Le transfert du cimetière en 1842.

 

Vers la fin de la Restauration est aussi créé ce que nous appelons de nos jours l'ancien cimetière à Balanguey, par opposition au nouveau situé sur la lande de Piquès et datant de 1988. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, suivant le rang social, on enterrait les morts munis du sacrement de baptême soit dans l'église, soit près de ses murs, soit aux alentours : c'était le cimetière désigné en gascon sous le nom de porge.

À Saint-Médard, suivant le plan de la seigneurie de Jalès établi en 1748, le cimetière était situé sur l'actuelle place de l'église, côtés sud et est. Il était ceinturé par un mur de pierre, muni de trois portails. Un décret impérial d'avril 1804, diffusé en Gironde par le préfet Charles Delacroix, père du célèbre peintre, interdit les inhumations dans les lieux de culte. Par contre, il préconise les sépultures hors des villes, au moins à une cinquantaine de mètres des habitations. Ceci ne fut pas vraiment obligatoire dans les communes rurales ; néanmoins dès 1814, à Saint-Médard-en-Jalles le transfert du cimetière est jugé indispensable. « Exigu, mal entretenu, mur et portails détériorés, les animaux y séjournent à loisir. » Les conseils municipaux se succèdent mais les ressources financières manquent.

Après des discussions interminables, on réalise quelques réfections. La situation s'aggravant d'année en année, il faut repenser au transfert... mais où ?

Le choix du lieu est délicat. Le conseil municipal le prévoit dans un premier temps au sud de l'actuelle place de la République, au niveau de la poudrerie, soit côté Geneste soit côté Gabachot, puis en mai 1841 le maire Jérôme Justin Delmestre le propose à l'endroit qui s'appellera plus tard le Camp des Lanciers.

Pour des raisons inconnues, de lieux ou de personnes, ces deux solutions sont écartées.

Le choix définitif se porte vers « le terrain du sieur Balanguey au nord-ouest du bourg de Saint-Médard, au milieu des vignes, à une distance de toute habitation de plus de cent mètres et à environ six cents mètres de la porte de l'église ».

L’inauguration a lieu le 4 décembre 1842. Un long cortège part de l'église : à sa tête le curé de la paroisse, accompagné du maire Delmestre, de son conseil municipal et d'une importante population.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 22.

 

sepultureXIII-XIVe