Château Tanaïs    

Le château porte le nom de son propriétaire Tanays André, qui le fit construire par l’entrepreneur Tardy en 1767 au lieu-dit Clapot, à l’emplacement d’une vieille bâtisse. La propriété fut détachée du domaine du Clapeau au XVIIIe siècle.

Édouard Avril en fut le propriétaire en 1864 et embellit le château, il le donna en dot à son fils cadet Eugène Avril en 1872. Celui-ci restaura la maison principale, fit construire des chais et surtout fit des plantations nouvelles de vignes Il appartint ensuite à M. Jean Léglise. Celui-ci exploitait plusieurs fabriques de traverses de chemin de fer. C’était la prospérité, celles-ci se vendaient bien. Il visita le château Tanaïs et l’acheta le tout en 1886 à la famille Avril, Eugène Avril étant décédé en 1884. Il a pu acheter le château avec les meubles, c’était une pratique à ce moment-là. Jean Léglise était dit le cadet, car il avait un frère aîné Jean, dit l’aîné. Cherchant à acquérir un billard, il visita le château et acheta le tout en 1886 à M. Avril (136 620 francs). Son fils Paul (1883.1946) en hérita le 30 janvier 1912 ; il fit don du lustre de l’église de Caychac à l’occasion du mariage de sa fille en 1920.

L’ensemble du domaine de 67 hectares se composait en deux coteaux plantés de vignes, l’un au nord adossé au domaine du Grand-Clapeau, l’autre au sud, adossé au château Breillan, ses vignes de vin rouge bordaient le chemin de la Lande. Les plantations sur terrain léger et graveleux produisent un vin rouge léger très coulant et bouqueté. La vallée qui les séparait était occupée par le château, le parc et les prés et était parcourue par un ruisseau naturel qui avait permis à M. Avril de créer un étang de plus d’un hectare.

Le château produisait en 1874, 90 hectolitres de vin. En 1940, la propriété se composait d’une maison bourgeoise de 25 pièces et 3 salles de bains, confortablement meublée et en parfait état, avec électricité, eau chaude courante et froide, téléphone, chauffage central au mazout, de dépendances pour une surface totale au sol de 1 526 m², d’un parc arboré, de terres boisées de pins et de chênes ou plantées de vigne, d’un étang créé à partir d’une dérivation du ruisseau naturel, le Cournalet.

Tanaïs était la résidence secondaire de la famille Léglise qui demeurait habituellement, rue Vital Carles à Bordeaux.

 

En 1943, l’armée allemande réquisitionna l’ensemble de la propriété pour y installer un camp de repos pour les équipages des sous-marins opérant dans l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale. L’ordre de réquisition de la Feldkommandantur 529 du domaine de Tanaïs de 67 hectares est arrivé en effet très tardivement. La première occupation est le fait de l’organisation Todt RAD (Reich Arbeits Dienst) 06 790, pour loger le général et son état-major qui resteront du 22 février au 31 mai 1943. C’est cette formation qui passa le relais à la Kriegsmarine qui commença la construction de 145 maisons dans la forêt à partir de l’été 1943 jusqu’en juillet 1944 : 145 maisonnettes de quatre pièces chacune et au milieu desquelles trônait un gros poêle à bois circulaire en fonte, disséminées sous le couvert végétal ; 1 200 hommes pouvaient y être accueillis. Aucune preuve n’a été apportée de l’utilisation effective de ces logements par les troupes allemandes ; par contre, on sait que c'est l'armée française qui termina les constructions et occupa les maisons. Au départ des troupes allemandes à la fin du mois d’août 1944, le domaine sera réinvesti jusqu’au 5 octobre 1944, par une occupation d’un groupe de FFI qui partira ensuite à Dulamon.

L’État français va acheter le domaine, le 21 décembre 1949, pour le compte de l’armée, à M. Léglise qui ne voulait plus revenir à Tanaïs. Les derniers militaires seraient partis en 1962.

Le domaine a été acquis en 1995 par la municipalité blanquefortaise qui a fait raser la plupart des maisonnettes et procédé à l’aménagement afin de l’ouvrir au public. Une partie fermée est réservée au club sportif Indian’s Arc, une autre transformée en réserve naturelle ; on y trouve aussi un sentier botanique et un parcours d’orientation... C’est devenu un grand lieu de promenade. Le château est très dégradé, mais la toiture a été refaite et protège les lieux, les anciens chais sont devenus une belle salle municipale ouverte au public.

Le château Tanaïs est présenté ainsi dans le guide Féret : « Le domaine de Tanaïs-Clapeau entièrement situé dans Blanquefort, comprend 100 hectares d'un seul tenant, saur quelques prairies dans la palus. L'ensemble du domaine se compose de deux coteaux, l'un au nord, adossé au domaine du Grand-Clapeau, l'autre au sud, adossé au château Breillan. La vallée qui les sépare est occupée par le château, le parc, les prés et des pièces d'eau. Son vignoble, composé des meilleurs cépages, cabernets, merlot et malbec, produit environ 100 tonneaux. Ses vins très appréciés sont placés au premier rang des vins de la commune ; ils ont obtenu des médailles d’argent à l'Exposition universelle de Paris en 1889 et à la XIIIe Exposition de Bordeaux en 1895. » Bordeaux et ses Vins, Féret, 1898. Crûs.

Bibliographie :

- Édouard Guillon, Les châteaux historiques et viticoles de la Gironde, 1867, chez Coderc, Degréteau et Poujol, Maison Lafargue, 28 rue du Pas Saint-Georges, Bordeaux.
- Archives municipales,
- Guy Dabadie, Blanquefort et sa région à travers les siècles, Imprimerie Samie, Bordeaux, 1952,
- Raymond Valet, Feuillets d’une mémoire, G.A.H.BLE, 1984, p.7 et 42,
- Blanquefort, rues et lieux-dits, Publications du G.A.H.BLE, 1996, p.116,
- Catherine Bret-Lépine et Henri Bret, Années sombres à Blanquefort et dans ses environs 1939-1945, Publications du G.A.H.BLE, 2009, p.248-252 (photos, plans et croquis).

 

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Jean Léglise (°1826. +21.01.1912) marié à Mathilde Cassou (°1840. +1912) dont il eut Louis, Henri, Françoise Pauline Marie et Paul, qui hérita de Tanaïs. Paul Léglise eut 2 filles Paulette, mariée à M Bouyssou et Micheline mariée à M Bladier.

Note HB : LEGLISE Jean 69 rue Lafaurie de Montbadon, propriétaire du 65. ° 25.07.1825 à St Martin de Sales (Landes), négociant, et Mathilde ° 1842 à Bayonne. 4 enfants : Louis ° 20.05.1878 à St Martin de Sales, Henri, Paul ° 13.08.1883 à Bordeaux et Françoise Pauline Marie (3 bonnes) Source : recensement 1906 ?