares, un arboretum communal a été aménagé. Cet espace arboré situé entre la Jalle et la piste cyclable Bordeaux-Lacanau est le point de départ de la « coulée verte ».  

À l’origine du projet, une idée originale : planter autant d’arbres que de bébés nés en l’an 2000 sur la commune. Puis, les réflexions menées avec l’association « Cistude nature » ont donné naissance à un parc plus pédagogique, un « jardin en mouvement », créé dans le respect de l’écosystème existant.

À la quarantaine d’espèces d’arbres environnant, ont été ajoutées des espèces indigènes inconnues et adaptées au milieu. Les premiers arbres ont été plantés symboliquement en mai 2000. Aujourd’hui, la commune dispose d’un site arboré exceptionnel dans lequel on découvre au grès de la promenade et à l’aide de panneaux signalétiques, de nombreuses essences dont 17 espèces végétales et animales protégées. L’ensemble des opérations est piloté par l’Association Cistude nature http://www.cistude.org/

 

Texte tiré de : http://www.saint-medard-en-jalles.fr/le-cadre-de-vie/les-espaces-verts/188-l-arboretum-des-jalles.html

 

Le recensement des arbres.

 

L’arbre à l'honneur : auprès de mon arbre, je vivais heureux, chantait Brassens. Il précisait également qu'il n'aurait jamais dû s'en éloigner. C'est donc pour rapprocher le citadin de ce symbole de la nature que se déroulera la Journée de l'arbre à Saint-Médard-en-Jalles, destinée à mettre l'arbre à l’honneur et mettre en valeur ce véritable patrimoine à la fois vivant, paysager, culturel, historique, voire même poétique.

Charte de l'arbre : la Journée de l'arbre sera aussi l'occasion idéale pour le public de consulter la Charte de l'arbre, fraîchement éclose. Ce précieux document de 72 pages vient compléter la Charte architecturale environnementale et paysagère (en place depuis 2015) qui vise à décliner le nouveau projet de territoire de Saint-Médard-en-Jalles et sert de document-conseil pour ceux (particuliers ou promoteurs) qui souhaitent construire.

La première partie de la charte, « Ce qu'est un arbre », décrit en détail le végétal, de la graine au bois mort, ses fonctions, son utilité. Presque un ouvrage de référence scientifique. Viennent ensuite la description des dommages, périls et dangers liés à l'arbre, puis les conseils pour y remédier.

Parallèlement, l'association du Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles a été missionnée pour assurer un travail de recensement des arbres remarquables dans les quartiers et établir un travail participatif avec les habitants. Avec pour objectif de repérer ces arbres, les photographier, renseigner un court descriptif sur chacun (famille, espèce, taille approximative, circonférence, localisation GPS, aire de répartition habituelle, historique éventuel, etc.) Un courrier est ensuite envoyé aux propriétaires pour leur proposer le classement et y donner suite s'ils le souhaitent.

 

Article du journal Sud-ouest du 17 juin 2016, Jean-Michel Leblanc.

Les moulins à eau sur la jalle de Blanquefort à Saint-Médard-en-Jalles.

La Jalle, appelée jalle de Blanquefort, descend des landes de Saint-Médard où elle prend sa source à 29 mètres de profondeur à Cap-de-Bos. Dans sa course, elle s'enrichit des eaux de plusieurs ruisseaux pour former l'étang de Bonneau. Elle traversait le moulin de Bonneau aujourd'hui disparu. Grossie de la jalle de Martignas, elle passe sous le moulin de Caupian. Dans la poudrerie, elle baigne les ruines du château Le Castéra (XIVème siècle). Elle continue, fertilisant les jardins maraîchers, glisse sous le Pont-Rouge, alimente le moulin de Gajac, coupe la route départementale D6 Bordeaux-Lacanau. Ses rives sablonneuses permettent l'implantation de lavoirs privés et communaux auxquels de nombreuses blanchisseuses donnent vie. Elle se dirige ensuite vers le moulin du Thil, passe sous le pont de la piste cyclable (ex-pont de chemin de fer construit en 1884, rénové en 1997), longe la station de traitement des eaux de la C.U.B. et quitte Saint-Médard-en-Jalles à Gamarde. Elle traverse Le Haillan, Eysines, Le Taillan-Médoc, Blanquefort, Bruges avant de se jeter dans la Garonne après un parcours d'environ trente kilomètres.

Dans un document très ancien, il est question de « moulins à foulon » (utilisés pour le foulage des draps), sis sur la Jalle, dont l'un appelé le moulin de Cantamerle.

Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages.

Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 6-8.

 

Moulin de Bonneau.

 

C'était sûrement le plus petit de tous les moulins et le premier de la série sur ce cours d’eau. Il est près de la source. De construction classique, il possédait un déversoir en maçonnerie, un seuil en pierre de taille dure et trois pelles de fond. Une retenue d’eau fut nécessaire sous la forme d’un lac qui a complètement disparu depuis peu. En 1842, une forge s’ajoute au moulin. En 1877, une scierie actionnée par l'eau est déjà installée ; cinq hommes et un enfant y travaillent. C'est là que les « taoulets » utilisés pour la protection de la vigne de Rallye-Souges étaient fabriqués ; le mazout a, plus tard, remplacé l’eau. Rien ne subsiste de cette construction qui ne remplissait plus sa fonction de moulin depuis le milieu du XIXème siècle. Toutefois, il reste le pont et une partie du déversoir qui nous donnent approximativement l’emplacement de ce moulin. La jalle est belle à cet endroit et la végétation luxuriante. Dans les années trente, Bonneau était un lieu de promenade fréquenté surtout le dimanche.

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Moulin de Caupain ou Caupian.

 

Mentionné dès 1593 sur le registre du clerc de la ville de Bordeaux, le moulin de Caupian est de nos jours une propriété privée entretenue. Il a cependant été reconstruit au XIXème siècle. On y a fabriqué du suif destiné à l'éclairage à la chandelle, et élevé des sangsues pour leurs vertus médicinales. Très joli moulin à trois corps de bâtiment situé dans un cadre de verdure exceptionnel. Il fait toujours frais l’été à l’ombre des vergnes et autres espèces spécifiques des bords de jalle. On peut l’apercevoir depuis le pont. À la belle saison, cet endroit très connu, était le rendez-vous de la jeunesse saint-médardaise et des environs : on se baignait, on faisait du bateau, on dansait, on riait beaucoup, on refaisait le monde et surtout on avait vingt ans.

Le site du moulin de Caupian, toujours agreste et frais l'été, n'est plus pourtant ce qu'il reste dans nos souvenirs. Il a été modifié et il n'est plus question de plonger de son toit dans le bassin devant la façade, où l'eau est profonde. On ne se baigne d'ailleurs plus à Caupian, on ne lézarde plus sur le sable de l'île, entre le cours principal de la rivière et le bras de fuite du déversoir. Plus d’infos : www.saint-medard-en-jalles.fr

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Moulin de la poudrerie.

 

Par bail à fief du 19 novembre 1660, le sieur Jean Duperrier achète un terrain ainsi que le cours d’eau pour aménager six moulins à poudre noire (mélange de salpêtre, soufre et charbon de bois). Peu de temps après, le sieur Duperrier meurt dans l’explosion des moulins. Ensuite, on retrouve la trace de deux moulins seulement. En 1808, le moulin Saint-Louis est détruit par la foudre ; en 1816, le moulin Sainte-Barbe subit le même sort : les deux sont reconstruits. Ils étaient dits à battants, c'est-à-dire à roue verticale. Ils figurent sur les plans cadastraux de 1808 et 1843. Par contre, l’ordonnance du roi de 1844 parle de « la porte d’entrée du moulin de la poudrerie » et de « la façade de la maison d’habitation de la poudrerie ». Les seuls vestiges présents de nos jours sont l’entrée et la sortie du canal de fuite et les emplacements taillés dans la pierre pour le passage des roues à aubes.

 

Moulin de Gajac.

Propriété privée en bon état appartient aux descendants de la famille Castaing.

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Moulin du Thil.

Situé dans le domaine du Thil, zone de protection des sources de Gamarde appartenant à la Lyonnaise des Eaux. Au début du XVIIIème siècle, on retrouve encore la trace de deux moulins au Thil dont l’un possédait quatre meules. L’ordonnance du roi n’en signale qu’un seul. Aujourd’hui, subsistent les soubassements, avec douves, d’un de ces moulins.

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Rappel des noms des 18 moulins à eau qui ont existé sur l’ensemble de la Jalle de Blanquefort.

moulin de Grangeot (commune de Blanquefort)

moulin de Cantaret (Canteret) (commune de Blanquefort)

moulin de Goy (Gua) (commune de Blanquefort)

moulin de Majolan (commune de Blanquefort)

moulin Noir (ou Plassan) (commune d’Eysines)

moulin Blanc (ou Lalande) (commune d’Eysines)

moulin de Jallepont (commune du Haillan)

moulin de Bussaguet (commune du Haillan)

moulin du Moulinat (commune du Haillan)

moulin du Thil (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Cantelaure (commune de Saint-Médard-en-Jalles) à côté du Thil

moulin de Gajac (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulins de la Poudrerie (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Caupian (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Bonneau (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Peynau (commune de Martignas)

moulin de Bidon (commune de Martignas)

moulin de Grésillas (commune de Martignas).

Source : Le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, mai 2012, n° 35. Voir son site : patrimoine.webjalles.org

 

 

 

Les bornes de l’histoire.

 

Pour la fête du quartier, le centre d’animation du Feydit a préparé une exposition sur un patrimoine peu connu. Le projet « Les Bornes débusquées », mené en partenariat avec l'Association du patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, parle d'histoire, de celle du canton tel qu'on ne le connaît pas, celle des limites entre communes, entre seigneuries ou commanderies. Cette exposition est le fruit du travail et des recherches de plusieurs amoureux du patrimoine, de découvreurs et de photographes.

Le temps, les travaux publics ou forestiers font régulièrement tomber des bornes qui datent de plus de trois siècles pour certaines, rendant de plus en plus difficile, voire indéchiffrable l'histoire des limites communales. Souvent détériorées, si elles ne sont pas ensevelies, elles sont, au gré du temps, récupérées par des particuliers, déplacées ou simplement mises de côté. Une de ces bornes a été retrouvée, coupée en trois, servant à maintenir un pressoir à Magudas. D'autres décorent des jardins. D'où l'idée de les préserver, idée qui a germé dans la tête du petit groupe de travail du centre d'animation de Feydit. C'est en partant des bornes qui séparaient Saint-Médard-en-Jalles de sa voisine Martignas que la quête commence. C'est aussi l'histoire d'un long procès de 250 ans entre les deux communes pour en fixer avec certitude leurs limites. Un peu plus vers l'Est, ce sont les bornes seigneuriales qui séparaient le fief du Thil et celui de Veyrines.

Cette exposition s'attache à expliquer l'histoire des bornes depuis la nuit des temps, des menhirs jusqu'à nos bornes kilométriques en passant par les milliaires, le long des voies romaines, les bornes royales, ou encore celles qui portent des croix de Malte, des armoiries en forme de croissants (Jurade de Bordeaux), ou les géodésiques qui servent de repères permanents. De fil en aiguille, le groupe de travail a réalisé une très belle exposition avec plus de 30 photos qui expliquent largement l'histoire des bornes, et une carte très précise.

Article du journal Sud-ouest du 22 juin 2011, Catherine Philippe.

 

Les bornes milliaires.

 

Dans la Rome antique, les bornes milliaires étaient des bornes routières en pierre généralement en forme de colonne portant une inscription et destinées à marquer les distances sur le tracé des principales voies romaines d'Italie et des provinces romaines. Comme leur nom l'indique, les distances étaient mesurées en milles romains, soit environ 1 460 mètres. Toutefois dans les provinces gauloises les distances peuvent parfois être exprimées en lieues ; on parle alors de borne leugaire.

 

Les bornes.

 

Les bornes se trouvant sur la commune sont dispersées et se trouvent soit à la frontière avec la commune de Martignas (borne du Nigès), soit à Hastignan ou près de Salaunes...

Les bornes qui délimitaient la commune ou le passage des pèlerins sont au nombre de quatre dénombrées.

 

La borne de Nigès : cette borne délimite les communes de Martignas et de Saint-Médard-en-Jalles. Elle se trouve dans une jalle près de la clôture du CAEPE, en allant à Moulin Bonneau à l'entrée du CAEPE numéro deux dépendant de Martignas. Nous pourrons la voir en suivant le lit de la jalle en partant du CAEPE et en enjambant par  le pont du soldat, on monte la cote la plus haute de Saint-Médard (28 mètres), en plongeant vers la jalle et en la suivant, nous découvrons cette borne enfoncée dans la vase mais pesant tout de même plus de mille kilos…

 

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Informations tirées du site : http://patrimoine.webjalles.org/

Les premiers lavoirs.

 

Origines.

La consultation des archives municipales et départementales ne nous a pas permis de déterminer avec précision la date d'implantation de lavoirs en général sur notre commune. En effet, seuls figurent sur ces documents les lavoirs construits par décision du conseil municipal. Nous pouvons facilement imaginer que chaque propriétaire de terrain en bordure de ruisseau, pouvait construire un abri à usage personnel et de ce fait, non inventorié.

Selon notre recherche, ce serait aux environs de 1820 que fut décidée, dans de nombreux villages de France, la construction de bâtiments conçus spécialement pour le lavage du linge.

Dans une correspondance de décembre 1819 adressée au comte de Tournon, alors préfet de la Gironde, par Jean Eyquem, maire de Saint-Médard-en-Jalles, il est mentionné un emplacement «...servant de tems immémorial de lavoir aux habitans du village de Gajac...», et quelques lignes plus bas «...monsieur Caries, habitant de Gajac comme ayant depuis plus de quarante ans un lavoir pour le lavage de laines établi dans cet endroit...». S'agit-il du premier lavoir sur la commune appartenant à un particulier ? Rien ne permet de l'affirmer. En juillet 1821, le maire Berninet signait un arrêté concernant l'interdiction de se baigner dans le bassin existant devant la partie supérieure du moulin à poudre, afin de ne pas gêner les savonneuses. Ce n'est qu'en 1823 qu'apparaît la mention d'un lavoir communal, en bordure de la Jalle, à proximité de la poudrerie. Puis, en juillet 1847, une décision municipale, signée de François Peychaud, adjoint au maire Jérôme Justin Delmestre, interdisait la baignade dans les «...lavoirs et abreuvoirs publics qui sont à l'est et à l'ouest de la poudrerie, à celui du pont Courau, et au pont de Gajac...». Sur le cadastre de 1843 (section G dite d'Issac) figure le lavoir de M. Balguerie, près du pas du moulin vieil sur la Capette (affluent de la Jalle). Toujours dans le domaine privé, sur un plan daté de juillet 1864, relatif à l'atelier de mégisserie de Poplineau à Gajac, figurent le lavoir susnommé, et celui du sieur Duban.

Tout ceci laisse supposer, malgré les renseignements fragmentaires que nous possédons, qu'il n'était pas indispensable pour les édiles de s'investir impérativement dès les années 1851-1852, comme nous en avions émis l'hypothèse. Néanmoins, en novembre 1864, vu le nombre croissant de blanchisseuses, le maire Frédéric Thévenard «...communique au conseil ses projets d'établissement de lavoirs publics recouverts sur tous les bords de la Jalle où se pratique le blanchissage du linge dans cette commune...», mais il ajourne la présentation des plans et des devis en attendant «...une situation plus favorable de nos finances fortement

engagées par un vote récent du conseil...».

Il s'agit, en l'occurrence, de la réfection de l'église qui s'effectuera quelques années plus tard.

De 1866 à mai 1871, trop rapidement pour pouvoir prendre d'importantes décisions, se succèdent quatre maires :

• Jérôme Delmestre (de juillet 1866 à son décès en avril 1870)

• Fabien Maizonnobe (d'avril à novembre 1870)

• Toussaint Balestic (de novembre 1870 à janvier 1871)

• Frédéric Delmestre (de janvier à mai 1871)

• Puis à nouveau Fabien Maizonnobe jusqu'en novembre 1878.

En novembre 1875, une demande est formulée auprès du conseil municipal, à titre privé, par le sieur Castaing André de Gajac, pour l'établissement sur les bords de Jalle d'un hangar de 20 m² de superficie « destiné à servir d'abri à sa femme et pour la faciliter dans son industrie du blanchissage ...». Accord donné par les membres du conseil municipal moyennant une taxe annuelle de dix francs, payable au nom du receveur communal.

Nous trouvons également mention, en août 1877, du lavoir couvert le long de la Jalle sur la propriété de M. Baquey. En novembre 1877, le lavoir communal du Pont Rouge, appelé parfois de Berri, semble prendre corps, puisque le maire Fabien Maizonnobe présente un devis pour la couverture d'un lavoir à établir en ce lieu, d'un montant de mille six cent quatre-vingt seize francs. N'ayant pas d'autre précision, pouvons-nous considérer ceci comme étant son acte de naissance ? Oui, car deux ans après, un crédit sera voté par le conseil municipal pour travaux à réaliser sur ce lavoir. De 1881 à 1885, après de nombreuses transactions entre la municipalité et l'administration des poudres, l'acquisition de terrains par cette dernière entraîne la suppression des lavoirs dits d'amont et d'aval à Gabachot et l'achat par la municipalité de Charles Chaumel, d'un terrain appartenant à Madame Veuve Despax pour la construction d'un lavoir communal. C'est la naissance du lavoir du Gabachot, appelé aussi du «113 », numéro d'un bâtiment de la poudrerie, démoli en 1969 et situé à proximité de l'ancienne usine de lavage de laines Salières et de l'actuelle rue Jehan Dupérier. Autres lavoirs de la commune dénombrés en 1895 : celui de Caupian avec voie d'accès du chemin de Candale à la Jalle, sans autre description, et celui de Milavie, près du Thil, utilisé par les blanchisseuses de Germignan, à la limite du Taillan-Médoc.

En revanche, aucune note, à titre communal, des lavoirs d'Issac ou de Magudas.

En ce qui concerne Gajac, là encore les archives municipales n'offrent aucune trace de vie ni de mort de lavoir communal dans ce quartier, sauf concernant celui des années 1927-1928 dont nous parlerons ultérieurement. Selon des personnes nées en ce premier quart du XXème siècle, il n'y eut jamais de lavoir entre celui du Pont Rouge et le moulin de Gajac. Ces « vieilles paroles » affirment également que, sur la rive gauche de la Jalle, entre le pont et la bergerie de la famille Castaing, il y avait deux lavoirs (dont un à Chevallereau) situés en face de l'actuelle piscine, et qui permettaient aux blanchisseuses du Camp des Lanciers de profiter de l'eau pure de la Jalle. En face de ceux-ci, côté piscine, à proximité du petit pont de bois, inauguré pour le bicentenaire de la Révolution française, se situait un très grand lavoir, derrière le corps de bâtiments formé par « l'Élysée » et les commerces annexes. Le lavoir, sous lequel pouvaient travailler 15 à 25 personnes, appartenait, selon toute vraisemblance, à des propriétaires de Gajac. Sont souvent cités les noms de Elissalde (qui n'a pas entendu parler de Zénie, dite « la mère lunettes »?), de Louis Lagurgue, propriétaire du restaurant « les Charmilles » (actuel bar-tabac) et de Charles Dupuy, propriétaire de l'actuelle pharmacie Gadret, conseiller municipal à la fin du XIXème siècle, commerçant et figure emblématique du quartier. Puis de ce lavoir, toujours sur la rive droite de la Jalle et jusqu'à l'actuel lotissement dit « Le Baladot » (rue Florian et rue Nodier) bien avant le Pas Jallès et Le Thil, s'égrenait une multitude de lavoirs privés, construits sur d'étroites bandes de terrains, parfois de « la largeur d'une brouette chargée de linge » et aujourd'hui exploitées en jardins potagers ou d'agrément. Emplacements sensiblement parallèles au cours de la Jalle, la place de Gajac (place de la Liberté), celle de la Carreyre, et la rue Maurice Duport (ancien chemin rural de Gajac à Eysines), offraient la possibilité à ses habitants de posséder un lopin de terre descendant en pente douce vers le ruisseau, et par voie de conséquence, d'y établir un abri pour le blanchissage. Ils furent très nombreux à le faire et nous ne pouvons ici, à défaut de dresser une liste exhaustive, que nous contenter d'énumérer quelques patronymes maintes fois évoqués : les Toumilhac, Adeline Deris, Jean Déniges, Arnaudine Dupuy, Dumont, Montignac-Caudéran, Capuron-Andron, Jeanne Delprat dite « la Périqorde », Duluc, Pelletan, Daix, Jeanne Salmon, Lestage-Montaudon, voire encore Castaing au « Baladot » où venaient laver entre autres Albanie Bouchon, Élyse et Charlotte Dongey, les « cordonnières », Suzanne Duprat, Marie Roux,

Yvonne Rafis...

C'était le dernier lavoir avant le moulin du Thil.

L'ultime lavoir que nous avons connu à Gajac, fut décidé et édifié par la municipalité d'Antonin Larroque au pied du pont, sur la rive droite de la Jalle, sur l'actuel terre-plein entre le pont et la piscine. En août 1927, Élie Courbin est chargé par le maire de procéder à une étude en vue de la construction d'un lavoir à Gajac. En octobre de la même année, la décision est prise par le conseil municipal et l'adjudication des travaux fixée au 6 novembre. Le charpentier René Berlan ayant été seul soumissionné pour la construction de cet édifice, le maire est chargé de lui faire consentir sur son devis un rabais de deux cents francs. La construction s'effectuera certainement dans le premier trimestre de 1928 puisqu'en avril des demandes de location de place sont formulées et, en décembre de la même année, est décidée, par le conseil municipal, la pose d'une ampoule électrique pour suppléer la bougie et la lampe à acétylène. Cependant l'effectif des blanchisseuses diminuait déjà, ce qui fit écrire à l'opposition, lors de la campagne électorale des municipales de 1929 : « le maire a mal agi en construisant un lavoir pour quelques blanchisseuses ». Ce bâtiment sera détruit trente ans après.

Un lieu de rencontre.

 

Le lavage du linge étant une tâche dévolue aux femmes, depuis la nuit des temps, il est de ce fait logique que le lavoir, ou tout autre point d'eau utilisé, soit le lieu de rencontre et de réunion de la gent féminine. Même sur les cartes postales nous n'apercevons aucune silhouette masculine, hormis lors de corvées militaires. Les hommes choisissaient de se réunir auprès de la forge du maréchal-ferrant ou au café, à l'auberge pour converser, consommer ou encore jouer. C'était leur « chapelle » à eux. Le lecteur a certainement compris, mais nous tenons à le préciser, il ne sera question, en ces lignes, que des emplacements ou lavoirs au bord des ruisseaux et nullement de ceux qui furent construits dans les buanderies particulières au moment de la Belle Époque. Les bords de Jalle et leurs lieux de travail occupaient une place prépondérante dans la vie de ces femmes. Lieu de rencontre, de communication entre toutes ces personnes de conditions sociales semblables et modestes qui découvraient pêle-mêle les nouvelles communales, les événements bordelais ou nationaux et élaboraient à leur manière, une revue de presse, un bulletin d'information, le journal parlé de la paroisse. Et l'on peut raisonnablement penser qu'étant fort loquaces, elles avaient toutes leur mot à dire sur les événements aussi sérieux et souvent dramatiques que l'affaire Dreyfus, la séparation de l'Église et de l'État, la grippe espagnole de 1918-1919, les deux guerres, en particulier la Grande, ou encore la fermeture de l'église en l'absence du curé, les Croix-de-Feu, le Front populaire, sans oublier les rivalités politiques entre les municipalités Martin et Larroque, les mouvements de lutte des poudriers et bien d'autres sujets encore. Le lavoir était aussi l'endroit où l'on chantait beaucoup, peut-être l'éternel « Temps des cerises » ou « La Madelon » ou encore les refrains de l'époque. Mais c'était encore le parloir où tout se disait, tout se racontait avec rires et larmes, où toutes les joies et peines quotidiennes étaient mises à nu. On évoquait l'espoir, les naissances (dont les dates étaient minutieusement contrôlées), les maladies, les craintes, les décès... les cœurs causaient entre eux, et ainsi s'épanchaient. C'est aussi en ce lieu, que se dévoilaient les premières rencontres faites au bal, les amours des uns, les secrets d'alcôve des autres, se nouaient et se dénouaient les intrigues. C'était la plus diversifiée, la plus prisée et surtout la plus croustillante des rubriques en ce salon du XIXème siècle. Les commérages foisonnaient, les langues se déliaient, car elles n'étaient pas infirmes de cet organe charnu nos lavandières, à tel point que certains auteurs n'hésitaient pas à les qualifier de « moulins à paroles siégeant dans la chambre des députés ». Abandonnons cette image caricaturale du lavoir, car force est de constater qu'il demeure avant tout le site où « nos » blanchisseuses s'échinaient de nombreuses heures dans des conditions parfois laborieuses.

C'était effectivement leur lieu de travail, au même titre que le fournil du boulanger, la « poudraille » du conjoint, l'usine du « métallo » ou le bureau du « rond de cuir », et c'est là que le linge crasseux était non seulement blanchi, mais aussi purifié.

Description.

 

Le lavoir était un bâtiment en bois de forme rectangulaire ressemblant à une halle ou à un hangar. De dimensions très variables, il allait de l'individuel (deux ou trois places) au collectif abritant de quinze à vingt cinq personnes, coude à coude, sur les rives du ruisseau. D'épais piliers, généralement de chêne ou d’acacia, renforcés par des consoles métalliques, souvent protégés de l'humidité par des pierres de taille ou des dés de ciment, supportaient une rudimentaire charpente en chêne ou en pin des Landes, avec toiture en bâtière et tuiles creuses. L'expérience ayant démontré que les toitures munies de tuiles creuses, maçonnées au mortier, offraient une excellente résistance aux mauvaises conditions atmosphériques, il nous est facile d'imaginer que l'argile extraite et façonnée par la tuilerie Gravey de Saint-Aubin-du-Médoc, dès le milieu du XIXème siècle, servait à couvrir en majorité les lavoirs de la commune de Saint-Médard-en-Jalles. Ces abris exposés aux quatre vents bénéficiaient toutefois de protections contre les intempéries, essentiellement vers l'ouest, grâce à des panneaux de planches en pin ou des auvents rabattables. Sous ces constructions, au sol rarement aménagé si ce n'est par le dépôt d'un simple lit de grave, aucune dalle ne protégeait les pieds des lavandières, et a fortiori, aucun aménagement spécifique ne facilitait l'accomplissement de leur besogne. Aussi, est-ce essentiellement à l'aide de la brouette, que s'effectuait le transport du linge et du matériel, de la maison d'habitation au rivage et suivant les dires des témoins, ce n'était pas une mince affaire.

Location.

 

Nous n'avons aucun document tangible permettant de connaître les conditions de location des lavoirs privés. Nous avons cependant cru comprendre qu'à Gajac, Charles Dupuy, dont nous avons parlé précédemment, marchand de son état et présumé propriétaire de lavoirs, facilitait l'accès de ce lieu, moyennant l'achat de savons, lessives, brosses et autres ustensiles de son commerce. D'autres, certainement, devaient s'échanger mutuellement des services, en travaux domestiques quotidiens ou encore saisonniers dans le secteur agricole. En ce qui concerne les lavoirs communaux, les municipalités louaient des emplacements de lavoirs, fort prisés, aux blanchisseuses qui les sollicitaient. Nous avons retrouvé traces, dans les comptes administratifs de la commune durant les années 1880-1890, de locations appelées indifféremment ferme, droit de plaçage ou encore droit de lavoir. Par ailleurs, les délibérations des conseils municipaux nous renseignent sur ces procédures :

• en juillet 1886, « approbation par le conseil du droit des blanchisseuses occupant des places au lavoir public du Pont Rouge »,

• « M. Lurine Marcel, prévient le conseil qu'à partir du 1er janvier 1917, il n'est plus locataire de deux places qu'il occupait au lavoir du Pont Rouge »,

• « Madame Veuve Lecan, Mlle Alice Montignac et Monsieur Pierre Cargou qui ont pris des places en septembre au lavoir 113, paieront quatre francs par place pour l'année 1920 »,

• janvier 1926 : « diverses demandes de location de loges aux lavoirs communaux ayant été faites, sur la proposition de la commission, le conseil décide d'agrandir ces lavoirs afin de pouvoir donner une suite favorable à ces demandes et porte à trente francs par an la location des places » et ceci à compter de la date du 1er janvier 1927.

• Durant cette même année on relève la demande de Madame Bellocq, du Gabachot, pour location d'une place.au lavoir central, ainsi que celle de Madame Duvignère. Ces places seront accordées dans l'ordre des demandes déjà faites. Le lavoir de Gajac étant construit, on peut lire, à la date du 15 avril 1928 : « Le conseil donne avis favorable aux demandes de location au lavoir de Gajac de Messieurs Gaury deux places - Henriot deux places - Delort une place - Veuve Triscos une place - Robin une place - Veuve Duluc une place ». Le prix de la location de ces places est fixé à trente francs par an. Pour 1928, le prix sera de vingt francs seulement.

- Le conseil municipal accepte de louer à partir du 1er janvier 1930 à « Monsieur Pagan Amédée, les places occupées par Monsieur Rumeau Charles, au lavoir du Pont Rouge, dont la cessation date du 31 décembre 1929 ».

Étaient également loués par la commune, les étendoirs, ces surfaces herbeuses, parfois munies de piquets d'acacia, permettant avec adjonction de fils, de cordes, d'étendre le linge.

• Ainsi en octobre 1893, « le maire soumet au conseil le plan des emplacements situés à Gamarde et devant servir à l'étendage du linge ; ces emplacements devant avoir chacun six cents mètres environ, soit au nombre de vingt-sept. Le conseil approuve le plan, fixe le prix de chaque emplacement à douze francs l'an. »

• « Le conseil municipal autorise en mars 1894 l'étendage du linge sur le champ de foire... ainsi qu'à Gabachot... moyennant un loyer annuel de douze francs par lot de six cents mètres environ» Mais le conseil en juin 1904 « veillera à ce que les vaches cessent de pacager sur le champ de foire et sur la prairie réservée aux blanchisseuses au lavoir de Gabachot ».

- Le 18 novembre 1923, le conseil décide qu'à partir du 1er janvier 1924 le prix des étendoirs sera ainsi fixé :

• Gajac : M. Laborde - dix francs

• Corbiac : M. Etienne Martin - dix francs ; M. Parenteau - cinq francs

• Magudas : Boyrie - soixante francs, soit quinze francs les six cents mètres ; Alcide Martin - quinze francs, soit quinze francs les six cents mètres.

• Camp des Lanciers : Armand Daurat, - soixante quinze francs

Le 22 janvier 1926, Mme Veuve Bouchon à Gajac ayant abandonné l'étendoir du Pas Jallès, Mme Veuve Duport a demandé à le louer. Le conseil fixe le prix de cette location à trente francs l'an.

- En février 1927, demande de location d'étendoirs aux Ardilleys formulée par MM. Edmond Gérard et François Rambert. Coût cinquante francs l'an.

- Le conseil municipal accepte de louer à Bunurut Bertrand à Gajac, en avril 1928, un étendoir en prolongement de celui loué à Lapierre au prix de trente francs l'an. « Avis favorable est donné à la demande de location d'un étendoir à Gajac formulée par M. Garon Jules, à partir du 1er janvier 1933 pour un prix de trente francs l'an, ainsi qu'à M. Ducamin.» Enfin, pour terminer cette énumération, non exhaustive, à la date du 8 novembre 1934, « le conseil accepte de louer pour étendoir deux morceaux de terrain situés à Gajac, l'un à M. Garon Jules, l'autre à M. Bouchon Alcide au prix de trente francs par an, à partir du 1er janvier 1935 ».

Nous avons pu constater combien les emplacements des bords de Jalle étaient prisés par les lavandières, certaines venant même du centre bourg. Mais que dire des étendoirs, plus rares et difficiles à obtenir, d'un coût élevé et souvent très éloignés des lieux de lavage ?

Entretien.

 

Exposés à toutes les intempéries et à tous les vents, trop souvent inondés en hiver, justifiant l'interdiction d'accès, les lavoirs communaux des bords de Jalle nécessitaient beaucoup d'entretien et de nombreuses réparations; nous ne citerons ici que quelques interventions :

           • le 16 février 1879, le conseil vote un crédit supplémentaire pour travaux exécutés au lavoir communal du Pont Rouge construit il y a à peine deux ou trois ans ! Ce lavoir devait être particulièrement vulnérable, puisqu'en novembre 1890 il y a «obligation de procéder à diverses réparations », avec rappel en mars de l'année suivante, et mise en adjudication le 20 octobre 1895,

• encore lui, le 21 novembre 1909, « le lavoir du Pont Rouge est en mauvais état, il serait urgent de réparer la toiture et mettre de la grave ; le conseil délègue Messieurs Charlot et Eyquem pour visiter les lavoirs et rendre compte au conseil des réparations qu'il y aurait à faire »,

• à la date du 11 février 1912, on peut lire, toujours dans les délibérations du conseil municipal « réparation à neuf du lavoir demi-démoli contre la poudrerie ». Il doit s'agir du lavoir de Gabachot, dit aussi du « 113 »,

• en septembre 1919 le conseil municipal décide de consolider le poteau du lavoir dit du « 113 », et renvoie à plus tard les réparations du lavoir du Pont Rouge,

• de ce fait, le 15 septembre 1935, « le conseil autorise le maire à passer un traité de gré à gré avec M. Berlan René, charpentier pour la réparation du lavoir du Pont Rouge, la dépense s'élevant à environ deux mille cinq cents francs ».

Après les bombardements aériens de la seconde guerre mondiale et en particulier celui de la nuit du 29 au 30 avril 1944, les lavoirs communaux furent particulièrement endommagés. Lors de la séance du 11 janvier 1948, le conseil municipal constate les nombreux dégâts et envisage la restauration. « Le lavoir situé près de la poudrerie a été éprouvé par le bombardement, aucun constat n'a été fait au titre des dommages de guerre, des réparations urgentes s'imposent. Deux solutions envisageables. - réparations sans démolir les deux travées aval, en soulevant la toiture en changeant les pannes cassées. - démolition de ces deux travées en récupérant les matériaux pour la réfection des travées restantes. Monsieur le maire propose au conseil d'adopter cette deuxième solution qui évitera l'achat de tuiles. Il faudra fermer la façade ouest. Cette proposition est adoptée par le conseil municipal. Le lavoir situé au Pont Rouge a été également très éprouvé par le bombardement et aucun constat n'a été fait. Il convient de « réfectionner » la toiture et de remplacer environ deux cent cinquante tuiles qui ont été volées. Il faudra également fermer en planches les deux pignons nord et sud, et remettre les quatre portes qui manquent ».

Aussitôt un appel d'offre a été lancé auprès des entrepreneurs de la commune et le 29 février de la même année, les travaux sont confiés à M. Jossomme pour un montant de 68 843 F devant M. Berlan 69 500 F et M. Roux 69 686 F. Et le 18 avril 1948, « Monsieur le maire donne connaissance, au conseil municipal, d'une lettre du service de la Reconstruction, admettant le classement des lavoirs communaux dans les dommages de guerre ».

Disparition.

 

Nous l'avons dit et ne cesserons de le répéter, le travail des blanchisseuses était très ingrat. Accompli quotidiennement dans des circonstances exécrables (horaires démesurés, manipulations lourdes et fréquentes, risques sanitaires, conditions atmosphériques trop souvent mauvaises), ce labeur accordait la possibilité d'une rémunération, lorsqu'il y en avait une, permettant à peine de se sustenter frugalement. À titre indicatif, et manions ces chiffres avec une extrême précaution, en 1912 le gain journalier d'une blanchisseuse, souvent établi en fonction du nombre de bastes de linge propre oscillait, d'après l'ouvrage « La parole des anciens », autour d'un franc cinquante, alors qu'en 1914, le kilogramme de pain coûtait quarante à cinquante centimes suivant les régions de France et celui du bœuf, viande la moins chère, plus de deux francs. Aussi lorsqu'après les « munitionnettes » de 1914-1918 (ainsi étaient appelées les femmes travaillant dans les usines de guerre), la poudrerie ouvrit ses portes, le personnel féminin s'y engouffra. Pour toutes ces femmes dont les pères, époux, fiancés ou frères eurent le triste privilège d'avoir leur nom gravé, dès 1922, sur le monument aux morts de la commune (près de cent cinquante noms pour une population de 5 046 habitants en 1911), il était primordial d'essayer de réagir, de maintenir ce qui subsistait de la cellule familiale, en un mot de vivre ou au moins de survivre. Certaines donc, furent embauchées à la poudrerie, bénéficiant de l'emploi de proximité, ce qui leur permettait d'effectuer par ailleurs quelques travaux occasionnels et surtout de jouir d'une rémunération décente (deux francs cinquante par jour, d'après les sources indiquées plus haut). D'autres, n'ayant peut-être pas les mêmes possibilités ou aptitudes, durent ou préférèrent aller à Bordeaux solliciter un emploi de domestique. Elles devinrent servantes, lingères, repasseuses, cuisinières ou femmes de chambre dans les maisons bourgeoises, les hôtels ou les maisons de santé. Ainsi nombreuses furent les femmes de la commune à abandonner, après la Grande Guerre, le travail de blanchisseuse, pour rechercher un emploi moins pénible et plus rémunérateur, afin de pallier l'absence, au sein du foyer, de l'homme disparu. Outre cet exode communal et progressif, nous devons signaler, quelques années avant la seconde guerre mondiale, la création à Saint-Médard-en-Jalles de deux blanchisseries industrielles : en 1933, Dugay à quelques encablures du château de Gajac et Delest en 1935 à Hastignan, près du chêne de Tanéou.

Enfin, un équipement ménager révolutionnaire devait rendre les lavoirs obsolètes et les lavandières inutiles, il s'agit, bien entendu, de la machine à laver le linge. Née au milieu du XIXème siècle, conçue électriquement en 1901 par l'américain Alva J. Fisher, elle commença à prendre place dans les foyers français en 1960-1965, soit près de cent vingt ans après sa création. Et c'est au cours de cette même décennie, en décembre 1967 plus exactement, que Roland Lurine créa dans le hameau de Magudas, l'unique entreprise de blanchisserie industrielle qui subsiste encore en notre commune, et dont les employés, une quarantaine, viennent de fêter les six lustres. Aussi, délabrés, délaissés, classés inutiles puisque non fréquentés, les lavoirs ne tardèrent pas à disparaître du paysage au fil des ans, surtout ceux des particuliers, qui s'étaient déjà éteints avant les sombres heures de 1940. Seul, le lavoir communal de Gajac, construit en 1927-1928, demeura au service des rares lavandières jusqu'en décembre 1957, date à laquelle la municipalité de Christian Dussedat fit un appel d'offre pour sa démolition afin d'envisager la construction de la piscine. Plus ancien, celui du Pont Rouge fut également condamné au cours de la même séance du conseil municipal «sous réserve que toutes les tuiles reviendront à la commune ». Autre lavoir-communal, celui du « 113 » bénéficia quant à lui, en 1957, d'une restauration, mais ce ne fut qu'un sursis. Il se serait effondré, aux dires des riverains, dans le lit de la Jalle dans les années 1975-1978. De nos jours, seuls les pieux enfoncés dans la Jalle, sur les limites de propriété et visibles lors de l'étiage estival, sont les vestiges de ces constructions disparues et le caquetage des blanchisseuses de Gabachot au Baladot s'est tu à jamais.

Livre de René Daix, Les blanchisseuses de Gajac, Saint-Médard-en-Jalles, éd association du patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, mars 2001, 32 pages.

 

Balade à Saint-Médard-en-Jalles.

 

Les nombreux cours d'eau, les jalles, qui sillonnent la commune n'ont pas seulement donné leur nom aux terres qui entouraient l’ancienne église paroissiale de Saint-Médard. Ils expliquent aussi l'histoire humaine, agricole et industrielle de la commune.

La Jalle et les jalles.

 

La Jalle est le plus important des cours d'eau qui traversent Saint-Médard-en-Jalles. Elle prend sa source à Cap-de-Bos (à l'ouest de la commune), s'enrichit des eaux d'autres jalles pour former le bel étang de Bonneau, et termine sa course dans la Garonne après un nouveau parcours d'une trentaine de kilomètres. Les jalles sont aussi à l'origine du destin industriel de la ville. L'histoire remonte à 1660 quand Jehan Dupérier acheta un terrain à Henri de Montaigne, au lieu-dit Le Castéra, pour y construire quatre moulins. Il y moulait, non pas du blé, mais des matériaux destinés à fabriquer la poudre à fusil. Mort dans l'explosion de ses moulins, il n'en est pas moins à l'origine de la Poudrerie royale, puis nationale, un établissement de première importance pour les armées.

 

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Les moulins.

 

Le moulin de Caupian était déjà mentionné au registre du clerc de ville de Bordeaux en 1593. Il a cependant été reconstruit au XIXème siècle. On y a fabriqué du suif destiné à l'éclairage à la chandelle, et élevé des sangsues pour leurs vertus médicinales. Plus récemment, les enfants s'amusaient à plonger du toit dans les eaux profondes de son bassin. C'est aujourd'hui interdit!

Le moulin de Gajac, qui figure dans un parchemin médiéval de 1289, a lui aussi été plusieurs fois remanié. Le bâtiment actuel date des XVIII et XIXèmes siècles. Il se caractérise par trois paires de meules (lesquelles étaient déjà mentionnées dans les actes de 1776). Ses vannes sont par ailleurs toujours manœuvrées par la propriétaire actuelle afin de maintenir les niveaux de la Jalle et de protéger les berges. Ces deux moulins figurent à l'inventaire des Monuments historiques. Ils ne se visitent pas, mais leurs alentours offrent des balades très agréables.

 

Le site du Thil-Gamarde.

 

Grâce à ses nombreuses sources, notamment celles de Gamarde et de Cap-de-Bos, le territoire saint-médardais alimente en eau potable près de 20 % de la Communauté urbaine de Bordeaux. C'est entre 1922 et 1928 que la ville de Bordeaux s'approprie les lieux de l'ancien moulin du Thil pour y capter les sources et établir l'usine de potabilisation de Gamarde. Puisée jusqu'à 400 m de profondeur, l'eau y est filtrée et désinfectée avant d'être stockée dans un réservoir et distribuée sur le réseau de l'agglomération. À noter : des visites du site sont régulièrement organisées par La Cub et Lyonnaise des eaux.

 

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Le Castéra.

 

Dans l'enceinte de la Poudrerie, sur la rive droite de la Jalle, des ruines émergent du sol marécageux. L'ancien Castéra, mot gascon pour désigner une forteresse, date du XIVème siècle. Construit en pierres d'une jolie couleur jaunâtre, certainement de la molasse de Caupian, ce petit manoir fortifié possédait quatre tours orientées aux quatre points cardinaux. Des fossés alimentés par la Jalle protégeaient l'enceinte. À l'extérieur, la basse-cour était entourée d'un second fossé. Malgré cet aspect défensif, le Castéra semble plutôt avoir été conçu comme une confortable demeure féodale.

 

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Les bords de jalle.

 

À l'entrée de la ville, le long de la Jalle, une formidable aire de loisirs a été aménagée. Elle comprend des terrains de sport, une aire de jeux pour les enfants, une esplanade de tir à l'arc et une aire de pratique des sports de sable ouverte de mai à septembre, l'espace Bail' en Jall'. Les bords de Jalle de Gajac s'apprêtent, quant à eux, à devenir la porte d'entrée ouest du futur parc intercommunal des Jalles. 197 arbres y ont déjà été plantés. Ils sont les prémices d'un arboretum qui privilégiera les espèces endémiques et qui sera, à terme, un site de sensibilisation et d'éducation à l'environnement et à la biodiversité.

 

Les lavoirs.

 

Les rives sablonneuses de la Jalle ont permis l'implantation de lavoirs privés et communaux. Autrefois, le quartier de Magudas était un véritable village des blanchisseuses. Tous les lundis, été comme hiver, une file de charrettes y débarquait des tonnes de linge à blanchir pour le compte de la bourgeoisie bordelaise, des hôtels, des restaurants, des hôpitaux... Le dernier lavoir a disparu en 1958.

 

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Plus d’infos : www.saint-medard-en-jalles.fr

Source : plaquette de 28 pages « L’été des Jalles » éditée par la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) en 2012.

La maison des Ingénieurs.

 

Elle était entourée d'un morceau de terre rectangulaire qui en dépendait, le tout faisait partie du Tènement de Saint-Auban en appartenant à Gineste, de forme triangulaire confrontant aux trois chemins : de Saint-Auban au bourg à l'ouest, du moulin à poudre au bourg à l'est, et de Gajac à Sérillan au sud. La majeure partie était en terres labourables ; au sommet du triangle, on voyait les maisons de Jean Beau et de Marie Dunet, à peu près sur l'emplacement de la maison du docteur Guillot actuelle. Après la cérémonie, les assistants se rendirent « sous le porche de l'église pour la lecture du livre des comptes » : le procureur d'office Reynaud, ayant un accès de fièvre, n'avait pu se rendre et les comptes furent présentés par Séverin Martin et Michel Turon, « ouvriers ». Entre autres renseignements, on voit qu'en 1691 avait été remise à neuf la toiture de l'aile Notre-Dame. D'ailleurs, les ressources de l'œuvre étaient bien petites car elle ne possédait « qu'une petite courrège de vignes affermée sept à huit livres et quelques ruches à miel que le froid étouffe souvent » (1694).

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.42.