La période antique.

 

L’histoire de Saint-Médard-en-Jalles est celle d'un peuple obstinément attaché à sa terre. Les premières traces datent de l'âge de la pierre taillée et du bronze. À l'âge de fer, les Ligures occupent le site durant plus de cinq cents ans. Vers le Vème siècle av. J.-C, ils sont chassés par les Ibères venus d'Espagne. Au IVème siècle av. J-C, arrivent les Bituriges Vivisci. Ces Celtes, venus des bords du Main (affluent du Rhin) s'installent en Médoc. Ils deviendront les Bituriges Meduli et créeront Burdigala (Bordeaux). En l'an 56 av. J-C, une armée romaine commandée par un lieutenant de Jules César, Publius Crassius, conquiert Burdigala et tout le pays médocain. Les Bituriges Meduli vont subir la domination romaine. La dénomination des villages actuels vient des domaines ou villas que créèrent les vétérans de l'armée romaine : Gajac - villa de Gaïus (le geai) ou Galliacus ; Hastignan - villa de Fautinus ou Faustinus ; Tiran - villa de Tiranus ; Issac semble avoir pour origine Ictus ou bous ; Corbiac - villa de Corbius ; Cérillan - villa de Cerillus ou Cyrillus ; Germignan - villa de Germanus ; Caupian semble avoir pour origine Calvius.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 7.

 La période antique

Dans une courbe de la Jalle, entre les lieux-dits Gajac et Le Thill, au lieu-dit Poujau de la Chapelle, Léo Drouyn a prospecté un site à imbrices et à tegulae, avec des fragments de poteries antiques. Il y voit, sans preuves, les traces d'un camp : Durand (M.), dans Compte rendu de la Commission des Monuments Historiques de la Gironde, l851, p.-5 ; Drouyn-(L.), s. d, Notes archéologiques, 48, 1861, p. 308 ; 1865, I, p. XLIII-XLIV ; Piganeau (E.), 1897, p. 6-7.

Au lieu-dit Moulin de Thill (aujourd'hui Til), deux plaques de marbre inscrites ont été remployées dans les murs du moulin. La première est une plaque rectangulaire en marbre blanc, de surface courbe, avec trois trous de fixation ; elle porte, sur la surface convexe, l'inscription funéraire suivante : C(aius) Ninnius C(aii) l(ibertus) Tertius / v(ivus), Cn(eius) Epidius G(aiae) l(ibertus) Quartio, / v(iva), Naevia G(aiae) l(iberta) Salvia [Wuilleumier (P.), 1963, n°144], C renversé pour G(aiae) ; sur la surface concave : Ti(berius) Monnius, / sal(ve), vale, Ti. f(ilius). [Wuilleumier (P.), 1963, n° 143] ; la transcription de la seconde ligne est problématique (haut. 0,10 m ; long. 0,44 m ; ép. 0,03 m). La seconde est une plaque rectangulaire en marbre blanc, cassée â droite, avec deux trous, de fixation ; elle porte l'inscription funéraire suivante : D(is) [M(ànibus)] / Matrilius Sabin{us ou ianus- - -) / sibi et Crobul(a)e,<q>uae et [-- -)/Cyriac(a)e, conjugi, et Aet[- - -] / Severae, Viatrici et Sau[- - -] [et] / libertis libertabusq[ue suis (?) posterisque] / eorum. H(oc) m(onumentum)/ [h(eredem) n(on) s(equetur)] ou H(uic) m(onumento) [d{olus} m(alus) a(besto)], époque antonine ou sévérienne : Coupry (J.), 1955, p. 198-199, fig. 14- 15 ; 1956b, p. 5-9, 1 fig. ; 1956a, p. 35-39, 1 fig ; Wuilleumier (P.), 1963, n° 142.

 

En décembre 1967, a été découverte une tegula avec estampille Merula Toutissae (incomplète) : Costes (M.), Assemblée générale du 10.12.1967, dans Bull. Soc. Arch. Bordeaux, 65, 1963-1969, p. 94.

Près du terrain de sport, en février 1969, on a découvert une cuve de sarcophage trapézoïdal, mérovingien, avec un squelette (long. 1,90 m) : Coupry (J.), 1969, p. 352 ; Marysse (I), 1989, Corpus, XI, n° 148.

Texte extrait de « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 542-543 : le canton de Saint-Médard-en-Jalles dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994. Canton de Saint-Médard-en-Jalles (Insee 63). 542 Saint-Médard-en-Jalles (Insee 449) »

 

Les camps romains.

 

Ils sont les témoins de la présence gallo-romaine. Le Pujeau de la Capère (ou de la Capelle) « Lou pujôau de la capere », se situait sur la rive droite de la Jalle, à proximité de l'actuel pont métallique et de la piste cyclable. Cette fortification était composée d'une motte ovale de plus de cent mètres de périmètre à sa base, entourée par la Jalle et un large fossé. Elle est appelée camp romain par la commission des Monuments historiques. Elle fut également habitée au Moyen Âge où l'on y connaît la présence d'une chapelle. Dans le testament d'Aude de Tiran établi en 1337, Aude lègue à son petit-fils Raymond Guilhem de Caupenne « la grande et la petite motte et la chapelle ». De nos jours, la motte et le camp, aplanis en partie après les fouilles du siècle dernier, sont recouverts de taillis. La motte de Vialade (voie large), moins importante, est située à Picot près de la route de Lacanau, à proximité d'une grange en pierre dite « grange du tuilier ». Elle comprend « une butte circulaire entourée d'un fossé très profond. Elle avait environ deux cents mètres de périmètre » d'après E. Guillon, qui l'a visitée au milieu du XIXème siècle. La troisième motte, appelée le « Trou de la motte », aujourd'hui disparue, se trouvait à Hastignan. Elle se composait d'une butte circulaire artificielle de cent mètres de circonférence à sa base, entourée d'un large fossé de six à sept mètres de profondeur. Sous la féodalité, ces mottes ont été sans doute surmontées par les premiers « châteaux forts », qui n’étaient que des tours en bois. Dans un document très ancien, nous lisons : « Le seigneur de Jalès demorant a la ror de Jalès, alias a Hastinhan, en la parropia de Sent-Médard. » Il est aussi question de « moulins à foulon » (utilisés pour le foulage des draps), sis sur la Jalle, dont l'un appelé le moulin de Cantamerlle.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 7-8.

La seigneurie de Gajac.

 

Le village remonte à l'époque gallo-romaine. On appelle ainsi la période de notre histoire qui commence à la conquête de la Gaule par Jules César en l'an 50 avant Jésus-Christ et continue avec l'occupation de notre pays par les Romain jusqu'au Vème siècle de l'ère chrétienne, au règne de Clovis. L'occupation romaine s'est donc prolongée pendant cinq siècles « le quart de notre histoire depuis le commencement de l'ère chrétienne » (Baimville). Aussi a-t-elle laissé une profonde empreinte dans notre pays. C'est à elle que remontent la plupart de nos villages.

À cette époque, Gajac s'appelait Gaïacum, ce qui signifie propriété de Caüs ou Gaïus. La finale um qui se prononçait oum, très lourde pour des oreilles gauloises, a fini par disparaître et le radical Gaïac ou Gajac est seul resté. En latin, l'i et le j sont figurés par la même lettre, ce qui explique les deux formes mentionnées : toutes deux ont été employées pendant longtemps indifféremment, et ce encore au XVIIIème siècle. Mais depuis, c'est Gajac qui l'a emporté ; à

Gradignan c'est l'inverse qui s'est passé : prieuré de Gayac). On n'a pas d'autres renseignements de cette époque et il n'existe aucun vestige de Gaïacum, du moins aucun vestige connu. La première mention écrite de Gajac remonte à 1289. Nous nous sommes alors dans la période anglaise de notre histoire. Depuis le mariage d'Henri Plantagenêt avec Éléonore de Guyenne en 1152, le roi d'Angleterre est aussi Duc de Guyenne.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.144.

 

Le château de Gajac est visible derrière la zone commerciale de Gajac mais en piteux état.

Archives municipales de Bordeaux.

chgajac