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Le Tonnelier

A la fin du XIXe siècle une catastrophe s'abat sur le vignoble français. Plus de la moitié des vignes furent détruites. Le phylloxéra en est la cause. La parade fut trouvée en faisant pousser des plants dans le sable et en greffant des plants sur des pieds américains. La plupart des vignobles français ont été reconstitués de cette façon.

A cette époque, mon arrière-grand-père tonnelier dût s'expatrier dans le Languedoc où les vignes avaient été moins touchées que celles du Médoc. Une fois de retour à Blanquefort, il reprit son atelier de tonnellerie à Maurian. Il forma son fils au métier de tonnelier, mais la guerre de 1914-1918 mit fin à sa vie à l'âge de vingt ans. Plus tard, c'est son petit-fils qu'il forma, mais il dut arrêter son métier faute de commandes car des gros ateliers s'étaient ouverts sur Bordeaux. La plupart des tonneliers de Blanquefort mirent la clé sous la porte. Ma grand-mère ayant hérité de l'atelier le fit transformer en maison d'habitation. C'est pourquoi je vais essayer de vous parler du métier de tonnelier.

Dans l'antiquité, le vin était conservé et transporté dans des jarres en terre cuite ou des outres en peau.

Utilisé par les Celtes, apprivoisé par les Gaulois, le fût accueillit pendant des siècles toutes sortes de contenus et naturellement des vins et des eaux-de-vie. Au XVIIIe siècle, le chêne s'imposa dans certaines régions viticoles notamment à Bordeaux, alors en pleine recherche de moyens de conservation des vins fins. La tonnellerie a depuis lors accompagné la viticulture française et a connu une véritable explosion de ses marchés depuis les années 1970.

Texte de Jean-Pierre Jouglet, habitant du quartier de Maurian à Blanquefort.

La tonnellerie un savoir-faire « made in France »     

L'approche scientifique de l'influence de l'oxygénation ménagée remonte à Pasteur (1866-1873). En 1933, le professeur Ribéreau-Gayon, père de l'œnologie moderne française étudie la vinification des vins blancs en barrique. En 1970, les trois grandes régions (Bordeaux, Bourgogne et Charente) qui travaillent avec la faculté d'œnologie de Bordeaux, l'université d'Oxford et celle de Montpellier, confirment les interactions entre bois et vins. En 1974, les Américains, sous l'égide de Singleton, comparent chêne américain et français avec pour constat que le premier est plus aromatique et comporte moins de tanins. La tonnellerie française s'impose alors mondialement pour son savoir-faire et la qualité de ses bois dès les années 1980,

Pas de bons fûts sans de grands chênes

La forêt française couvre environ 15 millions d'hectares avec près de 136 essences dont le chêne français de renommée internationale. Comme l'impact du terroir dans les vins le sol influe sur la texture et la structure du bois.

- des sols pauvres, produisent des arbres de petits diamètres au grain fin et tanins légers.

- Le chênes à merrain, bois à foudre, se trouvent dans le centre, la Bourgogne, les pays de Loire et la Normandie et sont issus des forêts privées ou publiques gérées par L'ONF, premier producteur de merrain en France qui approvisionne la tonnellerie en bois de futaie (arbres de plus de 100 ans) et haute futaie (plus de 180 ans). La demande en chêne (sessile non pédonculé en particulier, 14% de notre forêt) étant importante, les effets de la tempête de 1999 et le système de vente aux enchères des bois dite de "descendante" ont incité l'ONF à doubler le nombre de forêts domaniales.

Exrait du blog histoire de Caychac Château Campot - La Faisanderie