Parcs et cheminements

Au cours du 19ème siècle, les riches Bordelais, propriétaires de domaines aux environs de Bordeaux, rivalisaient entre eux. Ils avaient des vignes qui leur rapportaient de bons revenus, ils vivaient l’été dans leurs « résidences secondaires » et cherchaient par l’originalité de leurs aménagements à marquer les esprits de leurs visiteurs.

Parmi ces marqueurs sociaux, on retrouve la grandeur et la beauté de la demeure, la majesté du portail, le vivier si un cours d’eau est proche, parfois une vacherie, une serre, un jardin et sans doute le plus impressionnant un parc constitué d’essences rares et exotiques.

Texte d'Henri Bret.

Le parc des jalles.

Il s’agit d’un parc intercommunal des jalles qui concerne 7 communes : Blanquefort, Bruges, Eysines, Le Haillan, Parempuyre, Saint-Médard-en-Jalles, le Taillan-Médoc. Ce parc permet des découvertes entre nature et culture. Il est un écrin de verdure remarquable en plein cœur d’agglomération. Aux habitants de se réapproprier ces lieux.

Le parc des Jalles désigne un territoire de près de 4 700 ha situé sur la rive gauche de la Garonne. Ce vaste espace naturel doit son nom aux nombreuses jalles, petites rivières locales, qui le traversent. L’eau y est omniprésente : marais, gravières, étangs, lagunes, mares, forêts humides...
La culture maraîchère, les jardins familiaux et quelques élevages extensifs bovins offrent des paysages agricoles sur ce territoire urbain.

On trouvera pour chacune de ces communes un texte de balade dans la rubrique : Patrimoine- cheminements.

 

 

 

 

Les arbres remarquables dans 8 communes du Médoc.

Une étude portant sur la voirie de huit communes proches de Blanquefort fait apparaître que 90 arbres ont été choisis et sont désignés comme noms de rues.

La répartition en est variée : 20 à Bruges, 17 à Blanquefort, 13 à Saint-Aubin, 12 à Parempuyre, 11 à Ludon, 10 au Taillan, 4 au Bouscat et 3 seulement au Pian, ce qui est plus surprenant.

Les essences les plus citées sont :

- le chêne (7 fois),

- l’acacia (6 fois),

- le pin (9 fois en 5 communes mais Saint-Aubin, commune noyée dans les pins des landes médocaines, les vénère particulièrement en déclinant : pin, pinède, grand pin, galips (résine) du pin, pignots (pigne),

- on trouve par 2 fois arbousier, aubier et obier, bouleau, cèdre, charme, frêne, genet, saule, vîme,

- et une fois : aubépine, aulne, brande, châtaignier, églantier, fougère, hêtre, houx, laurier, lilas, magnolia, marronnier, mimosa, orme, platane, peuplier, tamaris, tilleul, vergne,

- des fruitiers : abricotier, amandier, cerisier, figuier, murier, noisetier, oranger et verger (3 fois), ainsi que le jardin,

- des termes génériques : le bois (6 fois), bocage et bosquet (2 fois), la forêt, mais encore la vigne (7 fois) et la charmille, sans oublier Le Bouscat qui signifie le bois et Le Taillan le tilleul…

Le chêne s’avère être notre arbre de référence, suivi de l’acacia et du pin. Le chêne est en effet symbole de puissance, de protection, de sécurité (contre le feu), de justice…, il est l’arbre majestueux de nos forêts et de nos parcs. Il a souvent été choisi comme arbre de la liberté. L’acacia, bois particulièrement solide et dont les fleurs sont propices aux abeilles, gagne partout du terrain et semble promis à un grand avenir, tandis que le pin est omniprésent aux portes du Médoc et des landes girondines.

Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Il était une fois Santiago.

An 44 : une barque de pierre flotte mystérieusement vers la plage d'El Padrón, à l'extrémité occidentale de la Galice espagnole. Elle porte les restes martyrisés de saint Jacques-le-Majeur, celui que l'on voit près du Christ sur les tableaux de la Cène. Saint Jacques sera enterré au champ des étoiles, « campus stellae » pour Compostelle. Bientôt les miracles se succèdent. Une basilique est construite à Santiago de Compostela. Saint Jacques apparaît en rêve à l'empereur Charlemagne et lui ordonne de reprendre les terres conquises par les musulmans. Légendes et récits des hauts faits de chevalerie, dont l'épopée de Roland à Roncevaux, ne manquent pas pour accompagner ceux de Jacques, lui-même apparaissant sur un cheval blanc lors de la bataille de Clavijo contre les Sarrasins. Il sera surnommé le « Matamoros », le tueur de Maures.

Au Moyen-âge, le pèlerinage prend une ampleur sans précédent. Les Jacquets se pressent sur les routes dangereuses, cherchant des gués, priant pour des grâces. Ils seront près d'un demi-million par an à arpenter les chemins où se glissent les voleurs, déguisés en « coquillards » donnant leur nom plus tard à la coquille ou faute d'imprimerie. En 1140, un petit moine poitevin, Aymeric Picaud, décrit le premier topo-guide des chemins, dans le Codex Calixtinus. Ce sera le début des grands itinéraires qui draineront tous les pèlerins des pays de l'Europe catholique. Pour le plus grand nombre, venus du Nord, de l'Oural, d'Écosse, de la Scandinavie, ils se rejoignent en France. Ceux d'Italie longent les Pyrénées. Ceux de la Méditerranée viennent du sud de l'Espagne et du Portugal. Le pèlerinage de Compostelle est classé premier au hit-parade des grands pèlerinages médiévaux.

Selon la tradition chrétienne, le tombeau de Saint Jacques le Majeur, disciple de Jésus, aurait été retrouvé dans la ville de Compostelle en Galice aux confins de l’Europe au cours du 9ème siècle. Le pèlerinage sur le tombeau de Saint Jacques se développa au Moyen-âge et très vite, les pèlerins affluèrent de l’Europe entière utilisant les voies ancestrales de communication et de commerce. Quatre grands axes de communication qui traversent la France ont été abusivement dénommés chemins de Saint Jacques et les villes de départ comme Paris, Le Puy en Velay, Vézelay ou Arles n’étaient que des villes étapes abritant des sanctuaires incontournables. Le pèlerin qui quittait sa contrée, animé par une foi sans faille, allait de sanctuaires en sanctuaires au gré des saisons et de leur célébrité de l’époque !

Depuis l'origine du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela en espagnol), les pèlerins ont emprunté les voies de communication de tous les autres voyageurs. Sauf à proximité immédiate des sanctuaires, il n'y avait donc pas à proprement parler de chemins de pélerinage spécifiques.

C'est à partir de 1882, avec l'impression du dernier Livre du Codex Calixtinus, recueil composé au 12ème siècle, que s'est répandue la notion de chemins de pèlerinage. Ce livre commence en effet par ces mots : « Quatre chemins vont à Saint-Jacques ».

Très sommairement décrits, ces chemins sont désignés par les noms des villes qu'ils traversent. Comme l'ensemble du manuscrit, ils sont décrits et dénommés en latin. L'habitude a ensuite été prise de donner des noms à consonance latine aux chemins contemporains. Ceci peut être justifié quand ils suivent d'anciennes voies romaines. C'est plus folklorique quand il s'agit de créations contemporaines.

On va sur les chemins de Compostelle à pied, à vélo, à cheval, voire en bateau. En plusieurs courts séjours ou sur plusieurs semaines, à son rythme. Les touristes en voiture, malgré l'intérêt des visites culturelles, ne connaîtront pas la victoire sur la fatigue du corps, l'approche lente de la marche pour atteindre la superbe église ou la petite chapelle, le sentiment profond qui envahit le pèlerin pas après pas, les retrouvailles du soir à l'auberge ou à l'hospice, les rencontres qui font des amitiés durables

Le chemin de Saint-Jacques qui passe par Paris et Bordeaux, transite à travers le canton de Blanquefort en arrivant de Lamarque et d’Arsac. Il longe à l’ouest la commune de Ludon, passe par le Pian-Médoc, Blanquefort et Bruges, avant de traverser Bordeaux.

« D’une façon générale sans doute, le réseau routier tel que nous l’avons restitué servit-il à des pèlerins. À Blanquefort, c’est le chemin 3 (du château de Blanquefort à Macau) qui semble avoir été ainsi utilisé : la mention « à la rie de Pelegrin » (1516) doit être rapproché de « à la rieu d’Estappe » (1546) ; un nom de lieu « Pellegris » (1843) confronte ce chemin au sud du bourg… »

Anne Cavignac, Les noms de lieux du canton de Blanquefort, 1968.